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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 07:25

 

Exposition collective

 

du 28-01 au 21-04 2012

 

Pavillon blanc, centre d'art - Le Colomiers (31)

 

 

Julien Prévieux

 

 

Dans Les livres de ma vie, Henry Miller écrivait qu'il ne connaissait pas de meilleur endroit pour lire que « dans les profondeurs d'une forêt. De préférence auprès d'un torrent ». L'exposition du centre d’art de Colomiers nous tient éloignés de ces lieux enchantés. Les artistes convoqués pour cette exposition sur le thème de la bibliothèque jouent avec le mobilier et  les représentations en oubliant le mot, le texte, la culture. 

Car force est de constater que ce qui domine est le vide et l'absence. Les bibliothèques sont creuses (Elvire Bonduelle , Eden Morafaux) ou présentent des livres aux idées obsolètes (Julien  Prévieux) ou encore montrent le défilement presque abstrait de l’image virtuelle d'ouvrages alignés (Yann Serandour). 

La disparition du texte, la blessure infligée au livre sont l’objet et le sujet chez Estefania Penafiel Loaiza. La négation radicale du principe de bibliothèque et l'indifférence fondamentale à l'écriture sous tendent les créations de Sébastien Vonnier. Au mieux, un livre unique tenu dans la gueule d'une sculpture en forme de pion d’échec - le fou - est pour Sammy Engramer l'occasion d'exprimer son rapport critique au savoir. 

Seul, dans cette vaste exposition, le graphiste Frédéric Teschner en revenant à la lettre semble se souvenir que le livre n'appartient pas à un passé révolu, n'est pas non plus voué à la disparition puisque ne serait-ce que dans sa dimension d'objet il évolue et se renouvelle à l'envie.

L’exposition  nous dit-on, "vise à explorer les liens de l'artiste avec le savoir et la représentation du savoir et de la culture par les artistes aujourd’hui". D'un seul regard circulaire dans le Pavillon blanc,  il est permis de constater que les jeunes artistes ont renoncé au livre comme source de la connaissance. Ce qui inquiète, c'est le rejet dont le savoir lui-même est l'objet puisqu'ils ne trouvent aucune forme nouvelle pour le représenter.

Les amoureux du livre et de la lecture verront beaucoup de cruauté dans le choix du titre de l'exposition. La luxuriance de la forêt et l'impétuosité du torrent s'accordent mal avec la vision aride d'un imaginaire absent et d'un savoir dont l'accès est empêché.  

Ils dénonceront aussi le paradoxe qui veut que des bibliothèques de lecture publique cherchent dans le miroir que leur tendent ces artistes leur justification. Connaissent-elles le métier de lire et le plaisir de transmettre ? On peut en douter. Les splendides coquilles trop pleines d'ouvrages craquent, se fendent et répendent leur contenu dans le ruisseau de l'oubli faute de passeurs. Pire, avec ce type d'exposition,  elles sont leurs propres dupes : elles croient chanter leur gloire quand elles font l'apologie du rien. 

Catherine Plassart

 

 

Les artistes exposés :  Elvire Bonduelle, Sammy Engramer, Eden Morfaux, Estefania Penafiel Loaiza, Julien Prévieux, Yann Sérandour, Frédéric Teschner, Sébastien Vonier.

 

 

 

Eden Morfaux, Frédéric Teschner

 

 

 

 

 

Yann Serandour

 

 

Estefania Penafiel

 

 

photos : (1) Vue de l'exposition. Photo : Y Gozard premier plan "La totalité des propositions vraies (avant)" de Julien Prévieux, (2) à gauche : 533, 2006-2012S Vonier. Au centre et à droite : L'Etude, 2008 de Eden Morfaux et les Couvertures muettes, 2012 de Frédéric Teschner. Photo : Yohann Gozard, (3) © E Penafiel Loaiza / galerie A Gutharc ; De la rigueur de la science Vues d’exposition. Photo : Yohann Gozard 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 10:16

Livres, peintures, dessins

exposition

 

du 28 janvier au 18 février 2012

 

Médiathèque Jean-Prévost - Bron (69)

 

Sylvie Deparis - Jean-Claude Villain

 

Un jardin d'artiste

Sylvie Deparis ne se contente pas de prendre conscience de ce qui l'entoure. Elle jette un regard sur le monde extérieur qui lui procure un plaisir particulier. Elle ressent brusquement ce plaisir perçant et doux. Elle voit pour la première fois la couleur délicieuse du ciel, lilas et pistache, celle d'une baie sauvage, orange, intense et piquetée ou encore celle d'une lune jaune, pâle, ronde, sans halo qui flotte dans le jour clair. Elle les absorbe et elles sont comme fondues par cette aspiration.  Les formes quant à elles  sont simples, empruntées au végétal. Les traits plus forts, vrillent ou s'enchevêtrent, se croisent ou se frôlent. C'est un jardin d'artiste plein de lignes, de couleurs et de mots de poètes. 

Catherine Plassart

 

Parmi les poètes qu’elle illustre, on peut citer : Jacques Ancet, Andrée Appercele, Régine Detambel, Joël-Claude Mefre, Salah Stétié, Jean-Claude Vilain …., Elle collabore avec plusieurs éditeurs (Sables, Rivières, Renard pâle) et a créé sa propre maison d’édition en 2009.

 

 

 

      Sylvie Deparis -Roselyne-Sibille

 

 

Implore la lumière

Roselyne Sibille, Sylvie Deparis, SD éditions, 2011

voir l'ouvrage

 

 

 

Jacques Ancet - Sylvie Deparis

 

 

La vie sans visage

Jacques Ancet, Sylvie Deparis SD éditions 2011

voir l'ouvrage

 

 

 

photo (1) Nuque contre terre Jean-Claude Villain, Sylvie Deparis, SD éditions 2010  voir l'ouvrage

 

 

 

Informations pratiques :

vernissage le samedi 28 janvier à 11h

avec la participation de Jean-Claude Villain, poète

 

Médiathèque Jean-Prévost

69500 Bron

04 72 36 13 80

 

voir aussi : la vitrine de Sylvie Deparis dans Art Point France, le catalogue de ses livres d'artiste

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 09:32

La bibbliothèque de livres d'artiste de Thierry Le Saëc

et les éditions de la Canopée

 

exposition du 15 octobre au 20 novembre 2011

 

A L'Espace culturel Lucien Prigent à Landivisiau (29)

 

Thierry Le Saëc

 

 

Fantômes et cie

La bibliothèque a horreur du vide. Elle grouille de vivants et aussi de fantômes familiers et amicaux. A chacun ses amis, à chacun ses fantômes et donc à chacun sa bibliothèque. Celle de Thierry Le Saëc est contenue dans les limites de la poésie de son choix. Il nomme chaque livre, le décrit mais  non pas comme un bibliothécaire consciencieux plutôt comme le premier homme explorant son jardin merveilleux. 

 

Sus au vertige de l'absence. L'espace plein de la bibliothèque est idéal. Les mots s'y accumulent et construisent une parcelle du monde qui représente un univers. La bibliothèque de Thierry Le Saëc rayonne du culte rendu par l'artiste à la poésie. Culte des mots en jeu, des verbes combinés, des textes en vers ou en prose. Mais aussi culte de l'objet livre qu'il identifie au déploiement de l'imaginaire.

 

Car la poésie nourrit l'esprit créateur. Editeur,Thierry Le Saëc  exploite le matériau du langage qu'il vivifie dans sa forme imprimée. Il le recompose en strates délicates qui se plient et se déplient sous les couvertures et les emboîtages des éditions de La Canopée. Peintre et graveur, il l'habille de traits, de couleurs, d'images.  C’est que chaque livre est une maison de lettres et de phrases, un chez soi et un en soi. Certes, la clôture de l'objet livre renvoie au fini. Mais la finitude pour l'artiste accouplé à sa bibliothèque, est ici une chance,  celle de donner un sens à l'aventure de vivre.

  Catherine Plassart

 

L’exposition CORRESPONDANCE[S] présentée du 15 octobre au 20 novembre à Landivisiau a été réalisée en collaboration avec l'association “Les moyens du bord” dans le cadre de la 6 ème édition de “MULTIPLES” salon de la petite édition d'artiste qui se tiendra à Morlaix les 12 et 13 novembre 2011.

 

 

Autour de l'exposition :

Rencontre avec Thierry Le Saëc le vendredi 11 novembre à 17h

à l'Espace culturel Lucien Prigent de landivisiau

Salon "Multiples" les 12 et 13 novembre à Morlaix

(Mairie, Médiathèque "Les ailes du temps", Musée, Hotel d'Europe)

Stage "réalisation de livres d'artiste" les 10 et 11 décembre

animé par Thierry Le Saëc à Landivisiau

 

 

 

Informations pratiques :

 

VERNISSAGE LE SAMEDI 15 OCTOBRE À 11H00

Espace culturel Lucien Prigent 

Parc de Kréac'h Kélenn, Landivisiau (29)

ouvert les lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 14h à 17h30

 

Les Moyens du Bord 32 bis rue Basse 29600 Morlaix tel : 02 98 88 25 62 

 

voir aussi : la vitrine de Thierry Le Saëc dans Art Point France, le catalogue des éditions La Canopée

 

 

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 16:48

Peintures et livres d'artiste

 

du 7 octobre au 10 novembre 2011

 

Médiathèque de Saint Raphaël

 

et 

Participation au 24ème Festival du Livre de Mouans Sartoux

les 7, 8 et 9 octobre 2011

 

Sylvie Deparis

 

 

Très inspirée par les formes du végétal, Sylvie Deparis peint, dessine et intervient sur les pages des livres qu'elle transforme au fil des mots que les poètes lui adressent.

 

Elle a ainsi réalisé des livres avec Jacques Ancet La vie sans visage, Andrée Appercelle Aux braises de l’absence, Michel Butor Le dragon des eaux et Vertigineuses bergeries, Régine Detambel Lierre et Le limon du poème, Antoine Graziani Eveil, répétitions , Jean Joubert Femme fougère  et  Le Dit du lierre, Machet Béatrice Melisma, Joël-Claude Meffre Deux ou trois îlots de neige, René Pons Le jujubier et Mea culpa, Jean-Damien Roumieu L'Être, l'éclat et le vide de L'Être, Catherine Pozzi Poèmes , Gaston Puel Quatre pièces pour violoncelle, Christian Skimao Questions de hasard, Salah Stétié La chute du jour, Bernard Teulon-Nouailles Potlatch et Simples énigmes, Bernard Vargaftig Où la musique se fond à la lumière,  Jean-Claude Villain Nuque contre terre, La liseuse est vierge,  et Diurnes.

 

 

photo : La vie sans visage, Jacques Ancet

 

 

Informations pratiques :

 

vernissage à 18h le 6 octobre

précédé d'une rencontre-discussion autour du livre d'artiste à 16h30

Médiathèque, place Gabriel Péri

83700 Saint-Raphaël

04 98 11 89 00

&

24ème Festival du Livre de Mouans Sartoux

24ème Festival du Livre de Mouans Sartoux

les 7, 8 et 9 octobre de 10h à 19h

06370 Mouans Sartoux

http://www.lefestivaldulivre.fr

06370 Mouans Sartoux

 

voir aussi : la vitrine de Sylvie Deparis dans Art Point France, le catalogue de ses livres d'artiste, le site du Festival de Mouans Sartoux

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 07:37

Dialogue entre cultures et langues

gravures de Robert Lobet et textes manuscrits des auteurs

 

du 26 septembre au 21 octobre 2011

 

Conseil de l'Europe - Strasbourg

 

Robert Lobet

 

 

Le processus du voyage.

Le voyage joue un rôle déterminant dans l’évolution  du  travail de Robert Lobet. Un jour en particulier,  il y a de cela plusieurs années, il rencontre une ville,  Alexandrie. Dans ce haut lieu du syncrétisme entre l’art égyptien et l'art grec,  il  trouve des motifs comme autant de motivations pour explorer la large palette des langues et des cultures du monde. D'où la naissance des éditions de La Margeride au sein desquelles, il a conçu et réalisé une soixantaine d'ouvrages,  souvent bilingues en dialogue avec des parlers exotiques, extravagants ou minoritaires, tous particuliers. 

C.P.

 

 

informations pratiques ;

vernissage jeudi 20 octobre 2011

de 17h30 à 19h30

 

 

voir aussi : le catalogue des éditions La Margeride dirigées et animées par Robert Lobet dans Art Point France

 

 

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:24

 

 

Bernard Plossu

 

 

Far out !  de Bernard Plossu

Un photographe se souvient des "sixties" qui voulaient, tout, tout de suite.

 

En quoi Far out ! est-il un livre rafraichissant ? C'est à cette question que l'on va répondre en s'attachant à l'époque, celle de la fin des années soixante et du début  soixante-dix, sans s'évader vers le seul monde de Mai 68.

Bernard Plossu est un photographe à la vocation "routarde" expert reconnu par les amateurs d'errances dans la contre-culture littéraire et musicale entre autres et probablement un oeil authentiquement ouvert sur la seconde moitié du siècle écoulé. Mais sa vraie conscience est ici dans cette galaxie du mouvement hippie peuplé de figures curieuses , gouverné par les lois de l'utopie, où il paraît poursuivre sa recherche, nous entraînant sur son radeau avec des anges, des prophètes d'un jour et des prêtresses remarquables du Mexique à l'Inde en passant par la Californie ou l'Europe réunies.

Il reste héritier direct et voit dans cette source  sûre l'éloge à venir de la Nature (l'écologie qui suivra de près) , le fond non prétentieux pour survivre à l'actuelle question "Que faire maintenant, dans ce monde non artiste, cette histoire défaite, sans opinion ?"...

Il a du mal à oublier l'insulte que constitue l'examen soit-disant généreux, mais en fait scandaleux, d'années revêches à toute autorité, qui réclamaient tout simplement une dimension plus grande à la vie ici présente.

Tout à fait d'accord avec lui, on juge bon qu'il rompe le silence et s'exprime conformément à sa fonction de "regard" critique et sensible.

Pierre Givodan

 

 

Bernard Plossu

 

Far out ! Les années hip : Haight-Ashbury, Big Sur, India, Goa de Bernard Plossu,  ill. noir et blanc et couleur, médiapopéditions 2011,  15 euros

Bernard Plossu découvre la Californie en 1966, un an avant le Summer of Love. En pleine période hippie, il fréquente la City Lights Bookstore, croise Joan Baez et ses soeurs, rencontre Henry Miller et photographie sans arrière-pensée ses amis artisans, écrivains et artistes (certaines de ces photographies sont inédites, notamment les images en couleurs de 1966 à Haight-Ashbury). En 1970, attiré par l’Inde, Bernard Plossu se rend à Ceylan puis à Goa.Il réalise deux reportages publiés par Rock & Folk en 70 et 71 intégralement repris dans "Far Out !" (textes et photos de Bernard Plossu). 

 

 


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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 03:33

Biennale internationale des livres d’artiste

 

les 10, 11 et 12 septembre 2011

 

Halles de Dives-sur-mer (Calvados)

 

BIBLIOPARNASSE III

 

 

Biblioparnasse III : un salon de livres d'artiste, des expositions, des animations

Sous des Halles du XIII ème siècle à Dives-sur-mer  sur la côte normande entre Cabourg et Houlgate, se déroule les 10, 11 et 12 septembre, Biblioparnasse III, la troisième édition d'une biennale internationale des livres d'artistes en plein essor. Organisée par l'association Artlibris le salon réunira 40 exposants sur des stands individuels et collectifs.

Le programme est riche de quantité d'animations : des signatures mais aussi des lectures, des expositions, des ateliers, des projections vidéo ... Le samedi 10 septembre à 20 heures est prévue une soirée poésie où seront lus par Pierre Santini les poèmes ayant donné lieu à la création de livres d’artiste. 

L'invité d'honneur de cette troisième édition est l'artiste germano-américain Max Marek. Né à New York en 1957, il vit actuellement à Berlin. Il a étudié et travaillé à Paris comme illustrateur entre 1977 et 1981. Artiste plasticien , il expérimente à partir de  1982 différentes techniques, huile, lithographie, sculpture. Depuis 2001, il se consacre exclusement au livre. Il réalise des exemplaires uniques en découpant le papier à la main. Il a produit plus de 150 oeuvres. Bon nombre d'entre elles se trouvent dans des collections publiques et privées, surtout en France et en Allemagne. 

Enfin autour de la Biennale, deux expositions l'une à la médiathèque de Dives-sur-mer, l'autre à la médiathèque de Granville. 

 

 

BIBLIOPARNASSE - III

 

BIBLIOPARNASSE III


Samedi 10  septembre

ouvert de 17h30  à 22h00

18h00 - inauguration du salon et vin d’honneur

20h00 - Nuit de la Poésie : lecture des poèmes ayant donné lieu à la création des livres des artistes présents sur le salon - soirée assurée par le comédien Pierre SANTINI

 

Dimanche 11  septembre

ouvert de 10h à 19h

Signatures des livres d’artistes sur les stands : 

à partir de 10h :

• Isabella Ciaffi : Promesse de la rose d’orient/ Promissa della rosa di Oriente, texte de Jean-Pierre Crespel

• Sarah Wiame : Mezzanine, texte de Jean-Pierre Crespel

• LA GRADIVA : Gizi Lajtos ; Southern blues ; Levana ; Dans la demeure d’Hestia ; Alphabet du Royaume ; Temporanea ; Au saule sacré d’Héliopolis ; Lone wolf of Silence, textes de Jean-Pierre Crespel

• Catherine Liégeois : Une histoire simple, texte d’Anne Kovalevsky

à partir de 11h :

• Serge Chamchinov : Chambre Nuptiale, texte de Jean-Luc Wauthier

• Le plus petit Musée du livre : Rapace besoin d’envol, Serge Chamchinov, Pierre Schroven

• Coco Texedre : Archéologie, texte de Suzanne Aurbach

à partir de 15h :

• SIGNUM : Les Agapanthes (Anne Bolori, Véronique de Guitarre) ; L’Oiselle (Isabelle Vallée, Yannick Charon) ; Mirage (Salah Al Hamdani, Danielle Loisel) ; El Mar (Luis Pulido Ritter, Danielle Loisel) ; Paysages infinis (Nicolle Leclercq, Ariane de Briey)

 

Lundi  12  septembre

ouvert de 10h à 13h

10h–11h : Table ronde Biblioparnasse au sommet du livre d’artiste (avec la participation de Max Marek et Pierre Schroven, modérateurs : Anne Arc et Serge Chamchinov)

10h–12h : Visite guidée  du salon   

10h–12h :  pour les enfants, Catherine Liégeois, Atelier de découverte et de création de mini-livres d’artistes 

 

 

EXPOSANTS du BIBLIOPARNASSE 2011

• Max MAREK (Invité d’honneur) – DE/ USA   •  Anne ARC  – FR   • Barbara BEISINGHOFF  – DE  • André BEUCHAT (Alma Charta) – IT/CH  • Suzie BOHM (Das kleine rote Haus) – DE  • Sylvie CATY – FR  • Serge CHAMCHINOV (LLA) – FR  • Isabella CIAFFI - IT  • Helmut HANNIG – DE  • Daniel HEES (Muhleisen-presse) – DE  • Yoshiko HIRASAWA – FR /JP  • Catherine LIÉGEOIS – FR  • Yves Picquet (Double cloche) – FR  • Vincent ROUGIER (Rougier Atelier Art) –FR  • Marja SCHOLTENS (De Klaproos) – NL • Coco TEXEDRE – FR • Nicolaus WERNER – DE • Sarah WIAME (Céphéides) – FR • BUCHENpresse (maison d’édition)  – DE   Andréas Hegewald & Christiane Just • DOUBLE JE (maison d’édition) – FR  Léonore Fandol & Philippe Quérel •  ÉDITION OFFIZIN PARVUS  – DE   Helmut SCHULZE, Monika ROHRMUS, H.A. • ARTLIBRIS (association) – FR DANKERT • LA GRADIVA (librairie-galerie, Claude BATISSE) – FR • MÉDIATHÈQUE Jacques Prévert • Le plus petit Musée du livre (association LAAC) – FR • SIGNUM (association-édition)– FR Danielle Loisel, Yannick Charon, Véronique de Guitarre, Ariane de Briey, Nicolle Leclerq, Anne Bolori

 

POÈTES INVITES SUR LES STANDS

Guy ALLIX – FR, Suzanne AURBACH – FR, Jean-Pierre CRESPEL– FR, Joyce FURIC – FR, Anne KOVALEVSKY – FR, Pierre SCHROVEN – BE, Jean-Luc WAUTHIER – BE

 

 

      Max Marek

 

 

ATELIERS SUR LES STANDS

André BEUCHAT : atelier pédagogique (l’eau-forte)  -  Max MAREK création du livre Opposition binaire -  (éditions LLA), technique : découpage/collage -  Vincent ROUGIER : atelier de gravure taille-douce. -  Marja SCHOLTENS : mini-presse de gravure sur bois -  Nicolaus WERNER, création du livre  Cahiers de passage : Transfiguration, technique del’encre de Chine -  Installations sur les stands -  Anne ARC : Plus… (livre de linogravures) -  Barbara BEISINGHOFF : Partition de lumière (papier filigrané, pulpe de chiffon, gaufrages additionnels au jet d’eau 135x110cm) -  Suzie BOHM : Alter schützt vor Torheit nicht / L’age ne protège pas cotre la folie (technique « Penschilderijen », 13 planches en bois) -  Serge CHAMCHINOV : Expressions aveugles (série des livres de peintre « Liturgie ») -  Helmut HANNIG : SAMOA- Savai’i eine Insel, die mich entdeckt/ une île qui me decouvre (bois gravé) -  Yoshiko HIRASAWA : Notes de l’oreiller de Sei Shonagon vues par Yoshiko (livre et son dossier génétique) -  Christiane Just : Livres-oiseaux (livres suspendus) -  Max MAREK : Au théâtre du corps (3 panneaux de collages sur le fond noir)

 

EXPOSITIONS

  • La conquête impossible, livre collectif 2011, réalisè par l'association Artlibris, maître d’œuvre, Vincent Rougier avec la participation de  Anne Arc, Alain Bar, Barbara Beisinghoff, André Beuchat, Suzie Bohm, Marie-Christine Bourven, Sylvie Caty, Serge Chamchinov, Isabella Ciaffi, H.A.Dankert, Helmut Hannig, Daniel Hees, Andreas Hegewald, Anne-Laura Heritier-Blanc, Yoshiko Hirasawa Léonore Fandol, Bernard Foucher, Tamara Ivanova, Frédéric Joos, Christiane Just, Sylvie Kyral, Catherine Liegeois, Dietrich Lusici, Philippe Querel, Yves Picquet, François Righi, Monika Rohrmus, Vincent Rougier, Marja Scholtens, Helmut Schulze, Shirley Sharoff, SIGNUM, Coco Téxèdre, Marc Vernier, Nicolaus Werner, Sarah Wiame
  • La Barque/Die Barke d’Hermann Rapp, ARTLIBRIS :
  • UltimeS (9 panneaux) DOUBLE JE
  • Dernière acquisition du livre d’artiste de la bibliothèque centrale de Caen (vitrine sur le stand de la Médiathèque Jacques Prévert)
  • Livres manuscrits, collection « Regards » (vitrine sur le stand du Plus petit Musée du livre) 

 

PROJECTIONS DE FILMS

(vidéos non stop lors du salon)

  • Biblioparnasse-I  (Ghislaine Brault-Molas, montage : « Double Je »)
  • 1er Salon Européen du Livre d’Artistes d’Aujourd’hui, galerie Keller, Paris  (« Double Je »)
  • Pierre Schroven, Neuf poèmes (montage : Musée Royal de Mariemont).
  • D’accord et les autres vidéo films de « Double Je »
  • Biblioparnasse-II  (vidéos créées par Armand Julien-Waisfisch)
  • Workshop d’Hermann Rapp
  • Gestes de Max Marek « Kleine Neugierende »
  • « Salle Ubu » de Serge Chamchinov
  • Harms. Poésie assassinée (Anne Arc)

 

 

AUTOUR DE LA BIENNALE


 « Richesses de la bibliothèque municipale du Havre »

du 6 septembre au 8 octobre

Médiathèque Jacques Prévert  - Dives-sur-mer

une exposition de livres d’artistes  comportant des ouvres de François Da Ros, Jean-Paul Ruiz, Jean-Claude Loubières, Gaëlle Pelachaud, Sarah Wiame, Shirley Sharoff… Inauguration  le 8 septembre (jeudi) 18h

 

 

Vitrine du Fonds des livres d’artistes de l’association Artlibris

du 6 septembre au 27 septembre

Médiathèque Charles de la Morandière - Granville

présentation de Serge CHAMCHINOV, Géométrie de l’esprit - Frédéric Joos, Marcel Proust, Sur la lecture - Ilona Kiss, Abcdaire -      Max Marek, Kleine Neugierde

 

 

 

 

voir aussi : www.artlibris-biblioparnasse.com la manifestation est organisée par l’association ARTLIBRIS 

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 06:40

IMAGO IGNOTA

Oeuvres sur papier et autres supports 1995-2010

 

du 3 juillet 2010 au 4 septembre 2010


Médiathèque des Ursulines - Quimper

 

 

le-saec-2.jpg

 

 

Jalonnant un parcours de 15 années de travail, l'exposition IMAGO IGNOTA à la Médiathèque des Ursulines de Quimper  privilégie plus particulièrement les oeuvres sur papier de Thierry Le Saëc (dessins, photographies, estampes, oeuvre numériques...)

 

L'abstraction chez Thierry Le saëc se nourrit du monde :

 

"Être dans le dénuement, dans l’attente et au plus profond chercher le Monde, celui que nous portons et celui qui nous entoure.
Chercher, creuser. être attentif au chant de l’oiseau, au bruit du moteur dans la cour, au vent qui pousse les nuages, aux sillons blancs laissés par l’avion dans le ciel, à la rosée qui embue la vitre, aux chuchotements ou à la ferveur de ceux qui passent dans l’allée et à ce clair matin qui s’annonce.
Chercher, creuser. être dans le dialogue avec ceux qui furent, chercher, creuser. Être parmi les siens aujourd’hui, chercher, creuser."

 

En funambule de la pensée plastique, l'artiste invite la Liberté et la Morale au grand banquet de l'oeuvre :


Être dans le temps de l’action et travailler le temps, l’espace, la lumière. Prendre le chemin le plus droit ou le plus tortueux mais chercher, creuser.
Être autant dans la question que dans la réponse et tenter sans cesse “une lucide traversée des apparences”.
  

 

Tous les médiums sont convoqués, peinture, photographie, infographie, gravure et aussi dessin car "Le dessin est souvent la part la plus intime, la plus aiguisée de l'oeuvre, son squelette qui lui permet de tenir debout".

 

En esthète, Thierry Le Saëc parcourt les  chemins du livre et de la littérature. Les textes sont une source jaillissante d'images inconnues. L'oeuvre déploie une diversité de formes élémentaires, une vaste gamme de couleurs justes. Le langage aiguë, intense, vivant serre au plus près l'austère exigence de la simplicité en tout et de la vérité en soi. Ascèse et frugalité calment ainsi la brûlure d'une passion dévorante pour l'art. Equilibre et harmonie tempèrent  les remous d'une quête mystique qui traverse l'oeuvre dans son entier.

 

C.P.

 

 

 

 

 Thierry Le Saëc 

 

 

 

 Thierry Le Saëc

 

 

Seront également présentés dans l'exposition Imago Ignota,  les derniers livres d'artiste réalisés par Thierry Le Saëc pour les éditions de la Canopée, avec, entre autres, Charles Juliet, Jean-Paul Michel, Anne de Staël et Daniel Kay.

 

 

éditions de la Canopée

 

 

FINIS TERRAE, Brest-Lisboa

Poèmes de Daniel Kay avec une traduction en portugais de Rémy Lucas
Accompagnés de 7 compositions typographiques de Thierry Le Saëc.
16 ex .Ed. Canopée 2010.  voir l'ouvrage 

 

 

voir aussi : le catalogue des éditions de la Canopée

 

 

Informations pratiques :

 

Vernissage le samedi 3 juillet à 11h. A 14h30, rencontre Daniel Kay et Thierry Le Saëc, autour des éditions de la Canopée.

 

Visites en compagnie de l'artiste le samedi 24 juillet et le samedi 28 août à 14h30.


Galerie Max Jacob
Médiathèque des Ursulines
Esplanade Julien Gracq, 29000 Quimper
Téléphone 02 98 98 86 60

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 05:53

Écrire un recueil de poèmes à propos d’un génocide, cela a-t-il un sens ?

 

L’Afrique. Ses paysages qui n’ont pas leur « égal sur la Terre entière » 1 offrant luxuriance et beauté infinie modélisée par les cris des animaux, leurs mouvements furtifs ainsi que ceux de la flore commandés par le vent, ou la pluie, offrant également, à chacun d’entre nous, la possibilité de constater le bonheur, à chaque fois, et c’est souvent, que nos yeux cherchent à reprendre souffle.


Et c’est maintenant notre pensée qui cherche à reprendre souffle. Les écolières des pensionnats du Gisenyi et du Kibuye (aussi n’est-ce pas un exemple isolé) sont réveillées au milieu de la nuit par des miliciens Hutu qui leur intiment l’ordre de se séparer en deux groupes (d’un côté les Tutsis, de l’autre les Hutus) afin d’épargner les écolières Hutu. D’une seule tenue, c’est un refus qui s’élève. Les miliciens insistent, menacent. Dans les deux pensionnats, les écolières répondent qu’elles sont simplement rwandaises. Nous sommes juste rwandaises. Les miliciens battent et assassinent toutes les écolières sans distinction 2.


Ce massacre est un massacre parmi d’innombrables massacres, au cours d’un génocide 3 qui a eu lieu au Rwanda en 1994. La violence extrême de ces massacres a consisté « à anéantir»  4 et, en ce qui concerne les rares survivants, « à interrompre la continuité »  5 de leur être. En effet, la torture qu’ils ont subie « n’est pas réductible au catalogue des violences et agressions physiques et psychologiques. Celles-ci ne sont que les moyens et les instruments d’un système lucide et bien articulé qui tend à détruire les croyances de la victime, à la dépouiller, en tant que sujet, de la relation à soi-même, à ses idéaux, à sa mémoire.» 6 Voilà toute l’horreur génocidaire qui n’en finit pas de se poursuivre dans la conscience et l’inconscient des rescapés.


Mais alors, comment passe-t-on de l’horreur génocidaire à la poésie ? Il est « inutile (…) de reconduire les débats oiseux sur la possibilité d’écrire des poèmes après [un] génocide », et même d’écrire des poèmessur un génocide, « puisque la capacité d’écrire, et même sa nécessité vitale, sont attestées chez les grands témoins d’Auschwitz en dépit des interdits successifs d’Adorno, Blanchot et Lanzmann. Ils l’étaient déjà, du reste, après les génocide arménien ».  7


Mais moi qui ne suis pas témoin, ai-je le droit d’écrire des poèmes à propos d’un génocide ? Évidemment. Le cas contraire signifierait que l’écriture de poésie sur de tels sujets est tolérée pour qui de droit, et reste donc déconseillée, car portant en elle une certaine forme d’immoralité. Or aucune forme d’écriture n’est en soi morale ou immorale. Toutes les formes de l’écriture sont des forces vives que l’on peut chercher à s’approprier en toutes circonstances. La poésie (sans le recours à la beauté qu’elle supposait par le passé) est ce qui m’a permis, quant à moi, de tenter de mettre des mots (tentative évidemment impossible à réaliser) sur cet hapax existentiel qu’est un génocide selon la terminologie de Jankélévitch 8 .


un soir j’étais cassé
par un homme de connaissance
(on se connaît depuis l’enfance des mots)
alors machette
qui a délogé mon silence
        nos regards se sont connus
(des tremblements de souffle dans la mémoire)
((une pensée me saute de côté)) 9

 

Parce que cet hapax n’est qu’existentiel, ma parole poétique s’est évidemment construite à partir de témoignages10. J’ai tâché d’entrer, par l’assimilation progressive des témoignages, « dans l’âme et le corps suppliciés d’hommes et de femmes » dont j’ai essayé « d’accompagner la parole ou le silence aux limites extrêmes où une pensée ne peut plus trouver de langage pour s’exprimer. » 11  Seule la poésie 12 me permettait de tenter cela.


Idéalement, j’aurais aimé être, face aux témoins, dans leur « langue le muet ». 13 Car invariablement, je n’ai voulu qu’une seule chose : contribuer, en faisant parler l’horreur que j’ai pu déceler dans leurs témoignages (même s’il n’y a rien d’à proprement parler choquant dans ce livre de poèmes), à faire parler, individuellement, ces êtres (à les faire parler par-delà le mensonge du langage, le mensonge de la logique qu’est tout langage, à les faire parler avec le souffle seul – ce que permet justement la poésie), avant qu’ils ne prêtent leurs lèvres « à une parole anonyme de l’histoire»,  14 laquelle parole, parce qu’obligatoirement structurée, est mensongère quant à la trajectoire strictement individuelle de la douleur 15.

 

garçons derrière une grille
ils ont fini le travail pour le jour entier
des jeunes sont déchaînés
on entend un siège une machette
ils chassent
                 jetant des massacres
d’abord je dois trois morts
et puis j’insiste pour vivre
(avant de prendre mon rang de cadavre je voulais contester) 16

 

Mais à quoi bon écrire sur un génocide, à quoi bon témoigner de l’horreur ?
En effet, rien ne nous « intéresse à l’origine en chaque chose que son rapport avec nous quant au plaisir et à la douleur» 17, et nous sommes uniquement soucieux de bonheur, de ce bonheur qui « hante la civilisation moderne » avec une « force idéologique »18 telle que nous ne saurions la mesurer. Et quand nous sommes intéressés par la douleur, c’est uniquement parce qu’elle renvoie à la nôtre : « l’homme ne veut pas regarder la douleur de l’autre, à moins que cela soit la sienne. Il ne veut plus rien voir. Il ne voit plus le monde.» 19 Alors, oui, à quoi bon ?


Il s’agit simplement de témoigner de toutes les douleurs et de toutes les injustices pour tenter de les prévenir, dans notre monde si féru d’oubli. Car nous ne sommes jamais à l’abri de « l’instant de l’inhumanité » 20 : un génocide est toujours possible, n’importe où, n’importe quand (il n’est pas le fait d’un autre temps ou d’un autre lieu ; il demeure toujours à portée de circonstances). Aussi faut-il que nous soyons constamment en éveil, à l’écoute, afin de faire respecter, partout, tout le temps, autant que nous le pouvons, les valeurs humaines les plus inaliénables.
   
Mais alors pourquoi le recours au langage est-il nécessaire ? Le recours aux images ne serait-il pas plus utile, car plus efficace ? Non, paradoxalement.


Nous qui vivons « le temps des objets », vivant « à leur rythme et selon leur succession incessante » 21 nous détournons les yeux du réel, quand bien même nous n’avons jamais été autant assaillis d’images montrant tout le délabrement du monde. En effet, « partout, c’est le cinéma-vérité, le reportage en direct, (…) la photo-choc, le témoignage-document…» 22 Mais justement, parce que nous sommes environnés d’images insoutenables, cela nous est devenu une habitude 23. Notre sensibilité, qui est aussi – primitivement tout du moins – sensibilité de révolte, s’est engoncée dans l’habitude, laquelle « fait que les hommes, cessant de réfléchir à ce qui les entoure de très près, se contentent de l’accepter.  » 24 La saturation d’images montrant l’horreur dans toute sa dimension nullement dimensionnelle retire à l’image tout son pouvoir originel, qui est un pouvoir pourtant (nécessairement) fort. Ces images, au lieu de nous faire réagir (devenant l’ordinaire du spectacle du monde qui est offert à notre vue, comment réagir face à l’ordinaire, ne serait-pas alors quelque chose de l’ordre même de l’étrangeté dans la scénographie codifiée parce que nécessairement sociale de notre comportement ?), nous confortent dans notre retrait des drames, et même nous font jouir de ce retrait, puisqu’en recherchant le cinéma-vérité, c’est une extase infime et informulée après quoi l’on tend. Celle de se savoir absent de ces événements. Je recherche, par le spectacle des drames, « le plaisir profond de n’y être pas.» 25
Il est temps d’être véritablement au monde, n’est-ce pas ?
   
Par Matthieu Gosztola
   
   
Matthieu Gosztola
Débris de tuer  (Rwanda 1994)
Préface : Bernard Pignero
Dessin de couverture : Sophie Robert
Atelier de l’agneau, 2010, 94 p., 14 €

 

notes
1. Karen Blixen, La ferme africaine.
2. Voir Philip Gourevitch, Nous avons le plaisir de vous informer que, demain, nous serons tués avec nos familles, Chroniques rwandaises.
3. Les Nations unies décidèrent, « pour la première fois de leur histoire, qu’il fallait employer le mot « génocide » pour décrire ce qui s’était passé » (Marie-Odile Godard, Rêves et traumatismes ou la longue nuit des rescapés).
4. Emmanuel Lévinas, Totalité et infini.
5. Ibid.
6. René Kaës s’exprime ainsi dans sa préface au livre de Marie-Odile Godard, op. cit.
7. Catherine Coquio, Rwanda, Le réel et les récits. Ainsi, par exemple, Esther Mujawayo, survivante, annonce : « Ça y est, je commence. Pour toi, pour vous tous, je dois le dire, je dois l’écrire. » (Esther Mujawayo, Souâd Belhaddad, SurVivantes, Rwanda – Histoire d’un génocide).
8. L’hapax existentiel est un événement qui ne comporte au niveau individuel (il n’est évidemment pas question de parler d’hapax au niveau historique car un génocide ne fait en rien figure d’exception) « ni précédent, ni réédition, ni avant-goût ni arrière-goût », ne s’annonçant « pas par des signes précurseurs », ne connaissant « pas de seconde fois » (Vladimir Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien.)
9. p. 63.
10. Jean Hatzfeld principalement (Dans le nu de la vie, La stratégie des antilopes, Une saison de machettes), mais aussi Death, Despair and Defiance, Yolande Mukagasana (La mort ne veut pas de moi, N’aie pas peur de savoir), Vénuste Kayimahe (Rwanda : Les Coulisses d’un génocide), Esther Mujawayo (SurVivantes), Marie-Aimable Umurerwa (Comme la langue entre les dents), et Berthe Kayitesi (Demain ma vie).
11. Bernard Pignero, extrait de la préface.
12. Par la déconstruction du discours qu’elle met en scène, par le jeu qu’elle opère avec les blancs (qui sont aussi bien des silences que des absences) lequel jeu ne tient pas uniquement à la mise en scène de la déconstruction du discours etc.
13. André Du Bouchet.
14. Emmanuel Lévinas, op. cit.
15. Mon travail poétique est par conséquent, en toute logique, dédié à ces deux êtres que sont le rescapé et le passeur de paroles (celui qui souffle sur les braises de la mémoire).
16. p. 32.
17. Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain.
18. Jean Baudrillard, La société de consommation, ses mythes, ses structures.
19. Raymond Depardon.
20. Emmanuel Lévinas, op. cit.
21. Jean Baudrillard, op. cit.
22. Ibid.
23. Voir Dominique Baqué, L’effroi du présent. Figurer la violence.
24. Friedrich Nietzsche, op. cit.
25. Jean Baudrillard, op. cit.

 

 

voir aussi : la bio-bibliographie de Matthieu Gosztola

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 06:43

Tombeau pour les rares

du 3 au 30  juin 2010

Galerie de la Halle Saint-Pierre - Paris 18e

(Périphérie du 28e Marché de la Poésie )




Derichaud par Nicolas Rozier
 

Villon, Baudelaire, Artaud et tous les autres.

 

Après le  Musée Rimbaud de Charleville-Mézières au printemps et l’édition d’un superbe catalogue préfacé par Marcel Moreau,  Le Tombeau pour les rares fait l’objet d’une Périphérie du 28e Marché de la Poésie. L'exposition se tient tout le mois de juin  à la galerie de la Halle Saint-Pierre à Paris. Trois Lectures convoquant une vingtaine de poètes, sont organisées les 3, 5 et 13 juin .


Nicolas Rozier a dessiné sur toile le portrait « intérieur » des écrivains qui lui sont chers. Villon, Baudelaire et Artaud côtoient Ilarie Voronca, Gérald Neveu et Francis Giauque. Vingt-sept auteurs au total,  réunis dans une galerie intitulée Tombeau pour les rares. En vis-à-vis des portraits peints, vingt-sept auteurs, Zéno Bianu, Pierre Dhainaut, Marie-Claire Bancquart, Jacques Ancet... ont écrit sur leurs grands ainés.


« L’heure de dessiner le Tombeau pour les rares fut l’éclatement d’une passion tournante et le sommet d’une panique. Les lectures s’étaient enchaînées, aggravées, jusqu’à former un encerclement composé de béances valeureuses nommées Baudelaire, Artaud, Lecomte, Colette Thomas, Gérald Neveu, Jacques Prevel, Francis Giauque…

 

Cette suite de visages me semblait depuis toujours « mise en batterie » dans un phénomène élyséen où les auteurs débordent les uns sur les autres non par liquéfaction mais par une morsure d’importance aveuglante sur la vie du lecteur fraternel…/…


Une hantise majeure a guidé mes dessins sur toiles : celle d’approcher au mieux ce qui reste de visage dans le sillage des textes. Tel est le modèle, le seul modèle fuyant au départ de la série. Bien que défigurés d’une attaque aimable hors de portée, j’ai voulu rendre cet anneau de bons visages, ces délabrements somptueux de victoire dure et d’éboulis à la gloire des décombres lus. En même temps qu’accompagner cette débandade térébrante des auteurs pulvérisés au souffle de leur propre puissance, n’en finissant plus de tirer leur bouquet final de destins superbes, arrachant de leurs fonds mutilés des ressauts ardents, des giclées de fierté millésime éblouissant tout le dôme du vivant. »

Nicolas Rozier

 

 

Fondane par Nicolas Rozier 

PROGRAMME DES LECTURES

 

Le jeudi 3 juin 20h. Tombeau pour les rares#1
 (vernissage, à partir de 18h30)
Lectures : Zéno Bianu/Jean-Pierre Duprey, Marie-Claire Bancquart/André Laude, Pierre Dhainaut/Maurice Blanchard, Yves Buin/Ilarie Voronca (chaque poète lira une de ses œuvres et une œuvre correspondant à l’un des portraits de l’exposition), Christian Noorbergen présentera les œuvres de Nicolas Rozier. Avec la participation de Marcel Moreau.

 

Le 5 juin 15h.  Tombeau pour les rares#2
Suite des lectures organisées autour de l’exposition de Nicolas Rozier :
Alain Marc/Laure, Didier Manyach/Gérald Neveu, Muriel Dufourquet/Unica Zürn, Christian Dufourquet/Jacques Prevel, Jean-Yves Masson/François Augiéras organisée avec La Halle Saint-Pierre et les éditions De Corlevour

 

Le dimanche 13 juin 18h30 Tombeau pour les rares#3
Baudelaire, Artaud, Lecomte, Colette Thomas, Gérald Neveu, Jacques Prevel, Francis Giauque... Lectures autour des portraits réalisés par Nicolas Rozier par Philippe Muller et Vincent Vernillat (Cie PMVV Le Grain de sable)

 

 

 

Nicolas Rozier

 



Infomations pratiques :

Galerie de la
Halle Saint Pierre
2 rue Ronsard
75018 PARIS
01 42 58 72 89

 

ouvert tous les jours de 10h à 18h

accès métro Anvers/Abbesses

 

En savoir plus sur  : la Périphérie du 28e Marché de la Poésie,

sur le 28e Marché de la Poésie

 

voir aussi : le site du Marché de la Poésie 

 

 

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