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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 13:23

« les sept dormants »

du 14 janvier au 31 mars 2010 

Espace Riquet - Bézier




Rachid Koraïchi


Rachid Koraïchi est  issu d’une famille très religieuse dont l’arbre généalogique se rattache à la tribu du prophète Mohammed, il a grandi dans un milieu mystique imprégné de l’esprit du soufisme, une école de pensée qui veut unir l’homme à Dieu sans s’attacher de façon formaliste aux règles et aux lois coraniques. La pensée « soufi » faite de tolérance et de spiritualité va le marquer profondément sur le plan intellectuel et artistique.


Par ailleurs, il gardera de son enfance l’amour de son pays, du désert, de la terre et des matières qui en sont issues comme l’argile ou le sable. De sa grand-mère et de sa mère excellentes couturières qui brodaient et tissaient, il a hérité le goût des beaux tissus, des teintures, des fils de laine ou de soie. Cet amour des matières va le conduire à des études d’art qu’il mène tout d’abord en Algérie, il est diplômé de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts d’Alger, puis à Paris où il obtient le diplôme de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs et de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts.


Pendant plusieurs années, il va créer des oeuvres dans des domaines très variés, tapis, céramiques, tentures murales dont l’inspiration sera nettement influencée par les couleurs de son enfance et par l’Algérie profonde celle du Tassili en particulier dont les fresques le hantent. L’écriture coranique est souvent présente apportant ses symboles et son graphisme particulièrement esthétique.



Rachid Koraïchi



Rapidement , il expose dans de nombreux pays et devient un des principaux artistes contemporains du Maghreb. Ses oeuvres sont acquises par les plus grands musées du monde.. Au cours des années 90 et 2000, délaissant les oeuvres « en pièces détachées » comme il le dit luimême, il s’oriente vers les installations qui correspondent bien à ce qu’il souhaite montrer, le mystère derrière l’apparence des choses. Ses thèmes sont de plus en plus orientés vers la spiritualité et le rapprochement entre les trois religions du livre. Il s’inspire des textes mystiques d’Ibn Arabi, Attar, Rûmi.


Sensible à tous les drames qu’entraîne le fanatisme religieux, il est bouleversé par les évènements dramatiques qui se déroulent en Algérie, les assassinats de victimes innocentes, imams, enfants, vieillards par les extrémistes islamistes. La mort des moines de Tibhirine qui vivaient au milieu de cette population et participaient à ses souffrances lui semble un symbole particulièrement marquant. Il demande alors à des amis écrivains d’écrire des textes sur ce drame qu’il illustrera par des gravures chargées de symboles.


C’est ainsi que John Berger, Michel Butor, Hélène Cixous, Sylvie Germain, Nancy Huston, Alberto Manguel et Leïla Sebbar participent à ce projet, écrivant de beaux textes qui constituent l’oeuvre intitulée « Les Sept Dormants ». Ce titre fait référence à un conte populaire arabe qui évoque la retraite spirituelle, le sommeil et la résurrection.



Rachid Koraïchi



Parallèlement, Rachid Koraïchi travaille à une autre installation qu’il nomme « Les Ancêtres liées aux étoiles » car, dit-il, les maîtres soufis ont annoncé eux-mêmes que chaque humain sur terre est relié à une étoile dans le ciel. Par un étrange hasard, il apprend que le premier ancêtre de sa lignée, venu au VIIe siècle d'Arabie, est entouré des tombes de ses sept enfants qui sont aussi les Sept Dormants. Dans le but de rendre hommage à ses ancêtres, il réalise des étendards de soie qui constituent pour lui « l’élément premier, en correspondance avec le voile noir brodé de fils d’or qui recouvre la Kaaba à la Mecque ». Les symboles et textes sacrés qu’il dessine sont ensuite brodés par des artisans syriens avec lesquels s’opère une coopération magique.


Les étendards installés sur les murs d’une salle créent une atmosphère qui suggère « la présence invisible de tous ces ancêtres comme dans une cercle initiatique ». Comme pour « Les Sept Dormants » le chiffre 7, chiffre sacré, est très important pour cette installation. Il est présent dans toutes les mesures et dans les calculs que réalise l'artiste. En outre, par respect pour les trois religions révélées, il choisit pour chaque étendard trois soies de couleur différentes, elle-mêmes brodées de trois couleurs de fils de soie.


Accompagnant cette installation murale, Rachid Koraïchi crée 99 sculptures en bronze à l’image des 99 noms de Dieu, qui alignées, communiquent entre elles par le jeu des ombres portées. Le Coran cite de nombreux qualificatifs de Dieu comme le Miséricordieux, le Pardonneur, Le Tout-Puissant, le Juste, le Sage, L'Unique. Ces noms très chers à la piété musulmane constituent une prière et un symbole de la présence du divin au centre de l'oeuvre.


Les trois installations, très différentes par leur matière et leur aspect esthétique, sont donc en réalité reliées entre elles par le chiffre sept et par l'hommage rendu à des défunts qui sont autant de liens avec les forces spirituelles. La lumière, très importante, pour l'artiste vient aussi conférer une unité à l'ensemble en ajoutant un élément qui est porteur à la fois de mystère et de révélation.

Nicole Riche
Conservateur du patrimoine





Informations pratiques :

Espace Riquet
7, Rue Massol 
34500 Béziers
04 67 28 44 18 
musee@ville-beziers.fr

ouvert du mardi au dimanche
de 10h à 12h et de 14h à 18h entrée payante

voir aussi :  www.ville-beziers.fr , la présentation bio-bibliographique de Rachid Koraïchi

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 16:35

"Vincent Bioulès / Paysages du Sud"

jusqu'au 4 avril 2010


Musée de Lodève (34)




Vincent Bioulès

"Face nord" Sainte Victoire, fusain et pastel, 2009, 80 x 120 cm, (photo J-C Carbone).




A Lodève, les Paysages du Sud de Vincent Bioulès


Cette exposition hivernale magnifiquement orchestrée par Maïté Vallès-Bled réunit principalement des huiles sur toiles produites entre 1977 et 2009. Si l'on excepte une poignée d'aquarelles et plusieurs dessins rassemblés dans un couloir, on y découvre majoritairement des pièces de taille monumentale. Quelques-uns de ces travaux nous étaient inconnus, d'autres sont des tableaux d'ores et déja rentrés dans la légende des musées de l'hexagone : par exemple, les crépuscules bleutés du Tobie et l'Ange conservés au musée Roger Quilliot de Clermont-Ferrand (180 x 300 cm), la souveraine bienveillance des grands fûts verticaux des Platanes, le jour du musée de Céret (300 x 200 cm) ou bien encore la très rocailleuse Ile Maïre du musée de Toulon (200 x 300 cm). Les aperçus de "plus modestes" dimensions, ce sont des fusains et des pastels, des sanguines et des pierres noires de 80 par 120 cm.

Avec des travaux d'aussi forte amplitude, les propositions de Vincent Bioulès suscitent prioritairement un intense élargissement du regard. Plus profondément, on rencontre dans les salles du musée de Lodève une qualité particulière de silence, des données frontales que l'on pourrait qualifier de "majestueuses". Des ordonnances rigoureuses, de l'humour et de l'audace, point de tristesse ni de chaos. De l'endurance et de la gratitude, une oeuvre directement issue des expériences d'un peintre capable d'énoncer avec fermeté qu'il s'éprouve "incapable de dire que Dieu n'existe pas".

Voici le Midi solaire qu'affectionnait Valéry, le cimetière marin "qui devient noir à force de lumière". Voici les couleurs des saisons, les rudesses des arrière-pays livrés au mistral, l'orage et les intempéries. Des sites de montagne comme les aimaient Hodler et Ramuz, des contrées farouches, des soirs qui tombent, des étendues marines ainsi que des approches contemporaines au coeur desquelles se mixtent irrémédiablement nature, tourisme et industrie : entre autres, le port de Carnon, les Salins de Giraud, les tuileries de l'Estaque ou bien encore les barres des immeubles qui se dressent du côté des rivages de La Grande Motte. De l'allégresse et de la gravité, une solitude pleinement assumée, des moments de ferveur et d'exaltation ou bien de l'effroi devant le spectacle du monde. Certaines fois, quelque chose d'implacable et de poignant.


"Nul vent pour qui n'a pas de port attaché"


Dans cette exposition, tout commence à Aix-en-Provence en 1976, avec trois échantillons de la série des peintures consacrées à la Fontaine et à la Place de l'Hôtel de Ville. L'artiste montpelliérain a 38 ans. Depuis 1966 et jusqu'en 1982, son travail d'enseignant à l'Ecole d'Art d'Aix l'amène à séjourner chaque semaine au coeur de la vieille ville. Son école vient de quitter la rue Roux-Alphéran et le quartier Mazarin, elle est à présent proche du Pavillon de Vendôme. Les deux fenêtres de la chambre-atelier du peintre sont situées au troisième étage du 22 de la Place des Cardeurs, à cette époque silencieuse et presque déserte, provisoirement soustraite à l'agitation des restaurants de jour et de nuit. Une amie m'a relaté ce souvenir : sur un mur de l'évier de son minuscule atelier, Bioulès avait griffonné au crayon cette imparable citation, "Nul vent pour qui n'a pas de port attaché".

Pendant cette seconde moitié des années soixante-dix, le roman de formation de Vincent Bioulès est clos, ce moment de bascule est décisif. Après le temps des fascinations et des expérimentations juvéniles, après la théorie et la radicalité qui signaient son appartenance au mouvement Support/ Surface, Bioulès délaisse ses vaisseaux antérieurs et accomplit solitairement un irréversible retour vers la figuration qu'il n'avait jamais tout à fait abandonnée. En 1978, Daniel Templon qui va dix années plus tard cesser d'être son marchand, présentera en sa galerie la série des Places de l'Hôtel de Ville d'Aix. Sa peinture s'affirme souvent comme une fille irréductible de la mémoire. Toutes sortes de présences, fugitives ou bien clairement déclarées, maints exercices d'admiration rappellent à quel point cet artiste invente son propre chemin tout en poursuivant passionnément une réflexion qui implique les croisements et les recyclages de multiples affinités : Henri Matisse et Auguste Chabaud, André Derain, Raoul Dufy et Jean Hugo, les Primitifs italiens ou bien la peinture américaine de l'après-guerre sont fermement convoqués.


 Vincent Bioulès

Trois versions de la Place d'Aix réunies à Lodève : "Eté II", "Tombeau d'Aix-en-Provence", "Hommage à Chabaud".


Dans ces compositions aixoises qui sont de superbes morceaux d'éloquence, tout en évoquant des traits de la vie quotidienne, les terrasses des cafés, le kiosque à journaux, le marché aux fleurs, les platanes ou bien le grand collage de la statue-colonne qui surplombent la fontaine, Bioulès se souvient simultanément avec élégance et mélancolie des soirées et des nuits vécues en compagnie de son père, lors des premières éditions du Festival d'Art Lyrique. La place de l'Hôtel de Ville, c'était autrefois la dernière halte pour les amoureux de la musique venus découvrir les décors de Cassandre délicatement élaborés pour accompagner Hans Rosbaud et les opéras de Mozart.

En ce temps-là - Vincent Bioulès l'expliquait dans un entretien mené par François Bazzoli, avec la complicité du vidéaste François Lejault - Aix-en-Provence n'était pas bêtement narcissique : les marchands de biens, les agences immobilières et les acteurs irresponsables du marketing urbain ne la maltraitaient pas. Une souveraine magie se perpétuait silencieusement. La ville faisait semblant d'ignorer que ses places, ses vieux hôtels, son Archevêché et ses ruelles façonnaient sans trop d'apprêts les charmes renouvelés d'un parcours irrésistiblement mystérieux. Puisqu'un adieu sans pathos devient nécessaire pour contrer l'emprise du désenchantement, l'un des douze tableaux de la Place de l'Hotel de Ville - on le revoit à Lodève, il appartient au musée Fabre de Montpellier, grâce à la vigilance de Michel Hilaire - a pour titre "Tombeau d'Aix-en-Provence". Achevé pendant l'hiver de 1977, il est plus dénudé et plus fantômatique que ses congénères : ses harmoniques sont violines, ses arbres sont élagués, ses ornements sont réduits au minimum.


Lumière d'août


Toutes les étapes des paysages et des lieux de Vincent Bioulès ne sont pas présentes dans l'exposition de Lodève. D'autres rassemblements de son oeuvre, à Toulon et Montpellier en 1995, à Marseille (Fondation Regards de Provence, 2002) ou bien au musée de Céret en 2006 ont auparavant illustré l'étonnante diversité et l'extraordinaire énergie qui se déploient tout au long de sa trajectoire. Orchestrée par des militants écologistes de l'Euzière admirablement requis par la géologie, la flore et la faune, une publication vient par ailleurs de réunir dans de beaux formats les reproductions de cinquante-deux paysages du Pic Saint Loup réalisés par Bioulès au cours des dernières décennies. Depuis les toutes premières années de ses apprentissages, l'énigmatique montagne de Montpellier est en effet l'un de ses plus complexes espaces de confrontation, un lieu d'éternel retour.


Vincent Bioulès

"Un soir d'hiver". Le Pic Saint Loup, huile sur toile, 2003 (Galerie Hélène Trintignan).


En dépit de deux ou trois lacunes difficilement évitables - j'aurais aimé revoir "La Combe de la Pierre-Blanche" ainsi que les fabuleuses nuées du "Rêve de Don Quichotte" magistralement commandité par un mécène sétois - les choix opérés par Maïté Vallès-Bled et Vincent Bioulès permettent d'inventorier les grandes articulations de ce parcours. Leur sélection est féconde, Vincent aime répéter que "les pires ennemis d'un peintre, ce sont ses mauvais tableaux".

Quelques toiles plus loin, on est au coeur du vaste chantier des paysages et des rives de Marseille suscité au début des années quatre-vingt-dix par Jean-Pierre Alis depuis la galerie Athanor et par Jean-Roger Soubiran qui fut le conservateur du musée de Toulon. Pas moins de douze toiles - depuis La Terrasse et L'Atelier à la Villa Bianco, en passant par La Tourette et Les Catalans jusqu'à Saint Henri - retracent cette étonnante aventure dont les points d'orgue sont une soudaine blancheur qui fait songer à Moby Dick, l'atmosphère de canicule, les empâtements et les stries des deux versions de "L'Ile Maïre" (l'une d'entre elles figure en permanence à Nice, dans les locaux de la Fondation Vacances Bleues).

Après quoi, on retrouve Tobie et Noë, des personnages gentiment minuscules qui apparaissent dans des paysages bibliques qui peuvent évoquer Rembrandt ou bien Claude Lorrain ; curieusement, si j'excepte la cabane tout à fait profane de Diogène, les mythologies greco-latines de Bioulès ne sont pas déployées à Lodève. Voici de nouveau des aspects de "L'Intérieur des terres", une grande exposition menée conjointement en 2002 par André Vidal Saint-Phalle et Hélène Trintignan - Larzac, Causses et Gévaudan - "Les Pins de Malamousque", la grande série des Salins et des "Remparts d'Aigues-Mortes" (2003 / 2004), l'approche du Canigou et du massif des Alberes où se niche merveilleusement la cité de Céret et puis enfin la récente Face Nord de la Sainte Victoire, une succession de grands formats qui donnent sans relâche visibilité et structuration au monde d'aujourd'hui.

Au fil des ans et sans souci d'exhaustivité, Vincent Bioulès qui promet d'appréhender prochainement les Alpilles, grâce à l'invitation d'Elisa Farran et de Philippe Latourelle, les responsables du Musée Estrine de Saint Rémy de Provence, aura exploré et requalifié à sa manière d'énormes pans des paysages languedociens et provençaux. Des catalogues conséquents, de nombreux entretiens avec Bioulès (l'un d'entre eux figure dans la revue Lisières) ont solidement documenté cette entreprise pour laquelle des critiques d'art de belle compétence - entre autres, Yves Michaud, Bernard Ceysson, Didier Ottinger, Nathalie Bertrand, Jean-Roger Soubiran, Philippe Dagen, Evelyne Artaud, Joséphine Matamoros, Michel Hilaire et Pierre Wat - ont composé d'importants commentaires.

La prochaine étape du périple remarquablement heterodoxe de Bioulès s'effectuera ce printemps à Paris, tout près de Beaubourg. Au 23 de la rue du Renard, dans les nouveaux locaux de la galerie Bernard Ceysson. Il s'agira, dans des couleurs et des revenances qui peuvent faire songer à L'Atelier au mimosa de Pierre Bonnard, d'une approche des paysages de l'enfance et de l'adolescence. "Nous nous souvenons tous de ce que nous avons perdu, même si ce que nous avons perdu ne nous a jamais appartenu réellement. Nous nous souvenons d'un ailleurs, d'un autrefois qui hante nos âmes et dont le paysage est la métaphore", ce sont quelques-unes des phrases qui figurent dans l'incipit de cette exposition d'un peintre qui, voici quelques années, me rapportait avoir passionnément relu, pour la troisième fois de son existence, l'intégralité de "La Recherche du temps perdu".

Alain Paire



Alain Paire est galeriste à Aix-en-Provence
et spécialiste de l'oeuvre de Vincent Bioulès
avec lequel il entretient une amitié de longue date
le site de la galerie Alain Paire




Informations pratiques :

Musée du Cardinal Fleury
Square Georges Auric
34700 Lodève

Tél 04.67.88.86.10.

ouvert tous les jours sauf lundi
de 9h 30 à 12 h et de 14 h à 18h.




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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 17:09

Du 20 novembre 2009 au 28 février 2010


Les Abattoirs - Toulouse




Miquel Barcelo




"Barceló avant Barceló, 1973-1982"
présente une sélection d’œuvres originales et pour la plupart méconnues : des productions antérieures à la reconnaissance internationale de l’artiste lors de sa participation à la Documenta de Kassel en 1982. Nombre d’entre elles proviennent de la collection personnelle de Miquel Barceló, mais également d’institutions publiques et privées espagnoles et françaises ou, encore, de collections particulières. Sont ainsi révélées plus de cent œuvres inédites qui construisent, façonnent et dessinent les traits fondamentaux d’une trajectoire artistique exceptionnelle.


L’exposition insiste sur cette phase expérimentale et fertile de la recherche du jeune artiste qui ose affronter le contexte international pour inventer et positionner les axes essentiels de l’œuvre à venir : engouement pour la matière et les effets de sa transformation, questionnement de la peinture et du pictural, de la représentation et d’une iconographie liée à son environnement immédiat… Peintures, dessins, estampes, poésie visuelle, installations ou illustrations de livres témoignent de l’immense intérêt de Miquel Barceló pour la diversité des langages plastiques.


Divisée en six sections thématiques, Bestiaire, Vanités, Poésie expérimentale, Livres, Portraits et autoportraits, Eléments du paysage, l’exposition fait une large place à l’art conceptuel, à la poésie visuelle, à la figuration expressionniste ou encore à l’abstraction de la matière : autant de preuves de la vitalité, de la curiosité et de l’enthousiasme de Miquel Barceló qui dévoile ici la part substantielle de ce qu’il développera plus tard dans son œuvre majeur.


A Toulouse, l’exposition se complète et s’enrichit de quelques œuvres postérieures à la décennie qui constitue le cœur du projet des Abattoirs. Elles témoignent de l’aboutissement des recherches et des propositions plastiques qui s’amorcent alors dans ce que l’on pourrait qualifier de véritable phase expérimentale.

Alain Mousseigne






Miquel Barcelo

1. Bestiaire
La fascination de Miquel Barceló pour le monde animal est si forte qu'elle imprègne l'ensemble de sa carrière artistique. Le contexte animalier proposé par l'artiste dans une première série datant de 1974, devait évoluer en une véritable parade de monstres, aux limites de la tératologie, comme dans les dessins de 1981 ou les estampes de 1982.

 




 Miquel Barcelo

2. Livres
La fascination de Miquel Barceló pour la lecture et le monde des livres fut le thème central de son œuvre durant les années 80. L'exposition présente les origines de cet intérêt qui débute par la réalisation d’une série d'objets : livres peints, d’après des répertoires téléphoniques, des manuels scolaires, des cahiers, ... 





 Miquel Barcelo

3. Portraits et autoportraits
Dès les débuts de sa carrière, Barceló manifeste son intérêt pour le portrait et l'autoportrait, pour l'autoréférence entre narcissisme et brutalité.






Miquel Barcelo


4. Vanités
La réflexion sur le passage du temps nourrit l'un des thèmes majeurs de la peinture de Barceló. Cette interrogation sur la vie, au-delà de la mort, génère une vaste iconographie et des formes linguistiques variées. Ce jeu des états de la matière actualise et active en quelque sorte un thème classique de l'histoire de l'art, la "nature morte" qui continue à vivre au-delà de sa fin : "still life". Dernière incarnation de Valdes Leal.

 

Miquel Barcelo
5. Poésie expérimentale
Entre 1975 et 1978, Barceló partage l'attrait de nombreux artistes pour la poésie expérimentale ou visuelle. Il y explore deux courants : le premier se penchant sur les jeux de la combinaison du texte et de l'image, ou de la lettre et de la forme, le second, lié à la poétique de l'objet, sa collecte et sa mise en boîte.


6. Éléments du paysage
Ce chapitre met en valeur l'importance du paysage et de la nature, dans l’oeuvre de Miquel Barceló. Le paysage peut être traité par le biais de triptyques, de diptyques ou de toiles libres dans lesquels Barceló utilise des éléments naturels tels que des pigments, et, en particulier, une matière liquéfiée qui provoque des grumeaux et des surfaces craquelées (cf. image haut).


Parallèlement, un choix d'oeuvres des artistes espagnols.
A l'occasion de l'exposition Barceló avant Barceló, les Abattoirs présentent également un choix d'oeuvre des artistes espagnols de leurs collections. Ceux, glorieux, d'une génération antérieure aux années soixante-dix (Picasso, Millares, Saura, Tapiés, Clavé, Arroyo.) et ceux là même qui émergent au même moment que Miquel Barceló sur la scène artistique nationale, puis internationale à partir de 1980 (Campano, Broto, Llimos, Sicilia, Garcia Sevilla, Delgado, Plensa, Solano, Casamada, Zush, ...)




Informations pratiques :


les Abattoirs
76 allées Charles-de-Fitte
31300 Toulouse

05 62 48 58 00 (accueil)
05 34 51 10 60 (serveur vocal)

Ouvert de 10h à 18h les mercredis, jeudis et vendredis.
Ouvert de 11h à 19h les samedis et dimanches.



voir aussi : le site de Miquel Barceló, un cahier d'images de Miquel Barcelo dans notre dossier Liber amoris

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 15:00

Madagascar. Photographies.

du 27 novembre au  29 décembre 2009

IMAGINECERAMIC - Saint-Quentin la Poterie (30)







 "Je réponds ordinairement à ce qui me demande raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis mais non pas ce que je cherche."Michel de Montaigne Essais.




Vivian Estevenin. Balades madecasses.

Vivian Estevenin est photographe. En 2001, il entreprend son troisième voyage à Madagascar avec le projet de documenter l'île et d'en rapporter les matériaux d'un livre. Avec son  appareil argentique, il prend des centaines de clichés, enregistrant la vie et les paysages. L'ensemble est d'abord un reportage social. Vivian Estevenin s'est attardé sur les enfants, les femmes, le petit peuple des ouvriers, des paysans, des pêcheurs. Mais sensible à la beauté des lieux  qui lui sont devenus familiers et à une faune qui elle, reste insolite  à ses yeux d'européen, il fixe sur la pellicule les paysages et les animaux. Ceux-ci sont le sujet de photographies qui décrivent les grandes étapes du voyage et évoquent l'importance que revêt le déplacement dans l'espace. 


Rentré de son périple qui l'a conduit d'Antanarivo à Bélo-sur-mer en passant par  Antsirabé, Miandrivazo et  Tsatsana,  il possède un gigantesque album de photographies et quantité de notes prises au jour le jour. Ce journal à la fois descriptif et bourré de sensations viendra légender les belles images de Madagascar. Le matériau du livre est rassemblé,  sa maquette conçue et réalisée. Cet album reste à paraître pourtant. Les textes quand à eux ont été publiés sous le titre    Balades madecasses aux éditions  Do Bentzinger. L'exposition dans l'espace galerie d'Imagineceramic à Saint-Quentin la Poterie, du 27 novembre au 29 décembre 2009,  réunira une trentaine de photographies de Madagascar et présentera la maquette de l'album.

Catherine Plassart













" En fin d'après-midi, je loue un "spécial" et fais une virée au lac Tritriva. Pas terrible! par contre le paysage tout en dessous est magnifique. Hélas! la lumière n'est pas fameuse, alors, j'attends. Une heure, deux heures... les gosses vendant leur camelote m'ont abandonné. Je prie pour qu'un coup de soleil survienne. Immobile, concentré, j'invoque la divinité qui, oh! miracle, accède à la supplique... Cela fera une de mes meilleures images de Madagascar." V. Estevenin







Plus d'images ICI



Jean-Luc Garcin
Informations pratiques :

Vernissage, signature
Petit déjeuner le dimanche 29 novembre à partir de 9h30

En parallèle
exposition Jean-Luc Garcin, céramiques
12 au 29 décembre 2009

IMAGINECERAMIC
371 route d'Uzès F-30700
Saint-Quentin la Poterie
33(0)4 66 22 58 70 - 
imagine-ceramic@imagine-ceramic.com



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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 11:30




jusqu'au 30 janvier 2010


Musée de Gap ()





Joël Desbouiges





Chaud, chaud,  les champignons !

Avec la complicité de Jean Pierre Verheggen pour les textes, Joël Desbouiges vient de réaliser un livre sous forme de coffret. Dans ce dernier on trouve deux ensembles  "Phallus et Morilles, quatorze tentatives érotico-culinaires" et Mycorama, vingt-huit champignons comestibles". Ce dernier comporte vingt-huit planches de champignons comestibles qui font appel à un parti pris plastique tout en respectant l'identité des champignons alors que l premier réunit des textes en forme de recettes érotiques accompagnées de dessins gouachés.

Si l'auteur et l'artiste partagent une chaste passion commune pour les champignons, leur connivence concerne aussi un certain rapport érotique à la femme. Leurs quatre mains, le parfum épicé des sporophores, la saveur aphrodisiaque de certains d'entre eux et une bonne dose d'humour produisent un beau chahut de scènes lascives en écrit et en images. Ici la femme est "sexy" et le champignon belliqueusement sensuel.  Jean Pierre Verheggen et Joël Desbouiges grâce à cet ouvrage, peuvent répondre à une petite faim de champignon comme  à une grosse envie de sensualité champêtre. Avis aux amateurs : on peut se procurer l'ouvrage en  tirage courant ou en tirage de tête.


Pour l'heure et jusqu'à mi janvier , la totalité des planches du livre est exposée au Musée de GAP , partenaire de cette édition. Puis suivra en février, toujours au Musée de Gap, une exposition de photos de Joël Desbouiges. Enfin, dores et déjà, une rétrospective des recherches 2000-2010 de l'artiste est annoncée pour l'été 2011.


Catherine Plassart



Joël Desbouiges  

Coulemelles farcies,
Chapeau votre cul, Madame, chapeau !
Qu’est-ce qu’il est frais,
qu’est-ce qu’il est beau ainsi déguenillé !
Laissez-moi m’élever à sa hauteur.
Laissez-moi l’ombrager de mon parasol pelucheux,
le protéger de toute autre chaleur,
être son protecteur, son chevalier bagué !
Laissez-moi de simple lépiote devenir son pote à tout jamais !
Laissez-moi lui parler en toute sérénité,
de cul à cuticule comme d’autres de volve à vulve
et voile déchiré !
Laissez-moi être avec lui de tu à toi,
à cul et à chemise quoi !
Laissez-moi lui dire -Je vous en prie ! –
je vais te le me cocher,
te me le farcir !
quelques gouttes de cette encre rosacée
qui les démange.

Joël Desbouiges


Joël Desbouiges

L'ouvrage :



Phallus et MorillesPhallus et Morilles.
Quatorze tentatives érotico-culinaires
illustrées par
Jean-Pierre Verheggen et Joël Desbouiges
Quatorze poèmes. Quatorze dessins érotiques.

Mycorama
Recueil de vingt-huit planches peintes par Joël Desbouiges
constitue une suite à l’ouvrage Phallus et Morilles,
le tout publié conjointement et encarté dans un étui commun.
Editions Artgo nov. 2009

Tirage de tête à 35 exemplaires.  Avec sept planches originales sur papier calque dont un manuscrit, placés sous emboîtage de luxe. Edition originale, en souscription jusqu'au 15 janvier.

voir l'ouvrage 



 Informations pratiques :


Musée museum départemental des Hautes Alpes
05000 Gap


voir aussi : la vitrine de Joël Desbouiges dans Art Point France, le site personnel de l'artiste

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 08:43

du 03 décembre 2009 au 23 janvier 10

galerie Caroline Vachet - Lyon 1e






Martine Schildge


En résonance avec la biennale d’art contemporain de Lyon 2009, la galerie Caroline Vachet présente le travail de Martine Schildge et Renato Bezerra de Mello qui s'expriment avec des matériaux différents suscitant curiosité et étonnement.

Martine Schildge. Broyer du blanc.
" À première vue, ce ne sont pas des maisons, puisque qu’il y manque les fissures. À première vue, ce ne sont pas des hommes, puisqu’il y manque des blessures. Pas d’anecdotes, pas d’histoire" : on y va tous, ça ne saurait manquer (ni tarder), vers ce monde de silence et de vacuité, atone et suspendu. C’est toute notre affaire, voilà ce que nous disent ces pièces diaphanes et ouatées, tout le tragique de notre condition" : nous voilà adossés à du vide, perdus dans des labyrinthes transparents, aux parois menaçantes. À fréquenter ces installation, on finit par comprendre, que pour nous ce sera très bientôt la fumée, le gaz, l’aube blanche aux formes vagues, la vierge la mort. Et le silence, ça c’est sûr, un silence d’organes, troués d’orifice qui nous regardent sans nous voir. Nous étions depuis longtemps installés à broyer du noir (cauchemards, monstre, nuit de la raison etc). Mais voilà qu’observés par rien, écrasés de légèreté, sans personne à qui parler, il va nous falloir apprendre à broyer du blanc. C’est pas gagné.

PS : "Mais on peut toujours s’en sortir en broyant ? "

Claude Meunier

 Martine Schildge








Martine Schildge






Renato Bezerra de Mello. Ni plus, ni moins.

“Renato Bezerra de Mello raconte une histoire plurielle qu’il disperse et éparpille à dessein. (…) C’est cette histoire, presque commune, qui fait la richesse et la spécificité de son oeuvre.Elle en est la matière première. Il la travaille, la malaxe de manière à donner un devenir aux biens transmis, de manière à ne pas les laisser disparaître, pas tout de suite.  L’amoureux de Roland Barthes « puise dans la réserve des figures, le trésor, selon les besoins, les injonctions ou les plaisirs de l’imaginaire. Chaque figure éclate, vibre seule comme un son coupé de toute mélodie – ou se répète, à satiété, comme le motif d’une musique planante. » Renato, lui, puise dans son héritage et en réalise des copies jusqu’à épuisement. (…) Pour se faire, il use et abuse du calque, du carbone, du cristal ou des négatifs qui permettent de copier, recopier, calquer ou décalquer. Des matériaux fragiles, voués à changer, vieillir et disparaître. Des matières transparentes, presque invisibles. Des matières intermédiaires qui font office de lien entre chose dite et chose pensée, image mentale et dessin.

(…) Renato Bezerra de Mello écrit et dessine machinalement, systématiquement. Il consigne, inventorie. Tout ou presque tout. Avec rien ou presque rien. « C’est donc un amoureux qui parle et qui dit »  : « Je m’écris à moi-même parce que je suis libre, vaniteux et fou ; je m’écris pour m’apaiser, pour supplanter ton absence ; je m’écris de peur de tomber dans le vide ; je m’écris pour laisser quelques traces. Les traces d’un discours amoureux. Ni plus, ni moins.”  (Roland Barthes, op. cit., p.13.)

Dorothée Tramoni "Ni plus, ni moins" (extraits)






Renato Bezerra de Mello






Renato Bezerra de Mello
Informations pratiques :

galerie Caroline Vachet
23, rue Burdeau - 69001 Lyon
+ 33 (0) 4 78 30 64 38
caroline@galeriecarolinevachet.com

Commissaire de l’exposition : Yves Sabourin
Inspecteur art contemporain et textile, DAP-Ministère de la culture


photos : (1) Martine Schildge Maison corps, 2005 Structure métal / lycra,(2) Martine Schildge Sans titre, 2005 Aquarelle, 56 x 75 cm, (3) Martine Schildge Paysage du corps, 2009 Aquarelle, 21x 29,7 cm, (4) Renato Bezerra de Mello Sou taça  Verres brisés,(5) Renato Bezerra de Mello Lembranças e esquecimentos, 2005 Installation


voir aussi :  www.galeriecarolinevachet.com

 

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 08:24

Poète rustique et Peintre moderne

du 31 octobre  2009 au 31 janvier 2010

Musée de Grenoble




Gaston Chaissac




Sous le titre "Gaston Chaissac - Poète rustique et peintre moderne", le musée de Grenoble présente une importante exposition consacrée à ce grand artiste. Longtemps tenu pour marginal dans le contexte de l'art français d'après-guerre, son oeuvre apparaît de plus en plus, dans sa farouche singularité et sa poésie douce-amère, comme un des plus originaux de son époque.


Dessinateur, peintre, sculpteur, poète et épistolier intarissable, Chaissac manipule les formes comme les mots, détourne les matériaux comme la syntaxe. Son approche spontanée de la création lui permet d'inventer formes et techniques nouvelles. Sa liberté innée le conduit à dépasser le clivage entre figuration et abstraction et d'explorer avec bonheur toutes les possibilités de la forme pure comme de la figure, ainsi que leur joyeuse hybridation.


Avec près de 200 oeuvres, dont de nombreux inédits, suivant un parcours rétrospectif allant des premiers dessins de 1936 jusqu'aux grands collages de papiers peints et les derniers Totems de 1964, l'exposition s'attache à mettre en évidence les principaux thèmes de l'oeuvre de Chaissac. Ainsi retrouve-t-on les bouquets de fleurs, les dessins-écritures, les objets récupérés, les crucifixions, les grands personnages souriants... Autant de prétextes pour l'artiste dans son observation aiguë de la tragi-comédie humaine à la révélation.





Gaston Chaissac   Gaston Chaissac



photo :  Bouquet nouveau, 1944 - Huile sur papier marouflé sur contre-plaqué 65 x 50 cm Collection Particulière



 

Informations pratiques :

Musée de Grenoble
5, Place Lavalette
38000 Grenoble
04 76 63 44 11

Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h30

voir aussi : www.museedegrenoble.fr





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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 07:38

peintures

du 27 nov au 11 dec 2009

Carrefour Europe - Chamalières (63)



Slobo



Slobo. Apocalypse ou apothéose.
 
L'oeuvre de Slobo ouvre la porte sur une vision complexe d'un monde en perpétuel mouvement. La distance est grande qui sépare la réalité passée et le futur. Mais l'artiste refuse cet écart objectif. Il étire la perception du moment présent et dans une manière de dépassement,  imagine d'autres formes du réel dans un espace élargi aux dimensions infinies du cosmos. Apocalypse ou apothéose, l'oeil hésite.

Dans les tableaux petits ou grands de Slobo, la nature théâtralisée est harmonieuse. Mais la nuit rode. Ses fondements obscurs et ténébreux sertissent les subtiles et fantastiques apparitions de la matière, ses jaillissements extravagants. L'univers de l'artiste est habité par la conscience qu'un espace-temps ne suffit pas à nous définir. Matière et énergie sont perçues comme des éléments déterminants de la vie.

La lumière irradie, elle éclaire des lieux transitoires,  des paradis perdus. Elle surgit fulgurante dévoilant des mondes lointains et  insoupçonnés. L'alchimie de la peinture se joue dans le désir de transparence. La vision nourrie des sensations  de couleurs et d'inépuisables richesses se fait douce parfois.  Préscience d'un mystère, attrait pour l'invisible, quête de la plénitude indicible, Slobo nous invite à l'émerveillement.

Slobo présente un ensemble d'oeuvres choisies du 27 novembre au 11 décembre 2009 au Carrefour Europe à Chamalières. L'exposition est destinée à voyager en République Serbe. Elle sera successivement à voir à partir du mois de mars 2010, à  Valjevo, sa ville natale, puis à Subotica, à Niš et enfin à Pirot.


Catherine Plassart




Jevtic Slobodandit Slobo est  né en 1934 à Valjevo (ex Yougoslavie).
Études d'architecture à la faculté de Belgrade.
Diplômé de scénographie chez le professeur M. Serban à l'Académie des Arts Appliqués de Belgrade.
Depuis 1965, vit et crée en France.
Il peint depuis quarante ans et déclare :  " Il s'agit d'une recherche qui considère le cosmos, l'espace et l'énergie en relation avec Dieu, le créateur du monde. " Également muraliste, il a réalisé de nombreux trompe-l’œil dans l'agglomération de Clermont-Ferrand. Il est aussi le directeur artistique de l’A.M.A.C. (Association Mouvement d’Art Contemporain) à Chamalières et à ce titre organise depuis plus de vingt ans la  Triennale mondiale d'estampes de Chamalières. Il a constitué une collection de 4600 œuvres différentes, dons des artistes. Elle est visible en permanence à l'Espace Triennale.

 







Slobo

Opus 1469 - "Commencement" 50 x 73 cm 2005

 


Slobo

Opus - "Trou noir" 2009

 



Slobo

Opus 1178 - "ça arrive" 90 x 70 cm 2008

 





Slobo

Informations pratiques :

Carrefour Europe
avenue de Fontmaure
Tél : 04 73 30 97 22

Ouvert du lundi au samedi
de 14 h à 19 h
Entrée libre

 



photos  : (en haut) Slobo dans son atelier 2009 , (en bas) Opus - "Ephémère" 80 x 80 cm 2209






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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 07:27


De chair et d'encre


du 18 novembre au 4 décembre 2009


Fondation Ecureuil - Marseille




Alix Paj




Alix PAJ. Dans l'ombre  du portrait singulier.
 Une matière lisse, des valeurs de gris surgissant de l'effacement du dessin. Des êtres dont les bustes, les visages, ne sont ni ceux de maîtres ou d'esclaves, ayant leur morale propre, une noblesse fondée sur aucun mépris. Tels sont les portraits d'Alix Paj, altiers parfois, jamais étroits. Une sorte d'aristocratie au sens premier et qui se passe de l'approbation. Des créateurs de valeurs comme les définissait Nietzsche. En ce sens l'artiste à sa maturité a trouvé par sa technique à l'encre de chine plus ou moins colorée sur PVC, une puissance d'expression dont la tension, la richesse, se répandent de façon surabondante et ironique. Avec, lorsque l'on y regarde de plus près encore, comme une légèreté et c'est le paradoxe de cet art renouvelé du portrait.

A quoi tendent ces individus loin du troupeau ? Que nous chantent-ils des artifices et diableries de la vie ? Avec Alix Paj nous entrons dans "l'âge classique" de l'art à venir (discipline et talent conjugués) sans haine et sans peur. Au-delà de la discorde, dans la confiance en soi, un désir de perfection loin de la guerre, des mensonges et autres flatteries.
PG


Alix Paj




Alix Paj




Photos : (1) Série l'attente 66 x 45cm, (2) Figure avec col 50 x 40 cm, (3) Figure avcéole bleue 50 x 40 cm, (4) Calanques, l mistrl 100 x 130 cm




Alix PajInformations pratiques :


Vernissage le 17 novembre à 18h30

Fondation Ecureuil
26, rue Montgrand
13006 MARSEILLE
04 91 57 26 49

Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 18h


voir aussi : www.fondation-ecureuil.fr, la virine d'Alix Paj dans Art Point France




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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 05:58


 du 24 octobre au 23 décembre 2009


Galerie L'R du Cormoran - Pernes-les-Fontaines (84)


Béatrice Casadesus




Peinture d’un âge d’or, celle de Béatrice Casadesus.


Sur des surfaces sans bords ni centre ni fond, impersonnalité des ponctuations vertigineuses obtenues dans l’effacement du peintre par des procédures de filtrage, de blutage des pigments. « Je peins, dit-elle, cette dissipation, ce passage chromatique à l’évanescence. Une sorte de fugue de la couleur qui exhale sa tension lumineuse ». Hasards d’empâtements, de glacis, de surimpressions, de ruissellements des ors désensibilisés, des indigos, des rouges de feuilles d’érables. Raffinements inouïs dans lesquels cet art puise le secret de son attirance ».

Maurice Benhamou.




Béatrice Casadesus a commencé sa carrière avec la sculpture avant de devenir professeur d’arts plastiques à l’Ecole d’Architecture de Paris-Malaquais. Elle explore dans cette discipline de nombreuses techniques et développe à partir de 1975 un travail sur le point comme fondement de l'ombre et de la lumière, en référence au peintre Georges Seurat.


Inspirée par des artistes comme Malevitch, Monet, Kandinsky ou Rothko, elle reconnaît que « la peinture demande la maitrise des œuvres du passé pour en tirer des émanations. Chez Seurat, il faut comprendre le travail du point, le contraste d’ombre et de lumière ». Elle n’utilise pas de pinceaux mais s’invente des outils qui vont servir ses envies de points, de trames, d’empreintes, de traces, offrant une vibration physique de la matière. Pas de cadre non plus, « afin de laisser déborder pour montrer l’infini qui s’étale, le déroulement du temps ». La couleur et la lumière laissent filtrer le temps.

Béatrice Casadesus a réalisé de nombreuses expositions personnelles et collectives en France ainsi qu’à l’étranger et a collaboré avec des poètes et des philosophes pour la réalisation de livres. Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques et privées françaises et étrangères.

Actuellement l'exposition « ELLES » du Centre Georges Pompidou, expose son travail (« Antienne », « Lied » et « Psaume »), de même qu’il figurait dans l'accrochage « Blancs », début 2009, du même centre Georges Pompidou (aux côtés d’œuvres de Kupka, Matisse, Léger, Klee...).





Béatrice CasadesusInformations pratiques :


Le samedi 24 octobre
présentation de son oeuvre par l'artiste à 17h30
suivi du vernissage à18h


Galerie L'R du Cormoran
5 rue de la Halle
84210 Pernes-les-Fontaines
Tél/fax : (33) 04 90 11 01 59
contact@galerie-r-du-cormoran.com

 Mercredi au vendredi 15h/19h
Samedi 10h/12h et 15h/19h
ou sur rendez-vous 04 90 11 01 59

voir aussi : www.galerie-r-du-cormoran.com


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