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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 07:06

et le chamanisme

du 15 octobre 2008 au 15 février 2009


Pinacothèque de Paris


Pollock


Les instruments de Jackson Pollock d'abord, sa "cuisine" : le dripping. Les artifices : mouvements, circulation. La continuation de son bras, le prolongement de son corps : jets de peinture, taches d'encres. Sa volonté d'en finir avec l'oeuvre de l'Homme blanc. L'influence du chamanisme, ses techniques de l'extase et les moyens employés par les sorciers, prêtres et guérisseurs pour se débarasser du système, voyager au-delà, tuer le vieil homme en quelque sorte et trouver un nouvel élan.


La mystique de Pollock ensuite, sa façon de convertir des énergies potentielles en transports qui fassent songer à des danses. La puissance et l'extension, la dimension de sa réussite plastique. Son impulsion. Ses automatismes servis miraculeusement par sa manière de piocher dans un trésor : celui des Amérindiens auxquels il s'identifie plus ou moins consciemment dans ses recherches graphiques et son inspiration. L'âme de Pollock et le vide établi entre lui et le monde.


La vie, la mort de l'artiste. Les redoutables moments de solitude et de transe. La morale de celui-ci. Son choix de l'abstraction, son culte d'une spontanéité redressée, comme en regardant le ciel. Cette volonté de vivre dans l'accomplissement, sur une planère rafraichie, en harmonie avec l'univers. Et son désir de dialoguer avec les dieux, peut-être.


Tout cela fait de Pollock un être à part dans l'histoire de l'art américain. Il y avait vingt-six ans que l'oeuvre n'avait pas été montrée en France et jamais dans ce contexte. Celui du lien sous-entendu entre l'inconscient du créateur et la culture du chamanisme amérindien.



PG

Une initiative inédite de la Pinacothèque de Paris. A voir du 15 octobre 2008 au 15 février 2009. Celle-ci s'appuie sur un choix d'oeuvres, dessins et tableaux, mis en perspective avec l'univers rituel des indiens d'Amérique.



Informations pratiques :

Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine
75008 Paris

La Pinacothèque de Paris vous accueille
tous les jours de 10h30 à 18h00.

Nocturnes exceptionnelles :
Tous les premiers mercredi du mois, mercredi 1 octobre, 5 novembre, 3 décembre 2008 et mercredi 7 janvier 2009


voir aussi : le site de la Pinacothèque de Paris

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 06:50

Pierre Givodan
aux ed. Complicités (17€)


Un ensemble de méditations et de considérations sur l'art contemporain illustré par un choix de chroniques (art visuel, littérature, musique) parues entre 2005 et 2008 dans le Web Magazine Art Point France Info.




Le miroir de l'art 
 

A la manière de Nietzsche, Cioran ou Borgès, Pierre Givodan a écrit une suite de réflexions et de méditations sur l'art actuel et contemporain dans une langue gourmande qui révèle  curiosité,  plaisir,  jubilation devant les oeuvres plastiques, littéraires ou musicales de son choix.  Le propos au flux tendu est organisé en quantité de minuscules parties et   illustré par autant de chroniques extraites du Web magazine Art Point France Info pour lequel il écrit régulièrement depuis 2005.


Pour l'auteur, être heureux est une obligation morale. Peu de récriminations ou de coups de gueule donc , des rejets certes, mais surtout une investigation du champ de ses admirations, un dévoilement des démarches d'artistes en empathie avec les oeuvres qu'elles soient majeures ou émergentes. Un point de vue qui revendique sa subjectivité. Une approche critique nourrie de l'expérience de ce qu'il voit, écoute, lit, mais aussi de sa recherche personnelle, de sa pratique particulière de peintre. Une écriture  enfin, concise, dense et imagée  qui exploite tous les registres, l'essai, la fiction, la poésie.


On l'aura compris l'ouvrage échappe aux genres. Inclassable dans la forme, libre dans le propos, savant  et poétique à la fois, il concourt à la connaissance et accueille la littérature.


Catherine  Plassart


"Chroniques intempestives et subjectives à propos de l'art"
de Pierre Givodan Ed. Complicités (17€)
Disponible en librairie
ou
sur le site des éditions Complicités


Index non exhaustif  :
des artistes, musiciens, auteurs faisant l'objet d'un article dans l'ouvrage


Jean-Michel Alberola
Marie Alloy
Pat Andrea
Véronique Agostini
Jane Evelyn Atwood
Jean-Noël Bachès
Balthus
Georg Baselitz
Basquiat
Tristan Bastit
Walter Benjamin
Frédéric Benrath
Geneviève Besse
Beuys
James Bishop
Pierre Bonnard
Christian Boltanski
Jorge Luis Borges
Georges Braque
Pierre Buraglio
Marc Chagall
Albert Camus
Celan
Combas
Cremonini
Olivier Debré
Claude Delarue
Marie Deloume
Derain
Marc Desgrandchamps
Dubossarsky
Hervé di Rosa
Doctor John
Alfredo Echazarreta
Ecole de New-York
Patricia Erbelding
Max Ernst
Demi Evans
Guy Ferrer
Franta
Othon Friesz
Raoul Gaillard
Gao Brothers
Gaudaire-Thor
Agnès Gauthier
Alberto Giacometti
Jean Grenier
Philip Guston
Brion Gysin
Shoïchi Hasegawa
Hermlé
David Hockney
Christian Holstad
Edward Hopper
Jean-Pierre Hue
Jasper Johns
Françoise Julien
Kafka
Kiefer
Kijno
Paul Klee
Kolakowski
Sybille Krauer
Bernard Lacombe
Roy Lichtenstein
Thierry Loulé
Mac Coy Tyner
Kazimir Malewicz
André Malraux
Mamardachvili
Hervé Marcon
Marisol
Markantonakis
Juan Pere Massana
Henri Matisse
Georges Mathieu
Ivan Messac
Jean Messagier
Georges Meurant
Christophe Millares
Lee Miller
Nick Miller
Johan Mitchell
Monory
Nal Vad
Mimmo Paladino
Gilbert Pastor
Patocka
Penck
Lucky Peterson
Pablo Picasso
Pistoletto
Serge Plagnol
Serge Poliakoff
Gérhard Richter
Mark Rothko
Marie Sallantin
Philippe Ramette
Martial Raysse
Rauschenberg
Gerhard Richter
Rothko
Ruta
Antonio Saura
Julian Schnabel
Barbara Schroeder
Seher
Georges Semprun
Richard Serra
Gordon Seward
Archie Shepp
Anne Slacik
Georges Steiner
Frank Stella
Armin Strittmatter
Yves Tanguy
Cy Tombly
Tal Coat
Yves Tanguy
Antoni Tapiès
Vinogradov
Vladimir Velickovic
Warhol
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 06:19

Une Avant-Garde Explosive

du 15  octobre 2008 au 26 janvier 2009


Centre Pompidou -  Paris



Umberto Boccioni


Il y a quelques jours que les Futuristes sont revenus à Paris. Ils se  sont persuadés de faire le recueil des articles du Temps, ou plus  exactement du Mouvement. Ils ont chargé leur mémoire de couleurs, de  géométrie, de chiffres et se sont mis en tête de témoigner aussi du  désir de percevoir le monde nouveau en révélant ses manifestations  sans pareilles : usines, rails, feux électriques, bruits terribles,  sons apocalyptiques.
On a trouvé chez eux un homme qui encourageait les autres à dire :
  -  Vous n'avez pas encore donné le meilleur de votre oeuvre. Ce sera  le cas dans vingt ans.

Eloge de la modernité sans modestie. Machines et Vitesse donc avec  G.Balla, C. Carrà, G. Severini, L. Russolo, U Boccioni. Futurisme  italien autour du poète Marinetti. Le mouvement en question régit les  bases esthétiques du XXème siècle si l'on en croît son impact sur le  Cubisme à travers les 200 oeuvres et documents montrés ici.  Son inspiration va de l'Oural à l'Atlantique. Braque, Delaunay,  Duchamp, Leger, Malévitch, Picabia, Picasso et d'autres sont concernés. Le "futur" remplit alors les bouches. Emerveillement et morale vont ensemble. Mais pour combien de temps ?

PG

Exposition "Le Futurisme à Paris, Une Avant-Garde Explosive". 15  octobre 2008 -26 janvier 2009 au Centre Pompidou, à Paris. Avec une  installation visuelle et sonore du D.J. et producteur de musique  électronique Jeff Mills : " Critical Arrangements ".


photo :
Umberto Boccioni. Stati d'animo : Quelli che vanno, 1911
© The Museum of Modern Art, New York

Informations pratiques :

ouvert de 11h à 21h
Nocturnes tous les jeudis jusqu'à 23h 

voir aussi : le site du Centre Pompidou

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 07:03

"Périphéries"


du 30 octobre au 22 novembre 2008


Galerie Les Filles du Calvaire - Paris (3)
dans le cadre du Mois de la Photo à Paris.




Mohamed Bourouissa


Les survivants.

Un tour de ville, très blues, avec des gars qui se souviennent qu'ils  ne sont pas des stars. Plutôt zonards. Quelque part entre l'être  et le néant. Des peines certainement, des regards de chiens battus ? (pas sûr). Circonscrire le quartier et mémoriser que l'on survit. Histoires  noires. Manque de tout. Chercher l'amour. Et ne pas laisser tomber.

P.G.




"Ce jeune artiste, très remarqué lors de son diplôme à l’Ecole des Arts Décoratifs, a choisi pour décor de ses photographies un univers qui lui est familier : la banlieue et ses habitants...


Le travail de Mohamed Bourouissa est réfléchi et mesuré : au-delà de la création d’images, il y engage le dialogue et la rencontre « sans quoi rien n’arrive »...


Ce qui est facilement identifiable et par conséquent aisément catégorisable dans la série Périphéries est le portrait d’une génération qui s’est choisi ses propres modalités de représentation et qui se joue ici du cliché. Ce qui l’est moins et qui renforce l’originalité de ce travail c’est le rapport que l’artiste arrive à établir entre une réalité contemporaine et l’histoire de l’art et de la photographie pour produire une oeuvre qui revendique une expression libre, puissante et éminemment personnelle."

Marie Doyon


photo : Le Hall, 2006


Informations pratiques :

Galerie Les filles du calvaire
17 rue des Filles-du-Calvaire
75003 Paris
tel: +33 (0)1 42 74 47 05
www.fillesducalvaire.com

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 08:32

Michel Blazy, Stéphane Calais, Laurent Grasso et Didier Marcel.


samedi 25 octobre 2008



Cour carrée du Louvre - FIAC 2008









Le Prix Marcel Duchamp  2008 sera décerné aujourd'hui. A l'initiative de l'association des collectionneurs d'art, il  est attribué  chaque année depuis 2000, dans le cadre de la FIAC.  Quatre artistes ont été nommés, Michel Blazy, Stéphane Calais, Laurent Grasso et Didier Marcel. Leurs oeuvres sont  exposées dans la Cour carrée du Louvre le temps de la foire.


Sans présumer des choix du jury, j'ai souhaité dire ma préférence. Je n'aime pas l'univers en décomposition de Michel Blazy qui s'en remet aux aléas du temps et n'obtient que l'effondrement des formes. Les vidéos de Laurent Grasso sont plutôt séduisantes mais il  se comporte davantage en interprête de  talent  qu'en compositeur. J'apprécie beaucoup l'oeuvre très littéraire de Stéphane Calais qui lit et relit l'histoire de l'art et je pense que le jury sera sensible  à la fragilité que révèle l'artiste en ce moment, à son besoin d'être confirmé dans sa démarche. Ma préférence va cependant à l'installation de Didier Marcel qui s'empare des objets du monde et recréé le paysage. Il y a dans son travail une simplicité qui renvoie à ce qui  est connu, qui nous concerne, une dimension paradoxale acceptée, la force de l'évidence.


C.P.


Didier MARCEL est né en 1961 à Besançon. Il vit et travaille à Dijon.



Actualisation de l'information (le 26/10/08)








C’est à Laurent Grasso, né en 1972, que le prix a été remis.  Laurent Grasso  créera donc une œuvre originale pour le Centre Pompidou, qui sera présentée au cours de l’été 2009 dans l’espace 315. Une dotation de 35 000 € est attribuée à l’artiste à cet effet.  



photos :  1 - Didier MARCEL , 2004  Matériaux PVC, nylon, aluminium, acier galvanisé  Dimensions 44 x (260 cm) 
2- Laurent Grasso galerie Chez valentin



voir aussi :  les vidéos des artistes sur le site de la FIAC 2008, pour Didier Marcel le site du FRAC de Bourgogne

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 07:55

J.M.G. Le Clezio J.M.G. Le Clezio : Leprogrès  dans la littérature.
Pas d'absolu littéraire ici, ni de grande loi de l'Histoire, mais une évolution du roman qui l'affranchit de toute fatalité. La volonté d'être original et de l'affirmer résolument. C'est cela qui fait à notre avis la vertu de l'écriture de Jean Marie Gustave  Le Clezio. En tout et partout progresser loin du général, mais plus près du monde, du mouvement des êtres et des choses. Avancer pour toucher le processus essentiel, indestructible, de la vie matérielle (loin des acceptions vulgaires aussi). Faire abstraction de la marche superficielle des sociétés. Approcher la réalité de la nature (dans le monde et en l'homme). Converser avec les évolutions, les métamorphoses longues pour atteindre la fixité. Celle des éléments sensibles : la lumière, le sable, la peau, l'eau , loin encore derrière les figures du mal ( guerre, faim, souffrance...) Accumulation de découvertes pour multiplier l'efficacité de la "machine littéraire".

Richesse descriptive, "morale" (et hédoniste). Progrès dans la recherche d'une simplicité enfin dans l'image de l'écrivain, plus préoccupé d'Universel que de destin particulier, plus appliqué à être soi que "sujet purement littéraire". Recherche de la mobilité, par delà les valeurs abstraites concernant, La Société, La Religion, La Politique, L'Eternel.

Le Clezio a gagné la célébrité par son refus du statu quo dans la langue française.

PG


J.M.G. Le Clezio a reçu ( et accepté) le Prix Nobel de Littérature le 10 octobre 2008. Il publie récemment Ritournelle de la faim " Gallimard, 208 p.


Pierre Givodan

Chroniques intempestives

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 06:29

exposition rétrospective

du 10  octobre 2008 au 25 janvier 2009.


MACVAL - Vitry







"Elle revint sur ses pas, une étrange paire de lunettes devant ses  yeux rendus invisibles. Un air hautain, mais pas endormi. Ses  vêtements sombres exhalaient une odeur de bois de cerf errant et de  poisson. Les rayons de lumière étaient éblouissants et accablants.  Elle se différenciait de la déesse Neige et regardait les grands  icebergs qui flottaient sur la profondeur des eaux au-devant. Un coup  d'oeil rapide et elle caressa en imagination la porte du Temple  impénétrable..."


Telle pourrait être l'introduction au Voyage au Pays du froid,  première rétrospective dont le personnage central depuis 1979 est la  figure de l'artiste Nathalie Talec. Trente oeuvres (dessins, photographies, sculptures, performances,  projets...) jalonnent ainsi trente ans de création. L'exposition est  construite sur un décor qui emprunte aux codes cinématographiques et à  l'imagerie industrielle.


Préoccupée par les manifestations sensibles du froid, entre science et  fiction, l'artiste, plasticienne, performeuse et chanteuse fait du  musée d'art contemporain du Val-de-Marne un nouveau terrain  d'expérience et de performances programmées.

PG


Exposition rétrospective "Nathalie Talec" à Vitry au MACVAL, du 10  octobre 2008 au 25 janvier 2009.

photo : Nathalie Talec, Autoportrait avec paire de lunettes pour évaluation des distances en terre froide, 1986. Photographie noir et blanc sur papier baryté contrecollée sur aluminium. 100 x 100 cm



Informations pratiques :

MAC/VAL, Musée d'art contemporain du Val-de-Marne
Place de la Libération
94400 Vitry-sur-Seine

contact@macval.fr
Tél. 01 43 91 64 20

ouvert de 12h à 19h tous les jours de la semaine sauf le lundi.


voir aussi : www.macval.fr

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 04:19
 

du 26 septembre 2008 au  5 janvier 2009


Louvre - Paris



Mantegna



 

Mantegna sur le chemin d'Emmaüs

Les œuvres de Mantegna chuchotent, à qui sait l'entendre, que le mystère de la résurrection n'est accessible qu'à une seule condition  : ne jamais renier sa foi. Et pourtant, n'est-ce pas le Christ lui-même qui, dans le jardin des oliviers, rompit le premier, à ce sujet, le silence : « Je serai pour vous tous, cette nuit, une occasion de chute; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées » (Matthieu, 26,31).

 

MantegnaAinsi commence l'histoire de cette chute :  Ecce Homo – Voici l'Homme, s'écria Pilate. Est-ce lui que vous voulez que je relâche pour la Pâque ? Alors la foule unanime s'écria : non pas lui, mais Barabbas. Nous voulons que tu relâches le coupable, pas l'innocent. Et c'est ainsi que Pilate dit au peuple juif : « Prenez-le vous-même et crucifiez-le, car moi je ne trouve point de crime en lui ». (Jean 19, 5)



Jésus fut donc renié par ses disciples et mis à mort par son peuple. C'est là ce qu'exprime avec précision Mantegna dans son tableau Ecce Homo. Jésus y est représenté le corps couverts de blessures et la figure  lasse  tandis que les sacrificateurs qui l'accompagnent jettent sur lui des regards pleins de haine. Mais s'arrêter à un telle lecture reviendrait à trahir l'intention véritable du peintre. En effet, par un étrange phénomène de transfert, Mantegna a déplacé dans son oeuvre les signes de la souffrance du Christ vers les bourreaux. 



Or, en opérant un tel déplacement, l'intention de Mantegna est claire : il veut nous détourner du drame humain qu'endure le Christ pour nous forcer à voir la culpabilité des sacrificateurs, et avec eux, de tout le peuple juif. Sans quoi, comment pourrions-nous interpréter l'inscription figurant sur la toge d'un des sacrificateurs, inscription sur laquelle Mantegna s'est amusé à déformer les lettres de l'alphabet hébraïque jusqu'à les rendre illisibles. Ou bien encore, les inscriptions latines, figurant en haut de l'image, et qui toutes rapportent clairement le crie de fureur lancé par le foule à Pilate : « Crucifie ! Crucifie ! ».

 


Faisant écho à ce renversement, Mantegna, dans son tableau Résurrection, choisi de représenter la seule scène de l'Évangile (Matthieu, 27, 54) qui nous indique que ce ne sont ni les juifs ni les apôtres qui comprirent les premiers que Jésus était le Christ et qu'il venait de ressusciter. Alors qu'aux yeux des disciples le corps absent de leur maître ne pouvait avoir fait l'objet que d'un vol, les hommes de Pilate, qui jamais ne prétendirent reconnaître le Christ de son vivant, s'exclamèrent pourtant tous de manière unanime lorsqu'ils le virent s'élever au-dessus du sépulcre : « Assurément, cet homme était fils de Dieu ».


MantegnaAutrement dit, ce que Mantegna nous montre dans cette scène de Résurrection, ce n'est pas l'image d'un Christ adoré par ses disciples, ni moins encore le Roi des Juifs crucifié, mais l'instant où le Christ est devenu, pour ses bourreaux même - le nouveau Dieu vivant.



Mais que les païens fassent du Christ une de leurs divinité n'est pas étonnant. En revanche, que Mantegna choisisse, dans sa scène du Christ de pitié soutenu par un séraphin et un chérubin, de ne pas y intégrer les figures de Marie et de Marie Madeleine, reste plus énigmatique. Ou bien alors cette absence serait-elle le moyen pour Mantegna de construire son tableau du point de vue même  de Marie; autrement dit, le moyen de nous laisser libre de ne pas croire en la Résurrection?

 


Une chose est sure, par ce procédé Mantegna atteint un point limite : Sa peinture n'est plus seulement l'illustration d'un fait historique mais bien le miroir qu'éperdument nous tendent les Évangiles : sommes-nous comme ces disciples d'Emmaüs qui cheminaient avec le Christ sans le savoir, ou bien comme ces soldats qui crurent en la Résurrection sans croire pour autant à l'innocence du Christ ? A cette question, Mantegna n'apporte pas de réponse mais nous laisse libre d'y réfléchir et de nous approcher de son mystère, avec craintes et tremblements.

 






Artiste(s)

Andrea Mantegna (1431-1506) est le principal représentant des idées de la Renaissance en Italie du nord, dont la carrière s'est déroulée entre Padoue et Mantoue durant la seconde moitié du XVème siècle.



Oeuvre(s)

- Andréas Mantegna, La Résurrection (1)

- Andréas Mantegna, La Prière au jardin des oliviers (2)

- Andréas Mantegna, Le Christ de pitié soutenu par un séraphin et un chérubin (3)




Informations pratiques :

Le musée est ouvert tous les jours de 9h à 18h, sauf le mardi et les jours fériés suivants : le 1er janvier, le 11 novembre et le 25 décembre 2008.
Fermeture exceptionnelle du musée et des expositions temporaires à 17h les mercredis 24 et 31 décembre 2008.
Nocturnes jusqu'à 22h les mercredi et vendredi


voir aussi : le site du musée du Louvre



Le silence qui parle Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger fredericcharlesb@hotmail.com



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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 00:39



Jacques Brel


Le vrai Brel par Lesbre.

Imaginez deux hommes en un, Brel visible et caché. Prenez le temps  d'en faire une sculpture en bronze bien équilibrée. Une représentation  de deux genres de gars en un seul : l'obscur et l'éclairé, un relief  de la compréhension qu'en a Lesbre sculpteur français né au coeur des  volcans d'Auvergne.

Supposez que l'inspiration de l'artiste lui vient d'un espace  particulier, celui des Iles Marquises. Là où Jacques Brel, chanteur,  acteur, poète s'est imaginé vivre, créer parmi la faune et la flore  luxuriante d'un monde enfin atteint. Partant de l'hypothèse qu'une vie n'a pas de conclusion et qu'elle  conduit à une recherche sans fin, l'artiste qui nous intéresse ici a  dessiné, modelé, l'âme de celui qui ne dépendait de personne.

On aboutit donc à l'idée que le point de départ nous élève à  l'Universel. Lesbre : tremplin pour descendre, grâce à la sculpture en  bronze, à l'essentiel, loin des conclusions. Le propos prend la suite d'une sculpture réalisée en 2003 en hommage à  Paul Gauguin au Musée de Tahiti et des îles à Papeete par le même  sculpteur-voyageur de l'Afrique à l'Asie, lequel nous installe ici à  Hivao aux Marquises.

PG



Voir la sculpture de Lesbre, depuis le 9 octobre 2008, aéroclub  Marquises-Jacques Brel.

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 16:44

du 16 septembre  au 11 janvier 2009


Centre de la Vieille Charité - marseille (02)




Van Gogh : la filiation Monticelli.
"Je suis sûr que je continue son oeuvre, ici, comme si j'étais son  fils ou son frère,...reprenant la même cause, continuant la même  oeuvre, vivant la même vie, mourant la même mort." (Lettres, de Van  Gogh (1853-1890). Il est sans doute conforme au devoir de l'historien d'art de rendre  hommage aux artistes dont le prix se mesure au commerce de leur  influence positive. Et c'est le cas de Monticelli  (1824-1886)  Provençal et marseillais, apprécié aussi de Cézanne. Un peintre donc  qui a loyalement servi, comme l'exigeait son oeuvre, l'accès à la  maturité de celle de Van Gogh.

On sait le caractère du Hollandais qui ne craignait pas de projeter  dans ses toiles émotions et états d'âme, lumière et puissance. Mais  l'expressivité est là aussi chez Monticelli, procurant déjà joie et  satisfaction à Van Gogh, collectionneur des oeuvres du maître dont il  acquiert des tableaux avec l'aide de son frère Théo. Monticelli l'inclinait sans doute à "peindre vrai" et  méritait ainsi  le respect. Il fut un homme bienfaisant pour Van Gogh et les Natures  mortes, Personnages et Paysages mis côte à côte dans cette exposition  allument le coeur.

PG


Exposition "Van Gogh et Monticelli", Vieille Charité, du 16 septembre  au 11 janvier 2009, Marseille.

Informations pratiques :

Centre de la Vieille Charité
2 rue de la Charité 13002 Marseille
Tel : +33 (0)4 91 14 58 80


Voir aussi  : le site de la RMN
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