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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 09:21

Appel d'offre à la poésie par la peinture

par Jean-Paul Gavard-Perret

Jean Gaudaire-Thor, Harare, Galerie Ruga Enrichetta, Vienne, du 6 juin au 19 juillet. 2008 et "Trafiquer dans l'inconnu" Arthur Rimbaud du 29 juin au 29 septembre 2008 Musée Abbaye St Germain Cellier.

 Jean Gaudaire-Thor

La peinture de Jean Gaudaire-Thor ne recouvre pas, elle ne passe pas le texte au miroir grossissant, elle dégrade, fragilise les mots. Des mots qui ne sont que des restes, des passés sous silence ;  une  nouvelle mort sans sépulture. 



Sa peinture pourtant appelle les mots quand ils deviennent assez forts comme le sont, ceux de Rimbaud pour expier l’injure faite au corps humain. C’est donc une épreuve presque impossible sauf pour celui pour qui la littérature entre en résistance contre la mort que l'on se donne ou qui nous est donnée.



L'artiste ouvre des interstices pour permettre de développer une parole proche de désirs fondamentaux. L’intervention de la peinture "sur" l’écriture est un acte non un état. Le peintre pousse loin une recherche active et actée là où la poésie de Rimbaud ne s’écrit plus, où la vie souffrante la remplace.



Gaudaire-Thor ouvre à travers son travail sur les traces africaines du poète, un discours non “ sur ” mais “ de ” la peinture parce qu'il a trouvé en Rimbaud un auteur capable sinon de casser sa propre langue, du moins de l’engager différemment dans l’espace. Une tentative par le tableau de faire sauter les verrous des mystères du poète : celui de son écriture et  celui de son être.



Emerge alors une masse picturale qui signale une présence. La peinture à ce point ne cherche pas à parfaire, à l'inverse elle tente de défaire ce qui est trop construit et maîtrisé. Espace de l'imaginaire, plus qu'espace de l'image, le travail de l’artiste se veut totalisateur jusque dans sa fragmentation, ses éclats et ses coupes sombres. Pas de quête des "impossibles invariants" dont parlait Foucauld mais un contact avec ce qui dans la peinture comme dans la poésie, ne cesse de bouger, de couler, de se projeter. La manière que possède Gaudaire-Thor d’"entrer en matière" à travers les coulées devient une façon d'entrer dans la dissidence de Rimbaud et d'épouser ses subversions.



Luttant contre les fétiches, le créateur envisage ses travaux sur Rimbaud comme une littérature de l'avènement. C'est ainsi qu'apparaissent des “ poches ” imbibées de couleurs et de sens. L'entreprise devient une opération bizarre, mais nécessaire. Elle crée des transferts non par impression mais par échappée dans la blessure rimbaldienne. La liberté, ici, n'est pas un laisser aller mais un laisser (se) faire où le poète des "Illuminations" se retrouverait. Ce qui se compose est décomposé pour être recomposé. L'artiste contredit  Barthes qui écrivait  "fixer la liberté à la façon d'un abcès". Pour Gaudaire-Thor il convient de percer les abcès, les poches des mots qui dans leur “ comment dire ” cachent souvent un “comment ne pas dire ”. De la sorte l’artiste permet à Rimbaud de poursuivre sa quête jusqu'à une extrémité imprévue. Il crée des glissements aussi nécessaires qu'intempestifs, capables de  permettre une autre vision, une autre lecture de Rimbaud.



Au sein de tâches nourricières de diverses couleurs, ce qu'il y a d'élémentaire dans la langue est ruminé, restitué, en une sorte de plus offrant à la perspective rimbadienne. C'est pourquoi on sent ici que le corps parle sans pour autant s'exhiber. L'artiste sait qu’en sortant la poésie de Rimbaud de ses conduits comme il sort la peinture de ses conduites forcées, il crée une sorte d'appel d'air : noués-dénoués les mots de poète peuvent provoquer des éboulements dans lesquels se tord le réel. Contre la béatitude du langage et de l'image, il réclame toujours quelque chose de plus : substituer l'histoire à l'histoire, sortir le poète de sa légende, fuir l'évènementiel dans ce qu'il possède de trop factice vers le coeur occulte et occulté de l'œuvre et de ses images océaniques. Dans ce  voyage vers la visibilité, l'artiste libère  l'image et le discours des règles de sécurité qui limitent habituellement le jeu.


On, se souvient que Mallarmé donnait déjà le signe de la pure ouverture d'un lieu. Gaudaire-Thor, à sa manière, le rappelle. Rien n'aura lieu que le lieu. Ainsi se noue l'ouverture et la visualisation d'un jeu passionnant que l'auteur d'Igitur pressentit et qu'il nomma le "rythmique suspens du sinistre". C'est bien en effet ce qui se passe dans les propositions faites à Rimbaud par l’artiste : ce qui fait image n'est plus un “ bout ” de texte en ajout ou illustration. Ce qui s'impose est de l'ordre du secret, de l'inconscient. Une langue nouvelle peut surgir, fille de la matrice vers laquelle Gaudaire-Thor nous fait remonter.  Ses oeuvres restent la figure d'une fission et ouvrent aussi à un au-delà ou un en-decà. L'œuvre de Rimbaud peut l'admettre car l'artiste est un de ceux qui a compris au mieux ce qu'elle engageait jusque dans son atrophie finale, là où elle se réduit à une correspondance dont on aurait tord de mépriser l'importance.

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 06:43

 

James CoignardFranchir le seuil.

 

Le premier alibi de James Coignard, peintre, vertigineux dans son  exigence, est la vertu de réciprocité : donner pour recevoir. Son oeuvre à première vue impénétrable dépasse la polarité de la bonne  ou la mauvaise peinture. Mue par l'amour (une rencontre, la  passion...) elle va bien au-delà du trivial et frôle le sublîme.


Peinture allégée et jamais prosaïque, parfois terreuse et massive,  d'autres fois comme subjuguée par le désir d'infini. Coignard n'a  jamais été vaincu et sa guerre fut une victoire sur les ambiguïtés  insolentes du principe d'identité. Pour nous ses axiomes sont moraux :
- Qu'en est-il de l'homme, cet être pensant et mortel ?
Ou encore :
- Mort et immortalité comme éternels problèmes de l'art, hors du temps  et d'autant plus internes que l'homme-artiste vieillit.


On reconnaît une oeuvre de Coignard à son mystère en zigzag. Une  plénitude du trait noir en forme de figure humaine, une tache rouge,  une flèche dirigée vers un  chiffre "8", des nappes bleues et  blanches. L'amour dans son élan, auquel succombe fatalement l'artiste  vivant, jamais sur la défensive, même s'il s'efforce parfois de réduire ses prétentions.


L'âge a cependant eu le dernier mot sur James Coignard. La dernière  fois qu'il a peint, c'était comme la première fois encore...dans  l'éternité. Ses têtes de plus en plus extatiques approchent la limite  du silence. Sur le point de s'évader dans un ultime tour de force le  peintre est mort en accostant sur le rivage en un éclair foudroyant.  Au-delà confondus : l'espérance et le coeur qui bat une dernière fois.

Pierre Givodan



James Coignard artiste peintre de renommée internationale, né le 15 septembre 1925 à Tours, est décédé à l'âge de 82 ans le vendredi 7 mars à Mougins, France.

 

Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 11:19


La Feuillée


Edito : Les livres en mai

Au printemps du livre, on compte plusieurs salons, de mutiples rencontres, beaucoup de livres d'art, de livres d'artistes, de livres "monde"...


L'édition 2008 d'Etonnants voyageurs (ICI) qui a choisi pour thème "Migrations" ouvre les festivités le 10 mai à Saint-Malo (35). Seul en son genre, le salon qui a vingt ans cette année, possède toute l'impétuosité de la foi en l'imaginaire, la force de persuasion d'un engagement romantique. Bien connu des fervents de la "vraie" littérature qui aimeraient tous accompagner Michel Le Bris dans ses nombreuses propositions, le salon rendra notamment un hommage à Nicolas Bouvier.


Le "Mai du livre d'art" existe à l'initiative d'un groupe d'éditeurs spécialisés qui fédérant leurs énergies demandent aux libraires d'être le relai privilégié du coup de projecteur dont ils font profiter un choix de beaux livres. Cette année pour la première fois, ils ont imaginé un Salon (ICI) qui ouvrira le samedi 17 mai à l'occasion de la nuit des musées au Centre Pompidou, Paris (4) et se prolongera le dimanche 18 mai.


La ville d'Ornans aidée du Centre régional du livre de France-Comté s'apprête quant à elle à inaugurer le samedi 17 mai la deuxième édition du Salon du Livre d'Art et d'Artiste (ICI). Une réunion sympathique d'éditeurs d'art français assortie de nombreuses animations sur deux jours.


A la librairie de la Halle Saint-Pierre - Paris (18), pour la 9e fois, la librairie éphémère s'installe et présente la production d'une quarantaine d'éditeurs soit 500 titres de nouveautés... Les éditeurs font le printemps (ICI) du 8 mai au 28 mai 2008


Et en guise de clôture de ce joli mois, il faut se rendre à Livres en mai (ICI), une manifestation originale de bibliophilie contemporaine qui se tiendra les 24 et 25 Mai 2008 au Lycée Henri IV - Paris (5). L'espace d'un week-end, artistes, auteurs, éditeurs dévoilent la passion qui les anime. Disponibles et heureux de rencontrer leur collectionneurs, ils présentent leurs dernières créations sous la galerie du cloître plein de charme, du célèbre lycée niché au coeur du mythique quartier latin.


Que les livres soient au printemps et la saison aux livres !


Catherine Plassart


voir aussi : La Feuillée du 08/05/08

 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

Les éditos de La Feuillée

 

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 07:08
le 17 mai 2008

en France et en Europe


           
Royaume-Uni
MGM

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Belgique

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Lettonie

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Serbie
Noc Muzeja

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Toscane
Amico Museo

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Bratislava

Site Internet
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Kaliningrad

Site Internet
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Gênes

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Barcelone

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Bucarest

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Varsovie

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  •  
Brno

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voir aussi : La nuit des Musées en France ICI

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 16:15

La Ville d'Ornans et le Centre régional du Livre de Franche-Comté organisent à Ornans la deuxième édition du Salon du Livre d'Art et d'Artiste le samedi 17 et dimanche 18 mai 2008.



Cette seconde édition réunira les meilleurs éditeurs d'art français qui feront partager au public leurs démarches éditoriales et les dernières tendances du livre d'art. Un bel espace sera dédié aux livres d'artiste de prestige et aux livres de bibliophilie.



Programme des rencontres :



Samedi 17 mai 2008 :

• 10h : Ouverture du Salon au public
• 15h : Écrire et dessiner, les dessins d'écrivains: Rencontre  avec Sophie Bogaert et Frédéric Pajak .
• 16h : Le peintre et l'écrivain: rencontre avec la romancière Maryline Desbiolles.
• 17h : Memento mori ou l'art et le temps: promenade dans l'art avec le critique et poète Paul Louis Rossi.
• 18h : Rodin et la photographie : Hélène Pinet.
• 20h30 : Concert-Lecture avec le comédien Jean-Claude Dreyfus et le pianiste Jean-Marie Sénia.

Dimanche 18 mai 2008:

• 11h: Vernissage de l'exposition de Titus-Carmel (ICI) et lecture de ses poèmes.
• 14h30 : Rencontre avec Jacques Jouet, poète, et Tito Honegger, plasticienne, autour de leur ouvrage Un énorme exercice. (ICI)
• 15h30: L'art et l'écriture : rencontre avec l'écrivain Bernard Comment.
• 16h30: L'art pris au mot : rencontre-débat avec l'écrivain et critique d'art, Alain Jaubert.
• 17h30: 0.60, Nothing but ashes: rencontre avec Bailly-Cowell, artiste plasticien.









Un énorme exercice

Tito Honegger, Jacques Jouet

178 x 255 mm
128 pages
ISBN 978-2-940377-18-3 coll. Varia Art&Fiction éditeur
Diffusion Art Point France

En associant les monotypes de Tito Honegger et l’écriture de Jacques Jouet, art&fiction ne fait pas dans la dentelle éditoriale…

voir l'ouvrage , le commander contact@artpointfrance.org





Informations pratiques :

Centre régional du Livre de Franche-Comté
2 avenue Arthur Gaulard
25000 Besançon,
03 81 82 04 40
crlfc@wanadoo.fr

Pour le programme complet voir sur le site du Centre régional du livre de Franche-Comté
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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 15:07

du 8 mai au 28 mai 2008


Librairie de la Halle saint Pierre - Paris (18)





La librairie éphémère


Pour la 9e fois, la librairie éphémère s’installe et présente la production d’une quarantaine d’éditeurs soit 500 titres de nouveautés et de fond qui « ne se trouvent pas partout ». La manifestation, rendez-vous bi-annuel à l'initiative des éditeurs est accueillie par  la librairie de la Halle Saint Pierre dont les murs  accueilleront du 7 au 27 mai 2008, les oeuvres de trois artistes, Katrin Stangl pour Passage piétons édition , Catherine Gillet pour Circa 1924 et Josef Nadj pour  les editions L’Œil d’or.

 

PROGRAMME DES LECTURES ET PRÉSENTATIONS
Dimanche 11 mai
Projection de film d’artistes
Toute la journée - Amphithéâtre


Samedi 17 mai et Dimanche 18 mai
16 heures
Représentation de Cirques, de Jean-Luc A. d’Asciano (Éditions Passage Piétons)
Par la compagnie Amorfini


Dimanche 25
Bal des éditeurs
(tout l’après-midi, avec de mystérieux musiciens)


Liste des éditeurs :

Passage piétons / L’Œil d’or / Alain Beaulet / Anacharsis / Art&fiction  (ICI) / La Barque (Revue) / William Blake & co. / Chemin de fer / Circa 1924 / Cochon pendu / Colophon / La compagnie créative / Cosa Nostra / Coup d’encre / Le Cycliste / Delphine Montalant / Diantre ! / La Dragonne / Édition Jean-Pierre Huguet / Les éditions sans importance / L’Epure / L’Escampette / Folle avoine / Grandir / Harpo & / Lettr’ange / Lirabelle / L’Idée bleue / Michel Houdiart / Magellan & co / Mix / Monsieur Toussaint l’ouverture / Nuit Myrtide / Organic éditions / Part des anges (La) / Plaine page / Plonk et replonk / Les Editions de l’Atelier in 8 / Poursuite Editions / Rhubarbe / Ritagada / Rougerie / Le Passager Clandestin / Sillage / Éditions du sonneur/ Stalker / Trouvères & compagnies André Dubuc / Vedrulla Editions / Virgile / Yvette & Paulette / Zédélé / Zinc / Zoom


Informations pratiques :

La Halle Saint Pierre
2 rue Ronsard 75018 Paris
Tèl : 00 33 (0)1 42 58 72 89
Fax : 00 33 (0)1 42 64 39 78
info@hallesaintpierre.org

voir aussi : http://www.hallesaintpierre.org/

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 14:25
Thème : Migrations

du 10 au 12 mai 2008

Saint-Malo (35)







"Où il sera question de la quête et des pièges de l’identité, de la ville Moloch et de la Ville lumière, de l’errance et de la demeure, des épopées fondatrices, des diasporas à travers les âges, de la perte et de la reconquête de soi, de la langue, aussi, et de son invention. De la langue, où toutes ces questions se retrouvent, portées à incandescence, et d’abord celle de la littérature. Ainsi : la langue nous détermine-t-elle, nous impose-t-elle au final ses valeurs quoi que nous fassions ? Dit-elle « l’âme d’un peuple », signe-t-elle son identité ? Est-il une « langue du maître » dont les opprimés devraient se libérer pour être ? Il se pourrait bien, au contraire qu’aucune langue, pour personne, ne soit pleinement sienne — et que ce soit pour cela que nous pouvons, par elle, communiquer avec les autres ? En sorte que l’enjeu, pour un écrivain serait moins de revendiquer une langue propre, que d’affirmer un style…" Michel Le Bris

Et comme chaque année, des rencontres, des expositions, des spectacles, des films, des signatures et des livres...  Voir le programme ICI


Ecouter Michel Le Bris sur France Culture ICI

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 13:47
Le 1er Salon

Samedi 17 mai 2008
Dimanche 18 mai 2008

Centre Pompidou, Paris (4)




La nuit des musées est fixée au 17 mai pour cette année 2008, elle concerne quantité de lieux à Paris et en région. Pour la première année, à l’occasion de la journée de gratuité dans les musées, les éditeurs du Mai du livre d’art   proposent un salon au centre Pompidou et prolongent la manifestation jusqu’au dimanche. Dans un espace de 900 m2, tout au long du week-end, dédicaces  et rencontres avec  les auteurs et les artistes.



Samedi 17 mai de 11h à 24h
Dimanche 18 mai de 11h à 19h
75004 Paris, Centre Pompidou
Entrée libre

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 14:08

"Peinture, Système, Monde"


Jusqu'au 11 mai 2008


 Musée d'art moderne de  la ville de Paris.


 Penck




Priorité au vivant

Contrairement à une vision superficielle du travail de Penck on aurait  tord de croire que le moi est le centre autour duquel s'ordonne sa  peinture.Penck est un artiste du général qui s'intéresse au moyen de  communiquer le plus largement avec l'humain.Sa prise de conscience  d'une scission à l'intérieur de notre modernité l'a enrichi d'une  tentation de peser moralement sur les autres. Ses immenses toiles  ponctuées de signes en noir et blanc ou colorées et narratives sont un  dialogue, une ouverture à l'Histoire.


L'histoire de la conscience humaine qui se fraye un chemin au milieu  des embûches des passions.Défenseur des droits de l'homme à rêver,  chanter, hurler sa joie et sa peine en musique, mais aussi méditer sur  le destin des forces obscures, animales et instinctives, Penck, issu  de l'Allemagne de l'est de l'après-guerre est un renverseur ascétique  de tradition. Autant dire un révolutionnaire de l'art dont les  sculptures taillées à la hache dans le bois démontrent les  possibilités d'un amour désintéressé, harcelant et sans scrupule.


Les formes de ses sujets sont élémentaires et sans courtoisie, mais  l'approche est éclatante, non conventionnelle au possible. Priorité  est donnée ici au vivant sans théâtralité ni noblesse obligée, sans  austérité ingrate non plus. Penck s'est donné tous les droits  esthétiques mais s'est aussi obligé aux plus grands devoirs. Achoppant  à la finitude ses personnages angoissés franchissent les limites de  l'espace en criant sur les toits l'absurdité, la vanité et la  malédiction issue du malin génie qui nous conduit à l'erreur.


Il y a une vérité têtue dans le travail de cet artiste tourmenté et  disproportionné : exclure la mesquinerie de son champ d'attention et  en finir avec les fallacieuses perversions faussement innocentes et  immaculées. L'homme est faible, crédule et Penck le sait. Ce dernier nous chuchote  la tragédie des malheurs d'Adam et Eve comme un trésor infiniment  précieux dont nous ne saurions nous dispenser sans démissionner de 
notre condition, entre amour et jactance.


P.G. contact@pierregivodan.com



lire aussi la présentation de l'exposition de A. R. Penck publié le  8  février ICI


Exposition A.R.Penk, "Peinture, Système, Monde, Musée d'art moderne de  la ville de Paris.Jusqu'au 11 mai 2008.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 13:05

du 14 mai au 14 juin 2008


Galerie valeurs d'art - Paris (13)

 Philippe Rillon


 

Les promesses d’immortalité.

Le nœud gordien de la peinture, de la sculpture, de l’art tout court  réside peut-être en cela : l’idée substantielle que les défunts,  partis, disparus, ont besoin d’un lieu propre, au-delà du simple  monde visible, un monde autre en compagnie de l’essentiel : de  l’attention que le groupe social leur porte.

Loin du bavardage et de l’imagination fantaisiste, ce musicien de la  couleur et de la matière qu’est Rillon , nous livre donc  quelques  secrets sur l’ici-bas et l’objet d’art.

Admettons qu’il existe une inquiétude métaphysique, difficilement  sublimable. Et que de l’Italie à l’Islande, le langage nous cache  la  sauvagerie de l’habitation sur terre. Mais on n’a pas attendu Mozart  ou Rimbaud pour nous rappeler notre réalité empirique. Ce que Rillon rend tangible par ces « reliquaires », «  Architextures » et nomenclatures errantes  c’est la cuisine de l’art  de toujours, l’audace de créer à ses risques et périls de objets-
symboles pour aller voir du côté des forces du dedans, loin des  lâchetés vulgaires, sans perdre de vue la promesse d’immortalité que  les vivants font aux trépassés. Ce qui arrive souvent face à ce genre d’œuvre artistique, c’est que  l’on en oublie la beauté.

La poésie, la puissance, la possession du métier pèsent là en la  faveur du peintre sculpteur  qui n’abandonne rien au hasard et tel un  médecin des esprits fait œuvre salutaire  en employant au mieux son  langage plastique pour s’adapter aux nécessités intérieures  universelles.


PG contact@pierregivodan.com


informations pratiques :


du mardi au samedi de 14 h 30 à 19 h

Galerie Valeurs d'art
11-13 rue Henri  Michaux, 75013 Paris


voir aussi : le site de la galerie Valeurs d'art

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