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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 07:09

De la Villa Médicis à la Collection Lambert en Avignon


du 14 décembre 2008 au  31 mai 2009


collection lambert - Avignon (84)






Second volet d’une exposition intitulée Le Grand Tour (en référence à ces voyages effectués par les intellectuels européens en Italie à partir du XVIIe siècle) et initiée au printemps 2008  à l’académie de France à Rome, Villa Medici, Retour de Rome propose un regard inédit sur les œuvres de la Collection Lambert en Avignon.


Si le premier volet donnait à voir à travers plus de 40 artistes cette passion toute personnelle qui anime Yvon Lambert pour la ville de Rome et son histoire, cette seconde exposition poursuit la démonstration que la rupture supposée entre l’art contemporain et les arts du passé doit être nuancée. Mieux encore, que les choix artistiques du collectionneur entrent en résonance avec la culture classique : Virgile, Cicéron, Héliogabale, Dante, Goethe, Stendhal d’un côté, Poussin ou Caravage, Corot ou Uccello, Delacroix ou Le Bernin de l’autre, nourrissent ainsi les orientations de la collection, les acquisitions les plus anciennes, celles des années 1960 et celles qui se poursuivent aujourd’hui.

Les oeuvres sur papier de Cy Twombly sont des références à la mythologie aussi amoureuses que peuvent l’être les « Peintre et son modèle » d’un Matisse ou d’un Picasso ; les collages de Brice Marden sont intimement liés à l’histoire de l’art du Quattrocento. Que dire des séries de bustes de Dante par Andres Serrano, de Virgile par Miquel Barceló, d’un empereur romain par Jean-Charles Blais, des références aux Trois Grâces ou au drame de Niobée par Giulio Paolini…

L'exposition "Retour de Rome" est à voir en Avignon jusqu'au 31 mai.

photo  : Claudio Abate Vue de la loggia de l'atelier del bosco, Villa Médicis, Rome, 2008. Oeuvres de Sol LeWitt, Lawrence Weiner


informations pratiques :

Hôtel de Caumont,
5, rue violette,
F-84000 Avignon
 04 90 165 620

ouvert tous les jours sauf le lundi de 11h à 18h

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 06:15

du 8 novembre 2008 au 9 février 2009 



musée  Chagall - Nice (06)



Roman Opalka



Roman Opalka : Un monument au temps.

Roman Opalka n'a pas de disciple ni d'adversaire. Il avance  silencieusement depuis 1965 dans l'énoncé mathématique du passage du  temps. " Je voulais manifester le temps, son changement dans la durée  ", dit-il. Sa peinture, d'abord sur fond noir, puis dansant vers le  blanc, est faite de nombres partis à la poursuite de l'infini et  délicatement marqués au pinceau fin sur la toile. Seule la mort de  l'artiste sanctionnera le terme du parcours.

Celui qui s'est installé dans la demeure de l'arithmétique veille nuit  et jour, traçant des alignements horizontaux chiffrés, de plus en plus  orientés vers l'invisible. La question de sa conversion au combat contre le néant fait date.   Jamais jusque là l'amour des hommes n'avait inspiré pareil esprit  sorcier.

Abandonné à sa manière, Opalka sans désarroi, comme une voix  d'outre-tombe, nous fait entendre le murmure des profondeurs de  l'avenir. Pendant ce temps-là les vivants errent sur les chemins de la  vie.

PG

Exposition Roman Opalka du 8 novembre 2008 au 9 février 2009 au musée  Chagall de Nice.



Roman Opalka

« Je voulais manifester le temps, son changement dans la durée, celui que montre la nature, mais d'une manière propre à l'homme, sujet conscient de sa présence définie par la mort : émotion de la vie dans la durée rréversible. » Opalka

en savoir plus sur Roman Opalka : ICI



informations pratiques :

Musée national Marc Chagall
Avenue du Docteur Ménard
06000 Nice
tel  04 93 53 87 35 et 04 93 53 87 39
musee.chagall@culture.gouv.fr

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 17h



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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 07:00

du 31 janvier au 3 mai 2009

Le magasin - Grenoble




 david altmejd

 “Dès le départ, j’ai voulu faire quelque chose de très différent de tout, de très bizarre, et en même temps de très séduisant, à une époque où ce n’est pas très à la mode d’être séduisant. Certains disent que ce n’est pas le rôle de l’art d’être séduisant. Mais pourquoi les films pourraient-ils être visuellement magnifiques et pas les sculptures” - David Altmejd.


Le Magasin présente pour la première fois en France le travail de l'artiste canadien David Altmejd. L'installation est composée de six sculptures qui représentent des géants de plusieurs mètres de haut. L’aspect de ces géants est décliné depuis une forme brute basée sur des volumes géométriques schématiques jusqu’à une forme biomorphique composite, celle du loup-garou, figure mi-animale mi-humaine emblématique des tensions antinomiques dont se joue son travail. Ces géants sont composites également dans les matériaux qui les constituent. A la froideur du verre et du métal, qui sont les matériaux privilégiés de Altmejd, sont associés des matériaux naturels ou résidus de matières vivantes. L’installation sera présentée dans l’espace central des galeries du Magasin dont l’accès et la sortie se feront par un labyrinthe couloir. Toutes les parois seront recouvertes de miroirs.

L'installation  de David Altmejd initialement conçue pour le musée d'art contemporain de Denver (28 octobre 2007-11 mai 2008) qui a rejoint depuis la collection de Walter Vanhaerents à Bruxelles est à voir au Magasin de Grenoble du 31 janvier au 3 mai.



informations pratiques :

MAGASIN
Centre National d'Art Contemporain de Grenoble
155 Cours Berriat
Site Bouchayer-Viallet
38000 GRENOBLE


Du mardi au dimanche de 14h à 19h.
04 76 21 65 25
service-culturel@magasin-cnac.org


voir aussi : http://www.magasin-cnac.org/

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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 05:16

Gérard  Gasiorowski, Denis Castellas, Valerie Favre, Stéphane Pencreac'h, Alun  Williams.


du 06 décembre 2008 au 31 mai  2009


MAMAC - Nice







L'exposition Le chemin de la peinture aborde explicitement l’actualité de la peinture en présentant cinq artistes internationalement reconnus qui ont su trouver des réponses innovantes à la question récurrente : existe-t-il une peinture contemporaine ?  Parmi ces artistes, certains ont été invités à réaliser des œuvres inédites .Quant au choix des œuvres exposées, il s’agit d’une mise en dialogue de démarches d’artistes qui se rejoignent dans une interrogation constante sur l’essence de la figure et sur la différence entre abstraction et figuration.


Gérard Gasiorowski ( 1930 - 1986) est une figure emblématique de cette exposition parce qu’il a entraîné derrière lui une génération d’artistes dont certains se retrouvent dans le projet présenté. Quelques-uns, pour lesquels on relève une réelle parenté artistique, avaient déjà exposé ensemble. Denis Castellas, Valérie Favre, Stéphane Pencréac’h, Alun Williams ont répondu à l’invitation de créer des œuvres nouvelles.

Ces peintres caractérisés par une grande culture ont en commun d’user de références en histoire de l’art  et  de citations à peine estompées. Effacements, repeints, disparition, chaque œuvre trouve sa source dans le passé ou le présent de l’histoire de l’art pour une relecture contemporaine.

Tous issus d’une génération où la peinture se déstructure, où la réflexion prend le pas sur l’acte, où l’objet se substitue à la matière, chacun d’entre eux a comme parenté de se revendiquer de la peinture et plus encore de la peinture figurative et  de l’interrogation même de l’acte de peindre. Le doute  et la problématique de l’achèvement de l’œuvre sont autant de questionnements qui se posent aux cinq artistes.




photo : Gérard Gasiorowski (1930-1986), Cézanne, 1983, Collection MAMAC, Nice
© Galerie Maeght, Paris, 2008


Informations pratiques :

MAMAC
Promenade des Arts
06364 Nice cedex 4
Tous les jours de 10 h à 18 h sauf  lundiet jours fériés

Entrée gratuite


Conférences

  - 8 avril 2009 à 17h30 :  "Gérard Gasiorowski, Chemin de peinture"

  - 13 mai 2009 à 17h30 :  "Denis Castellas, Valérie Favre, Stéphane Pencréac'h, Alun Williams, regards sur la peinture figurative"

voir aussi :  le site de l'exposition

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 12:59

du 06 décembre 2008 au 1er mars 2009

 

Musée de Lodève (34)




Tiepolo


Près de  100 dessins à la plume, sanguines, lavis et aquarelles des Écoles française, italienne et flamande du Musée Atger de l'Université Montpellier 1 vont être présentés dans une grande exposition, durant trois mois, au Musée de Lodève. Sans doute un événement.


On pourra  notamment admirer des œuvres de Fragonard, Hubert Robert, Oudry, Philippe de Champaigne, ainsi que de Natoire et autres artistes méridionaux qui représenteront l'École française. Alors que Carrache, Le Dominiquin, Tintoret et Tiepolo représenteront l'École italienne et Brueghel, Van Dyck, Jordaens et Rubens l'École du Nord.

Issus de la collection patiemment rassemblée par le montpelliérain Jean-François Xavier Atger (1758-1833) et comptant parmi les plus importantes collections publiques de dessins conservées en France, les œuvres présentées à Lodève ont été sélectionnées avec le souci de respecter  et de reflèter les choix de cet amateur averti.  Il en résulte une large présentation de sujets, techniques et styles particulièrement représentatifs des XV, XVI, XVII et XVIIIe siècles. Mais aussi la présence d'ensembles exceptionnels et remarquables , tels que la série des Fragonard ou les dix-sept dessins de Tiepolo, "le fleuron de la collection".


C.P.


photo : Giambattista Tiepolo (1696-1770) "Tête d'homme au turban"



informations pratiques :

Musée de Lodève
Hôtel du cardinal de Fleury
Square Georges Auric
34700 LODEVE

tel : 04 67 88 86 10
museelodeve@lodeve.com

Ouvert tous les jours sauf le lundi
de 9h30 à 12h et de 14h à 18h

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 06:33

 jusqu'au 11/01/2009

Vieille Charité, Marseille (13)



Vincent et son collègue rêvé, Monticelli
par Patrick Mayoux


La démarche est engageante. Procurer la rencontre des peintures de Van Gogh et de Monticelli.  Rendre visible une amitié picturale entre Vincent et celui de ses contemporains, méconnu maintenant, qu'il a peut-être le plus fraternellement admiré. Loin des avantages et du train-train de l'exposition monographique mais aussi de ses aléas, (la peinture de Monticelli certes plus facile à rassembler, mais plus difficile à faire valoir à soi seule que celle de Van Gogh),  le risque attirant d'une confrontation. Le courant passera-t-il ?


Vincent Van Gogh

Et puis, en exposant ensemble les deux peintres, on exauçait un voeu de Vincent. Au frère Théo, il suggère de montrer tels de ses propres tableaux entre deux Monticelli. Enfin, en suivant la référence insistante de Vincent à Monticelli pendant les quatre années glorieuses de sa peinture (1886/1890), on pouvait faire revivre, au-delà de ce duo mené en solo par Vincent (car Monticelli, mort en 1886, n'a certainement pas vu un seul travail de Van Gogh, et peut-être pas même entendu prononcer son nom), un actif microcosme de peinture, sous le signe héliotropique. D'où vient alors que l'on ait l'impression d'entendre à la Vieille-Charité  deux idiomes qui ne se comprendraient que dans les généralités ou certains détails, alors que l'on s'attendait à sentir  rencontre et stimulations?


Cet accrochage pousse forcément sinon à comparer, du moins à repérer  les signes d'une émulation. Or de Bouquets en Paysages en passant par Portraits et Natures Mortes ( ce sont les stations principales de l'exposition, nous reviendrons sur le fâcheux cas des Marines), Vincent a-t-il vraiment trouvé en Monticelli un éclaireur, un devancier ? Ou a-t-il frayé sa propre voie extraordinaire en s'écartant nettement, et peut-être de plus en plus, d'un  peintre singulier, mais sans doute plus versatile qu'expérimentateur ? Ces questions se posent, quoi qu'il en soit des louanges de Vincent à l'égard du peintre qu'il rehaussait à mesure que lui-même se rabaissait, selon la pente de son humilité parfois vertigineuse. Pour tenter d'y répondre, regardons d'abord ce qui est proposé à la Vieille-Charité.

D'emblée deux autoportraits mis à couple donnent le la. A gauche, Vincent et sa face hantée de sursitaire réchappé de l'abattoir. Face de boucher disait à l'inverse Artaud ressentant  peut-être là, une cruauté de bourreau de soi . Mais dans ce portrait-ci, une aménité du désespoir tempère l'exigence dardée par le regard.  « Que vas-tu faire », demandent ces yeux au regardeur, "à l'autre, qui devrait pouvoir, puisqu'il peut voir". Et une douceur imprimée vers la bouche à peine tracée atténue la tristesse de la réponse déjà connue - mais nulle résignation, plutôt un peu de malice, un « Glissez, mortels... » colorant le « Que soit ». A droite, Adolphe Monticelli se fait apparaître en train de peindre. D'un chaos crâne de teintes assourdies où résonne un ton sang bruni émerge le profil du peintre tenace et vieilli, comme issu d'un ressac insistant.

Vincent Van Gogh


Vincent avait loué les bouquets de Monticelli, y voyant des exercices poussant très loin le raffinement chromatique. Cinq de ces bouquets sont montrés, contre quatre de Vincent. Dès cette confrontation s'amorce à nos yeux une vraie, une profonde divergence de manière et de visée. Il peut bien y avoir des ressemblances de touche ; mais les fleurs de Vincent évitent l'empâtement, ces épaisseurs de Monticelli dont lui-même savait se moquer (« C'est un Crousticelli » déclare-t-il à un visiteur devant une de ses toiles.) Mais surtout, glaïeuls, chrysanthèmes, fritillaires, les fleurs de Vincent ne sont ensemble que pour faire pressentir l'essence de la  fleur, enfin, de la fleur..., disons plutôt, comme Duthuit reprenant ces quelques mots de Van Gogh, comme titre de sa si forte étude portant sur le peintre, de « la chose réellement existante ».   Tantôt Vincent tend à une qualité spectrale, sans recherche d'agrément (Vase aux roses trémières, Vase aux glaïeuls rouges et oeillets blancs ), évitant les rutilances et les jeux de joailleries où se plait Monticelli,  tantôt, comme dans Le Bouquet de Chrysanthèmes, il concentre le jeu sur les deux couleurs qui résonnent comme son propre emblème, les jaunes et les rouges, sans brillances. Et surtout, chaque fleur apparaît travaillée pour elle-même, en vue d'une expressivité, et presque d'une signification propre. Elle n'est pas là en tant qu'ingrédient fondu dans le jaillissement chromatique d'ensemble, comme c'est le cas chez Monticelli. C'est plutôt l'inverse : les autres fleurs concourent à la particularité de chacune. Vincent tend au surgissement, Monticelli tend à l'immersion.

Vincent Van Gogh


Et il en va de même avec la section dite Natures Mortes. C'est une joie intense et austère de voir là le tableau des harengs saisis par Van Gogh, tels qu'allongés sur un papier (de plusieurs jaunes) lui-même sur assiette (d'un autre jaune) posée sur un cannage de chaise (plusieurs autres jaunes). Mufles des harengs, formes torses, maigreur où, comme depuis chaque fleur peinte, Vincent envoie de ses nouvelles - c'est une eschatologie du hareng, d'où venu? Du froid des mers, à quoi destiné?  A un repas de bien peu. La peinture ressaisit le dernier raidissement du vif. Ce n'est pas une nature morte de poissons, c'est un vif qui saisit le vif même après sa mort, à force de lutter contre l'empêchement de vivre. Extrême contraste avec les Monticelli exposés en regard, où dominent le plus souvent rutilances et éclats, où même des  sardines et un citron feront l'objet d'un rehaussement, d'un ennoblissement sur une table rendue opulente, à l'opposé de la saisie spectrale de Vincent. 


Bien entendu, les responsables de l'exposition, même s'ils faisaient droit au point de vue exposé ici, pourraient soutenir l'intérêt d'une telle juxtaposition, y compris si elle fait apparaître  entre les deux peintures contraste et même divergence de visée. Une telle position ressort souvent, par exemple, des commentaires avisés signés Françoise Monnin, et publiés dans le n° récent de Connaissance des Arts consacré à l'exposition. Seulement nous n'avons pas trouvé que les ouvrages respectifs se renforçaient de leurs contrastes mêmes, plutôt nous avons eu le sentiment de deux démarches qui s'éloignaient l'une de l'autre, à rebours de l'intention constamment affichée dans l'exposition, qui veut montrer leur proximité. Alors on en vient à  une impression de forçage,  qui nuit à l'émotion, aux perceptions libres.


Une caricature de ce « rapprochement forcé » est donnée par la section Marines. Voici cinq Monticelli, et pas un Van Gogh. Là l'intitulé de l'exposition est en défaut, et le nom de Van Gogh apparaît plutôt comme un appeau. Comment justifier la présence de ces Marines du seul Marseillais ? Dans la revue mentionnée plus haut, les responsables de l'exposition regrettent de n'avoir pu obtenir le prêt des Barques aux Stes Maries de la Mer, ajoutant que cette peinture de Vincent présente des empâtements d'un esprit proche de Monticelli. Or même sans pouvoir être en présence de ce célèbre et si gracieux tableau, il suffit d'en observer une reproduction pour se trouver à peu près aux antipodes des tableaux comparables de Monticelli, par ex. la Marine à l'Estaque. Chez Vincent, s'il y a empâtements ils sont secondaires par rapport à la présence des barques finement dessinées, légèrement peintes et posées comme des oiseaux, suggérant à elles seules un espace où l'air est vif. Chez Monticelli, les barques sont orientalisées, et comme enchâssées dans une mer chatoyante façon brocart. Aux Stes Maries, les barques sont sur le sable, mais iront à l'eau. A  l'Estaque avec Monticelli, les barques sont à flot, mais ce qui est pérennisé, c'est l'immobilité d'un riche instant chromatique. Et nous soutenons que cette antithèse ne vaut pas pour ces deux seuls tableaux, mais est pratiquement constante.

Vincent Van Gogh

Une contre épreuve est cependant possible sur un des meilleurs moments, quand on peut voir d'abord  la Charrette de Foin, une des réussites de Monticelli : unité et richesses chromatiques, puissant modelé de l'attelage, et des bêtes, dont ce cheval blanc central pathétique et presque sacrificiel (la parenté ici irait vers Daumier plus que Van Gogh). Très forte présence des  charretiers pourtant de  petites dimensions. Force menaçante du ciel, dont les couleurs se retrouvent sur les tons du sol, et ciel et sol manifestent ainsi à eux deux la fragilité des vivants. Juste après, voici Les Roulottes de Vincent. Un grand tableau, c'est celui dont la présence physique efface la reconnaissance routinière que l'on en a, à travers tant et tant de reproductions. Dans celui-ci, la scène de genre, le campement, tout en révélant quelques menues merveilles, s'estompe vite, et laisse place à une forte sensation, celle qui est donnée par l'espace vacant du premier plan. Une sorte de pré d'herbe basse et battue,  n'évoque guère l'espace ouvert à la tribu aux prunelles ardentes. Il est d'une telle présence, avec ses tons de soleils pâlis et grisés, qu'il paraît, sous les pieds de l'enfant qui s'y campe en nous tournant son dos bleu, bien plus grand que la petite moitié basse du tableau qu'il occupe en effet. Rejoignant ainsi le Champ de Blé avec vue d'Arles (Les Moissonneurs), autre merveille présentée ici, avec son vaste champ suscitant le plongeon du regard. Entre la Charrette menacée et les Roulottes de guingois, le voisinage tient la promesse du titre de l'exposition, qui accole les noms des deux peintres. Ici les deux peintures font bien jouer leurs différences, et pour se répondre.


Reste à se demander pourquoi l'exposition échoue la plupart du temps à présenter ce jeu de correspondances, ou plutôt de réponses différenciées, entre les trente cinq Monticelli et les dix-huit Van Gogh. Le Marseillais, est bien le collègue  disparu rêvé par Vincent, qui joue, dans une lettre, à se figurer lui-même  sur la Canebière avec la mise et la dégaine de Monticelli - une évocation si gaie, si « facile » même, qu'elle saisit à l'instant d'amour pour Vincent, aux antipodes du tourment inguérissable. Ainsi dans le superbe Van Gogh filmé par  Maurice Pialat, Jacques Dutronc incarnant (ossature, gestes et regard) Vincent se lance-t-il, une fois assis et entouré de sympathie, dans une gaillardise où il mime Toulouse-Lautrec, sous les yeux égayés du frère Théo, et de toute l'assemblée d'un repas heureux, par un doux dimanche au temps des cerises. Mais à la Vieille Charité, y a-t-il vraiment les Monticelli ad hoc ? Peut-être pouvait-on montrer au regard des Van Gogh,  d'autres tableaux qui auraient été contents d'être là - et nous avec-, remplaçant les Bouquets en surnombre, les Marines mal à propos, et plusieurs Paysages peu probants. On voit ainsi dans un des livres d'Alauzen une peinture, L'Arbre, d'après 1881, avec personnage vu de loin, effigie dense et dramatique du peintre pris dans sa campagne. Devant cette reproduction (le tableau  est localisé au Japon),  on pressent un autre possible contraste fertile avec Vincent - qui lui ne se figure jamais dans un paysage. Car cet Arbre sur la colline paraît donner une sensation d'espace respirant, rare chez Monticelli (qui traite plutôt l'espace comme support de couleurs et matière), forte et fréquente chez Van Gogh. 


Nous avons mentionné Alauzen, dont le livre sur Monticelli (Le Vrai Monticelli, 1986) était, hors de rares expositions, un des seuls moyens disponibles pour s'approcher de cette peinture. Mais voici que paraît le tout récent Monticelli l'étrange, de Georges Raillard, appelé à renouveler la connaissance du peintre, de l'oeuvre et de son sillage. De quoi mieux poser les questions ouvertes par cette exposition, que l'on peut aller voir jusqu'au début janvier 2009.


photos : (à gauche Adolphe Monticelli, à droite Vincent Van Gogh)

Adolphe Monticelli, Deux personnages sur la route, s.d., huile sur bois parqueté, 51,7 x 69,8 cm.
Vincent Van Gogh, Champ de blé avec vue d’Arles (Les Moissonneurs), 1888, huile sur toile, 73 x 59 cm, Paris, musée Rodin.

Adolphe Monticelli, Le bouquet fané, 1875, huile sur bois, 66,5 x 47 cm, collection particulière.
Vincent Van Gogh, Vase aux roses trémières, 1886, huile sur bois, 91 x 50,5 cm, Kunsthaus, Zurich.


Adolphe Monticelli, Nature morte aux poissons, s.d., huile sur bois, 25 x 16,8 cm, collection particulière.
Vincent Van Gogh, Nature morte aux harengs, 1886, huile sur toile, 45,6 x 38 cm, Otterlo, Kröller-Müller Museum.

Adolphe Monticelli, La Charrette de foin, vers 1875-77, huile sur bois, 48,3 x 37 cm, collection particulière.
Vincent Van Gogh, Les roulottes, 1888, huile sur toile, 45 x 51 cm, Paris, musée d’Orsay.


informations pratiques :

Centre de la Vieille-Charité
2, rue de la Vieille-Charité
13002 Marseille
Tel : +33 (0)4 91 14 58 59
www.vieille-charite-marseille.org

La chronique du Taon des deux côtes de Patrick Mayoux

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 08:54

 [MONO]SPYARCHI[CHROME]

 

du  25 novembre 2008 au 10 janvier 2009

 

galerie José Martinez - Lyon (1)

 

 

 

Réfléchir avec Raguenes
Il m'a été donné de suivre le parcours artistique de Paul Raguenes, de loin en proche, depuis le début des années quatre-vingt dix. La voie qu'il a choisie est celle de l'épuration et du refus des faux-semblants. Nous pouvons l'observer en lettres sur miroirs plus au moins teints où ressort la phrase: "I NEVER LOOK WHAT I SEE" au sein de la série des Miroirs gravés. Est-ce repenser "Ceci n'est pas une pipe!" de René Magritte?


Le chemin parcouru depuis les premiers papiers poudrés fut une sorte de prélude aux Monochromes des années 2000. Je me souviens d'une visite d'atelier, à Condrieu, durant laquelle Paul m'exposait ses vues quant à sa vision artistique, entouré de créations récentes en séchage. Nous avons passé une grande partie de la nuit à observer et déplacer des œuvres afin de créer des associations chromatiques et de format. Il en est ressorti que l'autonomisation du châssis peint à l'huile et poudré pouvait être autant peinture que sculpture.


Il allait de soi que l'évolution de l'art de Paul Raguenes tendrait à polir sa technique. Que de questionnements ont été formulés pour que ce concept simple, mais ô combien complexe à mettre en œuvre, utilisant le matériau réfléchissant par excellence, le miroir, puisse aboutir . Le but de sa démarche est de signifier à l'observateur que l'objectivité est toute relative et peut être déjouée à tout instant. Il nous suffit pour preuve de se mouvoir dans l'espace d'exposition et de regarder les modifications visuelles qu'oblige la médiatisation des œuvres. Les espaces se transforment à chacun de nos pas. Les jeux de lumière influencent notre perception, à l'instar des volumes qui ne cessent d'être redessinés. C'est une façon très élégante de nous faire prendre conscience de la subjectivité de la perspective, tel que nous l'a déjà proposé Leon Battista Alberti avec son De Pictura (1435). A la différence de ce dernier, la saturation en image que notre époque nous impose ne nous permet pas toujours d'avoir à l'esprit que nous pouvons et devons nous positionner, prendre parti, faire des choix qui nécessitent des renonciations et également de grandes libérations.
 
Paul Raguenes, par sa rigueur d'exécution et le fil rouge visible dans l'ensemble de son œuvre, tend à signaler à celui qui ne veut pas être dupe de perceptions standardisées, voire biaisées, qui limitent et normalisent le réel, peuvent faire l'effort de s'arracher aux contingences édictées par la saturation visuelle que nous inflige notre société de consommation. Belle leçon, à la manière d'un livre d'images du début du vingtième siècle à l'attention des têtes blondes en culotte courte ; l'artiste, ici, nous invite à décrypter les signes, mais aussi à modifier nos repères et par voies de conséquence, à éduquer notre regard, nous forcer à réfléchir, à nous réfléchir.
 
Thierry Weber, Lausanne, le 21 octobre 2008

 

 

Informations pratiques :

 

Galerie José Martinez
28 rue Burdeau, 69001 Lyon
33 (0)478 280 772
 info@galeriejmartinez.fr
 
José Martinez 33 (0)6 07 80 48 99
Bruno Forges 33 (0)6 89 03 58 28

 

voir aussi : le site de la galerie José Martinez

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 08:40

du 13 novembre 2008 au 10 janvier 2009.

 

Galerie Henri Chartier - Lyon (1)

 

 

 Pierre Alechinsky

Tout texte est paysage, voilà ce que nous fait voir Alechinsky.
Parfois subsistent des résidus corporels, traces de têtes, yeux oblongs, enchevêtrements inextricables dont il semble toujours possible de pouvoir repérer le fil d'Ariane et même de la réembobiner...

 

Informations pratiques :

Galerie Henri Chartier
42 rue Burdeau
69001 Lyon
 +33 (0)4 72 44 02 58

ouvert du mercredi au samedi de 13h à 20h et sur rendez-vous
accès : métro Croix Paquet (à 100m) / Hôtel de ville - parking Louis Pradel / Tolozan / Terreaux

 

 voir aussi : le site de la galerie Henri Chartier

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 16:44

du 16 septembre  au 11 janvier 2009


Centre de la Vieille Charité - marseille (02)




Van Gogh : la filiation Monticelli.
"Je suis sûr que je continue son oeuvre, ici, comme si j'étais son  fils ou son frère,...reprenant la même cause, continuant la même  oeuvre, vivant la même vie, mourant la même mort." (Lettres, de Van  Gogh (1853-1890). Il est sans doute conforme au devoir de l'historien d'art de rendre  hommage aux artistes dont le prix se mesure au commerce de leur  influence positive. Et c'est le cas de Monticelli  (1824-1886)  Provençal et marseillais, apprécié aussi de Cézanne. Un peintre donc  qui a loyalement servi, comme l'exigeait son oeuvre, l'accès à la  maturité de celle de Van Gogh.

On sait le caractère du Hollandais qui ne craignait pas de projeter  dans ses toiles émotions et états d'âme, lumière et puissance. Mais  l'expressivité est là aussi chez Monticelli, procurant déjà joie et  satisfaction à Van Gogh, collectionneur des oeuvres du maître dont il  acquiert des tableaux avec l'aide de son frère Théo. Monticelli l'inclinait sans doute à "peindre vrai" et  méritait ainsi  le respect. Il fut un homme bienfaisant pour Van Gogh et les Natures  mortes, Personnages et Paysages mis côte à côte dans cette exposition  allument le coeur.

PG


Exposition "Van Gogh et Monticelli", Vieille Charité, du 16 septembre  au 11 janvier 2009, Marseille.

Informations pratiques :

Centre de la Vieille Charité
2 rue de la Charité 13002 Marseille
Tel : +33 (0)4 91 14 58 80


Voir aussi  : le site de la RMN
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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 10:37

Le Jardin des encres


du 10  octobre au 30 novembre 2008.


Centre d'Art Espace Chabrillan, Montélimar (26).



Jean-Jacques Grand


Visage des formes.
Les représentations sensibles des animaux, insectes, plantes, de  Jean-Jacques Grand évoluent dans un flux et se poussent les unes les  autres. On pense à un fleuve et au temps qui dure. Rien ne reste  semblable à soi.

C'est pourquoi le peintre et calligraphe décrit ce qui a lieu à cet  instant précis, la perception qu'il a de tel poisson, de ce  coléoptère, vu une fois. L'avantage de ce travail à l'encre est dans  le fait de permettre à l'artiste de se mouvoir plus spontanément, loin  des fixations, des cristallisations.

Evidemment on songe un peu à Michaux et à sa découverte des  imperfections rectifiées. On pense à la vie qui court, au vocabulaire  de la langue universelle où chaque dessin traduirait une chose  lentement et de façon conséquente.

J.J. Grand n'est pas le commun des hommes. Les sensations qu'il  dévoile favorisent le commerce esthétique et l'intelligence commune. Il nous renvoie à l'origine des formes élémentaires de la vie sur Terre.

PG


Exposition "Le Jardin des encres", de Jean-Jacques Grand, du 10  octobre au 30 novembre 2008. Centre d'Art Espace Chabrillan, Montélimar.


Informations pratiques :

Centre d'Art Espace Chabrillan,
127 rue Pierre Julien
26200 Montélimar

Tél. 04 75 52 10 24

ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 18h

entrée gratuite

Nouvel espace d’exposition dédié aux arts plastiques, l’ouverture de ce lieu inédit consacre la réhabilitation de l’ancienne chapelle Chabrillan. L’enceinte offre près de 300 m2 d’exposition au cœur d’une architecture d’inspiration romane en partie rénovée.

voir aussi : le site de la ville de Montelimar

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