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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 05:58
du 6 septembre au 31 octobre 2008


Galerie Eric Dupont - Paris (3)






La peinture qui engloutit. Un détour par l'enfance.
 
Quand les autrichiens accordent le droit de vote aux jeunes à partir de seize ans, Damien Cabanes  nous rappelle  combien "Pour faire un homme, Dieu que c'est long".  (Hugues Aufray).   Dans ses dernières toiles présentées à la galerie Eric Dupont, il peint des enfants, des jeunes en petits groupes ou seuls.  Chacun regarde devant soi mais pas bien loin. Sensualité  trouble en l'absence du regard miroir de l'autre. Confusion des sentiments, rêves agités, leur sommeil ne leur procure pas le repos. Enfants et adolescents semblent perdus dans un espace vidé de tout objet, rivés à eux seuls et à leurs doutes.
 
Cabanes emprunte plus à Gauguin que le cerne noir, il s'engouffre à sa  suite dans une myriade d'interrogations existentielles. En revenant à l'homme et à son enfance, l'artiste nous fait partager son angoisse visionnaire. Nous ne respectons plus les âges de la vie, nous révèle-t-il. Avec quelles conséquences  ? Seule l'épaisseur de la peinture parce qu'elle nous lie à  la connaissance par l'intimité des sentiments est en mesure de faire sonner cet avertissement.

Catherine Plassart


Photo : Trois adolescents / three teenagers 2008
Huile sur toile / Oil on canvas 197 x 250 cm

 
 Informations pratiques :


Galerie Eric Dupont
13, rue Chapon
73003 Paris
France

Tel : 0033 1 44 54 04 14

ouvert du mardi au samedi de 12h à 19h



voir aussi :
le site de la galerie Eric Dupont ICI

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 06:38

de Giacometti à Baselitz


du 20 septembre au  23 novembre 2008


Hôtel des arts - Toulon (83)

 Rosemarie Trockel Georg Baselitz  
 Rosemarie Trockel  Georg Baselitz



L'Enigme du visage

Si pour Michel Foucault ( Les Mots et les Choses), l'Homme a une  origine, une histoire et un destin limités, tout comme la mort de Dieu  annoncée au XIXe par Nietzsche, celle de l'Homme dépouillé de soi par  les structuralistes dans les années soixante sert le désespoir des sociétés modernes. Ainsi l'accumulation des corps dans les camps "disciplinaires" des  sociétés totalitaires de l'Est et de l'Ouest aura permis cette dette  et cette tâche jusque là impensable pour les artistes contemporains :  peindre l'histoire de l'homme détruit. Difficile relation aux pouvoirs qui s'imbriquent avec celles du vide  intérieur (voir les "jalons" de Fautrier, ceux encore de Music). Capitalisme d'Etat (communiste) ou libéralisme forcené à l'opposé et  individualisme singé, la réduction politique de l'homme à un  corps-machine (non désirante) marque l'ébranlement de la foi  humaniste au XXe siècle.


Alors ? De Baselitz, issu de La RDA (République démocratique allemande) " Portrait" de 1965, à Tal Coat (l'homme de l'Ouest)  "Autoportrait" 1980, émerge une histoire nouvelle, essentielle pour  comprendre le vacillement du cartésianisme européen (le "Je pense donc  je suis" se métamorphosant en " Je pense où je ne suis pas" chez Lacan  par exemple). L'âge de l'art contemporain transcrit en peinture, le recueil de nos  nouvelles transparences, neutralités et traits communs. Une nouvelle taxinomie s'impose d'êtres vivants universellemnt conçus  comme des choses dont l'agencement fait un monde structuré par les  mots : mort  (Klasmer 1989), tige ( Giacometti), invisible (Trockel 1996), disparition (Hélion "Autoportrait" 1980) ...

Et ainsi le vieil impératif biblique "Tu ne tueras point" encombrant  les esprits perd du terrain face  à un être prenant la forme de la totalité lourde  et sans contenu que les artistes brandissent comme garde-fou avec en 
tête pour certains un au-delà infini qui a pour aspect peut-être un  visage de Vinci.


PG

"Le Visage qui s'efface" de Giacometti à Baselitz, du 20 septembre au  23 novembre 2008. Soixante artistes (Giacometti, Klee, Fautrier,  Michaux, Dubuffet, Baselitz, Music...).





 Gabi Klasmer  Erik Dietman
 Gabi Klasmer  Erik Dietman



Commissariat  : Itzhak Goldberg, maître de conférences à l’Université Paris X en Histoire de l’Art



ARTISTES : GILLES AILLAUD / PIERRE ALECHINSKY / DIETER APPELT / LYDIE ARICKX / EDUARDO ARROYO /SHIMON ATTIE / BASELITZ / HANS BELLMER / FRANÇOIS BOUILLON / REBECCA BOURNIGAULT / JONATHAN CALLAN / JEAN-MARC CERINO /ANTONI CLAVÉ /CHUCK CLOSE / PHILIPPE COGNÉE / JOHN COPLANS / ISABELLE CORNARO / ERIK DIETMAN / RONIT DOVRAT / DUBUFFET / FRANÇOIS DUFRÊNE /FAUTRIER / ESTHER FERRER / G!RARD GASIOROWSKI / GIACOMETTI / ROGER EDGAR GILLET / MICHEL HAAS / JEAN HÉLION / GABI KLASMER / KLEE/DENIS LAGET / ANGE LECCIA / MICHAUX / DENIS MONFLEUR / MUSIC / YAN PEI-MING / MARC PEREZ / PIGNON-ERNEST / ARNULF RAINER / RANCILLAC / REBEYROLLE / SOPHIE ROCCO / JEAN RUSTIN / MICHEL SALSMANN / ANTONIO SAURA / GHELA SCHARFSTEIN / ADRIENA SIMOTOVA / PIOTR SZUREK /  TAL-COAT / TÀPIES / THUPINIER / ROSEMARIE TROCKEL / BRAM VAN VELDE / JÜRGEN WALLER / DORRIT YACOBY / LI YONGBIN / ZHAN XIAO GANG



photos : Rosemarie Trockel, Sans titre, 1996, Peinture acrylique, encre de Chine sur papier, 30 x 22 cm Collection Centre Georges Pompidou 􂡋 ADAGP, Photo CNAC/MNAM Dist RMN  photographe Adam Rzepka

Gabi Klasmer, Sans titre, 1989, Acrylique sur toile, 175 x 175 cm, Collection particulière, Israël MN  photographe Adam Rzepka

Georg Baselitz, Ralph III, 1965, Huile sur toile, 100,5 x 80 cm, Collection Centre Georges Pompidou  Georg Baselitz, Photo CNAC / MNAM Dist RMN  Droits réservés

Erik Dietman, Sans titre, 1989-1990, Aquarelle et crayon gras sur papier velin, 45 x 55 cm, Collection Centre Georges Pompidou  ADAGP, Photo CNAC/MNAM Dist RMN  photographe Philippe Migeat



Informations pratiques :

Hôtel des Arts
Centre Méditerranéen d'art
Conseil Général du Var
236 Bd Général Leclerc.
Entrée libre de 11 h à 18 h
sauf lundis et jours fériés
Tél. 04 94 91 69 18

voir aussi : www.var.fr

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 06:19

calendrier  novembre,  décembre 2008

FRANCE

Septembre 2008
13/09 – 21/12 Festival d'Automne Paris

Novembre 2008
13/11 – 16/11 : Paris Photo France
15/11 – 30/11: Biennale Internationale du design Saint-Etienne
21/11 – 24/11: START Strasbourg
22/11 – 30/11 : Art en Capital Paris
28/11 – 30/11 : PAGE(S) Paris France

MONDE

Septembre 2008

13/09 – 30/11 : Triennale de Yokohama Japon
20/09 – 30/11 : Biennale de Liverpool Angleterre

Novembre 2008
17/11 – 21/11  : artparis Abu Dhabi, Emirats arabes
15/11 – 19/11 : Shanghai Art Fair Chine


Décembre 2008
03/12 – 07/12 : Art Basel Miami Beach USA
04/12 – 09/12 : Linéart Art Fair Gent Belgique
04/12 – 07/12 : Bridge Art Fair Miami USA
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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 11:53

du 10 septembre au 14 décembre 2008


Château de Versailles

 Jeff Koons, autoportrait en Apollon, buste en  marbre  Louis XIV, buste en acier inoxydable





Le champ de l'art est un champ de bataille, l'insurrection n'est peut-être plus très loin.


Jeff Koons à Versailles dérange les fétichistes de tout poil, les conservateurs de tous bords. Ils hurlent au loup et prétendent faire de la Résistance contre l'ennemi. C'étaient eux (inutile de les identifier) qui déjà  avaient tempêté lors de l'intervention de Jan Fabre au Louvre.



Il est d'ailleurs regrettable d'amalgamer les deux projets dans une même et vaine récrimination. Jan Fabre a  créé spécialement pour le Louvre des oeuvres inédites en se préoccupant de leur forme et du dialogue que leur caractère plastique pouvait établir avec les tableaux de Van Eyck, Bosch ou Rubens. Par ailleurs Fabre est un artiste européen qui part de l'homme pour questionner le monde. Jeff Koons est un artiste américain,  il scrute avec l'acuité que réclament les grandes distances,  une société mondiale dominante et fait le détail d'une époque, pour nous livrer par voie de conséquence une version d'un '"homo futilus" du XXème siècle, à découvrir.



Et c'est peut-être là que le bât blesse. Des oeuvres que certains s'étaient contentés de trouver "kitchs", de mauvais goût, exposées dans les Grands appartements et  la Galerie des glaces du Château de Versailles, prennent un caractère subversif, une dimension politique. Elles nous obligent à penser à rebours, mettent en cause une période de l'histoire (disons 1918-2008) dont on souhaiterait se glorifier et qui se révèle cruelle et futile. Toute une époque durant laquelle on a voulu nous faire croire que tout était facile et  qui a produit  beaucoup de grenouilles gonflées comme des boeufs, à l'image du  Chien-ballon en acier chromé de trois mètres de haut ou du Cœur suspendu de deux tonnes ou encore  de Split Rocker, réalisé avec dix mille pots de fleurs.



L'oeuvre de Jeff Koons existe surtout par sa structure, et ce qu'elle révèle par dilation et effet de loupe. « Lobster» un homard en aluminium polychrome et chaîne d'acier de 145 cm de long, de 2003, inspiré d'une bouée de plage,  sera dans le salon de Mars,  « À la place d'un des lustres, je suspendrai ­ Lobster comme un acrobate accroché à un trapèze, comme une vision incongrue sortie du Moyen Âge. » Tiens le Moyen-âge ! Il est décidément très fort ce Jeff Koons.  Nous l'avions cru capable de confronter deux époques de Pouvoir et de "lumières" or son imaginaire puise aussi dans des temps plus reculés de notre civilisation (pas de Moyen-âge aux States). Considérons, pourquoi pas, que l'artiste s'est représenté dans cette oeuvre, animal fantastique à la bouche cousue,  lourd et aérien, ridicule et imposant à la fois.  Clown ou acrobate, Jeff Koons ? On hésite, sans doute les deux à la fois. En tout cas, on ne peut lui retirer un talent parodique et un superbe sens de l'ironie. Pour cela il suffit de confronter son véritable autoportrait, un buste d'Apollon en marbre, au buste de Louis XIV en acier inoxydable qui sera exposé dans la chambre du roi.




 "Le média est le message" disait Mac Luhan.  L'exposition de Jeff Koons le prouve. Ce n'est pas l'extravagance des oeuvres qui dérange mais leur inscription dans le cadre prestigieux de Versailles.  Tant mieux ! Car si les oeuvres de Jeff Koons ont une raison d'exister en tant qu'oeuvres d'art,  c'est seulement dans la mesure où elles provoquent ce choc  esthétique et culturel. L'étonnement sera au rendez-vous, peut-être même l'insurrection... Ce qui serait vraiment heureux,  serait que l'on se pose la question du rapport entre culture (ce mot qui emplit toutes les bouches) et création (une activité qui ne donne sa chance qu'à quelques rares élus).

Catherine Plassart



Informations pratiques :

de 9h à 17h30

accès :

 RER ligne C :
direction Versailles-rive-gauche-château
▪ de la gare Montparnasse :
train SNCF desservant Versailles-Chantiers
▪ de la gare Saint-Lazare :
train SNCF en direction de Versailles-rive-droite
horaires des trains SNCF

En autobus :
▪ de Pont de Sèvres
ligne 171 de la RATP en direction de Versailles-place d'Armes

En voiture :
▪ autoroute A13 (direction Rouen)
sortie Versailles-Château
Parking payant sur la place d'Armes


Voir aussi : www.chateauversailles.fr

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 07:50

200 A.N.A.T.O.L.E
photographies

du 17 septembre au 8 octobre 2008

Forum des Halles - Paris



Katya Legendre



D'un atoll à   A.N.A.T.O.L.E., : Katya Legendre

Les atolls sont des entités physiques ainsi définies : "récif  corallien entourant une dépression centrale" . De même A.N.A.T.O.L.E.,  poupon fragile, sans personnalité constituée a besoin des bras ou du  visage de celui ou celle qui le protègera pour éviter de connaître  l'angoisse de l'abandon. C'est lui qui fonde le travail de la  photographe française nomade et trottinante.

Ya-t-il donc un lien voulu ou inconscient entre le nom donné à la  poupée symptômatique du dénuement et l'ambition artistique de dévoiler  "la mises à nu des personnages" photographiés de manière réaliste ? Toujours est-il que Katya Legendre décrit à travers ses pérégrinations  internationales en Afrique , Asie ou Amérique la trace de nos  faiblesses et la figure de nos anciens rêves.

Quand A.N.A.T.O.L.E. deviendra grand ce sera la fin d'un monde, à  défaut de  la fin du monde pour les hommes.
Mais la vie réserve de ces surprises...

PG

Exposition les "2OO A.N.A.T.O.L.E.", artistes, hommes politiques,  sportifs accompagnés d'A.N.A.T.O.L.E. ce personnage révélateur de  personnalités, publié initialement dans le quotidien Metro.
Photographies de Katya Legendre, du 17 septembre au 8 octobre 2008, Forum des Halles à Paris.



photo : portrait de Frédéric Beigdeder, tout droit réservé Katya Legendre


Informations pratiques :

 vernissage de l’exposition « A.N.A.T.O.L.E
squatte le Forum des Halles
le mardi 16 septembre 2008 à partir de 18h sur la terrasse haute du Forum (niveau –1).


  Forum des Halles
  101 Porte Berger
  75045 Paris Cedex 01
  tél : 01 44 76 96 56
 
ouvert sans interruption   du lundi au samedi   de 10h à 20h.


voir aussi : le site de Katya Legendre ICI

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 07:25

28 artistes plasticiens de 17 nationalités différentes, anciens résidents
de la Cité Internationale des Arts.


Du 11 septembre au 3 octobre 2008



Cité Internationale des Arts - Paris (4)







Une exposition exceptionnelle va réunir pendant trois semaines à la Cité Internationale des Arts les œuvres de 28 artistes plasticiens, originaires de dix-sept pays différents, ayant séjourné à la Cité depuis sa création en 1965.

Dès l’origine, la Cité Internationale des Arts a pour mission d’accueillir des artistes professionnels souhaitant développer un travail en France pendant une durée de 2 mois à 1 an. En 43 ans, la Cité a reçu près de 15 000 résidents, sélectionnés par les représentants des 142 institutions françaises et étrangères, privées et publiques, des pays fondateurs ayant participé au financement des 312 ateliers-logements actuellement occupés.

Les œuvres de 28 artistes renommés seront pour la première fois réunies dans ce lieu de travail et d’échange ayant contribué à l’épanouissement de leur talent et au développement de leur carrière artistique.


Les artistes : Adel ABDESSEMED / Algérie - Mordecai ARDON / Espagne, Israël - Mark BRUSSE / Pays-Bas - Jagoda BUIC / Croatie - Chen ZHEN / Chine -  Jean Clareboudt / France - Marc Couturier / France - Johan Creten / Belgique - Touhami Ennadre / Maroc - Daniel Firman / France - Alain Fleischer / France- Konrad Klapheck / Allemagne - Robert Malaval / France - Jean-Paul Marcheschi / France - Juan Melé / Argentine - Wan Ts Peng / Chine – Leopoldo PLENTZ / Brésil - Antoine Poupel / France - Françoise Quardon / France - Vassilis Salpistis / Grèce - Antonio Saura / Espagne - Vladimir Skoda / République Tchèque - Barthélémy Toguo / Cameroun - Gérard Traquendi / France - Vladimir Velickovic / Serbie - Jean-Luc Verna / France - Velu Viswanadhan / Inde - Joel-Peter Witkin / Etats-Unis


Photo : Gérard Traquandi


Au programme :


Vernissage le mercredi 10 septembre de 18h00 à 20h30


Les 2 et 3 octobre 2008
1er Colloque des pays souscripteurs d’ateliers de la Cité Internationale des Arts
Deux journées de rencontres professionnelles qui réuniront les représentants des pays souscripteurs des ateliers-logements en présence des institutions françaises partenaires.


Nuit du 4 au 5 octobre de 19h00 à 07h00
Dans le cadre de la Nuit Blanche 2008
Dominik Lejman – Installation vidéo
Un projet de l’Institut Polonais en partenariat avec la Cité Internationale des Arts
« Vidéo-fresque » ou « photo-tapisserie », les dizaines de petites silhouettes fantômes projetées sur un mur avant de disparaître, auront à cœur de surprendre le visiteur. Dominik Lejman est ancien résident de la Cité Internationale des Arts (2004).


Informations pratiques :

Cité Internationale des Arts
Salles Edouard M. Sandoz et Michel David-Weill – Entrée libre
18 rue de l’Hôtel de Ville
75004 Paris
Tél : 01 44 78 25 86

ouvert de 14h00 à 19h00
Entrée libre

voir aussi : le site de la Cité Internationale des Arts ICI

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 16:06

exposition

du 18 septembre au 24 octobre 2008
 

Galerie Rouge - Bordeaux


 Anne-Marie Cutolo  Fabien Claude
A.-M. Cutolo F. Claude




L'Un et l'autre

Anne-Marie Cutolo et Fabien Claude exposent régulièrement ensemble. Leur sujet  commun  est la souffrance. Ils ne la tiennent pas à distance car elle est pour l'un  et l'autre un savoir. Savoir du corps massacré qui se fait langage pictural chez Cutolo.  Ressort de la connaissance chez Claude qui à l'inverse de sa compagne ignore la chair, dissout les corps, dit l'effroi par la pudeur. La douleur  explosive  de Cutolo s'oppose à celle  intérieure et implosive de Claude.

Chez Cutolo, les corps nus sont écorchés, les chairs  déchirées. La blessure est intime. La détresse à fleur de peau, physique et brutale.  Au paroxysme de la douleur, le sang circule, les nerfs et les tissus palpitent. Obscénité des ventres qui livrent leurs entrailles, des membres  mutilés.  Abandon au tourment, violence du désespoir . Mais aussi tendresse et compassion. Vertige libérateur enfin, comme au bord d'un ravin qui s'ouvre à  la vie secrète,  bouillonnante et désordonnée.


« L’action décisive est la mise à nu. La nudité s’oppose à l’état fermé, c’est-à-dire à l’état d’existence discontinue. C’est un état de communication, qui révèle la quête d’une continuité possible de l’être au-delà du repli sur soi. Les corps s’ouvrent à la continuité par ces conduits secrets qui nous donnent le sentiment de l’obscénité. » (1) Georges Bataille.


Chez Claude, les personnages raides, dressés, sont des êtres vêtus de manteaux massifs, ronds, et creux qui dissimulent bras et mains et la quasi totalité d'un corps squelettique, décharné. Sur fond uniformément noir, le peintre met en scène la mort personnifiée ou plutôt son serviteur.  L'austère verticalité de ce messager funeste traduit un refus du deuil et rend tragique, l’inattendu de  la mort. Une certaine forme d'esthétisme dans cette peinture, ajoute un sentiment de lassitude, une acceptation du désespoir.


« Pour nous qui sommes des êtres discontinus, la mort a le sens de la continuité de l’être ». (2) G. Bataille.

Un peintre m'expliquait un jour qu'il n'y a que deux façons de construire un tableau. Qu'il soit  abstrait ou figuratif, peu importe. Soit on organise les masses et les figures selon les axes horizontaux et verticaux ,  soit on utilise les obliques et les diagonales associées au cercle. Verticales et horizontales  dessinent un repère orthonormé, évoque une circulation immuable dans les sens terre, ciel et Est, Ouest. Le cercle  lui, n'est jamais parfait, il évolue vers la spirale, suggère un vide, une aspiration.  Cutolo, peint de cette manière utilisant les obliques et leurs infinies combinatoires. Ses sujets sans assises, à la limite du déséquilibre, basculent parfois, noyés dans la couleur. Claude  à l'inverse, construit toujours ses tableaux  selon l'autre façon à ceci près qu'il  n'exploite aucune ligne horizontale dans sa composition. Son  personnage occupe la toile selon un axe  vertical  exclusif à peine décentré. Il n'y a donc ni horizon, ni perpendiculaire.  L'espace ainsi créé est retourné, mis " hors du temps". En l'absence de lignes séquentes, l'impossibilité de la  croix suggère un sortilège,  l'absence de consolation. 


 La peinture d'Anne-Marie Cutolo et celle de Fabien Claude explorent un même territoire, celui de la douleur, mais parce que leurs rapports respectifs au corps sont différents,  leurs langages plastiques et leurs propos sont distincts. Cutolo et Claude ont toutefois également en commun une dynamique qui brise les cocons, emporte la barque et ainsi libère celui qui crée comme celui qui regarde, de la pesanteur du désespoir.

L'exposition de leurs oeuvres récentes est à voir du 18 septembre au 24 octobre 2008 à la galerie Rouge à Bordeaux.


Catherine Plassart





(1) L’érotisme, page 24 Georges Bataille
(2) L’érotisme, page 19, Georges Bataille



Informations pratiques :

Galerie Rouge
Natacha Dost-Lillet
19,rue du Professeur Demons
33000 BORDEAUX
Tel. 06 87 46 02 29 - Fax: 05 56 16 78 79
natacha@galerierouge.org


Voir aussi : la vitrine d'Anne-Marie Cutolo sur Art Point France ICI  et le site de la galerie ICI

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 16:33

"Ombre et lumière"
Peinture de Sofia Leconte Mitev  et sculpture de Ian Tyson


jusqu'au 09 octobre 2008


Artrium - Genève (Suisse)


 Ian Tyson  Sofia Leconte Mitev




Artrium : Du mouvement et de la permanence des choses.

Dans la peinture de Sofia Leconte Mitev intitulée "Pressons le pas" ( technique mixte, 146 X 114 cm) il s'agit de se représenter des  individus qui marchent dans la rue et leurs ombres se projetant sur  le sol. Ils avancent librement, jamais au même endroit. On les voit  "en plongée" selon un angle cinématographique. Quant à la lumière,  elle vient d'en haut. On imagine que leur vie est la nôtre. Ils se  voient marcher quand ils regardent leurs ombres qui les suivent ou les  précèdent. Que la vie est étrange !


Nous sommes tous pareils. Nous avons tous une ombre qui nous fait  face. Nous sommes condamnés à vivre avec notre ombre. C'est donc au  problème du réel et à celui de la croyance dans les apparences tenues  plus ou moins pour vraies que ces ombres projetées sur le sol nous  conduisent. Ainsi cette peinture hyperréaliste de facture est  originale car elle entretient un commerce étroit avec l'esprit,  épousant nos questions et refusant de voir comme évident ce que tout  le monde considère comme la norme : la surface des choses.


Prenons maintenant la sculpture de Ian Tyson faite de bois (ou   parfois de métal) ; celle-ci se nomme "Crossover". Là encore on voit  des formes déchues, arrivées en bas et que l'on regarde de haut. Ces  dernières sans concession sont sobres, géométriques, à l'abri des  fluctuations et labyrinthiques. On en ferait bien le tour sans effort,  abandonné à soi-même. Mais si l'on revient sur ces formes sur  lesquelles s'écoule une lumière, de haut on perçoit leurs ombres qui  jouent sur les parois et les animent.

Comment atteindre le secret des choses ? L'émotion que le décor  suscite touche au mystère de l'univers. Là encore c'est le temps qui nous effleure et sa course que l'on sent  glisser dans notre dos. Ombre et soleil nous accompagnent jusqu'à la  fin, malgré toutes nos questions et nos réponses.

PG

Exposition Artrium "Ombre et lumière", Peinture de Sofia Leconte Mitev  et sculpture de Ian Tyson, Rue de la confédération 2, Genève 1211. Du  18 juillet au 09 octobre 2008.



Informations pratiques :

Le jeudi 18 septembre

A partir de 14H30, rencontre avec les artistes et réalisation de deux clips de 3mn50.

A 18H30,  en présence des artistes, concert d'art lyrique, Philippe BROCARD, Baryton , Ave SlKK, pianiste


ARTRIUM
Rue de la confédération 2 - 1211 - GENEVE
+41223756078

Du lundi au vendredi de 8h30 à 18h

voir aussi : le communiqué de presse ICI

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 09:55


La Feuillée




Edito : Ne les laissons pas filer.

Les vacances sont finies pour nombre d'entre nous. Il reste encore quelques jours cependant pour profiter des grandes expositions de l'été. Ne nous en privons pas, ne les laissons pas filer sans les avoir visitées. Expositions "programme" ou expositions d'auteur, elles sont intéressantes, du début à la fin.


D'ailleurs les arts visuels ne sont jamais pressés de faire leur rentrée. Rien de commun avec la rentrée littéraire par exemple. C'est sans hâte que les nouvelles expositions se mettent en place dans les galeries, les centres d'art. On oscille ainsi entre langueur estivale et souplesse automnale.


Quelques expositions-événements débutent toutefois prochainement dans les grands musées : Francis Bacon le 11 septembre à la Tate Britain, Rothko le 26 septembre à la Tate Modern à Londres, Van Gogh le 5 septembre à L'Albertina à Vienne, Emil Nolde le 24 septembre au Grand Palais à Paris. Nous vous les présenterons prochainement.


Pour cette Feuillée, nous avons choisi de favoriser dans notre calendrier conçu comme un intinéraire, les grandes expositions estivales qui se poursuivent le plus souvent jusque la fin de septembre. Nous y avons ajouté plusieurs expositions monographiques plus modestes sans doute mais que nous sommes heureux de vous présenter.


Nous vous souhaitons en très peu de mots et beaucoup d'informations, une rentrée en douceur et en images.

Catherine Plassart



photos : (1) Wolfgang Laib, (2) Wanda Skonieczny, (3) Caroline Coppey, (4) Philippe Ramette



voir aussi : La Feuillée du 04/09/08


 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

Les éditos de La Feuillée

 

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 07:32

 du 12 septembre au 18 octobre 2008


galerie Bernard Bouche - Paris (3)





Rendez-vous sur la terre

Un Traité de l'espace, un Théâtre du temps. Une étude du mouvement et  de l'immobilité de la ligne. Le règne du désert. Une écriture sur la  pierre taillée. Une peinture matérialiste. Le dessin du pays sans  l'Arrière-pays dont nous parlent encore certains poètes. Et cependant  cette peinture à l'oeuf qui tente d'éviter les illusions métaphysiques  et les enthousiasmes de la hauteur fait signe d'altitude. C'est le  sens du dernier travail de Charles Maussion sur le thème de La  Montagne en 2008.


Pas de rue à traverser dans cet univers, donc. Mais un poème où la  couleur est réduite à son essence . Une volonté d'échapper à la  lumière aveuglante, au rêve et à la parole bavarde.


Le peintre né en 1923 et qui a traversé le siècle et les époques  picturales creuse aujourd'hui après "Fleur" et "Oiseau" cet autre  graphisme  comme pour arrêter en dernier lieu la flèche du temps,  disciple en cela de Zénon, lequel ne croyait ni au début ni à la fin.  Le trait erre et illustre la profondeur de la matière enrichie par 
l'expérience. Comme des paysages, cette peinture de l'origine du monde parle d'un  autre ciel, d'un autre soir, là où la pierre et la terre deviennent  simples. En deçà de toute mythologie et dans une présence apaisée.

PG


Photo : Montagne 2008, peinture à l'oeuf, 130 x 195 cm



Informations pratiques :

galerie Bernard Bouche
123 rue Vieille-du-Temple
75003 Paris
01 42 72 60 03



voir aussi : la biographie de Charles Maussion ICI
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