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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 05:25



Jeffar Khaldi


Edito : Le Moyen-Orient dévoilé.

Charles Saatchi propose à Londres à la Saatchi gallery, une exposition remarquable "New Art from the Middle East" dont l'audace n'a été sanctionnée par aucun mollah en armes, dont l'inscription dans le politique n'a provoqué aucune manifestation tapageuse. Et pourtant les dix-neuf artistes exposés qui couvrent un territoire allant de la Tunisie à l'Irak, de l'Algérie à la Syrie ouvrent les frontières d'un Moyen-Orient qui dévoile son histoire contemporaine avec son torrent de conflits, sa spirale de contradictions, sa difficulté à allier différences culturelles et valeurs d'une société définitivement mondiale.


Kader AttiaL'oeuvre la plus spectaculaire de ce vaste ensemble est une salle remplie de silhouettes réalisées en feuilles d'aluminium de 251 femmes musulmanes à la prière par l'artiste franco-algérien Kader Attia. Les photos de femmes en habits dont les visages ont été remplacés par des objets domestiques, râpes à fromage, fers à repasser, gants de ménage... de l'artiste Shadi Gahdirian qui vit à Téhéran, lui font écho.

La critique est presque toujours produite de l'intérieur. Prenez l'iranien Ramin Haerizadah qui vit aussi à Téhéran, il apparaît semi nu et velu, paré comme une femme dans une série d'images titrée "les Hommes d'Allah". Il y raille les vues machistes des ecclésiastiques barbus qui prêchent l'oppression.


Certains artistes vivent cependant en exil, comme le photographe irakien Halim Hal-Karim qui durant trois ans, avant de s'enfuir pour les Etats-Unis, s'est caché pendant la Guerre du Golfe, dans un trou dans le désert pour éviter le service militaire. Son travail, des impressions digitales, conteste explicitement l'oppression politique du régime de Saddam Hussein.

Tous confrontent dans leurs oeuvres, les conditions Diana Al-Hadidpolitiques et sociales de leurs pays à des données mondiales et abordent de manière prévisible les thèmes de l'art, du sexe, de la consommation. Toutefois le questionnement le plus récurrent concerne bien les identités, celles des individus mais aussi celles des territoires.

L'artiste libanais Marwam Rechmaoui propose une grande carte en caoutchouc, posée au sol, de Beyrouth telle qu'elle se présente aujourd'hui, avec toutes ses divisions. L'artiste palestinien Wafa Hourani, qui travaille à Ramallah nous montre le futur camp de réfugiés palestiniens ( daté 2067). Etonnant message au vue des actions israéliennes récentes dans la bande de Gaza.

Car la politique et l'histoire dont ils traitent sont intérieures et extérieures. Les sculptures de Diana Al-Hadid  ont toutes pour thème la tour. Si l'artiste syrien-américain déclare l'horreur de l'attaque du World Trade Centre et propose une Tour de Babel en bien piteux état, c'est pour nous mettre en situation fictive d'homme et femme du futur nous retournant sur les folies meurtrières et tragiques d'une époque submergée par son incapacité à maîtriser le développement technologique et urbain, les avancées du progrès et de la globalisation. Un regard ici à la fois décentré et décalé.

Ahmed Alsoudani Enfin dessins et peintures dans des formats surdimensionnés décrivent des situations plus subjectives, déclinent des visions plus sensibles. Ahmed Alsoudani (Irak) livre sa rage face à la violence faite à l'intimité ; Jeffar Khaldi (Dubaï UAE) mêle la nostalgie et le rêve, aux faits et à la fiction ; Tala Madani (Iran), précise et minimaliste, fait vite et simplement retentir ses indignations et ses espérances ; Laleh Khorramian (Iran) utilise une technique élaborée pour des peintures abstraites dans lesquelles jamais la main n'intervient. Le processus conduit à une "révélation" par la couleur salvatrice qui autorise le deuil.



Et ainsi, je n'aurai pas présenté tous les artistes de "New Art from the Middle East" et c'est bien dommage car chacun apporte sa contribution plastique à une réflexion essentielle qui détermine l'évolution des relations entre l'Occident et le Moyen-Orient. Et puisqu'une minorité d'entre nous se rendra dans le quartier de Chelsea avant le 31 mai, visiter cette exposition, nous nous félicitons que le site Internet de la Saatchi gallery offre un panorama assez complet des oeuvres des dix-neuf artistes concernés.



Catherine Plassart



autres artistes de l'exposition :
Nadia Ayari (Tunisie) | Ali Banisadr (Iran) | Shirin Fakhim (Iran) | Barbad Golshiri (Iran) | Rokni Haerizadeh (Iran) | Khaled Hafez (Egypte) | Hayv Kahraman (Irak) | Farsad Labbauf (Iran) | Ahmad Morshedloo (Iran) | Sara Rahbar (Iran) |


photos : (1) Jeffar Khaldi , (2) Kader Attia, (3) Diana Al-Hadid, (4) Ahmed Alsoudani



voir aussi : La Feuillée N° 29 du 19/02/09


informations pratiques :

Saatchi gallery
Duke of York's HQ
King's Road
SW3 4SQ Londre Angleterre

Tous les jours de 10h à 18h

le site de la Saatchi gallery


Catherine Plassart 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

Les éditos de La Feuillée

 



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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 17:02

"I COLORI DELLA SCRITTURA "
Les couleurs de l'écriture.


du 7 au 21 mars 2009

Fondazione Marazza - Borgomanero (Italie)



Laura PitscheiderLa route qui mène au Sommet.
Je cheminais dans le jour et je fus surpris par une lumière jaune étrange qui surplombait la vallée. Car j'étais monté très haut sur le Mont Analogue et de là je contemplais les contreforts resserrés des montagnes. De loin on apercevait des lignes de crêtes et comme des habitations qui disparaissaient derrière de blancs nuages. De la lumière encore, des cris de joie d'oiseaux qui de temps en temps traversaient le bleu du ciel. J'essayais d'appeler et ma voix renvoyait un écho attachant. Je ramassais un brin d'herbe violet et rouge. Je m'assis sur un talus et je restai là à attendre, réjouis intérieurement. J'étais sur le versant de la netteté, au niveau des choses qui emplissent le coeur. Le monde bougeait sûrement. Et très lointaine, la ville pouvait rire et  plaisanter. J'avais reussi à m'élever jusqu'à la route de la vie amie.

PG

L'exposition de Laura Pitscheider "I colori della scrittura "  réunit une suite de peintures  sur papier , "Le jardin du poète",  un ensemble autour d'un de ses poèmes de quatre peintures sur papier grand format "Alphabet de poudre" , les aquarelles   "Le Mont Analogue"  d'après le roman d'André Daumal et  plusieurs livres d'artistes.


photo : "Le Mont analogue"  Laura Pitscheider 2004/2005 aquarelle sur papier/ watercolour on paper  14 x 22,5 cm





informations pratiques :

vernissage le 7 mars 2009

Fondazione Marazza
Viale Marazza 5
28021 Borgomanero NO
Tel. 032281485

ouvert : du mardi au jeudi de 14h à 19h
vendredi de 9h à 12h et de 14h à 19h
samedi de 9h à 12h et de 14h à 18h


voir aussi : la vitrine de Laura Pitscheider sur Art Point France, le site de la Fondation Marazza

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 06:57

tapisseries (1940-1965)


Du 29 novembre 2008 au 17 mai 2009




Musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine - Angers (49).



Jean Lurçat



 

Jean Lurçat Lurçat a connu deux guerres. Il a vécu les horreurs de la première et a été résistant dès 1940 dans le maquis du Lot  pendant  la seconde. Il dénonce la violence et la bêtise humaine et cependant croit encore en l’homme. Surréaliste, il  conserve longtemps le goût   de l'insolite,  l'esprit du merveilleux. Il  place dans ses tapisseries des poèmes, des textes écrits « en miroir », les siens ou ceux de ses amis poètes,:  Paul Eluard pour la tapisserie Liberté est sans doute l’exemple le plus célèbre, mais également ici, Pierre Seghers ou Jean Marcenac.

 Il a su redonner sens et langage à la tapisserie contemporaine et a entraîné avec lui toute une génération d’artistes plus jeunes. Ses œuvres sont connues du monde entier. La plus importante : « Le Chant du monde », un ensemble de dix tapisseries monumentales (347 m²) constitue une vision épique, poétique et humaniste du 20e siècle.  Elle est exposée en permanence au musée d'Angers.

La présentation actuelle "Jean Lurcat, Tapisseries (1940 - 1965)"  est  un panorama de trente ans de l’œuvre tissée de l'artiste, elle réunit d’une vingtaine de pièces. C’est le troisième volet d' une exposition itinérante que le musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine d’Angers propose à la suite du musée des Arts Décoratifs de Riga (Lettonie) et du musée du Textile de Lodz (Pologne).
C.P.


Jean Lurçat

 

Catalogue : Jean Lurçat : édition quadrilingue (polonais, letton, anglais et français), textes de Arnaud d’Hauterives, Alida Kreslina, Norbert Zawisza, Françoise de Loisy, et Yves Millecamps, Académie des Beaux-Arts, Paris, juin 2008,  64 pages, 10 €


photos : (1)  Jubiation, 1964  (2) Homme jaune, 1958 ( 3 ) Tropiques, 1956

informations pratiques :

musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine d’Angers
4 boulevard Arago
 49100 Angers
musees@ville.angers.fr
02 41 05 38 00


du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h

voir aussi : www.musees.angers.fr www.institut-de-france.fr , la VIDEO de l'exposition

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 06:27

 Interno Metafisico


du 31 janv. au 07 mars 2009 

Galerie Yvon Lambert  - Paris.



Giulio Paolini


L'oeuvre de Giulio Paolini rend hommage à Giorgio De Chirico et son tableau Thèbes : une chaise est placée devant un mur au centre duquel trône un grand cadre en bois blanc entourant un collage sous plexiglas. Des diagonales noires et rouges sont tracées au crayon, quadrillant un peu plus l’espace utilisé. Le cadre principal a les dimensions exactes de Thèbes (1928). Le collage reprend l’iconographie de ce même tableau, y ajoutant l'image découpée du peintre, nu, assis sur une chaise.

L’emploi de "Thèbes" par Giulio Paolini est d'ailleurs récurrent. Le même tableau   lui avait inspiré une installation réalisée, il y a quelques années, au Mart de Rovereto.  De Chirico, auteur de  "peintures métaphysiques" occupe  une place de choix dans les productions théoriques et artistiques de l'artiste italien dont l'oeuvre est contradictoirement "analytique et énigmatique".
 
Yvon Lambert  présente dans le Project Room  de sa galerie, une réalisation exclusive de Giulio Paolinin intitulée "Interno Metafisico". Hommage au maître, elle prolonge la collaboration de l’artiste au catalogue de l’exposition dédiée à  De Chirico (13 février - 24 mai 2009)  par le Musée d’art moderne de la ville de Paris.  

C.P.



informations pratiques :


Yvon Lambert Paris
108, Rue Vieille du Temple
75003 Paris
01 42 71 09 33
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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 06:40

Du 10 janvier au 20 mars 2009


Musée National Picasso - Vallauris

Franck Scurti

Franck Scurti met en image l'expression "se serrer la ceinture": comme précédemment dans la série dite "Les reflets", l'artiste fait subir aux objets - ici des vases, des jarres, des pots et autres ustensiles produits artisanalement par un artisan céramiste, Gérard Crociani, de Vallauris - des distorsions qui les défigurent considérablement. Ces poteries ainsi malmenées font, par la suite, l'objet d'un traitement très délicat, elles reçoivent une pellicule d'or sur leur paroi intérieure. A cette violence transgressive répond ainsi un contre geste réparateur. Franck Scurti s'accorde ainsi avec les procédés souvent utilisés par Pablo Picasso lui-même qui n'ésitait pas à dire que la vraie création est toujours une somme de destructions.


Franck Scurti


La série de céramiques réunies sous l’intitulé Empty Worlds réalisée pour le musée national Pablo Picasso, La Guerre et la Paix à Vallauris s’intègre exactement dans cette exploration de la répétition qui traverse régulièrement l’art de Scurti. Si un indéniable air de famille réunit l’ensemble de ces oeuvres, chacune reste profondément et absolument unique dans son genre. Car les règles de la série, ses rigueurs, ne valent pour Scurti que parce qu’elles lui permettent de produire des exceptions, d’inventer des cas qui font et qui sont la série comme telle. Tout se passe en effet ici comme si le protocole déviait fatalement à un moment donné de son possible devenir industriel pour être le prétexte à la mise en valeur de l’imprévisible, de ce qui déborde le cadre mais que ce dernier rend néanmoins possible, qu’il favorise. Loin d’être un outil propice à la domination de la logique du même, il est au contraire un embrayeur pour défaire la loi des séries c’est-à-dire le pur et simple relevé de la répétition, de l’égalisation morphologique à l’oeuvre. Empty Worlds s’annonce ainsi comme une suite de variations qui auront permis à l’artiste, en suivant une seule et même idée, de délirer – de sortir du sillon tracé – tout en restant aux prises avec la matière elle-même, de délirer à partir de la matière, dans la matière faisant de celle-ci un moyen privilégié de manipulation de l’accident, de l’incident, un moyen privilégié pour matérialiser l’inattendu, l’événement. Ainsi Scurti a-t-il substitué à la logique formelle de la série, la logique matérielle de l’exception comme série, comme variation potentiellement infinie. Une sorte d’empirisme guidé, tramé par une loi sans loi, fait finalement de EmptyWorlds un parfait exemple de ce que l’artiste lui-même qualifie de « matérialisme conceptuel ».


Thierry Davila


informations pratiques :

Musée National Pablo Picasso
La Guerre et La Paix - Vallauris
Place de la Libération
Tél. 04 93 64 71 83

Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 12h15 et de 14h à 17h.


voir aussi : www.musees-nationaux-alpesmaritimes.fr

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 06:30

Donations Daniel Cordier


Du 24 janvier au 19 avril 2009


Les Abattoirs - Toulouse




 


"Il y a bien des manières d’aborder les œuvres d’art. Du philosophe au marchand, du critique à l’historien, du conservateur à l’amateur. Chacun ajuste son regard qui n’exclut pas les autres. L’ensemble des objets réunis ici est l’effet du hasard. Ils n’ont d’autre lien que la jouissance d’un amateur et reflètent les désordres du plaisir. C’est dire le paradoxe d’exposer dans un musée ce qui lui est antagoniste : les classements de l’histoire sont niés au profit des caprices. Une institution exemplaire peut-elle accepter cette bombe à retardement qui bafoue son organisation et menace ses principes ? L’école buissonnière peut-elle triompher des rigueurs de l’histoire ? A vous de jouir…"

Daniel Cordier, 2007

 

Grand donateur des collections du musée national d’art moderne, Daniel Cordier est également l’un des membres fondateurs du Centre Georges Pompidou. C’est dire que son attachement au Centre ne s’est jamais démenti. Après une première donation particulièrement abondante, mêlant des artistes majeurs tels Dubuffet, Brassaï ou Rauschenberg à des figures plus en marge de la "grande" histoire de l’art, Daniel Cordier a récemment choisi d’amplifier cet ensemble.

Se tournant vers des objets issus de sociétés non-occidentales ou encore des objets courants "de curiosité", il cherche, en les associant à des œuvres modernes et contemporaines, à effacer leur aspect fonctionnel. En s’intéressant à leur seul potentiel esthétique et imaginaire, Daniel Cordier leur donne une vitalité nouvelle, comme il l’exprimait déjà dans un texte à l’occasion de la présentation de ce nouvel ensemble exposé aux Abattoirs à Toulouse en 2007 :

"Mon goût des œuvres exotiques est né avec celui des œuvres d’art. J’ai choisi, d’abord, le plus évident : masques, fétiches, bakotas… Cet ensemble ornemental m’accompagna durant les années où je constituai ma collection d’art contemporain. Après ma donation, en 1989, je remplaçai, dans ma demeure, tableaux et sculptures par des objets d’un genre nouveau. Même si je conservais quelques témoins de mes premiers enthousiasmes (à titre de souvenir), ils avaient cessé de me surprendre.

[…] À quoi correspond le foisonnement dont je me suis entouré ?
Parce que c’est avec mon corps que je teste les œuvres d’art, j’ai mis du temps à comprendre les raisons de mon attirance pour les objets quelconques. Avec le temps, j’ai découvert que ces formes élémentaires représentaient la structure originelle de mon goût. Toute ma vie, j’ai tenté de l’illustrer par ma quête éperdue des œuvres d’art.


J’ai d’abord cru que la réunion de ces objets formait une “section” de ma collection. Il n’en est rien. D’autant que je veux effacer leur origine ethnographique en faveur de leur qualité plastique. De ce point de vue, leur plein effet résulte de leur confrontation avec des œuvres contemporaines. Une confrontation intuitive et intelligente en révèle aujourd’hui la singularité. […]".
  Daniel Cordier


Cette exceptionnelle collection reflète les choix d’une personnalité hors du commun, qui a toujours rejeté toute idée de collection raisonnée, au profit du plaisir, de la jouissance et du caprice. Le musée des Abattoirs organise conjointement avec le musée national d’art moderne l’exposition "Les désordres du plaisir", consacrée aux donations Cordier, dont il abrite la majeure partie en dépôt. Daniel Cordier, grand marchand, ancien résistant et secrétaire de Jean Moulin, après avoir fait don d’un premier ensemble de quelques 500 œuvres d’art moderne et contemporain au Centre Pompidou, en 1989, a récemment renouvelé son geste avec d’autres œuvres, notamment d’art premier.



informations pratiques :

Coproduction : les Abattoirs / Mnam Centre Pompidou
Commissariat : Alain Mousseigne (les Abattoirs), Alfred Pacquement (Mnam)



Les Abattoirs
Nef et salles du RDC
76 allées Charles-de-Fitte,
Toulouse
05 62 48 58 00

Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h.



voir aussi : http://www.lesabattoirs.org/default.htm

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 11:00

Sculptures sur métal découpé


Exposition du 19 février au 8 avril 2009

Galerie Fallet - Genève (Suisse)


 Serge Jolimeau




Serge Jolimeau : Bossmétal.

Les barils de gasoil – drums – constituent la matière première de la sculpture sur métal découpé. D’abord passés au feu, aplatis et nettoyés, ces drums sont transformés en plaques rectangulaires qui seront ensuite martelées sur l’enclume avant que l’artiste ne procède à l’esquisse de son oeuvre à la craie sur la plaque. Après l’opération délicate de la découpe, les formes sont évoquées à l’aide du burin ou d’un clou.


Puisant son inspiration dans la mythologie vaudou et l’imaginaire populaire haïtien, l’oeuvre de Jolimeau se distingue par «son goût poussé pour une certaine élégance des formes soutenue par une découpe selon la ligne courbe», par sa volupté et sa saensualité. «Sans avoir la possibilité d'un recours à la couleur, Jolimeau va rechercher et trouver l'expression de la sensualité et de l'érotisme par le biais d'un matériau froid et tranchant. Sa découpe de la tôle est fine, rythmée. Il privilégie les profils pour mieux faire triompher la ligne. Il galbe ses formes, leur ajoute des atouts et recouvre le tout d'un vernis brillant pour affirmer le fini de ses pièces. Ces sujets sont d'un monde alimenté par l'imagination d'un homme timide, renfermé même. Dans ce monde les animaux se confondent avec ou se métamorphosent en humains fantastiques, parfois hermaphrodites, quelquefois diaboliques, toujours gracieux» (Gérald Alexis, Directeur du Musée d’art Haïtien).

Considéré aujourd’hui comme un des plus talentueux sculpteurs sur métal découpé, les oeuvres de Serge Jolimeau sont régulièrement exposées en Amérique du Nord et en Europe. Parmi les musées et institutions publiques ayant présenté ses oeuvres, citons plus particulièrement ceux de Brooklyn, de la Nouvelle Orléans, de Davenport, le Musée des Beaux-Arts de la Chaux-de-Fonds en Suisse, et récemment à l’Abbaye de Doualas en Bretagne et à La Maison de l’Amérique Latine à Paris à l’occasion du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti.


Serge Jolimeau est né en 1952 à Noailles, petit village situé à l’est de Port-au-Prince, dans la commune de la Croix-de-Bouquets.



informations pratiques :

Galerie Fallet
5, rue de la Tour-de-Boël
1204 Genève/Vieille-Ville
Tél.  ++41 (0)22 311 42 43

michelinevorbe@galeriefallet.com
mardi au vendredi de 14 h à 18 h 30
samedi de 11h à 16 h et sur rdv



voir aussi : http://www.galeriefallet.com/

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 10:30

Occupation
Estampes


du 13 mars au 25 avril 2009


à la librairie - Galerie Lelong Paris (8)





KARA WALKER


Kara Walker : le devoir de mémoire.
L’oeuvre de Kara Walker plonge dans l’histoire de l’esclavage et son héritage dans la société contemporaine. L'artiste rend compte des relations entre Noirs et Blancs, de la ségrégation, de la violence entre les hommes. Elle traverse l’histoire en observatrice lucide et inquiétante. Sans manichéisme, elle pratique un art des questions déstabilisantes, parfois très controversé au sein de la communauté artistique noire américaine. Son travail sur un passé pleinement contemporain prend forme sur différents supports : installations, films, collages, projections..., et vient contrebalancer l’histoire d’une Amérique magnifiée par la littérature et le cinéma. Elle est tout autant impliquée dans l’actualité : « Dès qu’on commence à raconter l’histoire du racisme, on la revit, on crée un monstre qui nous dévore. Mais aussi longtemps qu’il y aura un Darfour, aussi longtemps que quelqu’un dira -Tu n’es pas d’ici, il semble pertinent de continuer à explorer le terrain du racisme ». (Kara Walker)



Née en 1969 à Stockton en Californie, Kara Walker étudie à l’Université d’Atlanta en 1991, puis à la Rhode Island School of Design en 1994. Elle a reçu le MacArthur Foundation Genius Award en 1997, le Deutsche Bank Prize en 2004, et a participé à la 25è Biennale de Sao Paulo en 2002.Elle a également fait l’objet d’une grande exposition monographique au musée d’art moderne de la ville de Paris intitulée « Mon Ennemi, Mon Frère, Mon Bourreau, Mon Amour » en 2007.


photo : Occupation of Alexandria, Harper's Pictorial History of the Civil War, 2005, offset, lithographie et sérigraphie


informations pratiques :

Vernissage jeudi 12 mars à partir de 18 h

Galerie Lelong
13, rue de Téhéran
75008 Paris
Tél. 33 1 45 63 13 19
info@galerie-lelong.com

voir aussi : http://www.galerie-lelong.com

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 06:02

Les 21 et 22 mars 2009


Seconde  édition du Week-end musées Télérama.

Les 21 et 22 mars 2009, 200 musées, Centres d'Art et Fonds Régionaux d'Art Contemporain, proposent un accès gratuit et 300 animations spécifiques pour tout porteur du Pass Télérama  valable pour 4 personnes. Cette année l'offre des animations sera plus large et la gratuité sera totale.

Grâce à cette manifestation, Télérama nous donne un nouveau rendez-vous au musée et nous réserve la surprise d'animations originales : visites présentées par le conservateur ou une personnalitéé culturelle ; rencontres avec des créateurs ; parcours thématiques autour d'une oeuvre littéraire, musicale, etc ; découvertes d'ateliers de restauration, de création et de réserves ; performances artistiques ou poétiques en lien avec des oeuvres ou des expositions, etc.

Une occasion d'expérimenter autrement ces lieux d'art, qui, au-delà des missions qui leur sont confiées conserver, collecter et montrer  sont aussi des lieux d'apprentissage, de vie et de création tout au long de l'année.

Le Pass est à découper dans Télérama des mercredis 11 et 18 mars 2009. Le programme détaillé ainsi que tous les renseignements pratiques par régions, villes et lieux sera publié dans ces deux numéros et sur telerama.fr.

La liste complète des musées, centres d'art et Fonds Régionaux d'Art Contemporain avec toutes les activités proposées seront en ligne le 13 février sur : www.telerama.fr/musees

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 06:30

 


LA PRIMAVERA
Sandro Botticcelli (1445 - 1510)
Textes de Platon, Euripide, Ovide, Marsile Ficin
Voix paul Dessanti, Florence Baitinger
Musique  Paul Davis (guitare)
Production Art-Up TV


Réalisation Frédéric-Charles Baitinger et Paul Dessanti

Botticelli - la primavera - le printemps


VOIR LA VIDEO



&

LE PRINTEMPS
SANDRO BOTTICELLI


La Primavera

« Je ne puis m'empêcher, ô mes amis,
de vous exhorter à vous livrer à l'amour,
autant que cette passion le mérite.
 »
Marsile Ficin


Botticelli - primavera - le printemps

 

 Le Printemps (ou Primavera) de Botticelli, du moins est-ce le nom que Vasari le premier lui donna, n'est pas une simple représentation de la saison des fleurs, mais une allégorie du mariage nous interrogeant sur ce qui, tour à tour, le menace et le rend possible. Car si l'amour et l'inclination amoureuse naissent au hasard et ignorent la constance, le mariage, lui, est une promesse qui engage la vie entière des amants. C'est là du moins l'énigme que proposa Botticelli à son commanditaire, Lorenzo di Pierfrancesco, à l'occasion de son mariage : si tu désires prendre le nom d'époux, tu devras transformer ce qu'il y a de plus spontané en toi, en une décision libre. Mais cette décision, tu devras la prendre en même temps que tu aimes spontanément.




Botticelli - la primavera - le printempsI. La chute des trois Grâces

 Botticelli a donné pour cadre à son allégorie le jardin mythique des Héspérides - jardin dans lequel poussaient des pommes d'or aux vertus prodigieuses. Mais les dieux, jaloux d'une telle puissance, confièrent aux filles de la nuit- aux trois Grâces charmantes, le soin d'interdire aux hommes leur accès. Hésiode, dans sa Théogonie,  nomme ces trois nymphes Aglaïè la Splendeur, Euphrosyne Belle-Humeur et Thali des Fêtes qui inspirent l'amour. Soulignant la puissance de leur beauté, Hésiode écrit : « Même de leurs paupières l'amour se répandait à chacun de leurs regards (l'amour qui rompt les membres), tant leur regard est beau, sous leurs sourcils ».


Personnifiant ici les attraits charnels de l'amour, les trois Grâces sont le symbole de la sensualité et de l'innocence. A peine vêtues d'un voile elles dansent sans se soucier de l'effet que produit leur corps. Mais Cupidon, fidèle messager de l'amour céleste, niché telle une pomme d'or dans les arbres en fleur, s'apprête à rompre l'harmonie de ce trio divin en transperçant de sa flèche le corps de la plus dénudée des trois soeurs. Peut-être est-ce le corps d'Aglaïè qui, dit-on, prit pour époux Héphaïstos, le très illustre Boiteux, qu'Héra, jalouse de Zeus et de sa fille Athéna, engendra seule.


Quoiqu'il en soit, une chose demeure : la beauté hautaine et enivrante des trois Grâces appelle la flèche de Cupidon comme le pendant nécessaire de leur froid dédain. Si la beauté de l'aimée ignore les effets qu'elle produit sur son amant, n'est-il pas juste que Cupidon transperce son âme de sa flèche afin que celle-ci expérimente à son tour les affres d'une passion non réciproque. Car comme le dit Marsile Ficin dans son commentaire du Banquet de Platon : c'est un crime de ne pas rendre l'amour qu'on nous donne.



Botticelli - la primavera - le printempsII. Le mystère de Flora

 Image renversée de cet amour non réciproque, Botticelli a peint, à l'extrême droite du tableau, l'histoire de la nymphe Chloris qu'Ovide, dans son livre les Fastes, raconte en ces termes : « J'étais Chloris, moi qu'on appelle maintenant Flora. J'étais Chloris, Nymphe de ces Champs Fortunés, où, dit-on, vivaient jadis les Bienheureux. Te dire quelle était ma beauté coûterait à ma modestie, mais c'est elle qui a valu à ma mère d'avoir un dieu pour gendre. (...) C'était le printemps, Zéphyr m'aperçut; je m'éloignai, il me suivit, je m'enfuis, il fut le plus fort. Cependant Zéphyr racheta sa violence en me donnant le nom d'épouse, et je n'ai nullement à me plaindre de mon mariage. Je jouis d'un éternel printemps : l'année est toujours radieuse, les arbres ont toujours des feuilles; la terre de gras pâturages. J'ai un jardin fertile parmi mes terre dotales. »


Ainsi, Chloris est devenue Flora à l'instant même où Zéphyr fit d'elle son épouse. Autrement dit, si les charmes de son corps déchaînèrent en son amant des forces redoutables, la fidélité dont fit preuve celui-ci transforma son premier rapt coupable en une promesse d'abondance. Choisir une femme pour en faire son épouse, c'est dire à cette femme : « je veux vivre avec vous telle que  vous êtes » car cela signifie en vérité : c'est vous que je choisis pour partager ma vie et voilà la seule preuve que je vous aime.


Fidèle, ici, à la pensée de son époque, Botticelli nous livre une vision particulièrement optimiste du mariage. Synthèse harmonieuse de Zéphyr et Chloris, Flora est le jardin des Héspérides lui-même. Mais par quel miracle Zéphyr se transforma-t-il en un fidèle époux ? Tel est le mystère que passe sous silence la légende de Chloris mais que nous invite à méditer la figure de Mercure.




III. Le mariage de Venus et MercureBotticelli - la primavera - le printemps

 Chaussé de ses bottes ailées, c'est en effet Mercure qui se tient sur le côté gauche du tableau. De sa main droite, il élève vers de petits nuages le caducée sacré où s'enroule les deux serpents - mâle et femelle - qu'il a lui-même sauvé de la discorde – lui, ce demi-Dieu rusé qui guide les hommes à la croisée des chemins. Cupidon éclairé, amant et fils de la Venus céleste, Mercure nous livre ici le sens de toute la composition. Double assagit du passionné Zéphyr, c'est lui qui détient le secret du climat qui règne sur l'éternel printemps du jardin des Héspérides. Sans la présence bienfaitrice de son caducée, qui sait si les petits nuages qu'il regarde d'un air amusé ne deviendraient pas les avants coureurs d'un orage digne des passions les plus funestes ?


Mais qui, d'entre les mortels, saura se montrer aussi sage et sobre que Mercure ? C'est là la question que semble nous adresser le regard de Venus - regard miséricordieux fixant avec douceur l'oeil attentif du spectateur. Levant sa main pour attirer notre attention, tout son être semble vouloir nous mettre en garde contre un danger dont elle se sait pourtant elle-même la cause. Divinité connaissant sa duplicité, et si cette Venus de Botticelli était la représentation de la mauvaise conscience d'Aphrodite; divinité charnelle et spirituelle enfermée dans un corps – tour à tour occasion de chute et d'émerveillement. 

    



Bibliographie chronologique :

Hésiode, Théogonie
Platon, Le Banquet
Ovide, Fastes
Ange Politien, Stances
Marsil Ficin, Commentaire sur le Banquet de Platon

 

 

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