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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 07:21

jusqu'au  8 juin 2008


Petit Palais - Paris

 Francesco Goya





Le paradoxe de Goya graveur est que plus il se contient moins il se  trahit. Moins il en rajoute et plus il s'exprime.Comme si le graveur  prenait le relais du peintre.Les difficultés de la peinture étant  compensées par le maintient, le rassemblement, véritable tour de  force, quand on songe à ses reprises de Vélasquez et à ses clins  d'oeil à Rembrandt. Mais il réussit sans donner le sentiment de  l'effort, comme sans y penser. Et l'on aime. C'est répétons-le  l'accomplissement de la maîtrise compatible avec le minimum de moyens.


Mais il y a plus. Comme une volonté passionnée de faire vivre  l'Espagne et les siens, de leur porter secours.De ne jamais les perdre  de vue ni les abandonner, de se dévouer corps et âme à leurs bonheurs  et à leurs malheurs, depuis les jeunes filles légères et gaies  jusqu'aux mères terrassées par la douleur des "Désastres de la  guerre". Un désir fou, en toutes circonstances de retenir l'existence.

 Francesco Goya




Aimer ou mourir.Telle semble être la question que pose Goya dans cette  production en noir et blanc. Aimer en renonçant à haïr ou mourir,  comme celui qui accepte de n'être rien : "Le Garroté" par exemple en  est la métaphore. Quant à la douceur ineffable d'aimer , elle est  rendue dans la contradiction vivante des "Caprices" notamment. C'est que Goya était insoluble dans la rationalité. En bon Espagnol  celui-ci se débat entre Les Lumières venues de France et d'Europe et  la fatalité d'un destin qui pèse sur les hommes du Sud. Le sentiment  tragique de la vie n'a pas attendu Unamuno pour éclore sur cette terre  des possibilités impossibles et des évasions intérieures.

Sensible à  l'immoralité du monde et à sa finitude, disposant de la ruse de l'art  et de l'ambiguîté du beau, Goya fonce tête baissée sur l'irrationnel  qu'il tente, vainement  de neutraliser ici.


Sublimation de l'art qui cherche une réponse à la question du Tout et  du Rien en tâtonnant dans l'indicible. Enfin le second point se place à la hauteur des solutions  vertigineuses et infinies. Non plus Tout et Rien mais mais l'un dans  l'autre, indiscernables, indifférents ou qui reviennent au même.

Plus  d'optimisme ni de pessimisme mais un héroïsme de l'extrême, à  mi-chemin de la vie et de la mort, ce qui lui permet de dépasser  définitivement la médiocrité dans les "Tauromachies" ou les  "Disparates" entre autres.
 

Goya graveur se révèle donc définitivement inadapté à la moyenne et  aux compromis impurs dans un monde de relative médiocrité. Bien loin  des jouîssances égoîstes son art est comparable à un devoir cruel, car  tôt ou tard la mort mettra à nu la vie, l'amour et le rêve de  l'artiste est de faire reculer l'instant fatal.


Il était donc important ici à Goya de rappeler ces évidences oubliées  de beaucoup, hier comme aujourd'hui : que vaut la vie sans une raison  vitale d'exister ? Et inversement qu'en est-il du mystère du destin ? Ou mieux : la folie de l'amour nous donnera-t-elle la force  d'outrepasser le néant ?


PG  contact@pierregivodan.com



exposition "Goya graveur" au Petit Palais à Paris, jusqu'au 8 juin 2008.


lire aussi : "Les caprices d'hier et d'aujourd'hui" dans La Feuillée du 06/03/2008


Informations pratiques :

Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris :
Avenue Winston Churchill – Paris (8e)

Renseignements au 01 53 43 40 00

Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 20h pour les expositions temporaires.
Sauf les lundis et jours férié

voir aussi : www.petitpalais.paris.fr

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 12:25

"Entre impressionnisme et expressionnisme"

jusqu'au  22 juin 2008

Musée d'Orsay - Pari

 

 

 Lovis Corinth
               Lovis Corinth



Mal connue en France, l'oeuvre de  Lovis Corinth fait l'objet d'une grande exposition au Musée d'Orsay.  "Entre impressionnisme et expressionnisme", nous annonce-t-on. Certes, le peintre (1858-1925) est de son époque  mais finalement  assez inclassable pour l'amateur de peinture qui le comprend avant tout comme un peintre de la chair et du sang, un peintre  qui fait surgir de la peinture elle-même des corps  tordus, douloureux parfois mais autant  des corps gais et lumineux. L'artiste, bon vivant est du côté du monde, de ses plaisirs. Humour,  truculence, irrévérence bousculent les sujets attendus. Corinth connaît aussi la passion et la douleur dont une partie de son oeuvre témoigne. Rien de contris, ni de chétif pourtant. Son "Samson aveuglé" (forme d'autoportrait) dans son cadrage rapproché très moderne révèle sans doute sa déchéance mais surtout une force susceptible de révolte, de transformation,  de métamorphose.

 

 Anselm Kiefer



Parallèlement à la peinture, le dessin, la gravure, le livre illustré ont joué un rôle important pour cet artiste allemand à qui Kiefer un autre allemand  rend un hommage dans le cadre de l'exposition. Pas de correspondances d'une oeuvre à l'autre, l'une bat le tambour quand  l'autre chuchote. "Autoportrait au squelette" de Kiefer est davantage un mausolée, une dédicace, un contrepoint à l'oeuvre d'un autre artiste  terriblement turbulent et  remarquablement vivant.


C.P.


Informations pratiques :

9h30-18h
21h45 le jeudi
fermé le lundi

photos :
Anselm Kiefer
Pour Lovis Corinth. Autoportrait au squelette
2007 Triptyque H. 282 ; L. 576 cm
Courtesy Anselm Kiefer
© Patrice Schmidt, Paris, Musée d'Orsay © Anselm Kiefer

Samson aveuglé
© BPK, Berlin dist.RMN / Photo Jörg P.Anders

 

voir aussi : le site du Musée d'Orsay
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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 10:23

L'ange de la métamorphose


jusqu'au 7  juillet 2008


Musée du Louvre - Paris




 Jan Fabre




Génie ou charlatan ?

Jan Fabre a  préparé l'exposition du Musée du Louvre pendant trois ans. Des dessins au stylo bille bleu, des sculptures en ossements humains, des toiles portant la trace de son sang, de son sperme, des vidéos de guerriers tout en armure voisinent avec des chefs-d'oeuvre de Bosch, Rubens, Van Eyck, Rembrandt, etc. Une trentaine d'oeuvres parfois monumentales occupent jusqu'au 7 juillet  plusieurs salles du musée dédiées aux peintures flamandes.


Réfléchi ou  superficiel et  prétentieux ?
"Ces journées à arpenter les salles, ces nuits passées seul, au milieu des toiles, m'ont rendu heureux comme un enfant dans un bac à sable."


Mégalo ou modeste ? 
"A côté, je suis tout petit. Je dois prouver que mon oeuvre vivra dans quelques siècles."



Talentueux ou usurpateur ?

"J'ai l'habitude. On dit que je suis génie ou charlatan"



Inspiré ou libidineux ?

"Je me vide de moi-même" (2007)



Sincère ou opportuniste ?

"Je veux sortir ma tête du noeud coulant de l'histoire."



Vrai ou faux ?

"Si on enlève l'artiste, la société se porte moins bien !"


Plus encore que de l'encre l'exposition de Jan Fabre au Musée du Louvre fait couler du sang et des humeurs. Il y a ceux qui "détestent", qui la reçoivent comme une  violence faite à leur sensibilité, leur intelligence des grands maîtres,  en face il y a ceux qui évaluent la part de jeu et jubilent devant le  coup de théâtre signé par l'artiste belge. Et puis, il y a les farouches, tristes sires de la censure qui lancent leur dangeureuse pétition ICI.


On peut à la limite comprendre que des politiques coupent et sanctionnent par démagogie, inconséquence, défaut de courage pensant  respecter des susceptibilités, croyant ainsi garantir la morale mais il est navrant que des professionnels de l'art (critiques et artistes) soient à l'inititive d'une pétition visant à limiter la liberté d'exposition, à  amputer la liberté de créer. Comment leur accorder l'esprit critique qu'ils revendiquent pourtant ?


Catherine Plassart



Bibliographie :

Jan Fabre Je marche pendant 7 jours et 7 nuits
Ed. Jannink 2002
Texte inédit en quatre langues (italien, français, anglais, flamand). Œuvre originale signée et unique pour chaque exemplaire.
voir l'ouvrage (achetez avec Art Point France)


Informations pratiques 
 
Musée du Louvre
Aile Richelieu, 2e étage 
 
Tous les jours, de 9 h à 18 h, sauf le mardi et le jeudi.
Nocturnes jusqu’à 22 h les mercredi et vendredi.


Cliquez ICI pour lélécharger le parcours de la visite de l'exposition Jan Fabre au Musée du Louvre.

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 09:47

jusqu'au 8 juin 2008


Fondation pour l’art contemporain Salomon - Alex (74)


 

L’exposition L’ivresse de l’absolu rassemble les œuvres de sept artistes contemporains qui ont inscrits, au cœur de leur pratique créatrice, une méthode, un rituel ou encore la répétition d’un geste ou d’une forme. Ces rites sont autant de chemins pour affranchir l’artiste et sa pensée de la tradition historique du savoir-faire et du sujet. Leur œuvre, à la fois immuable et toujours renouvelée, dialogue avec l’infini, transcendant les contingences de l’espace et du temps.


Artistes présentées : Pierrette Bloch (photo),  Hanne Darboven, Pierre Ferrarini, Wolfgang Laib, Roman Opalka, Niele Toroni, Claude Viallat



C.P.


Informations pratiques :

Fondation pour l'art contemporain
Claudine et Jean-Marc Salomon
Château d'Arenthon
74290 Alex (France)
phone : +33 (0)4 50 02 88 55

Commissaire : Philippe Piguet



voir aussi : http://www.fondation-salomon.com/

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 08:57

Pour une écologie de l'esprit.


Aimer l'autre ou s'en désinteresser. Renoncer à être "le" centre de  référence et à se vautrer en soi et trouver la solution logique pour  échapper à l'enfermement. Tels sont les présupposés et principes de la  posture ethnologique.


Déjà vieille dame du 19ème siècle cette science faite art, à la mesure  des paradoxes de l'esprit humain possède un digne fils spirituel en la  personne de Claude Levi-Strauss, lequel fête aujourd'hui ses cent ans  et se voit honoré d'une publication d'une partie de ses oeuvres sur  papier Bible dans la collection de La Pléiade aux éditions Gallimard.


Nous dispenser de l'option sans issue du "progrès" de l'Histoire, de  l'Esprit, de l'Art, de la Religion, des rapports Hommes-Femmes etc. Tel  est à nos yeux la première victoire théorique et pratique de  Levi-Strauss. Nous sauver de l'optimisme, de la moyenne, de l'infini et des problèmes  insolubles, du normatif poussé au maximum, voilà son héroïsme loin des  extrêmes. Tôt ou tard la vie mettra à nu notre fragilité foncière,les hommes ne  pourront plus vivre ensemble et séparés et les pactes fondés sur la  tricherie et le leurre s'effondreront. A commencer par  celui, cartésien, d'un humain conçu "comme maître et possesseur de la  nature" ( la sienne et ensuite l'autre : végétale et animale en voie  de disparition ).


Penser le paradoxe trans-planétaire d'un amour de la vie plus fort que  la mort des espèces, compliqué par des rapports tressés dans les  structures de l'être en général. Sans commencement ni fin,  sans  dernière fois, puisque "l'homo faber" est décidemment double ou  triple, puisque l'amour pour autrui n'admet aucune hypocrisie. La stratégie du "s'éloigner pour mieux se rapprocher", la grille du  passage par les voies de la communication, la parole donnée aux  chasseurs d'oiseaux exotiques. L'anti-minimum tolérable.


J'ai découvert Lévi-Strauss comme beaucoup de fous d'Ailleurs à seize  ans en feuilletant "Tristes Tropiques".J'ai repris le livre à trente  ans et l'ai parcouru de nouveaux à quarante-cinq."Race et Histoire  étudié 8 ans en classe pour "démonter" le racisme culturel avec des  élèves de Terminale , La pensée sauvage pour son présupposé général...Tant que l'on disserte sur les extrêmes et les crises déchirantes  comme celle issue de la découverte de l'Amérique sans en mesurer tous  les effets actuels on invite à des médecines pauvres. Lévi-Strauss se  situe dans les périodes longues. Chaque fois que des volontés militantes plaident pour la charité avec  tous les élans de la spontanéïté innocente Lévi-Strauss nous aide à en  discerner la pensée impalpable.


Car il n'y a pas de hasard mais un bien et un mal nécessaires. Et notre chance consiste dans la conscience d'une harmonie permanente  à sauvegarder au delà de nos intérêts personnels. Lire aujourd'hui l'histoire d'une oeuvre salutaire pour conserver son  être-propre. Et se dessiller les yeux.


PG

"Oeuvres", par Claude Lévi-Strauss, édition établie par Vincent  Debaene, Frédéric Keck, Marie Mauzé et Martin Rueff, Pléiade, 2128  pages,71 euros (64 euros jusqu'au 31 août 2008).

 

 


Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 08:12

vente

le 13 mai 2008

Christie's - New-York

 Lucian Freund




Lucian Freud sera t-il l'artiste vivant le plus cher des enchères en 2008 ? Va-t-il battre son contemporain Jeff Koons avec son cœur magenta emporté en novembre 2007, 23,5 M$ . Réponse le 13 mai à New York, sous le marteau de Christie's. 


Lucian Freud peint depuis l'Après-Guerre des portraits et des nus à partir de modèles vivants.

L'oeuvre "Benefits Supervisor Sleeping", énorme nu de Sue Tilley appelée familièrement «Big Sue» par l'artiste et réalisée en 1995 est une grande huile de 165×230 cm. Aussi réaliste qu'un Gustave Courbet, aussi expressionniste qu'un Otto Dix, ce nu dans toute sa démesure, avec sa chair exubérante étalée sur un canapé est représentative du style sans concession et toujours dérangeant du peintre.

"Sa peinture ne choquerait pas si souvent ceux qui la découvrent, si son réalisme ne mettait en jeu qu'une simple figuration du réel" a écrit le critique d'art Jean Clair.

Dans l'univers inquisiteur et voyeur du peintre, les personnages isolés et solitaires ne sont ni embellis, ni flattés. Même vêtus, ils semblent nus. Il les montre dans leur humaine vérité. Il ne peint que des proches : amis, famille, maîtresses, enfants… dans une intimité déconcertante, une proximité presque indécente.

"Reflection with two children", 1965 ; "Corps nu", 1966 ; "Corps nu dormant", 1968 ; "la mère du peintre se reposant", 1976… L'admiration est spontannée. Mais l'embarras, l'incrudité, la frayeur l'emportent, Lucian Freud nous maintient en suspens jusqu'au vertige.

 
Catherine Plassart


Crédits photo : AP

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 07:26

jusqu'au 25 mai 2008


Musée d'Art Moderne de Céret (66)


   

La diversité des modes d’expression est une permanence chez Chagall. En 1922, à Berlin, il appréhende la technique des eaux-fortes. Plus tard, aux USA, il s’adonne à la lithographie couleur, puis aux arts de la scène pour le théâtre juif. Lorsqu’il va s’employer à la céramique ce domaine est depuis longtemps réhabilité aux yeux du monde artistique. A la fin du 19ème siècle, Gauguin s’adonne déjà à la céramique ; en 1907 le Salon d’Automne présente les pièces de Renoir, Bonnard, Derain, Rouault, Matisse… Marquet et Dufy réalisent des décors d’intérieurs en céramique. Ce travail est d’ailleurs encouragé par les marchands d’art eux-mêmes : Vollard présentera les fauves au céramiste André Metthey.




Après la Seconde Guerre mondiale, Pierre Matisse expose à New York les pièces réalisées par Miró et Artigas, pièces qui seront montrées quelques années plus tard, en 1948, à Paris par Aimé Maeght dans sa galerie. Tout porte à croire que Chagall a vu ces pièces. Quand il arrive dans le Midi en 1949 Braque travaille avec Artigas, Picasso est à Vallauris, Matisse travaille aussi avec le couple Ramié.


Chagall s’installe à Antibes dans l’atelier « La poterie des remparts ». D’une très grande prodigalité il réalisera plus de 220 pièces entre 1949 et 1972. Toutes les pièces sont uniques, contrairement à Picasso, Chagall refusera le principe de l’édition.

 




Les premières productions s’adaptent aux formes traditionnelles de la céramique culinaire. Très vite Chagall tire parti des formes mais aussi des cuissons pour obtenir le velouté des couleurs, jouant de la lumière et de la profondeur grâce à l’alternance des vernis mats et brillants. Les possibilités de la matière elles-mêmes sont exploitées. En 1951 il profite de l’aspect grenu et poreux de la terre chamottée pour donner une intensité dramatique ou une nouvelle sensualité aux sujets.


Puis il travaille le volume et obtient une complexité formelle de plus en plus grande. Les vases deviennent de purs volumes plastiques et atteignent ainsi un statut d’objets autonomes. Sa réflexion sur les oppositions entre espaces intérieurs et extérieurs l’amène à innover dans la céramique comme le ferait un sculpteur.


Les séries réalisées à partir de 1950 comme « Les Fables de la Fontaine » ou les ensembles concernant la Bible affichent clairement leur correspondance avec celles réalisées en peinture et lithographie sur les mêmes thèmes. Chagall adapte les motifs en accentuant ou en simplifiant les traits pour adapter la lisibilité du sujet à la céramique.

 


A la même période il dirige aussi sa recherche vers la céramique murale : comment agrandir l’image sans détruire l’unité visuelle. Là aussi les premières créations sont directement liées aux thèmes de ses œuvres picturales (L’horloge, Le saint voiturier, le village…).


L’exposition s’attache à mettre en évidence les transpositions réalisées par Chagall entre le dessin, la gravure, la peinture et la céramique. Ainsi les œuvres en céramique peuvent être accompagnées de leurs dessins préparatoires ou des toiles qui ont exploité les mêmes thèmes, qu’il s’agisse des pièces de forme, des plats ou des plaques. Toutes les thématiques de Chagall sont abordées  : couples, religion, cirque, fables de la Fontaine, monuments, nus, mythologie, natures mortes…  L'exposition est à voir jusqu'au 25 mai 2008.




Informations pratiques :

Musée d'Art Moderne de Céret
8, Bd Maréchal Joffre
BP 60413, 66403 Céret Cedex- France
T (33) 04 68 87 27 76
contact@musee-ceret.com

de 10 h à 18 h
Ouvert tous les jours du 1er mai au 30 septembre
sauf le 1er mai

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 01:00

BGL

Artistique Feelings

jusqu'au samedi 31 mai 2008

Centre culturel canadien - Paris (7)

 BGL, Artistique Feelings
 BGL, Artistique Feelings




Dans le cadre du 400e anniversaire du Québec, le Centre culturel canadien est heureux de présenter la première exposition personnelle en France de l'incomparable trio BGL. Collectif de la relève, adepte de la récupération, BGL fabrique, avec des techniques et des matériaux bruts, des installations qui mettent en relief les dérèglements de notre société. Ses créations sont souvent spectaculaires et procurent, tant au regard qu’à l’esprit, un indéniable plaisir. Mais elles ont aussi une lucidité implacable qui éclaire certains malaises que nous pouvons aujourd’hui éprouver quand nous sommes confrontés au passage brutal du monde de la consommation à celui de la contemplation. BGL pratique une critique sociale à la fois incisive et rafraîchissante, qui prend corps ici dans le titre bilingue qu’ils ont choisi, non sans ironie, pour célébrer la mémoire d’un événement fondateur notamment de la francophonie et de sa culture spécifique.



C.P.

Légende visuels : BGL, Artistique Feelings, 2008. Photo : Pascal Raso © BGL.




Informations pratiques :

Centre culturel canadien
5, rue de Constantine
75007 Paris

Tél: (+33 ) 1 44 43 21 90

du lundi au vendredi de 10h à 18h
jeudi, nocturne jusqu'à 20h
fermé samedi et dimanche
Entrée libre et gratuite.

voir aussi : www.canada-culture.org/

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 07:59

exposition

du 12 mai au 1er juin 2008

galerie expression libre - paris (14)



Marie Deloume 




"Si la matière qui me fait face est du vieux zinc usagé, usé, oxydé, je me glisse entre ses rides. Ainsi se tressent mes paysages, habités parfois secrètement de pâles fantômes fugitifs." Marie Deloume



Informations pratiques :

Vernissage le mardi 13 mai 2008 de 18h à 22h

Galerie Expression Libre, 41 rue Hippolyte Maindron, 75014 Paris. 


voir aussi : le site de  galerie expression libre, la vitrine de Marie Deloume sur Art Point France



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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 05:58

Christiane Sintes ou l'extinction des feux

par Jean-Paul Gavard-Perret


Christiane Sintes,  "La Disparition", photographies,  Mirabilia, 07150 Lagorce, mai 2008.



 Christiane Sintes

Cela ne sert à rien de presser le réel pour voir s’il en sort des images. Cela ne sert à rien de vider les images pour en filtrer le jus de la réalité. Christiane Sintès qui a toujours utilisé le temps pour dire son passage le sait : "Ce qui m'intéresse ce n'est pas à proprement parler le réel, ni ce qui est au-delà, mais la confrontation, le renvoi de l'un à l'autre". En photographiant, je tente de capter cette intuition". La photographie devient donc une extrême pointe et une étendue. C'est pourquoi chez elle l'art est l’assassin de l’artiste. C'est pourquoi Christiane Sintès va chercher d'une part dans l’ombre et les dagues du temps la persistance d’anciennes traces (image dans l'image) et d'autre part au milieu d'une sorte de brume sa propre silhouette et ce qu'elle recèle. C’est ainsi qu'elle essaye d’ordonner son désordre et de désordonner l’ordre : ordre du monde, des choses, du temps et d'elle-même par le regard que l’artiste porte sur eux. Clichés à l'infrarouge et sténopés permettent - par le long temps de pose qu'ils nécessitent - de saisir l'entre, le vacillement, l'indicible mouvement au sein de ce qui depuis longtemps n'en possède plus (sur les tombes, des visages en médaillons des disparus marqués par l'usure des saisons ou ce qui à l'inverse ne fait que passer (fugacité d'un mouvement saisi-brouillé).


Au milieu des belles rangées des tombes, l’ordre semble évident, mais l'artiste va de l'une à l’autre selon des lignes imaginaires qui se croisent et se recroisent. Mais, au bout du compte, les figures des morts sont dans la chambre noire pour une autre présence. On ne commémore plus : on signale. Au milieu du quotidien, le désordre semble évident, mais l'artiste en fixe des états pour inciser le poids de la fugacité de l'instant. On ne retient pas pour autant, on filtre, on épure. Dans ce double mouvement d'apparition-disparition il s'agit toujours d'embrasser des visages ou des silhouettes évanescentes de fantômes sentimentaux. Ce ne sont plus des “ restes ” que Christiane propose mais des seuils - juste avant l'effacement - qui ne disent pas forcément des états d’un passé mais plus certainement le présent et ils anticipent sans doute sur le futur.


Il y a donc là des éclats de vie qui étonnent l’œil du spectateur malgré l’accommodation à la surprise que produisent ces présences. L'artiste, par une douce violence, une attaque suivie de déchirement ou de dépouillement déploie son geste créateur loin de tout effet fantasque. L'ensemble est empreint à l'inverse d'une forme de gravité. Et la photographe crée un labyrinthe temporel où le regard en se perdant retrouve un relief et un ordre apparemment abolis. L’artiste sait en effet que ce n’est pas “ gentiment ” qu’on peut passer de l’ordre du dehors (réalité) au désordre du dedans (art). Ce qui s’inscrit, ce qui fait l’image (et non ce qui fait image) n’est plus de l’ordre de la représentation mais de la re-présentation à laquelle il faut se confronter avec empathie afin de comprendre ce que ça cache et qui peu à peu se découvre derrière l’apparente mise en scène soit qu'elle construit, soit qu'elle emprunte à d'autres photographes portraitistes d'un temps révolu. C’est la façon aussi que possède l’artiste de nous faire glisser d’une sorte de classicisme à un minimalisme, une épure. A nous ensuite, comme la créatrice , de trouver notre chemin là où elle a infiltré son ordonnancement.


Une des conséquences particulières de cet ordre est de questionner les dimensions de la photgraphie et d'en jouer l'espace afin de poser comme réalité première que rencontre et doit résoudre l'artiste : le rectangle qu'elle cerne. Outre la "platitude" de la photographie, le problème de ses coins et de ses bords reste capital. L'espace virtuel des formes et les références géométriques des plages grisées impliquent l'ensemble des méthodes pour résoudre sur un seul plan les problèmes à trois dimensions de la géométrie descriptive. C'est là la complexité du problème du réel transposé dans la photographie (comme d'ailleurs dans la peinture). Les photographies de Christiane Sintès interrogent la surface et ce qui dans cette surface devient un rectangle. Cependant elle ne tend pas à s'enfermer dans le cadre restreint d'une photographie strictement géométrique. Elle cherche à se situer au plus juste d'une revendication de toute la surface de la photographie et des antagonismes qu'une telle revendication réserve surtout lorsque la photographie se confronte à une autre qu'elle contient. Il existe donc, chez la photographe, un jeu, un passage constant, une circulation d’ une idée simple aux termes complexes mais aussi des termes simples pour une idée complexe dont le
but est de nous laisser perplexes.


C'est de cette façon et au plus loin de ce qu'il faut appeler la réalité - à savoir le langage qui la parle - que Christiane Sintès s'approche de l'extra-réalité à l'horizon de toute expérimentation de la photographie. Une telle approche n'est pas sans risques, mais les clichés les plus importants de l'artiste s'imposent par un climat tragique de mystérieuses correspondances où la photographie dans ce qu'elle a de conscient et d'inconscient paraît porter l'abîme qu'à la fois elle domine et qui la fascine. Dans l'"évidente" simplicité qu'elle construit, la photographe invente ainsi la re-connaissance de formes singulières, simples et spontanées qui introduisent au cœur du réel un autre chœur (à la fois muet, polyphonique et anti-lyrique) bref une autre réalité.

 


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