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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 12:13

 

Robert Cray

 

Rentrer chez soi avec Robert Cray

 

Devant la douce lumière de la scène on était plus proche  qu'aucun autre de Robert Cray, semblable à lui-même, pas du tout anonyme ni exilé, emporté par le train du blues vers le but suprême; il jouait avec sa famille :Jimmie Vaughan, Hubert Sumlin "Killing floor" "live".

Il avait réglé sa guitare comme un homme reçoit la grâce. La sonorité chaude et tendre de l'instrument identifiait l'histoire , le caractère du blues.

Je ne savais plus rien. Etait-ce un de ces instants que personne au monde ne peut énoncer ? Robert Cray avait introduit l'amour avec innocence et simplicité dans la seconde. La vraie vie était présente.

Il suffisait donc d'être là et de s'émerveiller en découvrant le bonheur du jeu transparent et métallique d'une guitare sautillante et transfigurante.

Robert Cray bouge une montagne et efface l'ordinaire de la vie. Je me surprenais à sentir l'exaltation qui traverse le jour de fête et illumine le temps gris.

PG

 

Écouter You Tube : Robert Cray Band - Back Home

 

 

Pierre Givodan

Chroniques musicales 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:57

Jimmie Vaughan

 

 

Jimmie Vaughan nous apprend bien des choses.

 

Avec Jimmie Vaughan , guitariste et chanteur, il y a une certitude qui a toujours existé ( elle n'est pas nécessairement liée à un miracle) : celle de l'exercice profitable de la flamme qu'il partagea avec son défunt frère Stevie . La flamme considérée depuis des décennies comme une façon d'entretenir le goût du monde .

 Quoiqu'il soit difficile d'évaluer parfois chez les bluesmen la part du geste dans la Renaissance , on voit ici le pouvoir de la santé spirituelle de Jimmie guider sa façon de jouer, toujours au premier plan et jamais excessif ni graisseux.

Sport de la guitare, profondeur du chant centré sur un objet repérable : le muscle de la voix, la transformation du corps en une machine souple...

S'impose l'idée, jamais banale ni dérisoire, d'une innovation dans la pratique du terrain , du lieu original du blues.

Quand Jimmie fait sa musique il est dans la physique du son , totalement investi, sans distance, évident, géométrique même à genou. Individu différent et très particulier . "Système" qui touche le mythe, la liturgie, la religion de l'art sans miette.

PG

 

Ecouter You Tube ( Everybody's Got) Sweet Soul Vibe.

 

Pierre Givodan

Chroniques musicales 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 11:25

 

Yves Hasselmann

 

Conspiration Blues

Une marche en musique, comme pour la première fois. Une voix de piano blues, un son de saxophone ou de flûte, comme un bambou qui rapplique sans avertir quiconque. Contourner le vent, repérer l'empreinte des lieux, aller voir les témoins étonnants surpris à scruter la couleur du sable.

- Alors des blessures ?

- Rien de très grave.

- A première vue... 

- Regarde la couleur du delta.

Le saxophone se rapproche et débite des constations  rondes. S'avancer vers des espaces libérés des fatalités. la prière de l'homme du soir n'est jamais vaine. L'identité suspecte, le pianiste salue la défaîte des règles muselées. Le solo magnifique a touché l'horizon.

P. G.

 

 

discographie :

Yves Hasselmann. "Hors de ma torpeur" composition, piano, enregistrement Y Hasselmann 2004

Hasselmann , Querlier. "Le désir du désert" composition Querlier, Hasselmann, saxophone alto, soprano et flûte Jean Querlier, piano numérique Yves Hasselmann  2006

 

vidéos You Tube :

 La valse pour Cécile, une pièce ancienne lien You Tube 
Voici La Nuit Tombée (Yves Hasseman clavier et sax) extrait album lien You Tube
Un concert- performance ( Yves Hasselmann, claviers, peinture. Etienne Demange, percussions. ) 8 juin 2006 à Ornans DVD 2011 lien You Tube
Family Atelier, une famille de peintures d'Yves Hasselmann réunies dans l'atelier lien youtube
Le petit Nicolas (j'en ai marre) - MENTENTU une farce musicale, Yves hasselmann, Etienne Demange 2010 lien You Tube

 

Yves Hasselmann

 

photos : (1) Autoportrait 65 x 100 cm 2010, (2) Rues du sud 1, acrylique sur toile 90 x 90 cm 2008

 

voir aussi : la vitrine d'Yves hasselmann dans Art Point France


 

Pierre Givodan

Chroniques musicales   

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 13:57

 

clarence.jpg

 

Clarence : valeur éthique de base.

 

Considérons Clarence Gatemouth Brown comme le meilleur entregent pour économiser son temps afin de franchir la Terre du Blues. 

Il est consultant spécial à la direction du projet Promesse et Avenir. Depuis des années il propose une thérapie de choc aux crises existentielles dans le monde entier. 

Conseiller au développement du swing pour diverses institutions internationales il est le seul chanteur guitariste harmoniciste  et violoniste à avoir figuré au classement des bluesmen les plus influents de la planète.

Né en 1924 et décédé en 2005, il a grandi à Orange (Texas).

Sa voix conserve le fil de générations revenues de tout. Estimé pour ses batailles créatrices il a toujours parié sur l'explosion de la connaissance pour prendre le relais de l'épicerie musicale.

Ses compétences exacerbées et rigoureuses en ont fait le grand prix dans le rôle de la motivation artistique. 

Il a été aussi baptisé par divers artistes (dont Albert Collins) "le donneur des idées".

PG

Ecouter aussi You Tube Same Old Blues-Clarence Gatemouth Brown

 

Pierre Givodan

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 05:41

 

Freddie KingFreddie King. Un maître à servir.

 

Voyant le public, Freddie King monta sur un piano et ouvrit sa bouche pour enseigner ce qu'est le blues à tous les "coeurs brisés", car ils avaient besoin d'être consolés.
Heureux ceux qui étaient là, ils entendirent ce qui n'avait jamais été chanté. Tous les trésors musicaux entrèrent dans leurs oreilles et allèrent droit au coeur.
Freddie King n'avait qu'un maître à servir : le Blues. Il cherchait et trouvait car son art était fondé sur le roc. Bien du temps est passé, bien de l'eau a coulé et sa réputation n'a cessé de grandir. Mais pourquoi?
On peut dire que Freddie King (1934-1976) parlait toutes les langues de la guitare, soliste angélique au son d'airain  qui résonnait jusqu'au ciel . Il avait aussi une voix prophétique, la science des mystères à transporter les montagnes. Un corps énorme, une bonté sans insolence, jamais orgueilleux. Un homme réjouissant, modèle d'Eric Clapton qui joua une fois avec lui . Il semblait un grand enfant, mais il était le miroir de la foi dans l'espérance en les pouvoirs de la guitare charitable.
P.G.


Ecouter Ultimate collection Freddie King 2001 Universal Music Entreprises
Et aussi You Tube-Freddie King Ain't nobody's Business

 

Pierre Givodan

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 10:30

  

 

 

gary_moore.jpg

 

 

Gary Moore marche au loin.

Tous ses solos de guitare imprimaient à notre connaissance du monde un caractère fondamental, différent de tout ce que l'on avait entendu jusque là. Les concordances de sons que nous enregistrions dans le domaine du blues, du rock, quand au sens, au nombre, à la rigueur dans la précision bien loin devant les rapports traditionnels à l'histoire de cette pulsation vitale (propre au mouvement de l'âme et du corps dansant) avaient quelque chose d'astral.

Gary Moore, plus haut que la planète, que les étoiles, parvenait hier encore à nos oreilles soumises à la loi de la gravitation, sans calcul et longtemps à l'avance cependant.

Aucune science de la musique (comme de l'art en général) ne pourra jamais expliquer de pareilles satisfactions. La varieté infinie, le caractère singulier de son action sur les autres hommes étaient liés à la complexité de cet Irlandais de 58 ans  touché jadis par la note bleue.

Au delà des difficultés où l'on se trouve aujourd'hui pour compenser un manque, pour dire le dedans de notre propre surprise d'apprendre sa disparition, contemplons ensemble le mystère, ce jeu des causalités mobiles qu'à su si bien traduire dans ses phrasés et avec sa bouche, son chant, l'esprit aujourd'hui enfui de Gary Moore.

Le chanteur et guitariste est mort d'une crise cardiaque en Espagne dimanche 6 février 2011. Il travaillait à un nouvel album...

PG

Ecouter You Tube GARY MOORE-THE SKY IS CRYING

 


Pierre Givodan

Chroniques musicales  

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 07:48

 

Joachim Kuhn

 

L'étrange destin de Joachim Kuhn

 

L'imagination de Joachim Kuhn est-elle illimitée?
Comme s'il avait une expérience personnelle du désert J. Kuhn s'en représente aussi la réalité. Poète du piano puis du saxophone improvisés qui a su se mettre très tôt dans la peau des sonorités jazz, il a pu donner forme à un univers de la pure altérité. Jamais moyen, toujours fin et inspiré, cet allemand né en 1944 à Leipzig joue délicatement et avec complexité. Jamais enfermé non plus dans son monde, vigoureux, constant et bienveillant, il inspire la sympathie et implique ses auditeurs.


Comme s'il avait renoncé à sa patrie pour toute la vie Joachim Kuhn comprend l'inconnu. Emigrant des sons il a su trouver des connivences actives en plongeant sans effroi dans le monde entier. Il persiste depuis des décennies à créer la panique face à toutes les mises au pas des gens méfiants.
Véritablement menaçant face à l'ordre sonore il pose la question suivante : quel est le sens du partage du rythme et des sons, de leurs objectifs communs et aspirations universelles ?
Il ne s'adresse qu'à des amis.
PG


écouter entre autres "Joachim Kuhn out of the desert" (You Tube).

 

 

Pierre Givodan

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 10:25

Jeff Healey

Jeff Healey : jamais vaincu.

 

C'était une romance anglaise de Georges Harrison, où il était question d'un amour endormi, de regards oublieux et de guitares "pleurant". L'homme assis, aveugle, chantait d'une voix vibrante. Trois minutes après il mordait en interprétant "Yer blues" : la guitare coupante, la mélodie, mesuraient la force du battement de son coeur qui exhalait une plainte amoureuse avec des sons métalliques. De partout on voyait s'incliner la courant qui passait. Il me regardait au loin, l'oeil vague. Puis quand il eut fini d'interpréter "I think I love you too much" il remua de sa chaise et se mit à bondir en tenant sa guitare de côté. Je m'approchai humblement de lui après le concert nocturne :
- Vous avez appris à jouer à l'école ?
Il remua ses yeux :
- Crois-tu que la jeunesse apprend ça en classe ?
C'était un homme blond sans patriarche à honorer, un Canadien prodigieux qui ne se retournait que devant l'ombre de Jimi Hendrix peut-être.
- Eh bien ! dit-il en soupirant, ce soir ce fut comme une émeute intérieure encore !
- Oui, lui répondis-je, et la société secrète des hommes sans compromis a aussi épouvanté le bourgeois !
- Vous croyez encore à ça, vous ?
Il haussa les épaules et s'enfonça dans un couloir.
 
PG

 


Jeff Healey, auteur compositeur et interprète aveugle est mort en 2008 à l'âge de 41 ans.
Ecouter "See the light" live (You tube) entre autres

 

 

Pierre Givodan

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 08:35

 

JB Lenoir

 

JB Lenoir : Le signe de la résistance.

Ne vous demandez pas : " Comment fait-il pour vivre heureux ? ". J B Lenoir a vécu pour la paix ("Vietnam Blues"). Pas très prudent cependant, il a payé sa dette à la destruction de pas mal de préjugés : une mort suspecte après un accident de voiture si l'on se souvient bien. Les guerres, c'est ce qu'il n'a jamais compris. Il s'est irrité contre le mal. Il a signé pour une certaine idée de l'homme. Et puis son pouvoir royal de jouer le blues. Il s'agit pourtant d'en parler. Cette passion a fait une société d'amis lointains (on songe à Nick Cave interprétant dans le film de Wim Wenders  qui lui est en partie dédié le titre détendu "I feel so good".


Enfin ce que je perçois dans ce monde du blues, c'est cette référence muette à l'engagement non pas pour le lendemain, mais pour l'aujourd'hui ("Alabama blues"). Cette mobilité qu'exprime l'art de JB Lenoir, c'est la puissance, la force d'esprit de l'homme en action contre le désespoir, jamais séparé des autres, mais secrètement recueilli pour ce qui, au-delà de la musique est la représentation du changement. Un roulement de tambour et le tour est joué. Contre les anciens mimes de l'autorité  Lenoir nous fait sentir le remuement des foules. L'anti-repos par le mouvement du corps. Puissance aussi de l'acteur, jamais compris. Jeu subtil de guitare et occupation de la scène sans tumulte, grâce à une voix qui efface les contraires. JB Lenoir, ou le saut perpétuel de l'hommage à l'invention du plaisir. La peinture de la danse de l'esprit aussi. Un précepteur de l'éducation sans modèle impérieux  qui choisit le moment pour expliquer le mieux par la musique sa volonté.


PG

Voir ou revoir  le fim de Wim Wenders "The soul of a man" (2003). Et écouter entre autres "I feel so good" JB Lenoir... et la version de Nick Cave dans le film ci-dessus nommé (you tube)

 

 

Pierre Givodan

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 17:59

 

Luther Allison

 

Luther Allison supporte la lumière.
 
La force du travail de Luther Allison (1939/1997), sa valeur, puise dans la détermination à faire voler en éclat la vie sur le déclin, l'entretien et la reproduction de la facilité limitée à l'énergie agissante pour le voisin. Il a tracé sa route loin des contingences qui invitent à se réfugier dans l'asile du chez soi. Il frappe d'étonnement les sourds d'oreille. Le jour d'avant tout était calme, on se questionnait sur la cause des causes, la volonté absolue de tout dire enfin. Et puis il a commencé à s'agiter. Il a répondu "Low Down and dirty" et la tempête a fait basculer la mer. Et les foules l'ont adoré. Et les dieux, la Nature l'on sauvegardé.


Pourquoi me répondrez-vous? Parce qu'il n'y a pas tant que ça d'hommes qui parlent "les langues de tous les hommes et même des anges" pour plagier l'Evangile. Ce chanteur et guitariste écrit la vérité de sa foi dans le blues bien plus haut que la raison. Il préfère l'excellence à la vulgarité qui fait autorité désormais jusque dans les banlieues. Créé supérieur aux autres animaux, Luther supporte la lumière et dit "croyez dans la vie et vous comprendrez".


PG


DVD "Live in Paradise" Ruf Records 2001.
Ecouter  par exemple aussi you tube " Luther Allison- I wanna know".

 

 

Pierre Givodan  

Chroniques musicales

 

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