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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 07:31

du 27 juillet au 24 août 2008


galerie Picot-Le Roy - Morgat (29)






Stations des mascarades et conquête de l'air.


Vers la même époque vivaient au paradis ou en enfer, disons sur Terre,  une bande d'adolescents et de jeunes gens, hommes et femmes emmélés,  nus et hagards aux yeux inquiets.   Leurs visages rappelaient à la fois les délices de l'amour et les  supplices des cruels renoncements. Les oeuvres mystérieuses du Temps aussi.   Ils habitaient des lieux bizarres, des maisons ou des bois la nuit.  Ils vivaient comme en attendant de mystiques destins. Cette année là un homme rencontra une femme et de cette rencontre  naquit une foule de jeunes enfants destinés à devenir des hommes.

Précisons le rôle que le peintre Hélène Duclos, dont il n'est pas  inutile de souligner l'importance, joua dans l'évolution de cette  humanité en prise avec les tourments de la passion.    Or on sait depuis Descartes que cette donnée propre à l'homme est  le langage du corps, mais que livrée à elle-même et dans son usage non réglé elle peut conduire celui-ci à tous les excès.

Ainsi la vie artistique est faite de telle manière qu'elle nous  montre, hiver comme été, les travaux... et les travers de l'âme.   Certains créateurs néanmoins ont tendance à se répéter. Nous croyons pour notre part que ce n'est pas le cas de ce peintre qui  nous envoie d'intéressants messages. Cela dit, venons en au fait.

Que ce soit de petits tableaux rouges représentant l'affirmation  inconsciente de la volupté ou des toiles plus claires et de plus  grands formats qui s'élèvent à la symphonie de la vie heureuse, la  joie de peindre éclate ici du désir de sortir de la beauté de cette  humanité parfois pitoyable et qui peut faire un peu sourire. On sait dans quelle solitude sont aujourd'hui souvent les jeunes (et  moins jeunes) plasticiens contemporains.

Souhaitons profitable le parcours élégant de Hélène Duclos dont les  oeuvres ne manquent pas d'inspiration.

Pierre Givodan





Hélène Duclos est née en 1974 près de Paris. Après des études aux Arts Appliqués à Paris, elle voyage et trouve là une force nouvelle qui la pousse à s’engager dans la peinture. Elle apprend les techniques anciennes et s’intéresse aux grands maîtres pour forger peu à peu son propre langage esthétique et pictural. La peinture d’Hélène Duclos, dite « expressionniste » s’inscrit aujourd’hui dans le paysage artistique contemporain. Elle expose dans plusieurs galeries en France - Paris, Lyon, Aix–en- Provence, Annecy, Amnéville- les -Thermes -, et en Belgique.

Pour la deuxième fois, la galerie Picot-Le Roy l’accueille à Morgat : ses toutes dernières peintures y sont exposées.  Cette nouvelle série montre le développement de son travail sur la figure humaine, souvent représentée en mouvement et en groupe : il est question de peuples, de tribus, de sociétés et cela nous interroge sur les relations complexes que nous avons avec nous-mêmes et avec nos prochains.


« Je crois que nous n'habitons jamais tout notre corps au même moment. Nous ne l'habitons que par endroits, par moments, par sensations qui se déplacent. Je travaille sur ces sensations. Nous pouvons nous ressentir dans des états très différents selon le lieu, le moment ; ces états ont des frontières qui ne sont pas définies, pouvant aller jusqu’à se mélanger à d’autres états d’autres personnes .Je travaille sur le mouvement qui s’opère entre ces différents états. »
HD, mai 2008

 


Les toiles du peintre dialoguent avec des scuptures choisies de Djamila Hanafi : une série de têtes finement modelées d'une part et une série de bustes en terre cuite par ailleurs, extrait de la pièce « Eugène » qui réunit une foule de personnages, tous en attente, postés comme en observation.


« … En partant du support vers le sujet, puis inversement, je m’interroge sur le socle dans la sculpture. C’est une question classique, profondément liée à l’objet sculpture. Cette question-là m’intéresse depuis toujours, la question de la base, la base quelle qu’elle soit…». Djamila Hanafi


L'exposition Hélène Duclos Djamila Hanafi est à voir du 27 juillet au 24 août 2008.



informations pratiques :

Galerie Picot-Le Roy
"Le Nuage Bleu" 14, Quai Kador
29160 MORGAT - Presqu'île de Crozon
http://www.picotleroy.com/

ouvert de 17h à 19h30 sauf lundi
 
Elisabeth Picot-Le Roy
06 03 34 34 60
Contact Paris : 01 43 73 47 71
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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 07:40


Jeff Koons



par Pierre Givodan

Il était parvenu au sommet et de là contemplait le monde de l'art, son  luxe et sa misère, sa fausse vertu et son vrai attrait. Le diable et  lui ne faisaient qu'un. Il se dit :
-  Allons donc jusqu'au bout et l'on verra bien .
En fait de royaume il ne vit rien. Il connut la beauté et son envers.  Le diable l'emmena ruminer avec lui à propos d'un monde lisse,  brillant, inaccessible et superficiel. Il planait très haut et arriva  au sommet du monde (une seconde fois). Là il fut glorifié par les  savants en art contemporain, les musées du monde entier, les hommes et  les femmes riches ( de l'économie et de la politique). Beaucoup de  faux-rois et d'ignorants se croyant sages. Il ne dit rien car il était  parmi eux le plus fou des peintres, "installateurs" et sculpteurs. Il  avait vu des artistes mourir de faim et d'autres tuer dans l'oeuf leur  création. Il trompa son art qui le trompa à son tour. Il gagna le prestige. Les prêtres de l'art lui devinrent fidèles. Ce  n'était pourtant pas un intrigant, mais il avait une obsession : ne  pas tomber dans la boue. Il savoura les grâces de tous ses courtisans. Il devint un géant de l'art actuel et ses sculptures surplombaient (  encore ) le toît du monde à New York.
- Quel est ton nom ? lui demandai-je.
- Jeff Koons, absolument ! me répondit-il.
- Qu'as-tu vaincu ?
- Ma dualité.
- Pourquoi ?
- Je voulais être un symbole de la civilisation moderne et de ses images et garder ma liberté. Je crois y être parvenu.
Mais le diable me glissa à l'oreille :
- Tout disparaîtra et l'homme, le pauvre homme misérable s'assiéra au pied de son oeuvre engloutie dans les sables du temps.
Qui croire ?
Autant aller voir les oeuvres.
Elles sont dans le monde entier.

PG

Expositions
"Jeff Koons" du 31 mai au 21 septembre 2008, Chicago, Musée  d'art contemporain.
Sculptures de Jeff Koons, Metropolitan de New York. Octobre 2008
"Jeff Koons", Chateau de Versailles, France Septembre 2008.
"Jeff Koons Celebration", Neue Nationalgalerie, Berlin, du 31 octobre  au 8 février 2009.

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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 11:49

Pat Andrea et ses amis



du 4 juillet au 21 septembre 2008


Centre d'art contemporain Raymond Farbos - Mont-de-Marsan (40)




 



Vous n'aviez pas pensé durant l'été,  faire un détour par la petite ville endormie de Mont-de-Marsan  dans Les Landes. Et voici que l'invitation est pressante. Pour la première fois, on présente autour de Pat Andrea (on connaît mieux son travail depuis l'exposition "Alice" du Château de Chenonceau l'été passé  qui tourne un peu partout en Europe en ce moment),  toute une famille de peintres, "sa famille". Ils se défendent bien sûr d'être constitués en groupe, pas de manifeste ici, ni d'engagement solidaire. Toutefois, des complicités esthétiques fortes, nées  d'un langage plastique en partage, emprunt d'un certain classicisme, souvent teinté d'humour et de fantaisie.


Voici donc présentée au Centre d'art contemporain Raymond Farbos, le début d'"Une nouvelle histoire... autour de Pat Andrea".  Toutefois, si on vous parle de narration, dites non, c'est faux. On ne déroule pas de récits dans ces oeuvres, on nous confronte à des événements  et  on nous convie à l'étonnement.

- Sens ou Non-sens ?
- Le réel et l'imaginaire se croisent et s'enrichissent.
- L'ambiguïté vous paraît inquiétante ? Sommes-nous du côté du bien ou du côté du mal ?   
- Les mondes que l'on nous propose sont règlés différemment.  Autant d'univers à l'envers, irrationnels mais pourtant cohérents.

Renouvelés, régénérés dans le grand bain de l'absurde ou de la magie, les motifs de la peinture révèlent leurs origines,  mais aussi leurs anomalies, leurs méandres. Dans toutes ces oeuvres, on entend battre un coeur, haletant ou languissant, c'est selon.  Et cela s'appelle le  merveilleux.

Les peintres,  très jeunes pour plusieurs d'entre eux sont d'origines culturelles diverses :  Ghasem Hajizadeh (Iran), Axel Pahlavi (Iran), Simon Paieka , Jean-Philippe Paty (France), Nazanin Pouyandeh (Iran), Leopold Rabus (Suisse), Brann Renaud (France), Shi Xiang (Chine), Christina Ruiz Guinazu (Argentine), Orion Papleka (Albanais).


Après le Pulchri Studio à La Haye en 2007, c'est la première exposition en France de Pat Andrea et de ses amis peintres.  Ils se rencontrent au carrefour de nos hantises, de nos désirs, de nos fantaisies. Chacun possède son  univers, loufoque, extravagant, violent, néo-réaliste toujours extraordinaire. L'exposition est à voir Centre d'art contemporain Raymond Farbos à Mont-de-Marsan jusqu'au 21 septembre 2008.


Catherine Plassart



   
 Jean-Philippe Paty      Leopold Rabus



informations pratiques :

Centre d'art contemporain Raymond Farbos
3 rue saint vincent de Paul
40 000 Mont de Marsan
tél: 05 58 75 55 84

ouverture de 10h à 13h et de 14h à 18h du lundi au vendredi
14h à 18h le samedi

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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 08:45

"Paris-New York"


du  1er juin au 7 septembre 2008


Fondation Beyeler, Bâle (Suisse)


Fernand Léger


Léger, un poète en Amérique

Comme un poète Fernand Léger représente un renouvellement dans la  peinture de la première moitié du vingtième siècle. C'est en grand  voyageur rempli d'enthousiasme qu'il crée une oeuvre où la vie et le  rêve sont inséparables. Sa poésie picturale existe aussi dans la  correspondance entre le parcours de l'homme , les oeuvres et les  influences américaines qu'il génère ici.


Il y a d'une part le rythme de Léger. Ses personnages romanesques,  cette obsession de la souplesse dans le rendu des formes vitales. Et  d'autre part le salut des américains (Lichtenstein par exemple) au  "vieil européen".
Ce n'est pourtant pas une peinture de la volonté pure ou de  l'intellect que celle de Léger. Bien sûr la matière est contrôlée et  l'inspiration bien conduite. Mais l'enjeu est simple : ouvrir la vie à  l'inattendu. Non pas fouiller les plaies, mais greffer des  morceaux  de rêves pour de nouveaux corps. Les artistes américains ont répondu à  cette parole.

La profondeur de l'art de Fernand Léger se mesurerait-elle à la pureté  de sa poésie ?


PG


Exposition Fernand Léger, fondation Beyeler, Bâle."Paris-New York" du  1er juin au 7 septembre  2008.


informations pratiques :

Baselstrasse 101, CH-4125 Riehen/Bâle
Tél. +41 (0)61 645 97 00
Fax +41 (0)61 645 97 19
Informations par boîte vocale: +41 - (0)61 - 645 97 77
e-mail fondation@beyeler.com


tous les jours de 10 à 18 h, le mercredi jusqu'à 20 h
Le musée est ouvert tous les dimanches ainsi que tous les jours fériés



voir aussi : http://www.beyeler.com/fondation/f/html_11sonderaus/01_aktuelle/intro.htm


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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 09:40

vers de nouveaux imaginaires


du 23 mai au 31 août 2008



les Abattoirs  - Toulouse



 


"A l’épreuve des mutations et des métamorphoses qu’elle a elle-même provoquées, notre époque contemporaine s’est obligée à réinventer le futur qu’elle s’était préparé. Donc le présent. Plus que jamais en ce début de XXIe siècle, l’humanité est face au défi de reconsidérer son rapport à l’univers, à la planète, à l’autre, à la technologie, à la nature, au politique, à la ville, et même à l’art."


Ce constat établi, l'hypothèse de Pascal Pique, commissaire de l'exposition est  que les artistes "qui débordent les limites convenues de l’art et de l’esthétique" , qui brassent les divers champs de la connaissance  sont les chercheurs en mesure de nous représenter l'image de notre paysage  futur. Perspective et prospective, catastrophisme et positivisme, la création nous ouvre la porte d'un futur dont les formes restent à inventer.

Jan Fabre - Anthologie d'une planète

Les artistes  :
 - Jan Fabre (Belgique)
- Emre Huner (Turquie)
- TODT (EU)
- Evru (Espagne)   - Mark Dion (EU)
- Pavlina Fichta Cierna (Slovaquie)
- Siobhan Hapaska (GB)
- AES + F (Russie)   - Art Orienté Objet
- Basserode
- John Isaacs (GB)
- Nicolas Primat
- Berdaguer & Péjus

   


informations pratiques :

les Abattoirs
76 allées Charles-de-Fitte, Toulouse
Tel  05 62 48 58 00

Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h



voir aussi : http://www.lesabattoirs.org/expositions/2008/neofutur.htm

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 15:16

1918-1988, rétrospective


du 4 juillet au 30 septembre 2008


musée des beaux-arts de Quimper (29)

 

 

 Jean Degottex        Jean Degottex

 


Le Musée des beaux-Arts de Quimper propose jusqu'au 30 septembre 2008 une exposition rétrospective de Jean Degottex, la première depuis la disparition du peintre, il y a vingt ans. Elle s'ouvre sur un ensemble d’œuvres réalisées à Portsall  durant l’été 1954. Invité alors, par le critique Charles Estienne, l'artiste, durant son séjour sur la côte nord du Finistère, découvre l'alliance avec les éléments. Il abandonne la   représentation des paysages. La peinture devient le support d'une contemplation et d'une méditation.


L’exposition se poursuit  par l’évocation, des différentes étapes de ses recherches sur le signe, le vide, l’écriture et les lignes d’écriture. Suite à sa rencontre avec André Breton, il découvre la calligraphie, la philosophie orientale et le zen. Arrivent les années soixante qui voient  le peintre abandonner le pinceau et renoncer aux limites traditionnelles de l’œuvre. Ses expérimentations le conduisent à exploiter divers  matériaux et à inventer de nouvelles techniques, lacération, arrachage, encollage, tissage,  pliage. Soutenu par une réflexion, son travail plastique le pousse toujours vers d'autres investigations. Il collabore avec des chorégraphes, des compositeurs, des poètes, des architectes.



Souvent dans la rupture, il déroute bon nombre d’amateurs et galeristes. Par ailleurs, sa démarche plutôt austère - il défend "l'art minimum" - l’isole. Degottex, peintre français abstrait de la seconde moitié du XXme siècle est sans doute le plus américain de nos artistes. Proche d'une certaine manière d'un  Rothko ou d'un Barnett Neumann, il ne peut pourtant se comparer à personne. Car il y a dans sa peinture une mesure qui naît de l'épuration des formes, de l'apaisement de la couleur   et qui  possède une qualité consolatrice intrinsèque.    " ...en laissant vivre l’accidentel, la fragilité des traces, des coulures, des trames, la toile est la fragilité même du fait humain, l’irréductible singularité de chacun et comme un appel à la méditation devant un espace sacré qui se passerait de Dieu." Maurice Ulrich.



L’exposition Jean Degottex 1918 - 1988 rassemble 60 dessins et peintures, beaucoup de très grands formats. Elle offre l'occasion de mesurer la force, l'exigence et la  liberté de l'oeuvre d'un très grand artiste. Seule la discrétion  de l'homme de son vivant a empêché que son oeuvre ait le retentissement qu'elle mérite.

C.P.



informations pratiques :

Musée des beaux-arts de Quimper
40 place Saint-Corentin  29000 Quimper
Tél.02 98 95 45 20

Du mercredi au lundi de 10h à 12h et de 14h à 18h

Commissaire : André Cariou, directeur du musée des beaux-arts de Quimper


Publication :

A l‘occasion de cette exposition et de celles à venir d‘Evreux et de Bourg-en-Bresse, les Editions Fage de Lyon éditent un ouvrage consacré à Jean Degottex (l'ouvrage de Jean Frémon, édité en 1986,est aujourd‘hui épuisé).

 Il comprend :
- 180 reproductions d'oeuvres et 30 photographies du peintre
- un avant-propos de Bernar d'Heidsieck,
- « JeanDegottex», par Maurice Benhamou,
- « La peinture au minimum », étude par Pierre Wat
- « LaBretagne de Jean Degottex» par Renée Mabin
-  Notes de parcours (du concret de la peinture) par Jean Degottex et plusieurs autres de ses textes
- plusieurs préfaces d'expositions  de différents auteurs dont "L‘Epée dans les nuages",   par André Breton en1955



voir aussi : le site du musée des beaux-arts de Quimper

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 14:58

Paris, 1960 - 1972


jusqu'au 13 juillet 2008


Galeries nationales du Grand Palais - Paris (8)







  Retour sur "La Figuration narrative".

Cette année-là Edouardo Arroyo rencontra Gilles Aillaud et Antonio  Recalcati et puis naquit la série de huit tableaux "Vivre et laisser  mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp" (1965). "L'école" de la  Figuration Narrative à laquelle appartiennent beaucoup de jeunes  artistes précise son objectif.  Le choix esthétique est clair chez  Arroyo par exemple : " ... dans une revue qui s'appelait Arts et  Spectacles ... On y demandait qui était le plus important entre  Duchamp et Picasso et Duchamp a gagné. Alors j'ai compris que c'était  fini, que c'était la porte ouverte à tout ce que je déteste : le  marché officiel, le double marché, les oeuvres destinées exclusivement  au musée... Tout ce que je déteste vient de là et c'est pour cela qu'il  fallait l'assassiner."  (D'après les propos d'Edouardo Arroyo,  recueillis en novembre 2007 et repris dans la catalogue de  l'exposition).



La naissance de la figuration narrative vient de là, de cet ensemble  nouveau de réactions à une réalité qui n'avait plus rien de  visionnaire ni de réellement conscient, senti et intériorisé. Il  n'était plus besoin d'être un homme cultivé pour penser par exemple  qu'un tabouret, selon qu'on le place ici ou ailleurs cessait d'être un  tabouret... C'est ainsi que les toiles figuratives et narratives qui ont donné  lieu à cet évènement, d'avril dernier à juillet au Grand Palais sont  encore provoquantes et frappent vivement par leur aspect  essentiellement "impur" et parfois burlesque. Les jeunes peintres  d'alors par des raccourcis, de nouvelles perspectives, "déformaient"  la qualité de l'objet tableau, rompaient avec le concept, s'adonnaient  à un art de la liberté. La peinture s'acheminait ainsi vers une  nouvelle figuration  comme la littérature et la musique brisaient de  nouveaux tabous. Loin de cette idée "d'art pur" (tentative terroriste  ?) dont on ne peut nier qu'elle en ait convaincu plus d'un et par là  forcé aussi le respect.


Mais la vie artistique, comme la jeunesse, passe.  La jeune peinture des années soixante, spirituelle et utile à ceux  qui veulent connaître l'histoire de l'art pictural récent en France, a  exprimé nombre d'idées contemporaines qui ajoutent à l'intérêt de  cette exposition , à commencer par celle qui rend ridicule la défense  des artistes qui ont pris la parole pour donner lieu à un art  d'imitation intransigeant et occultant tout essor, tout don, toute  vraie audace. La brusque rupture incarnée par la Figuration narrative  annonçait un temps nouveau. Cette expression méritait bien une  exposition nouvelle.

PG

" La Figuration narrative " (Paris 1960-1972), Grand Palais, Paris, du  16 avril au 13 juillet 2008.

photo : El caballero espanol
Eduardo Arroyo, Centre Pompidou
ADAGP, Paris 2008
© Photo RMN




Informations pratiques :

Galeries nationales du Grand Palais

3 avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
Entrée: Clemenceau ou square Jean-Perrin
Tél. : +33 (0)1 44 13 17 17 (serveur vocal)
information.gngp@rmn.fr

Ouvert de 10h à 20h (22h le mercredi); fermées le mardi

site : www.rmn.fr


Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 12:35

exposition


du 11 juillet au 19 octobre 2008



Au musée des beaux-arts de Brest (29)







Un port, son histoire, ses représentations


Des premières représentations du château dans un livre d’Heures d’Anne de Bretagne, aux peintres de marine comme Charles Lapicque, l’exposition donne à voir un port, non seulement sous un angle d’hagiographie officielle mais aussi avec une vision sensible et sociale de ses quais, de ses marchands, de ses bagnards.


L’exposition « Brest et les peintres », réalisée par le musée des beaux-arts de Brest avec l’historien Alain Boulaire court sur quatre siècles, allant des premières représentations du XVIIème siècle à la période contemporaine.  Depuis le grand port militaire créé par Richelieu jusqu’à la métropole actuelle qui s’émancipe de son arsenal, en passant par les départs des expéditions des grands explorateurs tels Lapérouse, la création du port de commerce par Napoléon III et les guerres du XXème, l'histoire de la ville et du port avec son château peut se lire dans ses multiples représentations. L’école de dessin de la Marine a été une pépinière d’artistes prestigieux , on pense à Nicolas et Pierre Ozanne. Mais la ville elle-même a fourni son contingent de peintres, dont les oeuvres ont enrichi les collections du musée à partir de1850.



Peintres, marins et voyageurs, Auguste Mayer ou Léopold Le Guen ont véhiculé l’image des grandes heures de Brest liées à la Royale.  Jean-François Hue ou Pierre-Julien Gilbert feront des effets de lumière, associés à une description précise des activités humaines et de l’architecture, les éléments centraux de leur recherche. Leurs vues des ports sont  un véritable appel à l’évasion et au rêve. Nicolas Ozanne qui a tous les talents va transmettre avec exigence un style de peinture de marine mis au point par Joseph Vernet. On reconnaît à son frère Pierre un souci plus artistique dans la transcription de la vie maritime. A l'heure du romantisme qui trouve au XIXème siècle, dans la puissance de la mer et les tragédies qui l’accompagnent une source d’inspiration, Eugène Isabey hausse la peinture de marine au rang de  genre florissant. L’exposition présente également des œuvres soigneusement choisies des Van Blarenberghe, de Léon-Antoine Morel-Fatio, Henri Durand-Brager, Léopold Le Guen,  Jules Noël, et d'autres encore...





Les artistes contemporains se transmettent en héritage une certaine approche de la peinture révélée par la lumière de Bretagne, réactivée par l’effervescence de la cité brestoise et renouvelée par le fauvisme et le cubisme. De nombreux artistes, comme Jean Le Merdy, se situent ainsi dans la lignée d’Emile Compard et de Charles Lapicque. Lucien Victor Delpy peint Brest et les fluctuations de l’océan. Le port de commerce inspire Charles Fouqueray.


Plus près de nous, deux artistes, Jim- Eugène Sevellec et Pierre Péron  offrent un témoignage précieux sur les paysages de Brest, sur son architecture, son port et sa lumière si particulière. L’attrait des peintres pour le spectacle maritime n’occulte pas la cité contemporaine, lieu d’échange, populaire, industriel. Anne Smith a longtemps peint le port de commerce et les paysages de Brest. Les grues de l’américain William Mackendree identifient Brest comme New York. Yvan Salomone peint au voisinage de la sociologie, repérant, puis restituant sur la toile, zones portuaires désaffectées, chantiers, «cadavres » du monde moderne. André Léocat passe de la peinture à la sculpture, répondant ainsi à un besoin d’ « habiter » les lieux, de «les pénétrer, tant physiquement que mentalement ».


Hervé Le Nost restitue également sa vision du port. Ses photographies sont contenues dans des formats circulaires pour n’en laisser entrevoir que le détail, un assemblage de touches, une vision picturale de Brest, des fenêtres sur un monde biscornu. Les photographies d’Isabelle Artuis  sont tirées d’une vidéo. Assemblées, elles deviennent une véritable circulation qui « met à jour la relation étroite et irréductible qui s’opère à Brest entre la peinture, la mer, l’architecture en béton d’après-guerre, et les différentes activités sociales, militaires, et commerciales du port de commerce. ». Leurs oeuvres  éclairent souvent l’histoire de tons nouveaux et évoquent une ville simple, chaleureuse, intelligente, bouillonnante, qui s’invente un avenir loin des images chromos de la place forte militaire. Et l'on s'aperçoit que de toutes les cités de l’Ouest, brest est, de loin, la plus représentée.



L'exposition  « Brest et les peintres »,  réunit des œuvres prestigieuses, issues principalement des collections du musée de Brest, du Musée national des châteaux de Versailles et du Trianon, du musée national de la Marine et de collections particulières. l'exposition qui  est à voir au musée des beaux-arts de Brest du 11 juillet au 19 octobre 2008  fait écho aux fêtes maritimes de « Brest 2008 » qui tous les quatre ans autour de grands voiliers venus des quatre coins du monde réunissent  2000 bateaux, 15 000 marins, 500 000 visiteurs,  se dérouleront du 11 au 17 juillet 2008.



 

Informations pratiques :



Musée des beaux-arts de Brest
4 rue Traverse 29200 Brest
 02 98 00 87 96
musee-beaux-arts@brest-metropole-oceane.fr

ouvert tous les jours sauf lundi, dimanche matin et jours fériés
de 10h à 12h et de 14h à 18h

Commissaires de l’exposition : Françoise Daniel, conservatrice en chef du musée des beaux-arts de Brest et Alain Boulaire, historien



voir aussi :  http://www.mairie-brest.fr/communication

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 10:53

“ Qu'es Aco ? ”
Peinture, sculpture, céramique.
cent quatre oeuvres inédites


du 4 juillet au 2 novembre 2008



La Fondation Van Gogh - Arles (13)



     




Combas et le Temple de l'Oeil

C'est un peintre méditerranéen. Il s'expose volontairement au ridicule  avec ses fleurs démesurées, ses femmes aux foulards désuets, il tente  d'assembler les mythes qui remontent à Van Gogh, loin des yeux secs et  des bouches impitoyables. Il a quitté Paris, la ville grise et bleue,  il s'est avancé vers les bords de la mer du milieu.

- "Qu'es Aco ?"

Il a cassé la clôture mentale, dédaigné les avis partagés, les  conseils prudents. Il a touché des mains la guitare d'un poète  américain et a répondu, proche, prêt à réagir à l'invitation du Centre  Van Gogh. On est venu, on a vu, vaincu, on a admiré, on a baissé les  armes.


Constance, certitude, expression de la maîtrise (voyez ses sculptures  de petits crucifiés et ses grands formats de natures mortes allégés sur fond blanc, entre autres...) Il a dialogué avec son corps en visant la cible publique : le  hollandais fou, l'homme à l'oreille coupée. Ses perceptions  extralucides ont fait fleurir le jardin de la mémoire collective  (celle des rêves du pauvre mystique du nord jeté dans la Provence  fauve et sauvage). On se disait qu'un jour Combas finirait par mettre à nu le contenu de  cette P... de région. Evidemment avec le sourire du séducteur, il a  surmonté ce goût de la mort et du sang qui hante le pays. Cette fausse  insouciance, cette délicatesse aussi, cette sensualité et cette  violence très rock n'roll finalement.


Tel Ulysse, Combas a donc vaincu le Cyclope par la ruse. Résistant aux  sirènes molles, il s'est frotté aux os de la Terre provencale. Et c'est  impressionnant. Les toiles défilent , préservées dans leur majesté qui  fait abdiquer les yeux. Même un aveugle sentirait la peinture, rien  qu'en touchant les oeuvres. Et le temps s'est fendu. Et la bouche de  Van Gogh s'est ouverte. Et le monde des images a cligné d'un oeil :

- Salut à toi Combas qui a su arracher de l'obscurité le ciel primitif !

L'opération était réussie. Rouge, jaune, verte, la vue écarquillée  aussi vers l'espace intérieur. Les spectateurs aux pupilles comme dilatées, excitées, hypnotisées,  inscrivaient l'oeuvre dans la lumière, les mythologies féminines, le  dieu du soleil et les créatures de feu faites de muscles et de nerfs  (jamais ascétiques).

PG

 


photos : Barbu rouquin 2008, Femme Méditeranéenne, 2008, La fenêtre optimiste, 2007

 

 

 

 

 Pierre Givodan

contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

 

 

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 09:24
du 19 juillet au 15 août 2008.

Chapelle Saint Velle au Folgoët (29)





L'art dans les chapelles du Léon
Un nouveau circuit d'expositions dans le Nord Finistère .

Jean-Pierre Hue expose à la chapelle Saint Velle des laques sous plexiglas de grands formats dont le thème est la ville dans toutes ses dimensions:

Lieu d'addition de passé et de présent, lieu de traces mais aussi de déambulations, de vie: ville actuelle, peuplée, vivante, mais aussi ville en devenir, ville futuriste.



Informations pratiques :
La chapelle est ouverte tous les jours de 14h30 à 18h30
L'artiste sera présent tous les dimanches après-midi durant la période d'exposition.
 
photo :  "Pen ar bed- Le bout de la terre"
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Published by Art Point France - dans Nord Ouest : expositions
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