Vendredi 16 mars 5 16 /03 /Mars 08:02

 

Coco Texedre

Coco Texedre : Chateau de Cène, Maisons de verre et aquariums

par Jean-Paul Gavard Perret

Dans la maison de Coco Texedre les murs sont désormais poncés. Chaux devant ! Le mat son a étouffé les cloques. Air, matière, pâte couleur claire pour la lumière. Pirouette. Cabriole. Corps et graphie jamais imposés. Marche non forcée. Et parfois titubante (le Gin bon marché fait le bon thé divin). La pensée se met à chanter pompette et fait des pointes à coups de vignettes et d’encres sympathiques. Il y a du rouge Baiser, des arabesques, des deltas et des méandres pour toucher à la plus invraisemblable communauté dans la maison en T.

 

Des dissymétries naît un conglomérat. Il n’y a pas plus allumé qu’un tel travail. Coco Texedre lâche sans cesse la bardelette, balaye la poussière de la tête pour rendre la vie moins vieille et brouiller les dernières cartes afin d’admirer Dieu dans une glace à la fraise.

 

Parfois se perçoit une mare recouverte de nénuphars avec au fond de très gros poissons rose pâle. Si on se penche pour les regarder on tombe dans le grand cercle des images. Impossible de donner l’alerte même si on ne sait plus s’il y a encore de l’eau. De l’œuvre certains s’immergent, d’autres émergent. Mais on ne s’emmerde jamais.

 

Il ne s’agit pas pour autant de fantasmer sur les images. Ce sont apparemment des boîtes à surprise sur une table de nuit. Mais elles contiennent bien autre chose que des babioles. Sous un ciel magnanime toutes sont d’étranges fleurs de l'Apocalypse. Pour les fabriquer Coco Texedre entre - bas de laine troués - dans des travaux et le désordre. Sous l'eau tarie des fuites les odeurs stagnent en mille sources d'inspiration.

 

Esclave de son lieu la maîtresse se désespère parfois et pleure le Christ et ses saintes séquestrés dans les boîtes à bananes entassées dans le passé d'un grenier décomposé. Quand vient puis revient le jour du Seigneur c'est à peine si quelques clous sont enfoncés. Suintements sur le sol des lamentations toute la Sainte Journée et jusqu'au bout de la nuit. Les maçons officiels de l’art parlent la langue de bois : il faut se chauffer avec. Ses architectes disent que c'est bancal, caduque, rococo, riquiqui. Ils prétendent que l’artiste a vu trop grand ou que c'est trop petit. Qu'il n'y a pas de place. Mais ils n’ont rien compris. Qu’importe s’il est impossible d’installer un escalier. L’artiste s’envoie en l'air toute seule avec ses images.

 

Coco Texedre Elle n’a pas hésité à mettre sous le pif du voyeur une culotte afin de souhaiter ses vœux pour 2012 comme s’il s’agissait de l’année des partouzes ! Qu’il en soit donc ainsi. L’artiste apprend par cœur les noms qui ne contiennent pas d’Aleph. L’infini se plie parmi ses outils. Entre brisure et déchirure, entre cheveux et cuir non le désordre de l’univers mais ce qui tremble en nous : une joie, une erreur, un vertige.

 

Montant sur les cheminées de son imaginaire Coco Texedre s’écrie « je penche donc je suie ». Elle y creuse l’obscur afin que les flammes partent en fumée, et la fumée en flammes. Qu’elle se fasse mégère ou fée de logis là n'est plus le problème. Elle reste le femme des mégéries de l’amer, l’eausée l’épluiephanie, la Veuve Cliqueau, la bargestueuse, l’eau d’étoilette, la superflux. Donc la nécessaire.

 

 

 

Coco Texedre

Par Art Point France - Publié dans : Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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