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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 01:05

 

La Feuillée

 

 

Masculin, Féminin.

A l'heure de l'exaltation de la cause des femmes dans les discours labellisés, du souci affiché de protéger leurs droits élémentaires, on ne leur donne la parole qu'à condition qu'elles se taisent et qu'elles sourient. On affiche leur existence médiatique qu'à condition qu'elles montrent deux beaux seins blancs ou qu'elles dévoilent leurs dessous. Vous trouvez que j'exagère, vous ne vous attendiez pas à ce style récriminatoire de ma part. Vous allez m'évoquer une telle et telle autre, et sans doute me faire valoir les pires à mes yeux : les Annette Messager et autres consoeurs, simples alibis ou dérisoires soupapes libératrices des trop fortes pressions.

Mais qui sont les Louise Bourgeois, les Marguerite Duras d'aujourd'hui ? Désignez moi, s'il-vous-plaît, les dames du temps présent qui font oeuvre et que l'on traite autrement qu'en femmes dignes d'appartenir à la section "elles" du zoo humain. Nos mères avaient rêvé pour nous que l'on puisse dire : " homme ou femme , on s'en fout ! ". Ce qui importait à leurs yeux, c'était la complémentarité des genres et un projet comme dénominateur commun. Au lieu de quoi emballé dans une interminable phrase politiquement correcte, on déguste chaque jour le résidu du plus grand leurre hérité du XXe siècle, "l'égalité homme, femme".

Merci madame Bourgeois d'avoir eu le courage de l'exil, pour trouver outre-Atlantique le soutien de féministes guerrières qui vous ont portée victorieuse jusqu'au MOMA en 1982. Cette reconnaissance américaine que vous avez attendue 20 ans tout de même, vous a permis d'offrir à la France reconnaissante une oeuvre contre-nature et à contre courant. Ainsi grâce à vous, on le sait, il y a toujours un autre possible à ce qui nous arrive.

Catherine Plassart

 

Photos : (1) , (2) ,(3) , (4) Louise Bourgeois

 

 

En guise de dessert : Sympatic de Pink Martini

 

 

 

 

voir aussi : La Feuillée du 4 juin 2010

 

Catherine Plassart 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

Les éditos de La Feuillée

 

 

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 17:44

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Un concret inépuisable.

"Tous les géomètres seraient donc fins s'ils avaient la vue bonne, car ils ne raisonnent pas faux sur les principes qu'ils connaissent; et les esprits fins seraient géomètres s'ils pouvaient plier leur vue vers les principes inaccoutumés de géométrie." Pascal Pensée B.1

 

On peut dresser la liste de ce que l'art concret n’est pas, mais comme il est compliqué de saisir son essence ! L'art construit fait appel à l'esprit de géométrie dont seul un petit nombre d'entre nous possède les principes palpables mais éloignés de l'expérience ordinaire. Pascal dans Différence entre l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse nous précise que "dans l'esprit de finesse, les principes sont dans l'usage commun et devant les yeux de tout le monde". Or ces principes là sont si nombreux qu'il est difficile de ne pas en laisser échapper un seul et alors on est dans l'erreur. Pour penser juste, il faut poursuit-il "voir d'un seul regard". Ainsi Il semble que les artistes de l'art concret nous donnent la mesure d'un esprit qui réunit par grâce l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse.

 

Dans l'art concret, l’espace, la lumière, le mouvement sollicitent notre perception pour valoriser les rapports d'équilibre et d'harmonie entre des entités abstraites ou symboliques. A l'instar de la musique, il cherche accords, fréquences et justesse. Dans un vocabulaire de formes élémentaires déclinées à l'infini et de couleurs employées dans la multitude de leurs subtiles nuances, il nous éloigne de la nature pour nous conduire vers un monde en construction. L'exposition de la ville de Sens présente les dernières créations d’une cinquantaine d’artistes, peintres et sculpteurs de treize nationalités différentes, qui font tous partie de cet important mouvement géométrique né au début du 20e siècle. Leurs oeuvres à l'unisson nous démontrent que l'art concret est inépuisable. A travers des matières et des techniques différentes, elles offrent un panorama fécond de l' art concret aujourd'hui.

 

Catherine Plassart

 

Exposition Couleur et Géométrie. Musées et Bibliothèque municipale de la ville de Sens jusqu'au 13 juin.

Photos :  (1) Gilbert Decock, (2) Maria Arvelaiz-Gordon, (3) Charles Bezie, (4) Jan Berdyszak

 

voir aussi : La Feuillée du 14 mai 2010

 

 

Catherine Plassart 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 10:27

 

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Les charmes du singulier.

On est heureux de rencontrer accrochés côte à côte dans une même exposition Zoran Music, Paul Rebeyrolle, Robert Combas, Vladimir Velickovic et des artistes inspirés par l'art brut et l'art singulier comme Gaston Chaissac, Anselme Bois-Vives, Louis Pons ou encore Fred Deux. Les frontières entre les genres s'effritent sous les coups de boutoir de leurs audaces primitives ou raffinées. Familiers du paradoxal et du subjectif, tenus à une liberté obligée, ils empruntent les multiples passages de l'intime à l'universel. Leurs langages oscillent entre maîtrise et excès et ne réclament qu'une seule chose, que "l'oeil existe à l'état sauvage" (A. Breton).

L'exposition "L'oeil à l'état sauvage - Les délirants de la création" réalisée conjointement par la Halle Saint-Pierre et L'Abbaye d'Auterive à la Crypte Sainte-Eugénie à Biarritz est ainsi un pied de nez à l'art institutionnel néo-progressiste, un désaveu de l'autorité du discours à tout prix dans l'art. La soixantaine d'oeuvres présentées se livre au regard de l'amateur, insouciante des jugements esthétiques convenus, des évaluations limitées à la "tendance". Elles affirment leur existence sans emphase mais avec la puissance que procurent les visions qui engagent, qu'elles soient douloureuses ou joyeuses.

Catherine Plassart

 

Exposition "L'Oeil à l'état sauvage - Les délirants de la création" Crypte Sainte-Eugénie Biarritz du 10 avril au 20 juin 2010

 

photos : (1) Paul Rebeyrolle, (2) Gaston Chaissac, (3) Louis Pons, (4) Robert Combas

 

voir aussi : La Feuillée du 29 avril 2010

 

 

Catherine Plassart 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 10:21

 

 

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L'art, l'identité, l'histoire.

Le langage de l'art est universel et le sens jaillit de quantité de créations. On y voit des objets du présent. On y trouve des sentiments. On y devine des traces du passé. Par bonheur, les trésors des “classiques” ou des cultures archaïques ne sont jamais tout à fait oubliés. Ils transparaissent dans ces tournures du nouveau qui prolongent la mémoire et devancent les yeux. Heureux moment, qui voit la pensée se nourrir de l'image.

Alors que nous sommes chevillés en un point du globe, l'art nous fait parcourir le temps. La mobilité du regard et celle de la pensée suppléent celle du corps. Par chance de nombreuses expositions parcourent les chemins de la terre. Parfois on est attentif à l'origine des auteurs des oeuvres, surtout si didactiquement elle nous est précisée. Souvent dans un élan on l'oublie, faisant notre, ce qui vient d'ailleurs. Dans le champ rétréci de notre perception, les images fondamentales et évasives reviennent, se répètent, s'installent.

Car images et objets décrivent merveilleusement les états essentiels. Ainsi l’identité des personnes, aussi difficile à penser qu’à dire peut-elle s'illustrer dans une palette, un vocabulaire plastique. Cette combinaison étonnante du passé, du présent, du singulier et de l'universel dans les oeuvres est une piste pour une définition de soi, identique dans la durée, mobile dans l'espace et en lien avec les autres.

Catherine Plassart

 

 

 

photos : (1) Simon Hantaï Hongrie, (2) Sundaribai Inde , (3) ITO Yoshihiko Japon

 

 

voir aussi : La Feuillée du 15 avril 2010 

 

 

Catherine Plassart 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 09:41

 

  La Feuillée 2010

 

 

L'actualité de la pensée utopique.

L'architecte Yona Friedman prône la mobilité de la pensée et propose des pistes architecturales. Récusant l'impérialisme des modèles et le dictat des normes établies, il défend l'art architectural par analogie avec l'art culinaire et en fait aussi bien l'affaire des "non-professionnels". Recyclage des matériaux pauvres, gestion de l'imprévu, il réunit la nature et l'homme dans un même geste.

 

Dans les images de Pancho Quilici, le minéral, le végétal, les objets de la technique se fondent dans un même langage architectural nourri. Le temps, l'espace,  l'énergie et la matière se condensent dans la représentation d'un  lieu, d'une terre promise. Hervé Coqueret quant à lui envisage une maison, "Ma maison même". Éminemment séduisante quand elle est fictive, il tente sa réalisation dans le champ du possible.

 

C'est peut-être dans l'architecture que la pensée utopique s'exprime le mieux. Mais elle consiste moins à faire appel à l'imaginaire pour formaliser un lieu de rêve qu'à viser une manière de conciliation entre des entités éloignées. Ainsi quand nous cherchons à répondre aux questions " - Quel espace de vie voulons nous ?" ou "- Que faisons-nous de l'espace que l'on nous octroie ?" la réponse se trouve non pas dans l'échappée belle d'une idéalité rêvée mais dans les modes alternatifs de résolution des oppositions fondamentales.

Catherine Plassart

 

 

photos : (1) Hervé Coqueret, (2) Yona Friedman, (3) Pancho Quilici

 

 

voir aussi : La Feuillée du 1er avril 2010

 

 

 

Catherine Plassart 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 09:38

 

  La Feuillée 2010

 

 

Le surréalisme insulte les imbéciles.

Le surréalisme émerge tout droit de la psychanalyse freudienne. L'inconscient parle en découpes et collages avec ses propres mots, ses propres images. Les oeuvres surréalistes ont pour sujet l'inconscient lui même. C'est leur esthétique. A la parole normale, elles substituent la parole véritable. A "l'Être parlant", elles préfèrent "l'Être parlé" (Lacan). Car le plus important dans un écrit, une image n'est jamais ce qui est délibérément énoncé, montré, mais ce qui manque et s'inscrit dans une vacance, "l'ombilic du rêve" (Freud).

 

Ignorance de la logique apparente et sincérité totale, l'écriture automatique favorise le jaillissement de la poésie. Pertubation de l'échelle, distorsions du sujet, la représentation en photographie ou en peinture est souvent ambiguë. La subversion des images tient à un jeu de cache-cache avec la réalité, à des mises en scènes "absurdes" ou burlesques.

 

Les surréalistes affichent le plus grand mépris pour les préjugés. Ils exigent du monde qu'il change. La violence qu'ils exercent consiste à malmener le réel, à lui appliquer toutes sortes de forces de transformation. Les artistes ne font aucune concession au goût du public, ils ne cherchent ni à plaire ni à déplaire. Ils se moquent du succès. "En cela ils sont contre la commercialisation de l'esprit" déclarait .Benjamin Péret qui ajoutait : "Nous insultons les imbéciles". Les grands cris et les éclats de ces enfants terribles tournoient dans un espace planétaire désormais vidé de toute utopie. Plusieurs expositions leur sont consacrées qui donnent à penser ce que pourrait être un bon bol d'air dans nos sociétés clientélistes confinées dans la peur et le conservatisme.

Catherine Plassart

 

 

(1) Hans Bellmer, (2) Arshyle Gorky, (3) Dora Maar , (4) Frida Khalo

 

 

voir aussi :La Feuillée du 19 mars 2010

 

 

Catherine Plassart 

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 09:33

 

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Lorsque la peinture tient à un fil.

Michael Raedecker brode. Pourtant ses tableaux sont sans ambiguïté aucune, des oeuvres peintes. Non pas parce que la peinture dans des camaïeux de gris sourd procure un fond aux dessins que les fils brodés esquissent. Mais plutôt parce que l'artiste se souvenant qu'une toile est d'abord un ensemble de fils tissés serrés, use de ceux-ci comme de traits dont la qualité tactile dialogue avec le support.

Ghada Amer est une femme peintre qui coud aussi. Elle peint des images extraites de magazines pornographiques dont elle complique la lecture en brodant sur la toile. Les fils en grand nombre cachent et brouillent les dessins de femmes. La toison des fils sert ici davantage à voiler les fantasmes féminins mis en scène par l'artiste qu'à les révéler. C'est un jeu visuel artistique qu'elle propose. Il consiste pour l'oeil innocent à démêler les formes.

Depuis les années 80, les femmes ont pris la liberté de tout faire : photo, vidéo, performance, installation, peinture, sculpture... et les hommes s'octroient le plaisir de coudre. Michael Raedecker et Ghada Amer sont nés tous deux en 1963, le premier en Hollande, la seconde en Égypte. L'un emploie le fil pour révéler, il brode. L'autre l'utilise pour dissimuler, elle montre les coutures, présente l'envers de l'ouvrage. Dans les deux cas et de manière singulière et troublante, leurs oeuvres appartiennent d'abord au domaine de la peinture.

Catherine Plassart

 

 

(1) Ghada Amer, (2) Hessie, (3) Michael Raedecker

 

 

voir aussi : La Feuillée du mars 2010

 

Catherine Plassart 

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 09:26

 

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L'Abstraction photographique.

 

La reproductibilité condamnait la photographie à ne pas être de l'art. Les clichés devaient connaître l'épuisement et l'usure de la répétition à l'infini. Au lieu de quoi, de nombreuses images nous accompagnent depuis des décennies et sont devenues des icônes chargées de poésie.

 

La photographie fixe ce qui n'a existé qu'un instant et ne se réiterera pas. Elle invente un moment et c'est pourquoi quel que soit son sujet, elle est à comprendre définitivement comme une image mentale. Qu'elle informe, représente, surprenne, signifie, donne à voir, dans le grand silence qu'elle installe, elle nous rend chère l'évocation de l'objet connu ou familier et simultanément précieuse la parcelle de lumière qui ouvre la voie de l'imaginaire.

 

Et l'immobilité qu'elle impose, force l'évidence. Elle contient toujours plus que le morceau de réalité qu'elle subvertit. Elle conjugue la subjectivité de l'auteur et celle de celui qui regarde. La photographie est pensive. La photographie est une abstraction.

Catherine Plassart

 

 

 

photos : (1) Eliott Erwitt, (2) Brassaï, (3) Man Ray


voir aussi : La Feuillée du 18 février 2010



Catherine Plassart 

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 08:54
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Vanités contemporaines.

Irréparablement creux, le crâne est la représentation en peinture de la vanité en référence à la parole de l'Ecclésiaste « Vanité des vanités, tout est vanité ». Mais cette annonce qui agite comme une menace un au-delà effrayant pour inciter à une attitude méditative et à un engagement moral valait seulement à d'autres époques. Aujourd'hui le motif de la vanité dans les oeuvres des artistes révèle d'abord une absence, un manque, un vide, en relation avec l'écroulement du sentiment d'exister.

La mort est à la fois une évidence et un non-sens. Sa grande faux mortifère attend son heure inconnaissable et imprévisible. Elle n'est plus pour la modernité ni régénération ni rédemption, elle est tragique et absurde, impossible à conjurer. La "vraie mort" qui prouvait l'unité de toutes les composantes de la vie a sombré derrière la ligne de flottaison d'un espace historique antérieur. D'où la violence des oeuvres contemporaines qui perpétuent l'utilisation d'un motif, la vanité, privée de sa signification première mais nourrie des représentations du monde de l'invisible.

Or précisément le peintre qui ne vit que par le regard de l'autre se perçoit de moins en moins visible. Il soupçonne la peinture elle-même d'être vanité et de révéler la vacuité de toute action humaine dans la masse inerte du monde. Ainsi, il choisit l'explosion et le surgissement du sortilège embusqué dans la mémoire, de préférence à un lent glissement vers la disparition et l'oubli. Il fuit le repli sur soi, récuse la déréliction. Les têtes de mort participent à une danse macabre renouvelée ; elles ne cèdent pas à la tentation d'un sommeil immobile et funèbre. Sublimes ou comiques, isolées ou en sarabande elles intègrent le lieu de l'expérience, traduisent la vie, et réaniment dans le théâtre des ombres le jeu d'exister.

Catherine Plassart



Fabrice Rebeyrolle Le saisissement et la fureur. Une chronique de Philippe André. " L'homme est périssable, comme individu et comme genre. Nous ne le savons que trop, mais faisons mine, la plupart du temps, de l'oublier..."

"C'est la vie - Vanités de Caravage à Damien Hirst" , exposition de 160 peintures, sculptures, photographies, vidéos, bijoux, objets sur le thème des vanités du 03/02 au 28/06 au Musée Maillol à Paris



photos : (1) Fabrice Rebeyrolle, (2) Damien Hirst ,(3) Andy Warhol



voir aussi : La Feuillée du 4 février 2010



Catherine Plassart 

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 09:47

Catherine Plassart



De toutes autres figures.

Début 2010, les grandes expositions parisiennes font une place importante à la peinture, à la figure et avec elle à un nouvel humanisme. Ouvrons le panorama par l'annonce de deux rétrospectives, en rapprochant le réalisme social de Charley Toorop et celui acéré de Lucian Freud. L'un et l'autre peintres comptent une grande quantité de portraits dans leurs oeuvres respectives. La première grande exposition en France de la peintre néerlandaise se déroulera au Musée d'art Moderne de la ville de Paris du 19 février au 9 mai 2010 alors que la rétrospective du peintre britannique est accueillie par le Centre Pompidou à partir du 10 mars prochain.

Les représentations du crime ou de la peine capitale sont à l’origine d’oeuvres saisissantes chez les plus grands peintres : Goya, Géricault, Picasso ou encore Magritte. L’exposition "Crime et châtiment, de Goya à Picasso" dont le commissaire est l'exigeant Jean Clair, investira le thème criminel au Musée d'Orsay du 15 mars au 27 juin.

Toujours de la peinture puisque nous sommes à la Pinacothèque pour " Edward Munch ou l’anti-cri" du 19 février au 18 juillet. L’exposition regroupera une centaine d’œuvres issues de collections privées. Elle présentera le travail de Munch de manière chronologique et élargira la connaissance de l'oeuvre au-delà de l'unique et célèbre "Cri".

Complétons cet ensemble de propositions, avec le peintre de paysage William Turner. Il quitte la Tate Britain à Londres et arrive au Grand Palais le 24 février. Mais il ne vient pas seul. Il est accompagné par les aînés qu'il admirait : Canaletto, Le Lorrain, Cuyp , Poussin, Rembrandt, Rubens, Ruisdael et Van de Velde ainsi que ses contemporains Constable, Bonington avec lesquels il rivalisait ouvertement.

Quelques très belles expositions de photographies sont aussi attendues, notamment "Le Théâtre royal de Turin" de l'intemporelle Sarah Moon à la Maison Européenne de la Photographie du 3 février au 7 mars et " Paris des rêves" du reporter amoureux Izis, à l'Hôtel de Ville de Paris du 20 janvier au 29 mai.

Enfin en ce moment pour Monumenta 2010, "Personnes" de Christian Boltanski, crée un tableau éphémère inscrivant le projet de l'artiste dans l'histoire de l'art. Ses installations qu'animent les grandes questions sur la vie, la mémoire, le hasard de la destinée, la singularité irréductible de chaque existence occupent le Grand Palais jusqu'au 21 février.

Catherine Plassart


photos : (1) Christian Boltanski,(2) Lucian Freud,(3) Paul Cézanne,(4) Charley Toorop



voir aussi : La Feuillée du 19 janvier 2010





Catherine Plassart 

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