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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 10:13

« Personnes »

du 13 janvier au 21 février 2010

MONUMENTA 2010 - Grand Palais Paris





Monumenta Christian Boltanski




Disparition et Remémoration.

Le Grand Palais est "un lieu qui se donne à celui qui le prend". "Personnes" de Christian Boltanski est une oeuvre faite pour le Grand Palais, avec lui, ou du moins avec son architecture. Le visiteur de Monumenta 2010  se trouvera dans une oeuvre et non pas devant.

Si pour saisir le réel, Boltanski emploie la fiction et s'appuie sur la narration, son principal outil est l'émotion. Celle-ci est grandement favorisée quand le visiteur pénètre le dispositif d'exposition comme on entre dans une histoire. Au Grand Palais, enveloppé par le froid hivernal (ainsi l'a souhaité l'artiste), c'est en soi que chacun devra rechercher l'étincelle qui réchauffe. Ainsi, Boltanski réunit le feu, l'amour, la mort et chacun pourra ressentir la chaleur qui l'habite et se sentir plus homme.

"Personnes" est une réflexion sur la mort, celle qui nous attend, nous est destinée et pourtant nous surprend. Celle aussi qui emporte ceux qu'on aime. Depuis toujours, la lancinante question du "pourquoi" nous taraude le coeur et l'esprit alors que la réponse se dérobe portée par les ailes du temps. La conscience de notre finitude détermine pourtant notre condition d'homme sur la terre. Mais comment accepter la disparition et trouver une consolation ?

La photographie, l'objet, le son permettent de se remémorer. Christian Boltanski les collectionne  et les accumule dans ses installations. Les rassembler est une manière d'affirmer la place faite à chacun dans la mémoire collective."Personnes" au Grand Palais pour Monumenta 2010, crée un tableau éphémère qu'animent les grandes questions sur la vie, la mémoire, le hasard de la destinée, la singularité irréductible de chaque existence.


Catherine Plassart


PS : Christian Boltanski poursuit la collecte d’enregistrements de battements de cœurs pour réaliser les "Archives du cœur" : vous êtes invités à enregistrer le son des battements de votre cœur et à en faire don à l’artiste.






Christian Boltanski





informations pratiques :


Nef du Grand Palais - Porte principale
Avenue Winston Churchill 75008 PARIS

Horaires
Tous les jours sauf le mardi
De 10h à 19h le lundi et le mercredi
De 10h à 22h, du jeudi au dimanche

Accès
Métro : lignes 1, 9, 13 / stations : Franklin Roosevelt, Champs-Elysées-Clemenceau
Bus : lignes 28, 32, 42, 72, 73, 80, 83, 93


voir aussi : le site de Monumenta

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 08:20

Claude Rutault visite la collection d'art contemporain Société Générale

 
jusqu'au 21 février 2010

 

  cccrutault.jpg

 


La méthode Rutault.

L'artiste Claude Rutault interroge la Collection de la Société Générale, l’une des plus importantes collections d’entreprise en France. Il a choisi dans un véritable projet de création,  d’exposer les œuvres de grands photographes contemporains au sein de ses « définitions/méthodes » (dm), dispositifs qui constituent le cœur de son travail.

L'Artiste conceptuel français se revendique comme peintre, un peintre dont la peinture existe principalement, depuis 1973, sous forme écrite grâce aux « définitions/méthode »:. Ces textes qui décrivent comment réaliser et mettre en place une œuvre de Claude Rutault reposent sur un principe très simple : peindre une toile de la même couleur que le mur. A partir de cet acte minimal, les « dm » de Claude Rutault proposent une infinité de réalisations possibles, comme autant de façons d’interpréter l’art.

Sur les murs colorés considérés comme les toiles d’un peintre, les photographies de la collection Société Générale engagent au CCC un véritable dialogue avec la peinture.

Avec les photographies de :

Renaud Auguste-Dormeuil, Valérie Belin, Marie Bovo, Elina Brotherus, Alain Bublex, Philippe Chancel, Stéphane Couturier, Danica Dakic, Luo Dan, Thomas Demand, Jean-Paul Dumas-Grillet, Werner Feiersinger, Werner Hannapel, Gábor Ösz, Philippe Ramette, Thomas Ruff, Anna-Katharina Scheidegger





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Informations pratiques :


CCC - CENTRE DE CREATION CONTEMPORAINE 
53-55 rue Marcel-Tribut
37000 TOURS 

ouvert du mercredi au dimanche, de 14h à 18h. 

Entrée libre 



photos : (1) Vue de l'exposition, (2) Jean-Paul Dumas-Grillet, Le 26 octobre 2005 à 00h19, 2005, 150 x 180 cm (©Collection Société Générale),(3)  Elina Brotherus, Green Lake, 2007, photographie sur papier Fujicolor Crystal, 80 x 97 cm (ADAGP/©Collection Société Générale), (4)  Philippe Ramette, Contemplation irrationnelle, 2003, 150 x 120 cm (ADAGP/©Collection Société Générale) (5) Thomas Demand, Desk, 1994, diasec et plexiglas, 96 x 175 cm (ADAGP/©Collection Société Générale).


Dans la librairie d'Art Point France : Marie-Louise de Claude Rutault 1993 (bibliophilie)


Voir aussi :  www.collectionsocietegenerale.com , http://www.ccc-art.com/ , la bio-bibliographie de Claude Rutault dans Art Point France 

 
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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 08:48

"Figura"


du 5 au 30 janvier 2010

Galerie Amtares - Paris 18e

 

Martine Baijot"Dans un sillon, le pinceau encré vrille, tourbillonne
Il grouille, il cisèle des fleurs imaginaires,
Il modèle des corps,
Il éclabousse peinture, encre, pigments,
Un geste, un trait, le bout du pinceau ouvre la liberté.

Martine Baijot travaille dehors ou dans l’atelier,
Toujours à observer la réaction d’un hasard qui lui ouvre
d’autres chemins, solitude, incertitude.
Peindre l’émotion, la vie, le rêve, la fragilité,
Respecter l’inconscient.
Le silence, le vent, la nature, les cieux, la terre tourne
La transformation
Avec seulement quelques coups de pinceau pour que
la lumière caresse vos regards.
Alors, toiles et papiers prennent leur sens..."


Les gestes multiples de Martine Baijot.

Souvent spontanés, sans retour en arrière, parfois composés et réfléchis. les gestes de Martine Baijot envahissent l'espace de la toile ou du papier. Les pigments, les encres de Chine, les encres typographiques  se déversent en filament sur la surface. Fluctuation des tracés bombés, marques de la brosse , taches, le peintre mène la danse. Entrelacs , accidents, surprises, le geste devient expressif. Il corrige, détourne et s'émerveille encore des transformations. Le trait se sent libre. Porté par le souffle, il  est la marque de la présence duelle du corps et de l'esprit dans une peinture qui fouille le chaos, restitue l'énergie et la vie.  

Catherine Plassart 



Martine Baijot Martine Baijot








Martine Baijot
 Martine Baijot




Martine Baijot


Informations pratiques :

vernissage le 16 janvier 2010 à partir de 18h

Galerie Amtares                                                                                      
29, rue Lamarck
75018 PARIS                                                             
amtares@wanadoo.fr
01 44 92 47 07

Ouvert du mardi au samedi de 15h à 19h, et sur rendez-vous,

métro : station Lamarck Caulaincourt : ligne 12 ou station Jules Joffrin à la Mairie du XVIIIème
: ligne 12 également puis le Monmartrobus station Lamarck-Mont-Cenis.

voir aussi : le site de la galerie Amtares , la vitrine de Martine Baijot sur Art Point France


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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 13:23

du 12 décembre au 23 janvier 2010


Galerie Chantal Crousel - Paris 3e.




Alain Sèchas

Alain Sèchas. La bonne aventure.

Au grand étonnement du public averti, Alain Sèchas présente dix grandes peintures, à la galerie Chantal Crousel. En effet les amateurs d'art contemporain connaissaient bien, ses chats et ses martiens, des sculptures qui empruntaient au langage des comics et à celui de la bande dessinée. Les grands tableaux verticaux au lyrisme abstrait marquent donc à plus d'un titre,  une rupture dans le parcours de Sèchas.


On peut évoquer notamment les conditions de production des créations antérieures. Durant la grande période des sculptures qui se clôt, l'artiste commençait par un dessin rapide mais l'exécution des pièces supposait un système lourd, une pratique collective contraignante. Alain Sèchas a désiré remettre en question la complexité des modes de production et  renouer avec une immédiateté de la création. Le choix de la peinture qui permet un surgissement de l'oeuvre quand on emploie comme ici de l'acrylique, s'explique alors, mais en partie seulement.


"Toujours tout remettre en fusion" disait René Daumal et c'est bien ce que nous avons sous les yeux. Alain Sèchas paraît faire exploser l'univers des formes identifiables associées à son image de marque, pour rejoindre une nébuleuse de la création qui met l'individu au centre et qui se souvient des mouvements historiques.


Car dans ce nouveau travail Sèchas n'invente rien. Il renoue avec le geste qui engage le corps, libère les turbulences de l'inconscient et signe une intention. "Je suis un artiste du présent" déclare-t-il.  Il nie tout aspect citationnel dans ses oeuvres,  la référence a pour lui un rôle secondaire. A bien l'écouter tout paraît couler de source. Ce qui le motive comme un grand nombre d'artistes européens depuis 300 ans : "la satisfaction de faire du beau", du beau qui est en relation avec le bon.


"Est-ce que je commence ? Ou est-ce que je recommence ? s'interroge-t-il. Ses peintures nous offrent une réponse.  Peu importe "l'avant", peu importe "l'après", seule compte la beauté, unique objet de l'aventure.

Catherine Plassart




Alain Sèchas




Alain Sèchas




sechas robin-hood




sechas platee

photos : (1) Bulb,Acrylique sur papier, marouflé sur toile 205 x 157 cm 2008 (2) Hurons, Acrylique sur papier, marouflé sur toile 215 x 157 cm 2009 (3) Souris verte, Acrylique sur papier, marouflé sur toile 157 x 217 cm   2008 (4) Robin hood, Acrylique sur papier, marouflé sur toile 205 x1 55 cm   2008 (5) Platée Polyester, acrylique 290 x 195 x 130 cm avec peinture murale (H : 500 cm) 2005



Informations pratiques :


10 rue Charlot 75003 Paris
+33 1 42 77 38 87
galerie@crousel.com

ouvert du mardi au samedi de 11h-13h / 14h-19h



voir aussi :
le site de la galerie Chantal Crousel, le site de l'artiste 

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 16:40

Superheroes – Solo Show

du 28 novembre au 24 décembre 2009

Galerie Magda Danysz - Paris 11e





Vuk Vidor

 

Vuk Vidor. La Force du désenchantement.

Dans cette exposition de la galerie Magda Danysz, Vuk Vidor présente une impressionnante série de peintures de grand format, des sculptures découpées au laser de héros américains et aussi  une étonnante proposition Superego.


Dressée au centre de l'installation, une statue dorée représente l'artiste auréolé d'une gloire serbe auto proclamée. Elle est posée sur un socle, lui-même disposé sur une carte rouge de la Serbie, centre d'un soleil jaune qui rayonne arrogant.  


L'installation  est éminemment critique vis à vis du pays d'origine de Vidor dont il regrette l'orgueil mondio-centriste déplacé. Toutefois les USA le déçoivent également comme le prouve la deuxième  étape de son Quartet Américain montrée ici. La modernité portée par les mythes et les icônes de la super-puissance s'écroule comme un château de sable balayé par la vague. Les super héros sont fatigués, piteux ou désespérés. Seul subsiste le langage pop coloré des comics d'outre-atlantique.


L'idéal américain est parti en fumée, il faut être un serbe de Serbie pour se le représenter intact. Par contre, signes et signifiés nés du rêve américain courent le monde, inventant une langue neuve et universelle. Le vingt-et-unième siècle débute sur fond de crise. Pour contrer le désenchantement  qui gagne et se répand, il faut déplacer les postes d'observation, établir de nouveaux points de vue. Vuk Vidor fait partie de ces artistes qui font les bons constats et posent les bonnes questions.

Catherine Plassart





Vuk Vidor





Vuk Vidor





Vuk Vidor

Informations pratiques :

Galerie Magda Danysz
78, rue Amelot - Paris 11
tel. :  +33 (0)1 45 83 38 51
 +33 (0)1 45 83 38 51 

ouvert du mardi au vendredi de 11h à 19h
et le samedi de 14h à 19h


voir aussi : le site de la galerie Magda Danysz

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 11:56



Agnex




Images du labyrinthe

« Le labyrinthe est une prison où la vie s'éveille.»
Olivier Capparos


Plaie vive, la toile est ce tissu charnel où vient s’inscrire l’envers d’une âme. Du moins est-ce là le sens que lui octroie l’œuvre meurtrie d’Agnex. Puisant ses forces à même les bruissements moites de la matière, son oeuvre – telle une sorte de Grand œuvre alchimique - nous emporte aux confins du visible – là où le fond vivant se mêle à la figure mouvante, et l’essence - en son balbutiement - à l’accident qui la défigure en lui donnant forme.

par Frédéric-Charles Baitinger


« Une création est une production de rien ; l’occasion est ce rien qui fait tout surgir1. » Voilà sans doute pourquoi l’art d’Agnex repose sur ce principe flottant, mouvant, et comme toujours sur le point de lui échapper : la tache. Puissance passive contenant virtuellement sa forme, la tache fonctionne dans son oeuvre comme une sorte de maïeutique inconsciente. Excédant les limites du langage, ses tourbillons nous emportent aux confins de l’étrange – là où le dicible ne couvre plus la totalité de notre expérience.


« Je fabrique des portraits d'âme, des clichés de sensations, des paysages d'inconscient. »


Bien plus symptomatique que symbolique, l’œuvre d’Agnex  ressemble à ces vestiges dont parle Thomas d’Aquin2 ; à ces fragments de matière n’étant ni eux-mêmes (une chose) ni autre chose (un signe) mais une sorte de composé des deux  (comme peut l’être la fumée pour le feu). Tantôt matière pure, tantôt signifiant flottant, Agnex cherche, dans les intervalles du visible, les linéaments d’une figuration plus mobile et plus libre ou, pour le dire encore autrement : une poétique du monstrueux et de l’accident.


« Je suis un explorateur de mondes intérieurs, peut-être les miens, peut être ceux de l'inconscient collectif, peut être les deux. »


Tout est là, dans cette préséance du fond sur la figure qui le hante ; dans ce primat du donné faisant basculer l’Idée dans un grouillement sans consistance. C’est pourquoi Agnex n’est pas seulement peintre mais médium - puisque son processus créatif (l’intention guidant son geste) n’obéit à aucune image mentale ; mais tend, au contraire, à se confondre avec la nécessité somnambulique d’un lapsus ou d’un acte manqué.


« Je ne travaille pas avec ma vue car je ne travaille avec aucune référence à l'extérieur. Tout sort du fond du labyrinthe. »


Respectant, à sa manière, cette formule paradoxale de l’Evangile – que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite – l’œuvre d’Agnex implique, dans sa structure même, une sorte de schize ou de dédoublement. D’une main, l’artiste se désengage de son œuvre, s’abstrait de sa propre composition (comme si, de cette déprise devait naître un monde sans créateur – un monde orphelin) ; tandis que de l’autre, elle s’empare de la ligne pour venir tracer, à même ce magma informe, les linéaments d’une nouvelle saisie intuitive de la forme.


Ni tout à fait lyrique, ni vraiment abstraite, cette œuvre est la plaie vive d’une âme errant dans son labyrinthe - c’est pourquoi, à l’instar d’Œdipe, écoutant avec circonspection les paroles de l’oracle, nous ne pouvons que chercher à deviner leur sens mystérieux qui, par bien des côtés, ressemble à ces petits poèmes japonais (haïku, tanka, waka) dont l’inspiration se perd dans le cours insaisissable du temps.


Des fragments de matières
Gisent, épars, sur la toile 
Comme des lignes, parfois,
Flottent sur la mer.

 






Agnex



Agnex





Notes :

1 S. Kierkegaard, Ou bien Ou bien, Premières Amour.  Cf. aussi : « Tous ceux qui ont eu quelques fois le désir de créer une œuvre ont sûrement remarqué que c’est une petite circonstance fortuite et extérieure qui devient l’occasion de la création proprement dite. »
2 « Le vestige représente à la façon d’un effet qui représenterait sa cause sans atteindre à la ressemblance spécifique. » Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ia 93,6

 

Photos : (1) Lui , (2) Baigneuse, (3) Equilibriste




Le silence qui parle Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger fredericcharlesb@hotmail.com

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 16:16

Le classique et l'indien

jusqu'au 3 janvier 2010

Villa Medicis - Rome



Gérard Garouste



L'exposition de Gérard Garouste a débuté à la Villa Médicis le 15 octobre, elle se termiera le 03 janvier 2010. Le lieu qui est historiquement celui de l'académisme mais qui grâce à Malraux a basculé du côté de la modernité dans les années soixante convient on ne peut mieux à l'exposition  Le classique et l'indien. Ces deux personnages de la mythologie personnelle de l'artiste sont des allégories de notions inséparables qui se définissent les unes par rapport aux autres  :  la stabilité et l'aventure, le su, le connu et le futur.


« Une nuit, je croise un homme sur une route de campagne. Il s'arrête et m'explique que l'humanité se divise en deux catégories d'individus : les Classiques et les Indiens. Ils sont  inséparables, marchent toujours par paire. Un Indien ne se déplace jamais sans son Classique, de même que l'intuition ne peut se passer de la raison ».Gérard Garouste


Ces quelques phrases sortent de L'Intranquille. Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, le livre de Gérard Garouste écrit avec Judith Perrignon et publié récemment par L'iconoclaste. Un texte qui se lit avec une facilité déconcertante compte-tenu de  la dimension tragique du témoignage, de la singularité du parcours. Un livre précieux  parce qu' impudique et sincère.

Catherine Plassart




Gérard Garouste




Gérard Garouste







Gérard Garouste






Informations pratiques :


Académie de France à Rome - Villa Medici
Viale Trinità dei Monti, 1
00187 Roma
Standard: +39 06 67611 
standard@villamedici.it

Accès
Métro : Ligne A - Bus : 117/119 
Parking : Ludovisi



voir aussi : le site de la villa medicis, la fiche bio-bibliographique de Gérard Garouste sur Art Point France





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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 13:43


 de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea.


au cinéma.



L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot


Les images de Clouzot. Le talent de Bromberg.

Ce qui impressionne et que l'on retient d'abord ce sont des images extraordinaires. Des scènes en noir et blanc ou en couleur, toutes muettes :  Romy Schneider, simplement belle, qui évolue en skis nautiques sur un lac de montagne et  Serge Reggiani, le visage anxieux, courant à perdre haleine  sur le viaduc qui culmine au dessus de la surface de l'eau. Rushs et fragments de pellicule retrouvés  livrent encore d'autres images Elles sont  hypnotiques à force d'effets cinétiques divers, de recherches et d'expériences invraisemblables. Clouzot a tenté d'inventer un nouveau langage plastique de l'image cinématographique, en relation avec une histoire intime entre deux personnages,  scandée par de folles crises de jalousie.


Mais le film que vous irez voir, est bien une oeuvre de Serge  Bromberg. Il raconte le tournage insensé de L'Enfer de Clouzot dans un récit finement construit. Entre les images du réalisateur de L'Enfer, on retrouve des interviews de Costa Gavras assistant à la réalisation lors de la préparation du film,  de Bernard Stora qui était stagiaire, de William Lubtchansky alors assistant opérateur… Sans concession, ils nous dévoilent la folie obsessionnelle de Clouzot, son irrésistible désir de perfection que rien, ni personne ne limite. Les textes du scénario original  sont lus et dits hors-scènes par deux comédiens filmés sur fond noir, Bérénice Bejo et Jacques Gamblin. Ils donnent vie aux scènes de Clouzot d'une manière imperceptiblement décalée et  nous rappellent que le metteur en scène, réalisateur et producteur de surcroît, disposait de tous les éléments et  composants de son film et au delà.


Et c'est sans doute cet aspect sans limite des conditions de réalisation et de production de l'Enfer qui engloutit le projet et le mène au naufrage. Éternellement insatisfait, Clouzot a les moyens de soumettre ses acteurs et ses équipes de tournage à des recommencements incessants. Au résultat 16 heures d'images superbes, pour un film rêvé et inachevé mais 16h d'images qui sont aussi le matériau à partir duquel Bromberg a réalisé une oeuvre formellement maîtrisée qui autorise des lectures multiples et qui interroge sur la folie et le processus créatif.

Catherine Plassart




L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot





L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot



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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 12:59

DeSoRDRreS
Exposition

du 11 décembre 2009 au 24 janvier 2010 

La Criée - Rennes




François Seigneur



«Ordre et Désordre sont des états relatifs, complémentaires et indissociables. Qu’ils soient géométriques, temporels ou umains, ils gèrent nos sociétés. Si l’ordre dans l’ordre mène à l’autoritarisme, le désordre dominant mène à l’anarchie. L’exposition propose 3 états possibles ». (François Seigneur)


Architecte de profession, François Seigneur suit un parcours atypique à la frontière entre arts visuels et architecture. Croisant peinture, installation, design graphique, scénographie et architecture, il cultive une philosophie de l’oeuvre «ouverte», jamais définitive et souvent détournée.


L’exposition proposée à La Criée concerne la fabrique du désordre comme concept nécessaire et acte créateur indispensable, au sein d’une ère postglobale où le contrôle, l’obsession de l’ordre sécuritaire, les dispositifs d’évaluation s’infiltrent dans les moindres structures discursives, administratives, sociales, mais aussi artistiques.


C’est pourquoi, dans la pratique de François Seigneur, il importe que l’architecture et les arts visuels prennent le risque d’investir des zones d’habitat, des formes, objets et concepts qui sont habituellement considérés comme étant peu «séduisants», insuffisamment «construits» ou trop «désordonnés». C’est à l’intérieur de ces zones que se
manifestent très souvent le vivant et la créativité.


La Criée présente un Macro-monochrome gris à la composition aléatoire et évolutive au fil de l’exposition, grâce à un système de panneaux en contre-plaqué repositionnables. En regard de cette pièce, l’installation Heureusement qu’on a la publicité vient encombrer l’espace d’objets consommables et consommés. Dans la petite salle, l’exposition se complète par la présentation d’une maquette d’architecture Pour ne pas mourir, je ne finirai pas ma maison. Pourquoi finir celle des autres ?


 

François Seigneur

François Seigneur, vue de l’installation
Sac de voyage, La Villa Noailles, Hyères,
2000. © François Seigneur




François Seigneur


François Seigneur, vue l’installation
Monochrome blanc, Mémorial des
«malgré nous» d’Alsace-Moselle -
Schirmeck, 2009. © François Seigneur








François Seigneur


François Seigneur, Le trait d’génie
Coopération : Mir (Mené Initiatives Rurales)
et Eternal Network, maquette présentée
au Domaine de Kerguehennec, 2008.
© François Seigneur

 



Informations pratiques :

Rencontre avec François Seigneur
le samedi 12 décembre à 15h00

La Criée
Centre d'art contemporain
Place Honoré Commeurec
Halles centrales_35000 Rennes
T. (+33) (0)2 23 62 25 10

voir aussi : www.criee.org

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 09:45


Catherine Plassart



"Fous" de l'art.

Plus qu'un clin d'oeil à l'actualité, cet édito est un hommage à deux grands "fous" de l'art : le peintre Gérard Garouste dont l'oeuvre fait l'objet d'une rétrospective importante à la villa Médicis à Rome et le cinéaste Henri-Georges Clouzot dont on découvre les extraordinaires images de L'Enfer grâce au réalisateur Serge  Bromberg.

Garouste nous avait familiarisés dans sa peinture avec les pénibles ou humoristiques contorsions d'un homme qui au pays de l'aventure intérieure, suit les sentiers qui bifurquent. Dans son livre, L'Intranquille. Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, il dévoile les crises délirantes qu'il connaît périodiquement et qui le conduisent à s'enfermer à l'hôpital. Étrange et courageuse conscience de soi, de sa folie et recherche d'une protection entre les murs. Des mois sans peindre parfois et pourtant, une oeuvre sans chute, ni rupture. A peine distingue-t-on une évolution dans les sujets moins référencés au fil du temps, plus biographiques. Quant à la peinture, elle se joue de ses sujets et jubile volontiers maintenant.

La démence de Clouzot est toute autre. Elle s'ignore. Elle se gonfle au fur et à mesure que se développe un projet cinématographique que rien ne borne. Mais ce qui impressionne et que l'on retient d'abord, ce sont des images extraordinaires. Des scènes en noir et blanc ou en couleur, toutes muettes :  Romy Schneider, simplement belle, qui évolue en skis nautiques sur un lac de montagne et  Serge Reggiani, le visage anxieux, courant à perdre haleine  sur le viaduc qui culmine au dessus de la surface de l'eau. Rushs et fragments de pellicule retrouvés  livrent encore d'autres images Elles sont  hypnotiques à force d'effets cinétiques divers, de recherches et d'expériences invraisemblables.

Clouzot a tenté d'inventer un nouveau langage plastique de l'image cinématographique. Il engloutit le projet sous des dizaines de bobines et le mène au naufrage. Garouste , le pinceau à la main, reste le capitaine de son bateau ivre. Ses oeuvres ne suivent pas le courant . Libres déséquilibres de la folie chez ce cinéaste et ce peintre. L'art dans ses plus belles réalisations.

Catherine Plassart

photos : (1) L'Enfer de Clouzot, (2) Gérard Garouste



voir aussi : La Feuillée du 10 décembre 2009


Catherine Plassart 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

Les éditos de La Feuillée

 

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