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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 15:37

exxposition


du 27 octobre 2010 au 3 janvier 2011

 

Galerie du Tenyidor - Collioure

 

 Joël Desbouiges

 

 

J’ai toujours travaillé en province et si on est le fils d’une langue,comme on est celui d’un pays j’ai l’accent de la campagne. Même quand on croît la connaître la nature nous interpelle, nous inquiète, notre esprit semble se perdre dans son   infini « La nature donne à penser » écrivait Marcel Proust1.


Je pense que les différents lieux où j’ai travaillé, Limousin, Normandie, Auvergne, Franche-Comté, et le Pays Basque avec ses vastes paysages m’ont procuré de nombreuses inspirations, m’ont conduit vers des réalisations vierges d’influence, de courant, de mouvement qui se développent principalement dans les grandes capitales, les espaces urbains qui brassent les informations et les idées plus proches du brouhaha des médias. J’ai toujours été confronté à mon histoire, à mon  travail, ensuite dans l’atelier, comme d’autres artistes, je sélectionne à travers un cadre que je me suis construit, défini au fur et à mesure de ma vie. Aujourd’hui nous sommes tous quotidiennement plongés dans l’hégémonie de la puissance médiatique et comme tous les créateurs j’ai envie de donner à voir des pièces traversées par l’envie et la passion de la recherche. En travaillant tous les jours je tiens à rester en prise avec les expériences et considérer que nous sommes en vie quand on est dépositaire de quelque chose, d’un savoir, et plus je vieillis plus je suis en vie.

 

Il y a eu dans les années 80 la série des Losanges/Peintures et des Carbones/Dessins qui renfermaient des couleurs et des dessins de fleurs. À cette époque j’insistais principalement sur la symbolique de la forme losangée et sur l’intervention du regardeur et moins sur les sujets souvent empruntés à l’Art Populaire. C’est avec les « Resserres » (2003) que la question de la nature se posa. Cette série est née de formes lourdes présentes dans les « Anacoluthes » et d’un souvenir, celui de ma première rencontre enfant, avec des animaux, des gibiers suspendus, morts chez mon grand-père chasseur. Peindre les « Resserres » c’est essayer de peindre le secret du silence et non pas l’image de la mort. La mort n’ayant pas de réalité, de continuité elle n’est qu’en rapport avec les choses.Après vinrent les « Massacres » (2006) série de 42 petits formats (60 x 40 cm), sur chacun d’eux sont collés 5 dessins de têtes de chevreuil marouflés, la finesse du papier choisi laisse apparaître les cinq dessins qui se mélangent livrant une finalité qui évoque l’Art pariétal. Dans le haut de chaque petit tableau sont accrochés des bois de chevreuil peints de couleurs vives et contrastées. La question del’existence reste posée ainsi que celle du passé, de la conscience et du sacré. Car avec ces recherches, j’ai sur les épaules plus de charge ontologique que de vertu écologique. La seule façon d’affronter la mort serait donc d’essayer de produire du sens qui questionne la vie. Les couleurs vives sur les bois ressuscitent de l’imaginaire. Face à l’animal l’homme ne cesse d’imaginer, une imagination qui s’oppose à la réalité. Les couleurs brutes sortant du tube sont la matérialisation de l’imagination qui distrait ou console. C’est sans doute parce que l’homme ne pouvait reproduire le réel qu’il a pensé, ou été obligé d’inventer le dessin et la peinture. Ces bois « kitsch » peuvent nous faire penser aux totems, à l’Art de ces indiens des plaines qui étaient pourchassés par des cow-boys blancs souvent payés aux nombres de scalps rapportés. Colons blancs dont les scalps prélevés cette fois par les sauvages peaux rouges faisaient renaître dans les rituels, l’âme des braves disparus. Voilà comment on fait ressortir toutes les images qui sont en nous, les revisitons,les relisons et les reprogrammons pour de nouvelles histoires.

 

Joël Desbouiges

 

Les animaux libres dans la nature sont toujours à la lisière de la peur, ce qui explique la série « Mise en joue » (2007), 35 petits formats (40 x 40 cm) avec la même technique de dessins marouflés, représentant cette fois des petits gibiers. Sur la surface de la toile, collées sur les dessins, des flèches aux embouts/ventouses de caoutchouc, comme sortis du canon d’une carabine de « tir aux pigeons » d’enfants. La peinture mise en joue continue son chemin. En 1970 j’ai effectué un reportage photographique d’une chasse à cour, aujourd’hui, 40 ans après, je confronte un de ces clichés argentiques représentant la curée du cerf, avec l’image numérique couleur d’un arbre en forme de ramure. L’âme, encore !

 

Joël Desbouiges

 

Fin 2009 j’ai terminé la série « Les têtes couronnées que l’on mérite » 7 objets. Ce sont des bois de cerf, de véritables trophées, ceux perdus par les grands animaux comme une preuve de renouveau proche. Colorés, détournés avec différents collages de matériaux choisis pour leurs sens, ces bois sont déposés, tels des chapeaux, sur des porte manteaux et évoquent ces têtes politiques qui nous dirigent. « Il n’y a pas le pouvoir,il y a l’abus de pouvoir,et rien d’autre ! » Montherlant. Je pourrais aussi parler de la récente série « Terres partagées » un hommage à Jean-Paul Riopelle, un autre grand amoureux de la nature qui termina sa vie à l’Ile aux oies. Je me sens libre de toute influence,mais peut-on l’être complètement quand on aime ce peintre québécois mais aussi Sean Scully, Gérard Gasiorowski, David Tremlett, Cildo Meireles, Richard Tuttle, Le Caravage et Rosa Bonheur. Cette femme aux attitudes viriles, contemporaine de Courbet, qui par la volonté savait saisir l’expression des animaux, mais surtout ajoutait dans ses dessins et ses toiles un rare degré de puissance,de vigueur qui ne venait pas des modèles. Comme Ingres elle répétait que « le dessin est la probité de l’Art ». Comme elle, je pense que quels que soient les dons dont nous sommes pourvus le talent ne s’improvise pas, il est le résultat d’un long travail opiniâtre et soutenu. Le dessin reste une base fondamentale aussi bien pour les sculpteurs, les installateurs, les photographes que pour les peintres.

 

Dans ce questionnement qui est lié à la création on ne peut éviter de se sentir toujours dans le sentiment du devenir et dans la cruelle conscience de notre solitude d’artiste. Aujourd’hui je ne suis plus impatient, c’est peut-être comme ça que l’on devient un artiste optimiste.

 

Pour clore cette difficile question j’ajouterais que la différence entre l’animal et l’homme est la manifestation de la conscience chez l’être humain. Celle-ci n’est pas toujours lucide, être conscient d’être en vie, de devoir mourir, de se projeter dans un avenir occupe bien mes congénères et moi-même dans ce meilleur des mondes que l’utopie ne cesse, ne cessera de rejeter .

 

Joël Desbouiges

 Private Opening 2009 (extrait)

Entretien par Laurent Devèze

 

  Joël Desbouiges

 

 

 

Informations pratiques :

 

Vernissage le 30 octobre à partir de 11h 30


Galerie du Tenyidor
10 rue de la Prud'homie
Collioure, France
04 68 56 92 25
04 68 82 55 95

Tous les jours sauf le jeudi de 15h à 19h

 

voir aussi : la vitrine de Joël Desbouiges dans Art Point France, le site personnel de l'artiste

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 09:18

Portraits et autres nouages

 

Du 08 au 21 novembre 2010

 

Galerie G62 - Bordeaux

 

 Patrick Santus 

 


Pour le peintre, l’expérience de son art se situe avant, dans et pendant la création de l’œuvre. Très souvent, celle-ci finie, n’a de sens que pour ce qu’elle renvoie à l’autre à venir. La somme de toutes ces imperfections, des manqués, des oubliés, des perdus, devient la charge réelle de la nouvelle peinture.
Le thème importe peu..
Il ne suffit pas d’avoir UNE idée et de la faire fabriquer...
C’est dans le faire, qu’il trouve la jouissance.


Il est le seul acteur de cette plongée de la conscience en lui même et dans le tableau.  Là, dans ce silencieux capharnaüm où la pensée virevolte, tour à tour, joyeuse, légère, sombre, attentive, révélant des images et des mots inattendus, il devient, très souvent témoin impuissant, de son ignorance et de sa perfectibilité...

Pourtant dans le désir sans fin de dépasser cette impuissance, il trouve le manque.  Et le manque lui donne l’espace, dans lequel il va évoluer. Sans manque il n’y a qu’un long et inconscient étouffement. Ce qui nous transforme c’est ce que l’on apprend. Le doigt qui parle et montre le doigt qui montre, pas plus que la lune n’est la peinture.

Patrick Santus

 

 

 

 

 

 Patrick Santus

 

 

 

 

 Patrick Santus

 


Informations pratiques :

 

GALERIE G62
62 quai des Cartrons
33000 Bordeaux

De 14 heures à 19 heures tous les jours

 

en savoir plus : http://www.g62.fr/ , le site personnel de l'artiste et la vitrine de Patrick Santus dans Art Point France

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 11:32

Ma maison même

 

du 12 au 27 Juin 2010

 

Île du moulin. Piacé (72)

pou la la Quinzaine radieuse #2

 

  

 

Hervé Coqueret

 

 

« S’il est à mon tour de dire que la maison d’un film est «ma maison», c’est bien la villa sur la plage du film «Kiss me deadly» réalisé par Robert Aldrich en 1955.


François Albéra, dans la revue «Exposé» consacrée à la maison pose cette problématique : La question de la «maison» comporte un enjeu, celui dans l’espace filmique ainsi «dénoté», de son «habitabilité» par le spectateur. Problème qui croise, celui de l’art contemporain (de l’installation notamment, voire de l’exposition) et qui ouvre à une interrogation sociale (utopique - quel espace de vie voulons nous ? ou pratique - que faisons-nous de l’espace que l’on nous octroie ?).


Mon projet consiste, à partir de toutes les vues tirées du film, à refaire les plans de cette maison avant d’en reconstruire une nouvelle version à échelle réduite, dans un espace d’exposition. La proposition de reconstruction d’une zone, d’un décor de cinéma, un espace artificiel et de désir, une architecture utopique, une surface de projection... »

Hervé Coqueret

 

 

Artiste en mouvement (Bourges, Lille, Toulouse), diplômé de l’École des Beaux arts de Nantes en 1999, Hervé Coqueret ancre sa démarche artistique dans une réflexion sur la matérialité des images au travers de photographies, d’installations ou de vidéos. Hervé Coqueret participera du 12 au 27 Juin 2010, à  la Quinzaine radieuse #2 (architecture, art, design : Bézard / Le Corbusier, Pierre Huyghe , Anita Molinero, Sammy Engramer, Hervé Coqueret, Andrea Crews, Peopleday, Constance Guisset, David Michael Clarke, Christophe Terlinden) organisée par  l'association Piacé le radieux Bézard - Le Corbusier au coeur du village de Piacé (72)

 

 

Informations pratiques :

 

la Quinzaine radieuse #2

Expositions - Architectre - Art - Design

du 12 au 27 Juin 2010

dans le village de Piacé (72)

 

voir aussi : www.piaceleradieux.com/

 

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 20:34

30 janvier au  21 mars 2010

Hôtel des Arts - Toulon (83)




Jan Voss



Parce que l’art de Voss est une invitation à laisser de côté tout préjugé, il convient de l’aborder sans aucun préalable. Sans chercher à lui plaquer d’emblée un discours qui le spécifierait à l’aune de telle ou telle tendance.
Philippe Piguet




 Jan Voss



« Peut-être y a-t-il une sorte d’anticipation, un sentiment de déjà-vu projeté en avant quand un peintre affronte sa toile vierge ? Un instinct pareil à celui de l’aveugle qui a une idée de ce qui se trouve devant lui et autour de lui, sans encore en connaître les détails. Cette chose à venir, je la vois immanquablement comme une addition de formes… que j’ordonnerai plus tard pour obtenir une surface dense et d’une répartition plus ou mois égale. Petit à petit le champ pictural se peuplera donc de différentes figures ou de différentes formes qui entreront en relation les unes avec les autres simplement à cause de leur voisinage, ou par une fortune commune, ou encore en réponse de l’une à l’autre ».
Jan Voss




Jan Voss



photos : (1) Omnivores, 2003, 220 x 400 cm, acrylique sur toile,(2) Sans titre, 2002, 162 x 130 cm, acrylique sur toile,(3) Relief blanc, 2007, 170 x 130 x 20 cm, bois


Informations pratiques :

Hôtel des Arts
236 boulevard Général Leclerc
83000 Toulon
Tél. 04 94 91 69 18

Horaires : exposition ouverte tous les jours de 11 h à 18 h,
sauf les lundis et les jours fériés.
Tarif : entrée gratuite

voir aussi : www.hdatoulon.fr

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 14:44




Fabrice Rebeyrolle




Le saisissement et la fureur

Philippe André


L’homme est périssable, comme individu et comme genre. Nous ne le savons que trop, mais faisons mine, la plupart du temps, de l’oublier. Si l’illusion de l’immortalité s’enracine dans l’archè de chacun, principe passé et présent forgé aux origines, à tout instant la désillusion peut nous projeter dans le trou noir de la mélancolie, monde clos où défile la seule noria des objets intérieurs. Autant ne pas trop se leurrer : tout aura sa fin, et à commencer par soi.


Mais l’œuvre d’art ne ferait-elle pas exception? Siècle après siècle, ne l’aurions-nous pas dressée au rang de trace inaltérable ?  Ne serait-elle pas devenue notre meilleure porte d’accès à l’infini ? La Chaconne en ré mineur de Bach, idéale au point de pouvoir se passer de toute voix instrumentale, ne continuera-t-elle pas de résonner dans l’univers dilaté, proche du zéro absolu, dont l’homme et toute vie organique auront disparu ? La Nuit de Michel-Ange ne poursuivra-t-elle pas de son anatomie étrangement inquiétante les galaxies lancées dans une dispersion sans but ? Un unique autoportrait de Rembrandt, un seul, ne pourra-t-il résister à l’emprise totale de l’énergie noire ?

Fabrice Rebeyrolle
Dans l’atelier de Fabrice Rebeyrolle – véritable laboratoire du docteur Faust - la poussière a recouvert les monceaux de livres. Un crâne est resté abandonné sur le côté. Le sablier ne sait plus reconnaître la flèche du temps qui l’animait… Impavides jusqu’à leur propre négation, les Vanités affirment que le rêve d’infini est illusoire. Œuvres humaines, trop humaines, art qui observe l’art d’une orbite au regard sans état d’âme, elles affirment leur appartenance à une durée infime. Réduite en esclavage avant de périr sous les coups de Clytemnestre, Cassandre sera elle-même anéantie par la catastrophe qu’elle avait augurée. L’agonie de Troie fut brève et sans espoir de retour.


Ce message d’une fin du temps, les Vanités de Fabrice Rebeyrolle donnent à le voir sans faux-fuyants, dans une musique aux harmonies inspirées par la pure vision. Une constellation de crânes virevolte dans l’espace caverneux de la pensée que leur voûte construisait autrefois. Cimentés jusqu’à faire corps, nés du jour, du feu, du ciel – de l’enfer ? -, solitaires toujours, objets foudroyés, ils errent, uniques symboles d’eux-mêmes, ne délivrant d’autre message que leur seule intransigeance, opiniâtres, peu désireux d’en découdre, tout juste attentifs aux explosions florales de quelque guerre aérienne oubliée.


La capacité de vision est en même temps celle d’affronter les lumières célestes et d’éclairer le noir des abîmes, de voyager jusqu’aux confins des océans, des sphères étoilées comme au plus ténébreux de soi. Ainsi se résume le programme de cette divine comédie : voyager jusqu’au risque de cécité, tel Dante dans le sillage de Béatrice, mais voir tout de même de quoi, au fin fond, nous fûmes constitués, voir en quelles régions désolées Dürer plongea le regard de son ange mélancolique, en quel espace qui n’est même plus au contact des contrées imaginaires ?

Fabrice Rebeyrolle
Gris, jaunes orangés, cendres, goudron et huile, bleus d’azur, blancs de craie, impacts rougeoyants, violets nimbant les orbites, écrivent une partition dionysiaque sans artifices, sans espoir d’au-delà, sans religion. L’ouverture est vertigineuse si nous acceptons de graviter sur la frontière étroite entre hallucination et rêve. Évitant le faux-pas entre folie et édulcoration, nous retournons en un temps sans histoire, avant ou après l’intervalle humaniste de la Chaconne. Le rythme, immédiat, ne vise aucune prévisibilité. Les turbulences des fonds oublient la perspective pour imposer comme une image quantique du vide : tout, à n’importe quel moment, pourrait surgir. Ils sont rares, ainsi le constatait Hölderlin, les êtres capables de saisir la foudre à pleines mains.

Ce sont actes téméraires, ces Vanités, qui disent beaucoup d’un lieu extrême, « dépouillé dans l’intellect », proche du « Ciel des étoiles fixes » (Dante). « Ce sont de brûlantes études, de tempête et d’épouvante » (ainsi Robert Schumann qualifiait les Grandes Études pour piano de Franz Liszt). Mais ne sont-elles pas la plus respectueuse réponse à Julien Gracq qui regrettait la disparition de deux catégories harmoniques majeures : le saisissement et la fureur ?

Mas de Bellet, 17 janvier 2010





Fabrice Rebeyrolle






Fabrice Rebeyrolle





Photos :  « Ni le jour, ni l’heure. » suite de Vanités de Fabrice Rebeyrolle 2009  : (1) 122 x 170 cm  technique mixte sur panneau, (2) 81 x 100 cm  technique mixte sur panneau ,(3) 48 x 60 cm technique mixte sur papier ,(4) 95,5 x 96,5 cm technique mixte sur papier, (5) 138 x 152 cm technique mixte sur papier affiche



Voir aussi : la vitrine de Fabrice Rebeyrolle dans Art Point France, ses livres d'artiste




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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 06:18

Les reflets de l’(a)utre
Dessins et peintures d’après des photographies de
A.ARTAUD, S. FREUD, P. REBEYROLLE, B. VIAN


Du 23/09 au 06/10/2009

Au Garage Moderne - Bordeaux



Patrick Santus



Propos d'artiste.

Dans un entretien de 1966, Francis Bacon parle de l'Homme qui, réalisant sa nature d'accident dénuée de sens et futile, doit malgré tout jouer le jeu jusqu'au bout. Puis évoquant Vélasquez et Rembrandt, "légèrement conditionnés par certains types de possibilités religieuses", il poursuit avec l’homme moderne, qui voyant ces possibilités religieuses s'annuler, ne peut que s'efforcer de faire quelque chose de "très très positif"‘en essayant de s'abuser "par une sorte d'immortalité  achetée aux médecins".


Pour Bacon, cette vision a transformé "l'art en un jeu avec lequel l'homme se distrait", ce qui rend fascinant le fait que tout va devenir de plus en plus difficile pour l'artiste, et qu’il lui faudra "vraiment approfondir le jeu pour aboutir à quoi que ce soit de bon".
Quel est ce jeu ? Quel en est son objet ?
Pourquoi sommes-nous toujours touchés par certaines "œuvres conditionnées" ? 
Quel est ce mystère résistant aux explications régulières des exégètes de l'art et qui reste entier, extrêmement vivant  depuis l’aube de l’humanité ? Que nous révèle cette peinture ?
Celle, qui, avec, ou sans possibilités religieuses, sans rebords, nous envoie l'image immuable, originelle de cette vacuité, de ce je(u)  qui ne cesse de se dérober à notre compréhension. C'est pourtant là, dans ce rien, au bord de ce trou, que le peintre trouve la résonance, avec ce "Misérable Miracle", celui qui, rongé par l'angoisse de sa mort, s'étourdit, s'enveloppe de la surface des choses et se voile le regard, croyant par ces nouvelles médicales possibilités religieuses, échapper à ses Gorgones, à sa Médusa.


C'est dans cette réalité que l'artiste doit œuvrer pour espérer opérer un déplacement de soi vers le Monde, non pas grâce à des référents culturels quelconques, mais par l'immersion entière et désirée dans cet acte toujours vierge et difficile qui est de peindre sans savoir ou ça/voir. C'est ici, dans ce mouvement "d'homme vrai sans situation qui ne cesse d'entrer ou de sortir par les portes de ses sens", que j'essaie de développer mon travail.
Ces photographies en sont le support.
Dans le temps, sans raison, mais avec ces maîtres comme boussole.
Hors ce sentier, je ne vois que du décor, du "rétinien", et là c'est une autre route.

Patrick Santus

 
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Peintre,  Patrick Santus expose depuis 1967. Son  sujet est l'inconscient et ses motifs les figures des hommes qui incarnent le mieux  le sujet : Freud, Artaud mais aussi Boris Vian et Paul Rebeyrolle. Il déclare avec les modernes que le sens de la peinture n'existe pas. Sa résonance tient dans la part de soi-même qu'y met l'artiste dans un lacher prise qui autorise l'improvisation comme dans le Jazz. Le langage pictural de Patrick Santus est celui qui convient à "l'inconscient narratif"  dans une tentative de penser  ainsi l'impensable amour.

C.P.



Patrick Santus




Patrick Santus




photos :
(1) Sans Titre 180 x 180 cm 2009, (2) Sans Titre 180 x 180 cm 2009, (3) Sans Titre 180 x 180 cm 2009
 

Informations pratiques :

Au Garage Moderne
1 rue des étrangers  33000 Bordeaux
ouvert tous les jours sauf dimanche de 11h à 18h30


voir aussi : la vitrine de Patrick Santus dans Art Point France


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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 15:48

Photographies, formats intimes 2008.
Livres d'Artiste, éditions Books and Things.

du 4  au 28 mars 2009


Galerie Cour Carrée - Paris (3)


 Joël leick  Joël leick

 

"Une réalité, des réalités, je chine des choses simples que je vois, perçois : des installations produites par le hasard ou par un quotidien qui s'ordonne au fil du temps, formant ça et là des pièces d'art, des éléments visuels hautement poétiques. Bien sûr, on peut attendre que le jeu des couches et des faits s'inscrive peu à peu dans le paysage. Mais tout vient d'un coup, surgit du non vu et devient une image à saisir. Ainsi, un tronc coupé sur un trottoir boulevard Raspail est à ce jour l'un de mes cliché préféré : la composition du sujet, son rapprochement d'une surface grise et blanche, la couleur de l'ensemble du tirage, les pièces de monnaie jetées sur les cercles de bois veinés, tout ça fonctionne et nous projette dans un moment unique de vision.

La moisson n'a point lieu chaque semaine. Oui, un coude d'argile peut annoncer quelque chose. Tiens, c'est comme ce hublot creusé dans l'habitacle d'un wagon à Crusne. L'ouverture correspond exactement avec la partie du crâne dégarni de mon ami A. qui, à ma demande, pose juste à côté. Il y a aussi l'image sérigraphiée de cette biche, décollée partiellement d'un mur à la station République. Le grain doux du papier mangé par la pluie procure à la scène un vécu supplémentaire.

De quelle réalité parle-t-on ? Journal des murs, palimpseste des villes. Est-ce refaire le monde ou dévoiler toutes les parties du tablier du monde tantôt agencé tel un tableau de couleurs, couleurs, tantôt mis à sac, morcelé, attaqué par les roueries de la vie, les salves du temps présent, les disciples d'une forme de guerre et de désordre.

Un élément de paysage ou un fragment de corps photographié à deux reprises et au même moment à partir d'un angle de vue semblable annonce la série des Faux jumeaux. Jeu des diptyques telles ces deux pelles rouges photographiées dans le crépuscule d'un soir. "


Extrait de l'image possible, journal de Joël Leick

 



Joël leickPhotos :  (1) NRF n°583, Gallimard, octobre 2007, extrait de "l'image possible", journal de Joël Leick. (2)  Photo Books, 802 photo books from the M.+M. Auer Collection, Editions M.+M., 2007.


informations pratiques :

Vernissage de l'exposition :
mercredi 4 mars à partir de 17h30.

Galerie Cour Carrée
107 rue Quincampoix
 75003 Paris
T33(0)1 48 87 46 36 
33(0)6 11 93 93 20


Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h ou sur RDV


voir aussi : la biobibliographie de Joël Leick
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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 13:44

Robert Rauschenberg



"Je ne fais ni de l'Art pour l'Art, ni de l'Art contre l'Art. Je suis pour l'Art, mais pour l'Art qui n'a rien à voir avec l'Art. L'art a tout à voir avec la vie" R. Rauschenberg


Robert Rauchenberg est décédé le 12 mai 2008 sur l'île Captive en Floride où il vivait et travaillait. Il avait 82 ans.


Dernières expositions en France en France MAMAC de NIce en 2005 (la photo)  et Centre Pompidou Combines en 2006-2007.
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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 10:23


 Stéphane Bonjour



« Ainsi va le (mon) monde... Il faut envisager mon travail comme un arrêt sur image, une pause dans le flux continuel de l'information. Images en boucle non hiérarchisées, vomies par la télévision, les magazines etc. Après un collectage tout aussi confus de ces images ; un arrêt dans l'atelier ; celles-ci s'entrechoquent avec notre propre existence. Ce travail questionne l'étrange collusion entre ce monde hyper violent qui nous percute sans la moindre retenue et la douce banalité de notre quotidien. » Stéphane Bonjour

Sélectionné par la Maatgallery dans le cadre de son prix découverte, Stéphane Bonjour, comme les 10 autres jeunes artistes lauréats se voit attribuer une marraine, Mae Azzopard, avec laquelle il échangera jusqu'à l'exposition collective (actuellement à Maatgallery).


En savoir plus : ICI

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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 05:53

oeuvres récentes

du 7 février au 8 mars 2008

Galerie Arcturus - Paris (6)



 Gabriel Schmitz

"Penser au temps, et à son rôle dans la peinture, m'a conduit à une étrange équation : que se passerait t-il si le temps venait remplacer la peinture dans la troisième dimension? C'est comme si elle se transformait en un autre médium et était employé dans le processus de travail, et comme si les différents flux de temps (le temps implicite situé dans l'image avec laquelle j'ai commencé, la profondeur du temps dont on se souvient, le temps réel que je passe devant la toile) fusionnaient dans l'image finale.


Je crois que tout art tente fondamentalement de libérer des bribes de vie, de temps, mais la peinture est le seul moyen d'expression qui se retire de la sphère du temps au moment précis de son achèvement. On peut passer du temps dans la contemplation d'un tableau, et on doit le faire, mais la peinture elle-même n'est pas soumise au temps, comme un morceau de musique. La peinture est juste là, indépendante de l'écoulement du temps, une présence continue. Pourtant, le temps est, là aussi, fixé, transformé de l'habituelle vision du temps horizontal en vision verticale, offrant une profondeur singulière à la peinture et par là même devient le plus fort argument justifiant son existence."
Gabriel Schmitz, Octobre 2007

informations pratiques :

Galerie Arcturus
65, rue de Seine - 75006 Paris
T : 01 43 25 39 02 – F : 01 43 25 33 89

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