Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 08:56



Loïc Le GroumellecLoïc Le Groumellec . Un ouvrage pour éclaircir.
C'est ainsi qu'on peut dire que Loïc Le Groumellec est fidèle à quelque chose qui fait acte, dans la lumière blanche, comme agi par une force puissante. Il a le pouvoir de persévérer, capacité rare à laquelle il ne manque rien. C'est pourquoi il est défendu (paradoxe?), car sa parole fait sens.

Il touche la possibilité de s'installer dans le plein, la terre, le ciel, des pierres levées, le toît d'une maison simplifiée imbriquée dans le minéral , une croix, l'entier. Le Groumellec défend sans bavardages inutiles des commandements possibles à tout peintre à savoir, rendre la présence (ou l'absence), les lois impénétrables et étranges de la sagesse du monde, la question du passage (plus ou moins détaché) de l'ici à l'ailleurs... L'obligation d'éclaircir ce qui fait la vérité d'une vie, sans autres appuis que le sentiment, la toile, la laque, le noir et le blanc, des moyens employés pour combattre l'erreur.

Le sujet en l'état portant au final sur la preuve que l'artiste peut parvenir à dérouler du sens et qu'il lui est toujours possible de dépenser son énergie sans équivoque à faire apparaître juste une oeuvre bonne.
PG


Oeuvres peintes de Loïc Le Groumellec vues à la galerie Templon, salon "Art Paris", du 19 au 23 mars 2009 


Pierre Givodan

Chroniques intempestives

Repost 0
22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 09:12
 "Toucher des yeux"

du 29 mars au 26 avril 2009


Galerie Libre cours - Bruxelles (Belgique)




Victoria Calleja



 
Face au silence de la peinture, cette impuissance  intrinsèque quand le tableau ne dira jamais tout, Victoria Calleja considère la toile comme une peau que l'on déchire. Qu'entre apercevoir dans les coulées qui scandent l'espace, les écartèlements ou les trouées embuées qui strient la surface? La réalité ? Le clair-obscur du songe ?

D
e « Sommeil double » (2003) aux toutes dernières œuvres monumentales sorties de l'atelier bruxellois, une déchirure extrêmement variable dans sa forme et sa fonction  orchestre les dramaturgies mises en place par l'artiste d'origine chilienne.

Voile, buée, contrastes des couleurs et des formes, opposition fragilité-solidité, matière et transparence, s'aventurent vers un mystère, celui qui transperce et fait création. En cette peinture sensuelle et drue, à la fois part de féminité et de masculinité qui se tapit en tout être, des reflets de lumière butent sur la couche picturale sans la transpercer (« Yellow  Points », 2007).  Une violence affirmée et totalement acceptée irradie cette œuvre complexe,  subtilement orientée vers le mystère du vide, que ce soit la réalité ou cet Autre que l'on ne connaîtra jamais.


Déchirure et mystère, les voici  encore revendiqués dans son admiration pour le peintre du Quattrocento, Piero della Francesca. Main délicatement posée sur le ventre pour écarter le tissu de sa robe, la «Madonna del Parto » (la « Vierge de l’Espérance ») fait comprendre que là réside le fructum ventris. Dans sa simplicité grandiose et rustique, elle est le tabernacle du corps du Christ. On retrouve ce mystère insaisissable dans les tableaux de Victoria Calleja, cette lumière abstraite et ce silence que diffusent ses personnages massifs charpentés d'une puissance qui est celle de la sculpture.

Cette capacité à capturer l'insaisissable, cette très changeante lumière qui succombe à l’obscur, arrêtée à l'instant où celle-ci se pose sur un corps inscrit dans le diaphane, émane tout  autant d’un autre vecteur de création qu'emprunte l'artiste. Si les personnages peints résonnent d'actions secrètes et cachées, la sculpture a fait son entrée dans l'atelier, en 2006. Allumettes, épingles à rideaux, aiguilles de cuivre, vis ou têtes d'épingle créent des noyaux de lumière autour de corps hiératiques, amplifiant masses et volumes taillés dans le polystyrène. Du plan à la tridimensionnalité, l'art de Victoria Calleja ouvre ainsi une voie  qui rejoint la peinture par son inspiration. Têtes sacrales, corps transpercés mais habillés d'un halo de lumière, dans un singulier jeu d'émotions d'où elle exclut tout fétichisme ou attaque de la chair, c'est encore la fusion entre celui qui regarde et l'artiste qui sont ici recherchés.

 

Victoria CallejaDans son exploration obsessionnelle de la forme et de l'espace, Victoria Calleja interroge inlassablement la position de l'être, le devenir de l'homme. En posant son regard plus loin que nous, que ce soit à travers ce personnage qui nous fait penser à un Bacon ou ces têtes sacrales nimbées d'énergie lumineuse, cette artiste abaisse insensiblement les écrans qui voilent des trames très élaborées.



Dominique Legrand (extraits)


Photos : (1) Le cul de de l'ange Victoria Calleja, 200 x 420 cm, huile sur toile, triptique 2008 (2) Vue d'exposition, sculptures Victoria Calleja

informations pratiques :

galerie Libre Cours
100 rue de Stassart
1050 Bruxelles (Belgique)
martine.ehmer@galerielibrecours.eu
+ 32 (0) 473 590 285 

Du mardi au samedi de 14h30 à 18h30


voir aussi : le site de la galerie Libre Cours
Repost 0
Published by Art Point France - dans Europe : expositions
commenter cet article
21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 10:25


        
Des individus sans scrupules envahissent de leurs productions indécentes les allées de l'art,  avec pour seul but,  via une sur-médiatisation, de  participer à son marché juteux. Mais il est encore temps de dénoncer l''inflation et la généralisation de la mentalité artistique-cynique.   Le philosophe nous aide car il est en mesure de révéler le lieu-commun, le convenu, la déviance. Pas facile pourtant d'aborder  en ce début de XXIe siècle , les questions sous l'angle de la morale ! Une réappropriation des notions de bien et de mal passe par  une défense et  illustration des valeurs de limite et d'interdit, or celles-ci ont été largement ébranlées et à juste titre en plus, par la modernité.

Nous vous proposons  dans son intégralité la réflexion critique au sujet des vidéos  "artistiques" d'Adel Abdessemed, de François Noudelmann  qui coordonne avec  Eric Aeschimann,  
24 heures Philo, un blog réunissant les regards de philosophes français et étrangers sur l'actualité.
C.P.

 L'art au marteau : un coup de massue pour les animaux
Par François Noudelmann

Très chic, l'exposition italienne à la Fondation Sandretto Re Rebaudengo de vidéos artistiques montrant des animaux (cheval, chèvre, faon…) attachés et massacrés à coup de marteau. Très chic, la présentation d'Adel Abdessemed, le "mauvais garçon" d'avenir: jeune, venu d'Algérie, soucieux des questions éthiques… adoubé par les institutions. Le critique du Monde, Harry Bellet, rappelle que les Grenoblois, en 2008,  ont déjà vu ces bêtes se faire "estourbir", sans que cela provoquât le moindre tollé. L'exposition fut pourtant annulée en Californie et en Écosse où "l'éthique" du spectacle a paru très douteuse .

Dans ce type d'exposition se reconnaît la fabrication du scandale, la collusion des bons sentiments et du voyeurisme bon marché. Car filmer ces meurtres sauvages, nous dit le Discours estampillé art, a pour but de dénoncer la violence du monde. Le Discours va même jusqu'à flatter la conscience de gauche puisque, expliquait déjà le programme du Magasin à Grenoble, "le marteau, est emprunté à la symbolique du pouvoir oublié d’une classe ouvrière disparue dans le même temps que l’idéologie qui prétendait la servir." Il nous manque un Flaubert aujourd'hui pour dresser le nouveau Dictionnaire des idées reçues. On demande l'article "marteau"!

L'histoire de l'art est faite de provocations fécondes. Mais la provocation "morale" est un genre moins esthétique que social et ses ressorts ne se limitent pas à la transgression des codes. Très souvent l'immoral n'est que l'envers de la morale : la défense de meilleures valeurs s'y cache sous couvert d'anticonformisme. La provocation morale en art recèle trop souvent la moraline. Et surtout elle se contente du premier degré de la réaction, recherchant la "bonne mauvaise conscience" des choqués.

Si l'artiste avait eu un peu de courage, il serait allé dans les abattoirs, il aurait forcé les lieux interdits au public et aux caméras. Mais non, prudent, il est allé au Mexique où la loi autorise l'abattage à demeure, ce qui permet au filmeur d'échapper à tout procès. Un artiste, à ce compte-là, pourra exhiber dans les musées européens l'excision d'une petite fille en Afrique de l'Est, pour le plaisir et l'effroi du spectateur occidental. Certes l'art contemporain, après des décennies d'abstraction et d'intellectualité, a réinvesti le pathos. Mais l'affect a des complexités, des subtilités qu'ignore ce rapport immédiat à la chose.

Le piège de telles provocations médiatiques entraîne les réprobateurs dans la promotion calculée du provocateur. On devrait ignorer ce coup de marteau filmé sur la tête des animaux, qui n'a d'autres fins que celui du commissaire-priseur faisant monter les enchères de "l'enfant-terrible-de-l'art-contemporain" (déjà acheté par François Pinault). Mais la maltraitance des animaux est devenue un créneau pour certains artistes. Ignorant sans doute les précédents de l'actionnisme viennois, et les sacrifices de l'autrichien Hermann Nitsch, des artistes se font aujourd'hui une renommée grâce à des performances cruelles avec des animaux. Ainsi de Marco Evaristti qui installa dans un musée danois des mixeurs contenant des poissons rouges, incitant les visiteurs à appuyer sur "le bouton de la mort".

Cette violence est humaine, arguera-t-on facilement, elle se canalise sur des animaux et se retournerait aisément sur des humains si l'on pouvait aussi les mixer. Sade a su explorer, montrer cette imagination meurtrière au cœur de la nature humaine. Pour autant il dénonçait la peine de mort et déniait aux institutions, organes de la raison, le droit de tuer. Rien de sadien, donc, dans ces vidéos et ce voyeurisme moral à bon compte. "Au plus près de la mort", écrivait Guibert à propos de ces photographes avides de capter la seconde où cesse la vie.

Le spectacle de la peine de mort donnait autrefois de telles émotions. Le généreux Camus croyait favoriser son abolition en obligeant les défenseurs de la guillotine à assister à cette abomination. Le moraliste ignorait qu'elle attire les foules et il fallait un psychanalyste tel que Lacan pour observer qu'un meurtre commis par un individu lève un interdit et appelle une répétition. Il expliquait ainsi que le crime des sœurs Papin, accompagné de cruautés, avait suscité une forte émotion collective moins par son horreur que par le déclenchement d'un désir de mort partagé par tous et incarné par l'institution judiciaire.

L'art s'inscrirait-t-il dans une telle pulsion de meurtre en esthétisant la cruauté? Avec l'alibi de la catharsis, de la purgation des passions? La défense de la corrida par certains intellectuels français, pourtant étrangers à cette tradition spectaculaire, prend les habits d'une telle rhétorique. Mais sans se voiler sous la cape de l'esthétique, ce sont des spectateurs de plus en plus nombreux qui réclament aujourd'hui des violences au plus près de la mort. Dans l'esprit de Rollerball Murder, des rings ou des cages se montent où tous les coups sont permis. Peut-être verra-t-on un jour le retour des beaux combats de gladiateurs. La cruauté a de l'avenir…

J'oubliais un détail : l'exposition d'Adel Abdessemed a lieu à Turin. Dans cette ville, en 1889, un philosophe-artiste fut pris de convulsions à la vue d'un cheval qu'on battait. Il se précipita en pleurs à son col puis tomba, et sombra dans la folie jusqu'à la fin de ses jours, gardant seulement l'habitude de jouer de la musique. Nietzsche se présentait comme un "philosophe au marteau". Assurément il préférait celui du piano à la massue des abattoirs, fût-elle artistique.





François Noudelmann philosophe et professeur d'université. Il anime depuis 2002 l'émission hebdomadaire Les Vendredis de la philosophie sur France Culture. Il a dirigé le Collège international de philosophie de 2001 à 2004. Il enseigne à l'Université Paris VIII, et régulièrement aux États-Unis à State University of New York et Johns Hopkins University.


Voir aussi : le blog : 24 heures Philo

Repost 0
Published by Art Point France - dans Art et société
commenter cet article
19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 09:30

 

Alain Bashung

Bashung :  le maître de musique.


Alain Bashung était un amoureux, le coeur battu d'étincelles, éprouvant, croyant que se manifestaient dans la musique des formes de la passion exorbitante. Ses "expansions", son oeuvre de la maturité embrassaient le flux des instants, l'éternité coupante.

Venu du blues, du rock, des hautes herbes, vagabondant au milieu des orties, il a donné des coups de pieds à l'économie de la chanson française, à la cuisine des plans fatals. Il apportait des leçons que ses lèvres frémissantes lançant d'amères paroles, sa voix tremblée et grondante en colère contre la désertion du sentiment, la tendresse évanouie nous rappelaient.

Nous, gens raisonnables, attablés dans nos maisons, soupirant mélancoliquement, si calmes et lui, loup chassant sur le gazon, fouillant dans nos unions les combinaisons de la vie différente, le beau caché, le spirituel enfui, le distingué oublié. Déclassé des épousailles anciennes et camarade de la ville, de la rue et de ses bruits, théâtral, dilaté dans son coeur, maître de musique, il avait un balancement, des murmures, un jeu d'harmonica qui se détachaient.  Marquis de la vie artistique, des mains fines, lui l'exalté des grandes chaleurs du rock'n'roll, la bouche pleine de miracles, homme d'affaires dont "la Petite entreprise" payait tous les superbes excès.

On se fait un devoir de le remercier, le saluant en l'invitant, lorsque l'on sera fatigué, la nuit tombant, à venir nous chiffonner avec sa ritournelle de guitares, les sons qui descendent à cheval et se poussent près de la porte, depuis une banquette arrière: "Osez, osez Joséphine !", jusqu'à ce que les instruments se taisent.
P. G.


Les obsèques d'Alain Bashung, décédé samedi 14 mars à l'âge de 61 ans, seront célébrées vendredi 20 mars à Paris. La cérémonie religieuse aura lieu en l'église de Saint-Germain-des-Prés, à 11h30, avant l'inhumation au cimetière du Père Lachaise, à 15h00.


Pierre Givodan

Chroniques musicales

Repost 0
19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 09:12

Passare

du 27 mars au 25 avril 2009


Cloître Saint-Louis - Avignon


Fabrice Rebeyrolle


Les intuitions du monde de Odile de Frayssinet et Fabrice Rebeyrolle.

Il n'est pas douteux que tout art commence avec l'expérience - quoique l'on ne connaisse qu'éveillé. Ainsi Odile de Frayssinet et Fabrice Rebeyrolle mettent en mouvement notre activité sensible et imaginative  en produisant des objets, tableaux chargés de matière pour l'un, scupltures tressant du raffia autour d'une armature métallique pour l'autre. Un dialogue en ressort, uni autour des "éléments" (terre, air, eau, feu) souligne-t-on dans le dossier de présentation.

Mais selon nous, bien au-delà, on nous propose ici de juger le nécessaire : la vie, la mort, les corps légers et pesants, l'universalité des liaisons qui composent l'ordinaire de nos certitudes (et de nos peurs). La couleur (blanche, noire, grise), la dureté, la mollesse, la substance inhérente du monde, espace et temps compris, sont représentées là comme quelque chose qui ressemble à un fondement.
PG

L'exposition O. de Frayssinet et F. Rebeyrolle s'organise sur les 700 m2 des trois niveaux au Cloître St Louis d'Avignon. Premier niveau : les peintures de Fabrice Rebeyrolle sur le thème de la terre et du limon, au second la rencontre entre "la flotille" d'Odile  de Frayssinnet et un ensemble, volumes et peintures de F. Rebeyrolle, au troisième, une mise en espace des sculptures de O. de Fraysinnet entre deux "Portes".


Odile de Frayssinet


informations pratiques :

vernissage le jeudi 26 mars à partir de 18h.

Cloître Saint-Louis
20 rue du portail boquier
84000 AVIGNON

parking Cours Jean Jaurès

Tous les jours de 14h00 à 19h00
(sauf le lundi)


photo : (1) Fabrice Rebeyrolle « eaux profondes » Technique mixte sur panneau 150 x 150 cm  2008 (2) "Barques" Odile de Frayssinet


voir aussi : le dossier de presse de l'exposition, le site d'Odile de Frayssinet, la vitrine de Fabrice Rebeyrolle dans Art point France

Repost 0
Published by Art Point France - dans Sud Est : expositions
commenter cet article
17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 13:20

"The Lost forest / La Forêt perdue"


du 19 mars au 18 avril 2009


Galerie Shart - Casablanca (Maroc)

 Ilias Selfati  Ilias Selfati



Ilias Selfati : Un  répertoire mythique du monde animalier.
 
Comme un paléontologue Selfati organise et révèle à grands coups de crayons un bestiaire peuplé d'animaux qui occupe encore notre horizon naturel. Héritier moderne des premiers dessinateurs sur la pierre,  il taille le silex de notre souvenir collectif et nous transmet son savoir intime.


Enfant, ses yeux se sont ouverts sur la vie infatigable et merveilleuse de l'univers du vivant. Il a su intuitivement  reconnaître la diversité et il a reçu la leçon d'un monde où la vie et la mort ne voient pas leur lois transgressées. Ses représentations se sont enrichies de toutes les images transmises par la tradition des diverses cultures du monde. Pour lui, la Civilisation ne réside pas seulement dans l'humanité historique, elle s'inscrit sur la peau de la planète, dans ses rivières, ses champs, ses forêts.

Dessinées au graphite tendre puis grattées, ou peintes parfois, les formes archétypales de Selfati construisent un inventaire du monde sauvage, un "bestiaire d'amour". L'insecte, le renne, le poulpe..., représentés par l'artiste nous installent dans la "Forêt perdue",  Dans ce territoire de l'innocence originelle, la bête nous renseigne sur notre humaine condition, avec son passé millénaire.   Nous devons conserver le fil qui relie les espèces car c'est notre destin ou encore la qualité native de toute spiritualité. La nature est ainsi faite, que rien n'est jamais acquis ni ici ni ailleurs. Tout acte doit reposer sur des valeurs à la mesure de la substance vivante  sur Terre.
Pierre Givodan

Ilias SelfatiInformations pratiques :

Vernissage le 18 mars à 19h


Galerie Shart
12, rue El Jihani.
Casablanca - Maroc
00212 522 394 980.

ouvert du mardi au samedi
de 10h à 12h30 et de 15h30 à 19h30


voir aussi :  le site de l'artiste www.selfati.com

Repost 0
Published by Art Point France - dans Monde : expositions
commenter cet article
16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 11:37

"Traversées"
peintures récentes

du 21 mars au 19 avril 2009

Chapelle Saint-Jacques - Mantes-la-Jolie


Philippe Ségalard


Philippe Ségalard : Le territoire du monde et la marque de l'époque


La clé pour comprendre le lien entre l'oeuvre et son "mouvement" chez Philippe Ségalard est dans l'affrontement entre la forme artistique issue de l'élan corporel et l'expérience esthétique au sens disons extatique que la couleur, le trait, les masses fluides génèrent en contrepartie chez le spectateur et certainement chez le peintre.

C'est un trafic intense, une dynamique qui évolue de façon spiralique, loin de la fixité des pierres ou d'un rythme mécanique. Pas d'architecture gigantesque dans cette oeuvre de "métamorphoses", mais une lumière diffuse, comme intérieure qui établit une interface entre perception et geste. Les tableaux comme des fragments cosmiques où l'idée d'individuation émerge accueillent un processus homogène qui réfléchit la lumière en plusieurs couches sur la toile.

Projection qui capte le regard au-delà de la multiplicité chaotique, la couleur, orange et or, le bleu brillant, les traces de natures mortes rouges ou noires associées à des oiseaux, des visages...éliminent la frontière entre réel et représentation, disposition des signes et contexte, sujet et acte, territoire de l'art et dissolution poétique dans l'expérimentation sans cesse soulevée.

Métaphore de la condition humaine enjouée, perméable au sacré, cette oeuvre assure enfin toujours la médiation avec les principes
essentiels de la vie par des propositions graphiques paradoxales joignant le proche et le lointain, l'aujourd'hui et le passé le plus fondateur sans séparer l'autonomie des signes d'un message à la résonance symbolique indiscutablement habité par la vibration du monde.
Pierre Givodan

 

informations pratiques :

Vernissage le samedi 21 mars   17h00
L'artiste sera également présent à la Chapelle
le dimanche 5 avril de 14 à 19 heures.

Chapelle Saint-Jacques
Boulevard Victor-Duhamel
Mantes-la-Jolie.
01 34 78 97 40


voir aussi : http://www.philippe-segalard.com/

Repost 0
Published by Art Point France - dans Paris : expositions
commenter cet article
15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 08:31

Inutile et futile.
L'art contemporain est bien aujourd'hui le seul domaine de la culture où il ne soit pas permis de dire "c'est nul", "sans intérêt".  Soit on est traité de réactionnaire, soit on vous estime non qualifié pour émettre un jugement. Et de précautions en condescendances, de stratégies commerciales publicitaires en partenariats lucratifs, on ne lit tous supports spécialisés confondus que des apologies du tout et du n'importe quoi.

Ci-dessous, nous vous proposons l'article de Catherine Bréauté à propos de l'exposition Généraliste de Melenaite Noata à La Bergerie et la réaction du directeur du lieu.

Nous avons deux bonnes raisons pour cela. Nous partageons le point de vue argumenté, pertinent et courageux de Catherine Bréauté sur cette exposition et nous déplorons la réaction méprisante et vaniteuse du responsable de l'institution à son égard.

Nous trouvons là l'occasion de déclarer qu'il serait temps de s'inquiéter des conditions de production de la critique si l'on souhaite profiter d'une parole libre, fondée sur l'analyse et la connaissance. L'époque en a le plus grand besoin.
C.P.


Charme et tromperie.


“Du 27 février au 8 avril, La Bergerie-lieu d’art contemporain présente une nouvelle exposition de Melenaite Noata, Généraliste. Une grande déception qui montre que l’artiste est allée trop loin dans son entreprise de charme et de tromperie.
par Catherine Bréauté.


Melenaite Noata vient de produire une exposition totalement inutile. Elle nous montre le résultat de son travail autour de Soissons, pendant cinquante-deux jours. Pourquoi Soissons ? Pourquoi cinquante-deux  jours ? Cette manière de construire des projets sur une durée et dans un cadre différents n’interroge-t-elle pas l’exposition et le rôle de l’institution : pourquoi aller là-bas et si longtemps pour produire une telle boursouflure ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser dans un premier temps, les salles d’attente que  Noata investit ne proposent pas des alternatives à la réification générale mais, au contraire, la confortent. 

L’impossible contemplation, le malaise diffus, produisent une œuvre fastidieuse qui n’arrive qu’à fabriquer une  interrogation  ennuyée chez le spectateur.  Il  y  a  certes  du  « non-vu »,  du « non-visible » ;  mais  on  ne  va  pas  au-delà.  Les photographies  sans  attraits  de  fauteuils  et d’affiches quelconques se veulent sans doute une réflexion  sur  l’art  et  la  culture.  On  peut  penser qu’il s’agit pour Noata d’intervenir sur le rituel, le temps  et  l’espace.  Les  fiches  manuscrites,  d’un ridicule  achevé,  ne  nous  éclairent  guère  sur  la problématique  poursuivie.  Certainement,  Noata réussit  à  atteindre  un  but,  celui  d’arriver  à provoquer  un  vif agacement,  l’impossibilité d’adhérer  à  ses  œuvres.  Où  est  la  place  de  cette artiste  dans  l’enchaînement  des  œuvres,  des lectures  de  l’histoire  de  l’art,  des  formes,  des matières et des  symboles, dans  la question  de la nature même  de l’œuvre d’art  et  du regard qu’on lui  porte ?  Nulle  part.  Elle se  contente  de donner le  change.  Noata  fait  partie  de  ces  artistes  qui font  semblant  de  trouver  le  moyen  d’ouvrir  de nouveaux espaces et d’opérer selon leurs propres termes,  tout  en  sachant  que  la  moindre  velléité de  transgression  est  généralement  très  vite transformée en style acceptable par le marché. Et cela  lui  convient  parfaitement.  Mais,  si  l’on  sait bien  regarder,  l’habileté  fait  défaut  et  cette mystification  tombe  à  plat.  Ce  dispositif,  qui  se veut  aussi,  tant  qu’on  y  est,  l’expérience  du détachement  et  de  l’intemporel,  n’est  qu’un ignoble court-circuitage de  toute restitution   aux formes  et  aux  matériaux  d’un  pouvoir  physique et  symbolique.  L’artiste  s’ingénie  ainsi  à travailler  dans  la  banalité  ou  le  non-événement par  une  absence  de  soi-disant  parti  pris  qui donnerait à  ses œuvres des qualités abstraites et une  portée  générique.  Quelles  que  soient  les anecdotes  qui  ont  généré  ce  parcours  semé d’indices,  elles  font  se  rejoindre  l’inutilité  et  la futilité  en  provoquant  en  nous  un  rejet  doublé d’ennui.

Si  l’on  voulait  persuader  les  visiteurs  que  l’art contemporain  est  vraiment  nul,  on  ne  s’y prendrait  pas  autrement.  Certains  s’étonneront que l’on critique ainsi cette exposition. S’éloigner du  consensus  des  vernissages  et  porter  un jugement,  et d’autant  plus  si  celui-ci  est négatif, est  considéré hors de  propos.  L’art  contemporain serait  une  cause  commune,  attaquée  de  toutes parts.  Ne  pas  fourbir  les  armes  des  détracteurs. Mais  comment  peut-on  défendre  cette interminable  série de  cibachromes flous et  tape-à-l’œil  ?  Cette  mascarade dépourvue de désir,  de projets  et  d’illusions ?  Cette  pathétique imposture ?  Quel  intérêt  trouver  à  cette  suite  de détails fastidieux et rancis,  de miasmes  fatigués ? On  aurait  pu  espérer  voir  traiter  l’espace  social comme  un  matériau  et  faire  naître  de  cette manipulation  une  expérience  renouvelée  de l’attente, voir les éléments médicaux prendre une posture  paradoxale.  Il  n’en  est  rien.  Reste  un objet  un  peu  hermétique  à  prendre  pour ce  qu’il est :  l’espace  psychologique  d’une  artiste  obtuse et  surévaluée,  avec ses duperies,  ses obsessions et sa fausseté.

Mais  parle-t-on  encore  d’art  quand  l’on  sait  que toutes  les  pièces  ont  été  vendues  avant  le vernissage ?  Ce  lieu  d’exposition,  que  l’on  a connu  plus  engagé  et  clairvoyant,  a  fait  le  choix d’ajuster  l’offre  à  la  demande.  Il  n’a  plus  de temps  à  perdre  avec  la  critique  d’art  et  il  est maintenant  inutile  d’organiser  des  voyages  de presse.  Le  directeur  du  lieu  a  beau  déclarer « Même  si  les  lois  du  marché  ne  sont  pas  notre seule  motivation,  nous  sommes  là  pour  faire  du profit. »,  si  certains collectionneurs  se mettaient à  réfléchir au  sens et  à  l’intérêt des pièces  qu’ils achètent,  Melenaite  Noata  risquerait  de sombrer dans  un  anonymat  rapide.  Mais  pour le  moment, il faut reconnaître à l’artiste un grand talent dans les  techniques  du  camouflage,  de  la  mascarade, du  faux-semblant.  C’est  ainsi  qu’elle  arrive  à concilier le  statut  de  l’artiste  et  la  rémunération de la femme  d’affaires  et qu’elle finit par  produire de telles expositions  où une emphase  pontifiante et floue  tient lieu d’argument et  de morale.  Faut-il y voir une  ironie post-moderne ?  Même pas. On a simplement  là  ce que  l’on  peut  faire  de  plus caricaturalement  mauvais  en  matière  d’art contemporain. “

 

La piteuse réaction du directeur du lieu  :


Chers Amis,

Je joins, à titre de curiosité, un article qui est l’exemple même d’une fausse critique artistique. Il s’agit en réalité d’un ramassis d’inepties paru récemment dans une revue dont il eut mieux valu taire l’existence. Mais le comique d’une soi-disant journaliste croyant faire son métier vaut son pesant d’or.
Bien cordialement,

Pierre Monjaret

Directeur

La Bergerie - Lieu d’Art Contemporain

labergerie-art-co@wanadoo.fr
http://www.labergerie-lac.com

La Bergerie – Lieu d’Art Contemporain  se présente comme  "une institution culturelle internationale, située au cœur de la scène vive de l’art depuis 2003" et  qui " s'est développée pour devenir une des institutions internationales les plus influentes"


Repost 0
Published by Art Point France - dans Art et société
commenter cet article
15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 05:04

La défiguration en art.

Du 4 avril au 10 mai 2009

Le Rex - Le Pouliguen (44)





Chercher le vrai visage de quelqu'un, c'est tenter de voir au travers, de saisir l'expression de son intériorité avec l'a-priori que le mal y niche.  Ce retournement macabre du dehors de la personnalité est une violence que certains peintres et sculpteurs  exercent ici sur eux mêmes mais aussi sur autrui. Il n'y a pas d'au-delà de la souffrance pour eux, ils sont entièrement déterminés par ce rapport à l'obscénité du réel. Ils auscultent et sondent une humanité broyée par le mal.

Le visage est  une mémoire vivante. Il dessine la carte d'une histoire singulière ou partagée. Il parle sa propre langue. Raturé, convulsé, effacé, il se confronte à l'angoisse, la souffrance et la mort. Défiguré, profané, il révèle la dramatique conscience que nous avons de notre finitude. Il est  porteur d'une pulsion de mort.  La mort, elle, n'a pas de visage,  son masque est celui d'un monstre qui n'appartient pas à l'humanité.

Si le visage parle,  il "existe" aussi pour être vu.  L'individu avec sa part de dignité morale, philosophique  et spirituelle est en entier dans son visage. C'est pourquoi l'absence de visage  qui prive l'individu du regard de l'autre équivaut  à  une exclusion du monde des hommes. De plus, l'impossible face-à-face entre consciences interdit  la connaissance de soi.   L'effacement du visage, chez la plupart des artistes exposés,  est alors le signe d’une rupture.  Pour quelques uns cependant,  il s’agit de reconstruire un visage après avoir mis à nu son étrangeté, de le transfigurer. Ainsi, ces visages dans leur indétermination peuvent être des naissances. La porte s'ouvre sur la vie, ses couleurs et sur la recherche d'un élément fondateur positif de notre humanité.


Catherine Plassart


Les artistes de l'exposition : Louise Giamari - Fabien Claude - Christophe Miralles- Sabhan Adam  - Antoine Correia  - Philippe Croq  - Jim Delarge  - Béatrice Englert - Anne-Marie Cutolo - Stepk - Isabelle Vialle - Olivier de Sagazan


photos : (1) Christophe Mirallès - (2) Anne-Marie Cutolo


informations pratiques :

Le Rex
4 rue de la plage
44510 Le Pouliguen
Tous les jours de 15h à 19h.
Contact : 0240913712.
 
Vernissage samedi 4 avril à partir de 18h.

Repost 0
Published by Art Point France - dans Nord Ouest : expositions
commenter cet article
14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 06:31

Du 14 février au 19 avril 2009


Espace culturel les Dominicaines - Pont-l'Evêque (14)



 

Voici le silence ; la présence ineffable du monde ; le souffle énigmatique des plaines, sises entre l'aube et l'aurore. Voici la beauté discrète, fragile et pudique, qui se refuse à tout commentaire. Voici l'oeuvre immense d'un artiste encore trop peu connu – Philippe Ségéral.

Mythologue naturaliste, l'univers qui sous ses doigts se dessine tient à la fois du rêve et de la description minutieuse. Que ce soit le vent, la mer, le ciel, ou bien les arbres des forêts, la précision des sujets n'a d'égale ici que la charge poétique qui les emporte par-delà leur réalité. A l'aide d'une simple mine de plomb, Philippe Ségéral dessine les combats ténus des corps lumineux sortant de l'ombre.

Rêverie de la terre s'élevant vers les nues, le crépitement des flammes se mêle au corps de la brume.  L'univers entier palpite et poudroie. Pour Philippe Ségéral, le monde est puissance, souffle des origines volcaniques de la terre sifflant sa démence sur les mers végétales. Oui, tout a une âme – même les pierres et les étoiles.

Fidèle, en cela, à l'esprit de Novalis, lui-même disciple de Saïs, Philippe Ségéral semble être parti en quête de ce monde chiffré que nos sens – un instant illuminés – entre-apercoivent parfois, avant de retomber, humainement brisés, dans la profondeur indicible des arcanes de la nuit.

F-C Baitinger


informations pratiques :


Espace culturel les Dominicaines
Place du tribunal
14130 Pont-l'Evêque
02 31 64 89 33


photos : (1) Grande forêt 1  (1987)  148 x 198 cm mine de plomb collection particulière, (2) Trois arbres en feu (2002) 122 x 151,5 cm mine de plomb collection particulière.


voir aussi : www.espacelesdominicaines.over-blog.com



Le silence qui parle Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger fredericcharlesb@hotmail.com

Repost 0
Published by Art Point France - dans Nord Ouest : expositions
commenter cet article