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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 18:48

Biennale de sculpture de Laval


du 28 juin au 28 septembre 2008


Musée du Vieux château
&
Musée-Ecole de la Perrine
Laval


 

 Édouard Prulhière, Ballots, 2000, technique mixte, Galerie Les Filles du Calvaire, cliché : droits réservés

 Anish Kapoor, 1000 Names, 1982, pigments en poudre sur âmes en bois et polyester, FRAC des Pays de la Loire, cliché : Alain Chudeau, ADAGP



Le thème retenu cette année envisage les rapports sculpture/peinture : à partir du détournement d'éléments propres à la peinture (pigments, matière picturale, toile, châssis,…), l'œuvre évolue en trois dimensions. Par exemple, l'œuvre d'Anish Kapoor, de Supports-Surfaces, de François Morellet ou de Claude Rutault illustre ce questionnement.


Ainsi de nombreux emprunts ont été sollicités auprès du FRAC des Pays de la Loire, du Musée d'art moderne et contemporain de Toulouse et du LAAC de Dunkerque. De plus, trois artistes ont accepté de participer au projet : Marcel Dupertuis et Édouard Prulhière réalisent chacun une oeuvre in situ : au Musée du Vieux Château pour le premier et au Musée-École de la Perrine pour le second.  Éphémère, la future réalisation d'Édouard Prulhière sera visible au premier étage de la Perrine. De plus, ses Ballots seront présentés au Musée du Vieux Château. Marcel Dupertuis envisage un polyptyque en lien avec le site qui l’accueille. En effet, la réflexion qu’il mène sur le corps rencontre un écho intéressant avec les deux gisants sculptés, logés dans la Salle d’honneur du Château. Puis, Emmanuelle Villard, connue pour son travail sur la perception de la peinture et l'extension de ses oeuvres murales, viendra également enrichir la thématique.


La Biennale de sculpture de Laval commence le 28 Juin et se poursuit jusqu'au  28 septembre 2008.


informations pratiques :

MUSÉE DU VIEUX CHÂTEAU
Place de la Trémoille
53 000 LAVAL
Tél : 02 43 53 39 89

 

MUSÉE-ÉCOLE DE LA PERRINE
10, allée Adrien Bruneau
53 000 LAVAL
Tél : 02 43 49 47 83

 

HORAIRES :
Du mardi au samedi de 10h à18h
Le dimanche de 14h à 18h
Groupes sur rendez-vous.
Tél : 02 43 53 39 89



voir aussi : http://musees.laval.fr/

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 18:18

Exposition d’art contemporain


du 11 au 27 juillet 2008


 à Bonson (06)


Un petit village haut perché des Alpes-Maritimes se mobilise pour la 6ème année autour du Festival du Peu avec pour thématique un appel à un peu d’air... L’art contemporain se fait une bulle à Bonson du 11 au 27 juillet 2008 pour une exposition rassemblant toutes les tendances de l’art : peintres, sculpteurs, plasticiens et performeurs se retrouvent autour de cet appel : un peu d’air !


Ils transforment les perspectives en utopie architecturale, ils jouent avec les (dés)équilibres et le vide, ils font flotter des univers, ils confondent le ciel et la mer, ils comptent sur le vent, ils se jouent de l’attraction terrestre... L’air/l’art fait naître une sensation d’élévation et incite à la spontanéité.


 

au programme :


Les performances
Jean MAS |  Jeudi 11 juillet 18h30, vernissage de l’exposition
Jean Mas est à l’origine du Festival du Peu. À propos du Peu, il dit : “En effeuillant la marguerite : je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout…j’ai pris le « peu » pour en faire un tout. Me jouant de l’homophonie avec la lettre « P » (pe) j’en ai fait un nom propre, un « PEU ».

Le Bal de MATTEI |  Dimanche 27 juillet 20h, clôture du festival : performance et banquet
Puisant dans les morceaux du Top 48, l’artiste Florent Mattei, amateur de détournements de clichés,  fait ressurgir ses souvenirs et retrace une vie en chanson. Il reconstruit un environnement de bals du samedi soir,  lampions, grillades et musiques à danser.


Un peu de tout, culture et art de vivre
À l’occasion des 50 ans de l’Ecole de Nice, le Festival propose l’exposition d’oeuvres issues de la collection privée de Jean-Louis Tortorolo : Arman, Ben, César, Claude Gilly, Yves Klein, Jean Mas, Serge III, Sosno, Ernest Pignon-Ernest ... Une conférence de Raphaël Monticelli viendra compléter cet événement.



Le festival accueille les Boogiemen, groupe de swing festif et dansant pour un retour aux années folles et l’Orchestre de Chambre du Philharmonique de Nice dirigé par Jacques-Francis Manzone.



Pour profiter de l’air de la campagne, le Festival du Peu est rythmé par des déjeuners et dîners en plein air.

Enfin, des courts-métrages ayant trait à l’art issus de la collection du Centre National de la Cinématographie seront en projection tous les jours de 17h à 20h.


UN PEU D’ART, UN PEU D’AIR !

Les artistes  |  Exposition tous les jours du 11 au 27 juillet de 17h à 20h

 
 Michèle LECHEVALIER  | Lueur crépusculaire  Lucie BITUNJAC  | Utopie contestataire
   
Nicolas LAVARENNE | Choir ou s’élever ?  Michel HOUSSIN  | Du réel en fuite



informations pratiques :

Vernissage  de l'exposition le vendredi 11 juillet à 18h30
en présence des artistes
place Scoffier - ouverture des lieux d’exposition à 17h


voir aussi : http://www.festivaldupeu.org
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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 08:34

Peintures



du 6 au 26 juillet 2008


Galerie Elisabeth Picot-Le Roy  - Morgat (29)








Le Vivant  Ardent et Divers.

 

Elisabeth Picot-Le Roy  assure  la promotion active de quelques artistes : Sophie Favre, Didier Hamey, Catherine Seher... Chaque année, au printemps, en juillet et en août, elle propose dans sa galerie de la Presqu'île de Crozon, à la pointe Finistère, trois expositions. Son invité de juillet, Francis-Olivier Brunet est un jeune artiste savoyard qui a déjà un beau parcours et dont le travail en peinture s'ancre fortement dans la création contemporaine.En effet, il réalise des performances (Paris- Pékin 1985…), illustre des livres (Trafic de devises, éd Voix d'encre 2008…), collabore avec des danseurs contemporains, des vidéastes, des grands chefs de la gastronomie. Son champ d'investigation est vaste, il y développe une recherche permanente :« je m’efforce toujours de faire autre chose pour voir ce qui va se passer ». Le langage de la peinture est toutefois prédominant dans son travail. Elisabeth Picot-Le Roy a choisi de présenter un ensemble d'oeuvres sur papier et de toiles de petits, moyens et grands formats.

 

Dans l'univers de l'artiste, il y a d'un côté le spectacle poétique du monde, ses paysages et de l'autre l'animal et l'homme, simples silhouettes qui tentent d'émerger des fonds denses quasi monochromes de ses toiles. Les individus,  comme les animaux de son vaste bestiaire sont finalement des personnages de grande solitude qui  questionnent et se questionnent sur le sens de la vie. Pas de pathos, mais l'expression de tous les doutes, de toutes les incertitudes. Pas d'exotisme, ni d'illusion non plus, une simple tentative de lever légèrement le voile sur ce qui relève de la cause première, de l'origine. Une peinture métaphysique qui ignore les acquis de la science, interroge l'espace et le temps, dans une quête dont l'objet est de révéler les possibles.
 

Car ici pas d'anecdote. Voulez-vous quelque chose de littéraire, de bonhomme ? Rien de récité non plus. Il s'agit plutôt d'une poésie qui va  jusqu'au coeur des choses et qui nous assure que l'esprit est ce qu'il y a de plus fin en l'homme, de plus solide aussi. 
 Une peinture rude, seule, confidentielle et véritable.


Cet art ne recherche pas la nouveauté mais l'exception,  excessif dans sa part d'admiration profonde pour les choses qui font l'unanimité : le vivant, ardent et raffiné dans sa diversité. Des portraits voluptueux, des nus à la sensibilité extrême. Une peinture intérieure, hors de  l'époque et qui ne peut faire école car elle est fantaisie et  lucidité, lyrisme et effort de rendre la nature, conquête de liberté  et composition exigeante.


Pas d'art décoratif ici. Mais des éléments, un bestiaire aussi, qui font songer que le succès ne vient pas nécessairement de la débauche des couleurs et de la taille de la toile. Le regard pénètre, sans indifférence, au delà du pittoresque et en  deçà des doctrines. Brunet aurait-il atteint le seuil de la sagesse en peinture ? Certainement avec talent et modestie.
 

L'exposition de Francis-Olivier Brunet est à voir du 6 au 26 juillet 2008 à la galerie Picot-Le Roy, "Le Nuage Bleu" à Morgat (Finistère)


P.Givodan 

 


prochaine exposition :


du 27 juillet au 24 août 2008
Hélène Duclos
Peintures
Djamila Hanafi
Sculpture

 

 
informations pratiques :

Galerie Picot-Le Roy
"Le Nuage Bleu" 14, Quai Kador
29160 MORGAT - Presqu'île de Crozon
http://www.picotleroy.com/
 
Elisabeth Picot-Le Roy
06 03 34 34 60
Contact Paris : 01 43 73 47 71

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 19:14

gravures, lithographies, livres



du 4 juillet au 28 août 2008



Galerie Remarque - Trans-en-Provence (83)





Fautrier : et la nuit recouvrit tout.

par P. Givodan



Sa renommée dépasse les frontières. Il habite une drôle de bâtisse que  l'on appelle l'histoire de l'art contemporain.  Sa côte est étrange et réputée. Cette année  il aurait eu cent dix ans. Son atelier imaginaire est certainement encombré de figures, de bustes  féminins et de paysages rayés en  voie de disparition. Il n'avait  aucune pitié pour ceux qui savent le latin et les périls nationaux. La France des bons père de famille demandait la paix. Lui n'en parlait jamais. Délivrons-nous plutôt de la bestialité disent ses figures d'otages,  ses corps abîmés, ses formes déviées. Et de quoi s'agit-il encore et toujours, sinon de la liberté en art,  loin des dogmes intangibles et des Académies. A ce moment le Président  quitta la foule des hommes du Parti et s'en  fut au banquet littéraire. Evidemment, c'est un rêve, toujours le même.  Celui que fait l'artiste ( ou le philosophe parfois).


Mon Dieu délivrez-nous de l'art qui oublie la vie et des fêtes qui  placent la volupté dans l'optimisme du repos de la pensée. Intransigeant au bon sens du terme, voilà un adjectif qui lui sied  bien. Un bon exemple pour les professeurs qui veulent devenir modernes. Loin des pompiers, entre Michel-Ange et Picasso peut-être. Une peinture de figures chiffonnées qui se soucie de la raison, du  sens de l'art et des conversations sans doute avec un vieux sage comme  Goethe (qui s'achemine vers le sublime bien qu'usé par la vie),  cherchant la correspondance des états d'âme sur la toile stigmatisée. Bon anniversaire M Fautrier et merci pour vos charmantes poitrines de  femme peintes et vos portraits d'hommes "indépendants".



P. G.






Jean Fautrier (1898 - 1964) a une place déterminante dans la conception et le développement de l'abstraction lyrique en France. Ce peintre, l'un des plus exigeants et des plus "virtuoses" (Jean Paulhan) de sa génération, a toutefois traversé différentes périodes picturales, depuis sa première période figurative, au réalisme sombre des années 20, jusqu'à l'explosion de ce que l'on appellera "l'art informel" dans les années 50.



Depuis la mémorable rétrospective en 1989, au Musée d'art Moderne de la ville de Paris, l'oeuvre de Fautrier a fait l'objet d'une seule autre grande rétrospective à la Fondation Gianadda en Suisse en 2005. Aujourd'hui, se souvenant que l'artiste aurait eu cent dix ans en 2008, la galerie Remarque lui consacre une exposition monographique.


Elle présente un large panorama des estampes de Jean Fautrier, avec entre autre la toute première exécutée en 1925 "Nu couché au bras levé" (55 x 34 cm) et la dernière de 1964, avant sa disparition, "La Forêt" (66 x 50cm). Ce sont pour la plupart des gravures et quelques lithographies qui composent cet ensemble de 25 oeuvres réunies et présentées du  4 juillet au 28 août 2008 par Jean-Pierre Sintive et Stéphanie Ferrat. à la galerie Remarque à Trans-en-Provence.



informations pratiques :

Vernissage le vendredi 4 juillet 2008 à partir de 18h
A chacun sa réalité. Lecture à 19h30.


Galerie Remarque
2, place de l'Hôtel de ville
83720 Trans-en-Provence
Tel 04 94 84 54 72


du mardi au samedi de 15h30 à 19h30 ou sur rendez-vou


voir aussi :
le site de la galerie Remarque

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:38

e//baloste  : critique du non-art intéractif.

Présenté ainsi ce pourrait être dans l'ordre chronologique : le récit  de la fin du monde, la critique de l'art du swing, le moyen de se  former un jugement esthétique post-duchampien ou, au mieux, disons de  jouer à devenir des "Mondrian pour le décor".

Sa compétence pour créer le malaise partagé est évidente. Le  développement de la musique abstraite par les amateurs de  (paléonto)"electropop" connaissant là son achèvement. En outre il écrit musicalement les chroniques du XXIe siècle et nous  fait vivre en héros la confrontation de l'image avec "Psychose" (de  Hitchcock).

Les oeuvres s'échelonnent en faisant participer le public consentant. On découvre comment un grand esprit européen et un homme de goût  certainement  empêche la gaieté, la fraîcheur, la subjectivité de s'exprimer.

Disons spontanément que l'on n'aime pas le sentiment electrique de cet  "art multimédia intéractif". Ou plus , que l'on déteste cette rigueur  intellectuelle sans lyrisme ; ce génie inséparable de la perte de la  poésie.


PG contact@pierregivodan.com


Pour la fête(?) de la musique à Lyon. e//baloste , musicien et chanteur  "pop" parisien et artiste multimédia. Rencontre entre l'art numérique  et le grand public, place de la Basoche.

voir aussi : 

Site : http://ibaloste.free.fr 
Myspace : http://www.myspace.com/ibaloste 
Youtube : http://www.youtube.com/ibaloste

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 17:29


La photographie à coup de marteau

par J.-P. Gavard-Perret

Daniel Girardin et Christian Pirker, "Controverses. Une histoire juridique et éthique de la photographie", Actes Sud, Arles, 320 p., 45 E.




ControversesA la dernière biennale de Lyon une surprise attendait le visiteur. Avec stupeur, il découvrait que la salle réservée aux clichés d' E. Newton était interdite au moins de 16 ans ! Comment dès lors s'étonner d'entendre sur la TSR un speaker suisse rappeler qu'une exposition où était présenté le "Piss Christ" d'Andrès Serrano (photographie d'un crucifix dans de l'urine et du sang) n'était pas recommandée aux moins de 16 ans ni aux personnes sensibles. Plus que jamais, et contrairement à ce qu'on pourrait penser, la question de la morale fait retour. Aujourd'hui, il n'est pas question de mettre en scène des photographies dans lesquelles l'image divine est bafouée. Dès qu'une photographie d'enfant dénudé apparaît l'amalgame avec la pédophilie fait retour. Il serait hors de question que David Hamilton jouisse aujourd'hui de la reconnaissance qu'il a connu dans les années 1970 quand ses photos ornaient les cahiers de toutes les lycéennes. Celles-ci comme celles d'Andrès Serrano, de Maccheroni sont désormais reléguées dans l'enfer des pinacothèques.



Pourtant la photographie qui fait problème attire. A Lausane  l'exposition "Controverses" qui présentait 80 clichés ayant entrainé des scandales entre 1840 et 2007, a connu un succès sans précédent. Elle montre - par la bande - le triomphe a posteriori, de ceux qui avaient fait hurler ou saliver, de ceux connurent parfois à travers la "faute commise" - comme Garry Gross avec la photo de l'enfant star de dix ans Brook Shields- la fin de leur carrière. Car si ce cliché a fait le tour du monde et a plutôt aidé la carrière de la comédienne  celle de son photographe fut stigmatisée.



Daniel Girardin (conservateur du musée de l'Elysée de Lausane) et Christian Pirker (avocat du droit de l'art à Genève) ont mis plus de quatre ans pour réaliser l'histoire des photos-chocs sans esquiver les problèmes que ces images pouvaient poser : extrême violence, vision de la mort ou de la cruauté, pédophilie potentielle et manipulations de tout genre. Chaque cas est disséqué dans leur livre et permet une réflexion sur la "valeur" et la puissance de l'image photographique en reposant les questions centrales : pourquoi ou comment photographier l'horreur ou le désir ? Comment et pourquoi mettre en scène les forces d'Eros et de Thanatos ?



Dans les images du livre comme dans celles de l'exposition, la photographie se définit tel un événement dans lequel le scandale est en mouvement, le devenir de l'art en cause . Après Socrate, pendant près de deux mille ans, "Dieu" a assumé la cohérence du monde en créant l'illusoire performance du Bien. Mais, au moment même où Nietzsche prévoyait la mort de Dieu, la photographie survint pour donner main forte à l'annonce du philosophe. Soudain était présent, sous nos yeux de manière "naturaliste", une sorte de vérisme qui offrait une image du monde, non comme il devait être mais tel qu'il était. Certes ce n'était pas neuf : la peinture (celle de Goya par exemple) était passée par là, mais le "néos" photographique assurait une autre dimension de ressemblance. C'est pourquoi elle fut fustigée par tous les iconoclastes et l'on se demande parfois quel "mal" les clichés pouvaient entraîner (photographies de Mappelthorpe, ou plus équivoques, il est vrai, celles de Valerio Tosacani, maître "à vendre" par le scandale  chez Benetton).



La photographie controversée met en effet en scène de manière crue un enfer mouvant. Nous sommes ainsi confrontés à une nouvelle subjectivité dans un univers qui en une sorte de fin de l'histoire rappelle l'époque sans foi ni loi du début de l'humanité. La photographie est donc accusée de tous les vices. C'est prendre la conséquence pour la cause, un vieux truc des iconoclastes mis en place au nom de la morale. Les deux auteurs le rappellent avec persuasion et précision.  Car si la photographie est acte, si elle naît de l'événement (histoire) : elle en est non la flamme mais le dépôt . Elle n’est "que" trace. De plus la morale n'a que peu à faire avec l'art.  On feind d'oublier que ce que la photographie propose est la déstructuration de la réalité vue et éprouvée au profit de la re-création. Pour reprendre deux titres de Rimbaud la photographie oscille toujours entre deux états : des “ études néantes ” et des “ Illuminations ” .



Ajoutons pour la défendre - même si elle n'en a pas besoin - que la photographie est au mieux le palimpseste de la mémoire mais surtout celui du réel. A ce titre elle ne peut qu’en contenir l’absence. Elle est donc la partie visible de l'iceberg, le négatif des images qui nous hantent. C’est là qu’à leur "couchant" flamboient des façades incendiées de désir ou d'horreurs.  En montrant le non montrable ne fait-elle pas alors penser l'impensable ?



Il ne faut toutefois jamais confondre photographie et innocence. Une "simple" image fût-elle scandaleuse n'est jamais aussi simple ou sulfureuse qu'il n'y paraît. Dans  toute photographie demeure quelque chose de plus obscur que son objet. Que la prise soit envisagée comme une activité esthétique liée au simple plaisir individuel ou qu'elle représente une fiction compensatrice dans un monde désenchanté, rationnalisé, ou encore qu'elle révèle le monde dans son absolue cruauté, cela ne change rien au problème. Il convient avant tout de comprendre qu'elle n'illustre rien, ne démontre rien, elle avance à coup de représentations qui tels des coups de marteau détruisent d'autres images pour faire surgir celles que nous ne connaissons pas encore ou que nous ne voulons pas voir.



La photographie ne doit donc pas craindre l'hystérie. Ce ne peut être une "contrehystérie" non plus puisque pour l'artiste, photographier revient à une exploration de sa propre étrangeté et de sa propre altérité. La photograhie est un mode d'intervention non sur les choses, mais sur le sentiment des choses.  Selon Alexandre Bloke, elle fait surgir  "le noir de l'étrange d'une chair exilée". La photographie qui fait "controverse" ne craint  pas le tumulte, elle le convoque. Les deux auteurs du livre l'explique, on charge souvent la photographie de ce qui ne lui appartient pas, la faute qui écrase et étouffe alors que cette dernière  est dans le monde.



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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 10:49

Feux, Corbeaux


petites toiles, lithographies, collages

du jeudi 19 juin au jeudi 14 août 2008

La Non-Maison - Aix-en-Provence (13)


&

Grandes toiles


du dimanche 15 juin au dimanche 6 juillet 2008

200 RD 10 centre d'art  -  Vauvenargues (13)





Un Poème de la mélancolie.


Dans l'histoire de la peinture moderne Vladimir Velickovic s'est  dégagé des défauts du réalisme au mauvais sens du terme . Ses  inquiétudes d'artiste traversent le XXème siècle et les nationalités  avec  brio.


Les temps sombres et peu remarquables, leur éclairage de fin des  Cycles, il en juge. On peut en esquisser la raison : les mémoires  n'ont jamais été nettoyées ni balayées depuis les dernières guerres  mondiales, au moins. La lumière n'a plus jamais traversé le ciel de la  même façon non plus. La société internationale a procédé à des lavages  de vitres . Mais on est encore mentalement avant-hier.  Ainsi les  "Feux" et "Corbeaux" qui peuplent ces lithos, collages, et huiles de  petits formats ou monumentales ( jusqu'à trois mètres par cinq )  offrent tout l'intérêt que présente une peinture dont la portée ne  s'évalue pas au nombre de toiles alignées contre un mur.


Chez Velickovic, évidemment, le vent de l'enthousiasme ne souffle  guère et son élégance est comme froide. Mais on souhaite qu'il pousse  encore longtemps sa chanson dont l'harmonie en rouge et noir  se  confond avec l'inspiration d'une fin d'après-midi. Admirable poème de  la mélancolie qui en oublie de décorer les murs et de distraire. 


L'oeuvre de Velickovic est louable de par sa sobriété et sa force  contenue. L'homme n'ignore rien du métier et l'on médite son art. Mais  la virtuosité n'a rien ici du pastiche. Vélickovic peint des fantômes  authentiques et ses habitants des limbes révèlent certains secrets de  notre véritable nature... notre folie récente aussi. Cet enseignement n'a rien de factice. Mais on se souvient mal des  enfers cependant. Ces tableaux rétrospectifs parlent d'éxécution. Et  la brume illuminée de rouge peinte avec goût dit la corruption  qu'attestent ces visites au spectacle inoubliable des univers saccagés.


L'exposition Feux, Corbeaux est à voir dans deux lieux à Aix-en-Provence, à la Non-Maison,  une galerie qui s’intéresse aux moments de jaillissement et au caractère  universel et intemporel de l’art et à 200 RD 10, un lieu  d'art contemporain situé à Vauvenargues (7km de Aix-en-Provence). Grâce à son travail en réseau avec d’autres lieux d’expositions, Michèle Cohen qui dirige la Non-Maison a rendu possible cette présentation monographique exhaustive du travail récent de Vélickovic.


Pierre Givodan




Informations pratiques :

vernissage samedi 14 juin 2008 à  18h
en présence de l'artiste


La Non-maison
22 rue du Pavillon 13100 Aix-en-Provence
m.cohen@lanonmaison.com 06 24 03 39 31
www.lanonmaison.com

du jeudi 19 juin au jeudi 14 août 2008
de 15h à 19h du jeudi au samedi et sur rendez-vous


&


Vernissage dimanche 15 juin 2008 à 12h
en présence de l'artiste

 

200 RD 10
Lieu d'art contemporain
les lamberts - 13126 Vauvenargues
04 42 24 98
200rd10@free.fr

exposition du dimanche 15 juin au dimanche 6 juillet 2008
de 16h à 19h tous les jours

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 12:39

"Papier Matière"

du 14 juin au 20 juillet 2008


Galerie Richard Nicolet - Coustellet (84)








Le travail de Françoise Ducret s'inscrit dans le sillage ouvert par les recherches que le mouvement Support-Surface a menées dans les années 1970 sur l'acte de peindre, les relations entre les formes et la matière, le support, châssis, toile. S'il fallait chercher  plus loin encore on pourrait appeler Matisse et ses papiers découpés. Car si le tissage est le mode d'exécution retenu par l'artiste  pour mettre en forme et en mouvement tant la couleur que la matière,  celui-ci est mis en oeuvre, pour obtenir ces pièces en volume, à partir de grandes feuilles de papier peintes et plastifiées, découpées en rubans qui seront  tissés sur le métier, parfois simplement modelés. 


Ensuite, placées dans leurs grands encadrements noirs et pesants,  les oeuvres seront libres. Elles pouront frémir au courant de l'air, être effleurées ou touchées par toutes les mains. Ici la mise en cause du tableau en tant que surface est délibérée et effective. Les dispositifs "Papier matière" dénient leur immobilité trompeuse, leur fragilité apparente. Ils ne cherchent  pas non plus la gloire des constructions extrèmes mais aspirent à la légèreté,  à la possession d'un espace à leur mesure.


Les oeuvres récentes de Françoise Ducret, volumes et pastels de la suite  "Papier  Matière" sont présentées au côté des sculptures d'Agnès Baillon  à la galerie Richard Nicolet du 14 juin au 20 juillet 2008. Plutôt qu'à un vernissage, c'est à "un jour de fête" de 10H à 22h que les artistes vous convient  le samedi 14 juin.


Catherine Plassart


Informations pratiques :


Galerie Richard Nicolet
P.A. Le Tourail
Coustellet - 84580 Oppede
04 90 04 06 65
contact@galerienicolet.com
www.galerienicolet.com


du lundi au samedi de 10h à 19h
le dimanche de 10h à 13h30 et de 16h à 19h

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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 12:02


Hantise de l'être

par Jean-Paul Gavard-Perret


Zao Wou-Ki, "L'encre, l'eau, l'air, la couleur", Musée de l'Hospice
Saint-Roch, Issoudun du 24 juin au 14 septembre 2008.




Zao Wou-KiEn 1949, le peintre Zao Wou-ki arrive de Chine et s'installe à Paris. Hésitant encore sur la technique qu'il veut employer, il s'intéresse à la lithographie et se rend dans un atelier qui vient de réaliser une importante série pour Henri Michaux : "les Meidosems". Confronté à ces premiers essais de Zao Wou-ki, Michaux est tout de suite vivement attiré par son travail et écrit un texte intitulé "Lecture de huit lithographies de Zao Wou-ki". Le terme "lecture" n'est pas choisi au hasard ! Dans une sorte de préface aux huit textes composés à partir des huit lithographies, Michaux s'en explique. Lire un livre, écrit-il en substance, est très ennuyeux car le chemin y est tout tracé par les lignes et les pages. Aucune liberté de cheminement. En revanche, dans un tableau, promenade ad libitum : "à gauche, aussi, à droite, en profondeur, à volonté. Pas de trajet, mille trajets". Tout est là, certes, mais rien n'est encore connu dans le premier regard. "C'est ici qu'il faut vraiment commencer à Lire". Et de répondre immédiatement à sa propre invite en se faisant "lecteur" des lithographies de Zao Wou-ki. Non sans inciter tout un chacun à en faire autant.


De cette première œuvre, à l'exposition "L'encre, l'eau, l'air, la couleur", du Musée de l'Hospice Saint-Roch s'inscrit toute une traversée sous le signe "de l'obstacle de l'eau" qu'il oppose "à l'obstacle de l'air". L'oeuvre reste une méditation poétique qui met en contact des plans différents d'états et de matières et de signes. Elle dessine un réseau de chiffrages, d'associations en une création dense d'images où la technique picturale et du dessin reste capitale. Zao Wou-Ki fait vibrer les sensations que peut provoquer le monde sensible grâce aux registres de la couleur, de la symbolique, de la mise en espace. Ni analyse, ni recréation : juste une approche très particulière qui tend plutôt à une co-création,  à une re-présentation du monde. Dans le strict cadre de l'œuvre, l'artiste tient toujours la bride à son imagination, s'y implique pourtant avec toutes ses intuitions, son intelligence et sa double culture. Rappelons qu'en 1985, il est revenu dans  son pays pour donner des cours de peinture dans son ancienne école de Hangzhou à vingt-six jeunes professeurs venus des diverses académies de Chine. L'exposition d'Issoudun permet non seulement de comprendre le pont entre les deux cultures mais de prouver, une fois de plus, que Zao Wou-Ki est l’un des plus illustres représentants de l’abstraction lyrique.  Par elle, il réussit la synthèse entre les moyens techniques de son héritage extrême oriental et l’ambition plastique et poétique de l’abstraction occidentale.


Zao Wou-KiChez un tel artiste les lignes parlent et interrogent, elles prennent corps et montent, nues devant la distance. Subsiste une suite de courants, beaucoup de noir et le jet d'une pluie inversée, dense, sombre qui passe en trame forte, durement. Plus loin dans la pente quelque chose se casse. Plus loin encore sur une sorte de crête un sommet ou le bout de cul de sac, un effondrement, une impasse... Bref ne subsiste que l’essentiel qui fait la "marque de fabrique" d’une oeuvre : sécheresse, hostilité, incendie des lignes. Comme si le temps n'existait plus ou ne finissait pas de finir là,  la peinture montre un non lieu, un trou, un chaos de ravins au seuil du noir. La perfection du geste est ici le désordre avec ce retour précipité, éternellement, perpétuellement : empierrement en arc, flot rampant contre l'habitude du regard. Ne demeure donc qu’un essentiel effet de démultiplication en ce mouvement perpétuel, en ce piège qui ne s'écarte pas. Il faut comme le peintre en accepter l'énigme de la trace.



Informations pratiques :

Zao Wou-Ki, "l'encre, l'eau, l'air, la couleur", encres de Chine, 1954-2007 au musée de l'Hospice Saint-Roch à Issoudun (36), du 14 juin au 14 septembre 2008
Le site du musée d'Issoudun



également : Zao Wou-Ki, estampes et livres illustrés à la Bibliothèque nationale de France / Site François-Mitterrand/ Galerie François 1er, jusqu’au 24 août 2008

Mardi - samedi de 10 h à 19 h
Dimanche de 13 h à 19 h sauf lundi et jours fériés

Le site de la BnF

 

 photos : (1) polyptique 2005 : collection particulière : Dennis Bouchard (2) BNF


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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 10:20

exposition : STEPHANIE DEVAUX, ROMAN GORSKY,
STEPHANE ROSA, MARYAM SHAMS, JEAN VILLAIN


du 5 juin  au  5 septembre 2008 - Mairie Saint Ouin l'Aumone (95)






"Nos écritures, les rumeurs du monde" est née d'une conversation avec des artistes du Val d'Oise autour des bruits, des on-dit, des blablas, des échos, des indiscrétions, murmures sonores ou discours muets, qui court sur sur les chemins du monde. Comment dire tout cela ?


Pour Stéphanie Devaux les mots sont les images précieuses d’une époque oubliée. Elle les allonge sur le papier pour un échange délicat et mystérieux. Le tremblement des ailes d’un ange, inventé par Roman Gorski, murmure aux oreilles, frémissement du vent dans les branches. Les cris de Stéphane Rosa déchirent le mur des songes. Le chant léger de Maryam Shams monte du ventre de la couleur, calligraphie l’histoire d'un territoire proche et lointain à la fois. Le langage photographique précis de Jean Villain décrit les haltes du voyageur.






informations pratiques :

Mairie de saint Ouin L'Aumone
2 place Pierre Mendès-France
Saint-Ouen l'Aumône
95318 Cergy-Pontoise Cedex

entrée libre aux heures d’ouverture de l’hôtel de ville et le dimanche de 10h à 13h
Renseignements 01 34 21 25 70

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Published by Art Point France - dans Centre : expositions
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