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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 11:20

Histoire de vivre.
25 gravures, dessins et textes


du 11 janvier au 21 mars 2010


Musée des Beaux-Arts d'Orléans


 

M. Vinzant

Histoire de vivre.

Que sait-on aujourd'hui encore de la gravure et de ses différentes techniques ? Elles ont cinq cents ans pour les plus anciennes et apparaissent renouvelées au fil des siècles. Elles ont toutes en commun de permettre des empreintes à l'encre sur papier. Mais depuis le XXème siècle  la matrice gravée fournit plus que de simples reproductions,  elle offre des images révélatrices d'une expression originale. Michèle Vinzant qui expose en ce moment au Cabinet des dessins du Musée des Beaux-Arts d'Orléans use de toutes ces techniques sans en privilégier aucune, leurs effets particuliers étant en rapport avec son intention et son sujet.

"La pointe sèche est nerveuse, aérée, nous dit-elle. Les eaux fortes sont un travail de fond, un travail de "l'achevé impossible" où pourtant tout est minuté. Les manières noires sont un bonheur :  révélation des noirs veloutés qui côtoient les gris, les blancs, le blanc, et préparation de la plaque de cuivre au berceau, longuement. Le carborundum, est une sculpture d'écritures qui joue avec le papier. Le burin est d'abord un geste de légèreté et d'ultime précision."

Combinaison de creux et de reliefs, d'adhérence et de traversée, la pratique de la gravure est souvent périlleuse et parfois soumise  au jeu du hasard qu'il faut savoir accepter. Chimie d'un rêve plein de passion, les oeuvres explorent  les grands thèmes de l'existence. Au centre des préoccupations de Michèle Vinzant, l'homme et  sa nature complexe. Magnifique, grotesque ou fragile, celui-ci déroule un fil de la naissance à la mort. Sa vie est une histoire singulière. L'artiste  la saisit tel "un roman d'amour sur une seule feuille".  Pleine d'aspirations, de colères aussi,  dans le prolongement de l'écriture, Michèle Vinzant raconte, questionne et témoigne.

Catherine Plassart





M. Vinzant









M. Vinzant





Informations pratiques : 


Musée des Beaux Arts  
Cabinet des Estampes
1 rue Fernand Rabier
Orléans - France
02 38 79 21 55

 ouvert tous les jours de 10h à 18h, fermé le lundi


voir aussi : le site de la ville d'Orléans
 



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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 08:54
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Vanités contemporaines.

Irréparablement creux, le crâne est la représentation en peinture de la vanité en référence à la parole de l'Ecclésiaste « Vanité des vanités, tout est vanité ». Mais cette annonce qui agite comme une menace un au-delà effrayant pour inciter à une attitude méditative et à un engagement moral valait seulement à d'autres époques. Aujourd'hui le motif de la vanité dans les oeuvres des artistes révèle d'abord une absence, un manque, un vide, en relation avec l'écroulement du sentiment d'exister.

La mort est à la fois une évidence et un non-sens. Sa grande faux mortifère attend son heure inconnaissable et imprévisible. Elle n'est plus pour la modernité ni régénération ni rédemption, elle est tragique et absurde, impossible à conjurer. La "vraie mort" qui prouvait l'unité de toutes les composantes de la vie a sombré derrière la ligne de flottaison d'un espace historique antérieur. D'où la violence des oeuvres contemporaines qui perpétuent l'utilisation d'un motif, la vanité, privée de sa signification première mais nourrie des représentations du monde de l'invisible.

Or précisément le peintre qui ne vit que par le regard de l'autre se perçoit de moins en moins visible. Il soupçonne la peinture elle-même d'être vanité et de révéler la vacuité de toute action humaine dans la masse inerte du monde. Ainsi, il choisit l'explosion et le surgissement du sortilège embusqué dans la mémoire, de préférence à un lent glissement vers la disparition et l'oubli. Il fuit le repli sur soi, récuse la déréliction. Les têtes de mort participent à une danse macabre renouvelée ; elles ne cèdent pas à la tentation d'un sommeil immobile et funèbre. Sublimes ou comiques, isolées ou en sarabande elles intègrent le lieu de l'expérience, traduisent la vie, et réaniment dans le théâtre des ombres le jeu d'exister.

Catherine Plassart



Fabrice Rebeyrolle Le saisissement et la fureur. Une chronique de Philippe André. " L'homme est périssable, comme individu et comme genre. Nous ne le savons que trop, mais faisons mine, la plupart du temps, de l'oublier..."

"C'est la vie - Vanités de Caravage à Damien Hirst" , exposition de 160 peintures, sculptures, photographies, vidéos, bijoux, objets sur le thème des vanités du 03/02 au 28/06 au Musée Maillol à Paris



photos : (1) Fabrice Rebeyrolle, (2) Damien Hirst ,(3) Andy Warhol



voir aussi : La Feuillée du 4 février 2010



Catherine Plassart 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

Les éditos de La Feuillée

 

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 20:34

30 janvier au  21 mars 2010

Hôtel des Arts - Toulon (83)




Jan Voss



Parce que l’art de Voss est une invitation à laisser de côté tout préjugé, il convient de l’aborder sans aucun préalable. Sans chercher à lui plaquer d’emblée un discours qui le spécifierait à l’aune de telle ou telle tendance.
Philippe Piguet




 Jan Voss



« Peut-être y a-t-il une sorte d’anticipation, un sentiment de déjà-vu projeté en avant quand un peintre affronte sa toile vierge ? Un instinct pareil à celui de l’aveugle qui a une idée de ce qui se trouve devant lui et autour de lui, sans encore en connaître les détails. Cette chose à venir, je la vois immanquablement comme une addition de formes… que j’ordonnerai plus tard pour obtenir une surface dense et d’une répartition plus ou mois égale. Petit à petit le champ pictural se peuplera donc de différentes figures ou de différentes formes qui entreront en relation les unes avec les autres simplement à cause de leur voisinage, ou par une fortune commune, ou encore en réponse de l’une à l’autre ».
Jan Voss




Jan Voss



photos : (1) Omnivores, 2003, 220 x 400 cm, acrylique sur toile,(2) Sans titre, 2002, 162 x 130 cm, acrylique sur toile,(3) Relief blanc, 2007, 170 x 130 x 20 cm, bois


Informations pratiques :

Hôtel des Arts
236 boulevard Général Leclerc
83000 Toulon
Tél. 04 94 91 69 18

Horaires : exposition ouverte tous les jours de 11 h à 18 h,
sauf les lundis et les jours fériés.
Tarif : entrée gratuite

voir aussi : www.hdatoulon.fr

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 16:49

rétrospective 1970 -2009


du 26 février au 25 avril 2010


à l’Arsenal - Musée de Soissons




Daniel Humair
 



Rythme, couleur et texture.

Daniel Humair travaille avec rapidité et de manière improvisée (à sa manière de batteur de jazz) selon des phases distinctes : peinture et tracé sur un support, report sur un autre support selon le procédé du monotype, puis mise en avant de formes choisies. Chaque étape est elle-même moment créatif : mouvement du tracé durant le premier épisode, puis action et pression exercées au moment du report, et enfin choix de couleurs et de détails pour organiser l’équilibre des formes dans l’espace.

Absence de matière dans ses oeuvres mais présence d'une texture bien particulière, quasi musicale,  rendue possible par les types de papier choisis : papier transparent, papier vélin, papier artisanal chiffon…

Daniel Humair jazzman, batteur de renommée internationale bien connu,  peint au  quotidien depuis le début des années 60. L’exposition de Soissons est une rétrospective de 1970 à 2009 qui entre en résonance avec la programmation de concerts de jazz organisée cette année à l’Arsenal et en lien avec la coproduction d’une importante monographie consacrée à l’artiste.

C. P.



Daniel Humair






Daniel Humair



photos : (1) Les fermoires, 70 x 100 cm, 2005,(2) Papier de vaire, 100 x 70, 2003,(3) Face to fesse, 65 x 49 cm, 2004


Informations pratiques :

Musée - Arsenal : expositions temporaires
Site de l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes
rue Saint Jean
02200 Soissons
03 23 53 42 40

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 16:14

« Le syndrome de Stendhal »

du 11 février au 13 mars 2010


galerie marie vitoux - Paris 4e



 Julien Spianti




Acta est Fabula

Par Frédéric-Charles Baitinger


Figures à peine suggérées, espaces fantomatiques ou déconstruits, sur chaque dessin de Julien Spianti plane un sentiment d’angoisse et d’inachèvement. Des incises temporelles perturbent l’unité des scènes : les planchers germinent ou se liquéfient, les murs s’effacent ou s’ouvrent sur des portes. Avec une maîtrise et une sûreté impressionnante, ces dessins nous projettent au coeur d’un monde libidinal et pulsionnel où les fantasmes et les chimères ne sont plus des leurres, mais les éléments constitutifs d’un monde en perpétuelle métamorphose.


Il pleut dans la chambre. Une barque vogue sur un plancher. Des lattes s’écoulent comme un ruisseau. Si nous jugeons d’une peinture par l’effet qu’elle produit sur notre imagination, nous ne pouvons que saluer l’étrange imbroglio de ces compositions dont la force plastique fissure l’instant unique de la peinture en y superposant de multiples événements. Et si, en un seul espace, coexistaient une succession de corps portant comme des stigmates les traces de leurs changements ?


Prenant à contre pied la formule de Lessing – l’artiste ne peut jamais saisir qu’un seul instant de la nature toujours changeante – les oeuvres de Julien Spianti, bien que physiquement soumises à cet impératif, ne cessent pourtant de le subvertir et d’entraîner notreimagination dans un dédale de songes et d’actions concomitantes. Reprenant à son compte les acquis des peintres cubistes et les leçons physico-surréalistes du Poisson Soluble, les scènes qui nous sont présentées intègrent plusieurs temps et plusieurs lieux selon différents points de vue.


Mais cette audacieuse déconstruction du temps et de l’espace n’a pas pour objectif de rompre avec la figuration. Bien au contraire. Chaque déplacement y sert une composition d’ensemble qui fonctionne comme une invitation au délire et à la divination : dis-moi ce que tu vois, et je te dirai qui tu es. L’oeil du spectateur n’est plus ici le récepteur passif d’une oeuvre sans référence, mais le point de catalyse où le silence de la toile se transforme en désir de fabulation.


Fabula rasa. Ni symboliques, ni narratives – au sens ou d’ordinaire ce mot s’entend, les oeuvres de ce jeune artiste étendent les limites de la figuration. Les corps qui les hantent n’y sont plus les points d’appui d’une histoire déjà connue, mais des nébuleuses vrillant l’équilibre interne des scènes tout en y insufflant la vie – c’est-à-dire le temps ; même si le temps ici se mesure en terme d’échauffement d’espace.


Voilà peut-être pourquoi les histoires que ces dessins nous content ne se laissent pas facilement prendre dans les filets du langage. Ne connaissant ni avant, ni après, mais un éternel présent mouvant, les actions qui s’y déroulent ne sont que virtuelles, et les verbes qui pourraient servir à les décrire, sans sujet.





Julien Spianti



Photos : (1) , (2) Il pleut dans la chambre 110 x 120 m — crayon sur papier




Informations pratiques :

Vernissage le jeudi 11 février à partir de 18 heures

galerie marie vitoux
Marais - 3, rue d’Ormesson
Place du marché Ste Catherine
75004 Paris
Tél. 01 48 04 81 00
pmvitoux@galeriepierremarievitoux.com

La Galerie est ouverte de 14h à 19h
tous les jours sauf dimanche et lundi et sur rendez-vous

voir aussi : www.galeriepierremarievitoux.com





Le silence qui parle Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger fredericcharlesb@hotmail.com

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 14:44




Fabrice Rebeyrolle




Le saisissement et la fureur

Philippe André


L’homme est périssable, comme individu et comme genre. Nous ne le savons que trop, mais faisons mine, la plupart du temps, de l’oublier. Si l’illusion de l’immortalité s’enracine dans l’archè de chacun, principe passé et présent forgé aux origines, à tout instant la désillusion peut nous projeter dans le trou noir de la mélancolie, monde clos où défile la seule noria des objets intérieurs. Autant ne pas trop se leurrer : tout aura sa fin, et à commencer par soi.


Mais l’œuvre d’art ne ferait-elle pas exception? Siècle après siècle, ne l’aurions-nous pas dressée au rang de trace inaltérable ?  Ne serait-elle pas devenue notre meilleure porte d’accès à l’infini ? La Chaconne en ré mineur de Bach, idéale au point de pouvoir se passer de toute voix instrumentale, ne continuera-t-elle pas de résonner dans l’univers dilaté, proche du zéro absolu, dont l’homme et toute vie organique auront disparu ? La Nuit de Michel-Ange ne poursuivra-t-elle pas de son anatomie étrangement inquiétante les galaxies lancées dans une dispersion sans but ? Un unique autoportrait de Rembrandt, un seul, ne pourra-t-il résister à l’emprise totale de l’énergie noire ?

Fabrice Rebeyrolle
Dans l’atelier de Fabrice Rebeyrolle – véritable laboratoire du docteur Faust - la poussière a recouvert les monceaux de livres. Un crâne est resté abandonné sur le côté. Le sablier ne sait plus reconnaître la flèche du temps qui l’animait… Impavides jusqu’à leur propre négation, les Vanités affirment que le rêve d’infini est illusoire. Œuvres humaines, trop humaines, art qui observe l’art d’une orbite au regard sans état d’âme, elles affirment leur appartenance à une durée infime. Réduite en esclavage avant de périr sous les coups de Clytemnestre, Cassandre sera elle-même anéantie par la catastrophe qu’elle avait augurée. L’agonie de Troie fut brève et sans espoir de retour.


Ce message d’une fin du temps, les Vanités de Fabrice Rebeyrolle donnent à le voir sans faux-fuyants, dans une musique aux harmonies inspirées par la pure vision. Une constellation de crânes virevolte dans l’espace caverneux de la pensée que leur voûte construisait autrefois. Cimentés jusqu’à faire corps, nés du jour, du feu, du ciel – de l’enfer ? -, solitaires toujours, objets foudroyés, ils errent, uniques symboles d’eux-mêmes, ne délivrant d’autre message que leur seule intransigeance, opiniâtres, peu désireux d’en découdre, tout juste attentifs aux explosions florales de quelque guerre aérienne oubliée.


La capacité de vision est en même temps celle d’affronter les lumières célestes et d’éclairer le noir des abîmes, de voyager jusqu’aux confins des océans, des sphères étoilées comme au plus ténébreux de soi. Ainsi se résume le programme de cette divine comédie : voyager jusqu’au risque de cécité, tel Dante dans le sillage de Béatrice, mais voir tout de même de quoi, au fin fond, nous fûmes constitués, voir en quelles régions désolées Dürer plongea le regard de son ange mélancolique, en quel espace qui n’est même plus au contact des contrées imaginaires ?

Fabrice Rebeyrolle
Gris, jaunes orangés, cendres, goudron et huile, bleus d’azur, blancs de craie, impacts rougeoyants, violets nimbant les orbites, écrivent une partition dionysiaque sans artifices, sans espoir d’au-delà, sans religion. L’ouverture est vertigineuse si nous acceptons de graviter sur la frontière étroite entre hallucination et rêve. Évitant le faux-pas entre folie et édulcoration, nous retournons en un temps sans histoire, avant ou après l’intervalle humaniste de la Chaconne. Le rythme, immédiat, ne vise aucune prévisibilité. Les turbulences des fonds oublient la perspective pour imposer comme une image quantique du vide : tout, à n’importe quel moment, pourrait surgir. Ils sont rares, ainsi le constatait Hölderlin, les êtres capables de saisir la foudre à pleines mains.

Ce sont actes téméraires, ces Vanités, qui disent beaucoup d’un lieu extrême, « dépouillé dans l’intellect », proche du « Ciel des étoiles fixes » (Dante). « Ce sont de brûlantes études, de tempête et d’épouvante » (ainsi Robert Schumann qualifiait les Grandes Études pour piano de Franz Liszt). Mais ne sont-elles pas la plus respectueuse réponse à Julien Gracq qui regrettait la disparition de deux catégories harmoniques majeures : le saisissement et la fureur ?

Mas de Bellet, 17 janvier 2010





Fabrice Rebeyrolle






Fabrice Rebeyrolle





Photos :  « Ni le jour, ni l’heure. » suite de Vanités de Fabrice Rebeyrolle 2009  : (1) 122 x 170 cm  technique mixte sur panneau, (2) 81 x 100 cm  technique mixte sur panneau ,(3) 48 x 60 cm technique mixte sur papier ,(4) 95,5 x 96,5 cm technique mixte sur papier, (5) 138 x 152 cm technique mixte sur papier affiche



Voir aussi : la vitrine de Fabrice Rebeyrolle dans Art Point France, ses livres d'artiste




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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 10:16

Exposition


Cité de l’architecture et du patrimoine







Claude ParentClaude Parent oblique et élégant.


Ce qui séduit dans les réalisations de l'architecte Claude Parent,  c'est moins l'harmonie des lignes que l'expression d'un désir quasi malicieux d'ébranler des certitudes même lorsqu'elles sont millénaires. Le grand principe que les architectes tiennent des romains, capables il y a deux milles ans de raser une colline pour poser à plat une villa  est le premier qu'il remet en cause. D'où la "Fonction oblique" appliquée à  des architectures qui ne sont pas seulement à voir comme des performances basées sur les limites de l'équilibre mais plutôt comme la volonté de se laisser guider par les dépressions et les reliefs  existants du sol. L’expérimentation semble le champ d’investigation permanent et favori de cet enfant terrible de l'architecture.



Claude ParentPourtant l'élégance de la ligne s'affichera avec assurance dans un programme inattendu : les centrales nucléaires. Il signe en artiste la légèreté formelle des cheminées monumentales du parc nucléaire français. Il est vrai que le parcours de Claude Parent est jalonné de rencontres et de collaborations ponctuelles avec des personnalités et des artistes  : Ionel Schein, André Bloc, Paul Virilio, mais aussi   : Nicolas Schöffer, Jean Tinguely, Yves Klein. Et que parallèlement à l’œuvre construite,  il développe une œuvre graphique et élabore des maquettes d'une qualité sculpturale. L'exposition permet de découvrir les différentes « périodes » qui composent le parcours varié de Claude Parent.

C. P.





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photos : (1) Maison Drusch à Versailles (1963), (2) Centrale de Cattenom


Claude Parent et Jean NouvelInformations pratiques :

Commissariat : Frédéric Migayrou et Francis Rambert
Scénographie : Jean Nouvel (la photo C. Parent et J. Nouvel)


Cité de l'architecture & du patrimoine
Galerie haute des expositions temporaires
Palais de Chaillot
1 place du Trocadéro
75116 Paris

Ouverture tous les jours de 11h à 19h,
nocturne le jeudi jusqu'à 21h,
fermeture le mardi.

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 11:28

du 6. février  au 2.avril 2010


URDLA Villeurbanne




Marko Velk
     


Eclectisme esthétique et technique.

Ces Violences actives tissent le fil des assonances inaugurées avec Vendanges tardives (2006) qui furent suivies de Vengeances hâtives (2007) et de Vacances furtives (2009). Une fois par saison l'URDLA nous livre les éditions les plus récentes et qui n’ont pas déjà été le sujet d’une exposition monographique.

Ainsi Violences actives présente les estampes passées sous presse en 2009 – à l’exclusion de l’ensemble des six bois gravés monumentaux de Damien Deroubaix qui forment le noyau d’Apokalyptische Reiter, accrochés aux cimaises de l’URDLA jusqu’au 22 janvier 2010. On nous  réserve aussi la primeur de la suite des cinq eaux-fortes et aquatintes d’Assan Smati à l’exposition personnelle qui lui sera consacrée à partir du 8 mai 2010.

Effets de réel et reflets de l’époque, cette année le titre de l’exposition et les oeuvres se rejoignent. Dix artistes, nés entre 1937 et 1976, venus de Lyon, Paris, Genève ou Berlin se trouvent réunis sous cette bannière.



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Artistes exposés :

Anne Guerrant née en 1955 – Lyon (lithographie)
Fabrice Gygi né en 1965 – Genève (linogravure)
Bertrand Henry né en 1959 – Paris (lithographie)
Rémy Jacquier né en 1972 – Nantes (linogravure)
Bernard Pruvost né en 1952 – Lyon (eau-forte et aquatinte)
Jacqueline Salmon née en 1943 – Paris (impression laser sur polyester)
Alex Tennigkeit née en 1976 – Berlin (lithographie)
Marko Velk né en 1969 – Paris (lithographie)
Patrice Vermeille né en 1937 – Montpellier (pointe-sèche)
Jérôme Zonder né en 1974 – Paris (eau-forte, pointe sèche et aquatinte)



Images : (1) et (2) Marko Velk, (3) Jérôme Zonder, (4) Rémy Jacquier , (5) Assan Smati


Informations pratiques :

URDLA
207 rue Francis-de-Pressensé
69608 Villeurbanne cedex
urdla@urdla.com www.urdla.com
Métro Flachet

voir aussi  : le site l'URDLA

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 20:36

Poésies & peintures




Edgar Jean-Baptiste




Désespoir

on a envie de courir de gagner les rues de gagner le

ciel

on est en ville on est en route on est paumé

c'est fou c'est dingue on va claquer

nous allons à l'école à l'église au cimetière

nous ne comprenons pas ce qui se passe

nous n'avons pas le code on a beau le chercher

et les jours passent on passe

on passe la nuit on se retrouve vide

on respire on expire on nourrit les cellules

son amour est ailleurs on ne peut lui parler

on crie dans le désert on se roule à ses pieds

et les jours passent on oublie sa douleur

elle vous saute à la gorge au petit matin

on hurle on a envie de se jeter par la fenêtre

on gagne les rues comme si l'on débarquait d'une

autre planète

on a mal aux yeux mal au cœur mal au ventre

on voit passer les voitures comme des objets non

identifiés

on hume l'air du monde on ne veut pas bouffer

on regarde la vie on est en pleine hypnose

c'est toi c'est toi c'est toi qui bouleverses ma vie

c'est toi darling c'est toi qui chiffonnes mon cœur.
 
27 février 1984

Christophe Charles
extrait d'Obsessions. Sapriphage 22 (1994).




La rouilles des ans
(extrait)

  « … Neveu, me dit le Vieux Vent Caraïbe, ta fantaisie a quelque chose d'amer qui me trouble … Certes, je passe dans les

villes, mais je suis toujours resté un habitant des mornes et des campagnes … En traversant ces grandes cités, j'ai vu des

choses qui m'ont plu, mais j'ai aussi senti une étrange âcreté dans l'air … Je n'ai pas beaucoup voyagé, quoique me baladant

sans cesse d'île en île jusqu'au continent, aussi j'ai toujours hésité à en parler … Je connais seulement le vieil art, je conte et

me contente de conter ce que je sais … Pour rester fidèle à la tradition, il est cependant vrai que nous devons chanter la vie,

toute la vie … J'avoue que j'ai toujours brodé et rebrodé les vieilles histoires. Je me demande si, dans mes Dits, mes

Romances et mes Contes chantés, je n'ai pas négligé certaines choses tout à fait nouvelles qui méritent d'être chantées …

Qu'on les néglige et le vieil art perdra de jour en jour de son intérêt, il ne faudrait pas … Mais la vie change, je ne comprends

pas toujours tout et me fais vieux. Aussi je m'en vais te dire :

Jacques Stéphen Alexis



Bel-Air Babel Rapjazz Créole

Bel-Air aux mille frontières mobiles/immobiles Bel-Air mythologique le football Aigle-Noir la musique Jazz des Jeunes le

rouleau-compresseur populiste du leader Fignolé Bel-Air Grand-Rue Tête-Sans-Fil rue Saint-Martin Morne-Marinette

Canal Orphelin des enfants naufragés quartier sanglant quartier cinglant quartier fatras quartier foutu quartier bruyant quartier

brûlant quartier douleur quartier massacre victime défunt Jacques Roche 14 juillet l’an 2005 quartier miroir brisé quartier folie

folklore Le Peuple S’Amuse quartier Calvaire des Juifs Errants quartier mémoire des coïts abrasifs avec la rose qui saigne au

lit le sexe soleil d’Ogoun Ferraille au cul profond de l’arc-en-ciel

Bel-Air grand-goût Bel-Air famine Bel-Air la faim Bel-Air poubelle Bel-Air rebelle des ruelles embrasées de couleurs

orageuses entre l’os et la chair entre la moelle et le sang en saison kidnapping Opération Bagdad tête chargée tête gridape

tête blackout bounda rasoir bounda poignard bounda cartouche bounda malice bounda bouqui bounda meurtri bounda la

croix bounda pourquoi gargane chlorox gargane acide gargane batterie gargane cyclone où s’entrecroisent des rats en rage

des cocorats des fouillarats des mazorats des zagribâilles des zoclimeaux et des gueules de chalumeaux incandescents

crachant des mots infiltrés de tchampan aux crues des eaux létales dévergondées

Frankétienne 
(extrait)

 



J’ai un arbre dans ma pirogue

« Pourquoi ce poème ? Sinon pour dire l’absence qui engage la présence, le vide et l’angoisse d’une terre qui désapprend à

être terre.

Départ et non absence. Le pays est encore le seul paysage discernable et renaissant. Vivre-entrebaillé-ici-ailleurs. Vivre

l’enfance, le soleil nu ! L’île, ses rêves, ses dérêves, ses fantasmes et ses dérives. L’île, le trop bleu de ses mers au miroir de

ses ciels.

Au bout, il y a une pirogue … là-dedans des mots, comme un arbre qui voyage seul dans la forêt, un conte contrarié par un

fusil.

Et si tout n’était qu’un grand arbre quelque part, debout dans la constance de la terre ! »

Prologue.
Rodney Saint Eloy



La lettre sous la langue

Je t’écris pour te direRichard Antilhomme
que je vis à fleur d’encre
dans une ville de béton armé
on tire lamentablement dans ma rue
dire est déjà trop dire
le bonheur sous chloroforme

qui habitera avec nous
cet espace mensonger
l’incertitude de ce pays
aphone à force de faire des promesses
à des bonheurs sans complices
à des rêves de plein jour
et de plain-pied ?

déjà l’ellipse
ma main coupée en deux
il faut trancher
je suis un homme
qui du rebord piégé de la lune
et du rebond de la lettre
et du piège de l’esprit
appelle la folie
devant la mer en ruine
et puisqu’il te faut un récit court
celui des fous derrière la porte
des lapsus
ou des masques allumés
qui font un bruit de poulie
dans les os

je t’écris pour t’apprendre
que j’ai longtemps parlé avec les poings
serrés
pour ne pas crier avec
l’horizon qui fait naufrage.

 

La lettre du sixième sens

Ma lettre portée par ellipse
ai demandé aux mots
toutes voiles fermées
de prendre le poids de l’oiseau
en plein vol
de rendre rapport d’écriture
et de déraison
de mélodie d’extravagance

Même en me trompant de parcoursPierre-Louis Prospere
mêlant la longue syncope des arcs-en-ciel
aux phrases séquestrées des réverbères
je n’ai toujours eu qu’un seul galop
la phrase mutilée
l’ordre des vertébrés

Celui qui crie trop fort
n’entend pas l’orage déchiré de ta bouche
dans ma vie qui se défait et se refait
comme une chevelure

Celui qui ne crie pas assez
n’entend pas la voix du silence
C’est à mourir de rire !
les hommes n’ont plus de couilles
mais des légendes
des blessures miaulantes
J’ai remis vois-tu
mon vêtement de marginalité
Je vais encore dans le sens des miroirs
Le temps que j’habite n’a pas de portes.

 

La lettre sur mer

Le temps menace la ville
d’un canon de rides

Tu m’écris que les arbres
étranglent les oiseaux
et que la mort fait mouche
sans jeu de mots
le bilinguisme entre les cuisses

Je ne sais plus si dehorsFortuné
ma passion atterrit en catastrophe
ou si…
trois points suspensifs
La lumière s’est changée en cris
le vent blessé est introuvable

J’ai pris tous les risques
sans drapeau blanc
jusqu’à la cime des mots

Ville absolue dans l’éphémère
ville abrutie dans le mal-vivre du poème
ville pour l’anecdotique vie
sans importance
sans porte de secours


sans porte de sortie
vie portée à vue par la mer
sous poids de barbelés.

Auguste Bonnel






Seul le baiser pour muselière

Pour avoir arraché
mes propres yeux
et les avoir lancés contre le soleil
j'ai connu d'étincelants aveuglements
et des voyances au plus clair
des lunes
absentes

James Noël
(extrait)

 


Poèmes

La pluie est une blessure Paul Dieuseul
au ventre de la terre
une ride sur les feuilles
le vent dans les branches
une valse sanglante
nous transportons la cale
dans toutes nos traversées
en pleine constellation
nous butons sur la caverne

La faim fleurit à la croûte du pain


C'est triste que les hommes
érigent une promiscuité
par la bifurcation de leurs rêves


De ma persienne
hublot du cri séculaire
je regarde la rue foisonner d'odeurs
de mouvements où sautille l'abîme
en frénésie de revenant
douloureuse fraternité
que de se regarder
dans le mouvement des passants
comme une sensation extraite
de son propre corps


Moi petit singe des tropiques
à la raie des fesses en violente entaille
je trimballe mes tours de cirque
en ferraille de mémoire
vers des horizons
où la lumière de la cible
dissimule mal la rigidité de la potence


La mer s'abîme en rumeur fumante
et disperse dans le coït des marins
ses rives
qui lèguent à la fécondation
des bornes irréductibles


L'orbite elliptique Fortuné
est interceptée
par le brûlant ballet des sauterelles
qui du frétillement de leurs pattes
accordent la harpe de l'espace
en y soufflant l'ondulation du sable mouvant
d'innombrables petites parcelles de prisme
et de bleu-miroirs délimitent
leur expansion de sel
à la coupe de la ciguë


Sous le poids du désert
une oasis est plus fugitive
que le nomade
La hâte nous devance
de sa fugue éreintée
l'ascension est une carcasse d'errance


La métaphore des cœurs nomades
frappée de mal d'encre
la langue dans son intense
désir de bourgeon
fait jaillir la source des profondeurs
de la soif
aux hallucinations nocturnes
la ruse de l'œil érige l'obélisque du rêve.

« Poèmes » de Bonel Auguste ont été publiés pour la première fois dans La Nouvelle Revue Française 576 (janvier 2006)

 

 


Débris d’épopée...
pour mon Île en péril


VI
 


1
Honneur !

Me revoilà avec mes mots malingres, ma colère sanglée de gestes déjà-vus, la consternation indélébile sur le visage comme une mauvaise excuse affublée d’un masque de glaise modelé par quel magicien chevauché et accablé de forfaitures.

2
Serais-je mon propre bourreau après avoir été mon propre dieu ; suis-je l’artisan de ma propre infortune ?

3
Rival des dieux n’ayant ni complice ni allié, d’où surgira l’oasis dans le soufre âcre de ce désert sans fin ?

4
Dans son délire d’extase, un poète, un jour, venu peut-être trop tard, rêve d’une épopée merveilleuse ; mais, les images qui l’assaillent s’abîment et sombrent dans la tourbe écumeuse du scandale et du crime.

5
Est-ce l’image de ce gibier de la stupeur frappé par la foudre et la glaive amère de l’horreur qui me précède, me suit, infiltrant partout dans mon esprit le venin du mal-vivre ?

6
Et ce furent surprises grimaçantes inscrites depuis sur un tableau d’horreur au quotidien : chocs, corps à corps, massacre, fuite, disparition, extermination.

7
Jadis, un navire dans le port d’Isabelle, pour l’Espagne devant faire voile, le Cacique Caonabo dans son plein droit de résistance vaincu y fut embarqué de force ; le vaisseau sombra avec le royal passager en initiation aux vêpres imbibées de sang.

8
Et voilà comment le sort fait à un homme imprime à jamais un caractère de deuil, une permanence de désastres au destin d’un pays marqué à jamais.

9
L’opulence du Xaragua a valu à Anacaona la pendaison. Ce drame d’avant-scène est-ce signe funeste, marque prémonitoire d’une histoire embobinée par un mauvais génie, sous l’empire des ombres, dans l’exaction et le foudroiement des totems ?

10
Naufragée séculaire, proie d’un génocide programmé dans l’avant-jour de la déroute et du sacrifice, dans quelle débauche de violence enfonces-tu tes pas sans jamais plus rattraper ta première innocence pour l’avènement d’une posture apaisée ?

11
Ayiti, Quisqueya, Bohio, St Domingue, Haïti de tous les périls, tu tournes en rond et jamais plus dans tes circonvolutions d’Île enivrante et enivrée, tu n’as retrouvé le repos ; et, sans répit, tu brasses inlassablement l’ipéca du malheur avec le sang du crime dans l’écuelle du désespoir.

12
Au lieu de semences de limailles et de boucles de soleil, est-ce poussières d’épopée sur fond de déblosailles (*) que tu files à longueur de saison ?

13
Lectrices, lecteurs, excusez-moi de faire usage de mots miens, mots enduits de fiel ; il m’est urgence de parler de choses sans gaieté ; pour les cracher, je n’ai que l’accent de mes tripes ; une poésie qui dans l’urgence éructe, débonde.

14
Il est question de butin, d’une République coincée suant sueur et eau, dégoulinant et qui finit sur pied, s’abandonnant avec effusion au naufrage.

15
Un pays sans repère, sans mémoire, sans nul goût de vivre ; dégoûté, égoutté, jouissant avant terme du spectacle de sa sépulture dérobée, ravie à soi-même et au monde dans les gorges de l’oubli.

16
Le gréement de mon Île est calfeutré de périls boursouflés. Mon Île est un monticule hirsute, un tap-tap bariolé coincé au signet de l’enfouissement et du carnage, dédié à la désolation, à la mort, au néant. Elle est harponnée par les tourments d’une vie végétative entre les monstres aux carapaces d’écailles tranchantes et un débris de sédiment.

17
Honneur ! je vous salue bien bas.

18
L’innocence du sage transpire dans la simplicité des syllabes découpées au tablier de l’amitié, du dévouement pour une Haïti figure de proue qui persiste et signe le bel exemple.

19
Un Marcadieu, sautant de son cheval pour embrasser et partager le martyre d’un empereur tombé sous les balles parricides de conjurés frappés de démence soudaine, bourgeonne ; une folle offrant la sépulture, fleurit : Défilée, la bien nommée.

20
Et voilà, l’Île tendre, douce, pavée de cretonnes, aux prises avec les météorites de haine dans le fracas des turbulences, l’aboiement des tourmentes et le tohu-bohu des engueulades, des empoignades, des bousculades, des cavalcades et des mitraillades forcenées où le geste du vaincu se confond avec celui du vainqueur, le langage de la victime avec celui du bourreau, les deux enlacés dans une danse macabre du bien et du mal une étreinte zenglendouesque (*) de destruction.

21
Encore un aujourd’hui accablé de stigmates, ceinturé d’un cilice mortel ; Île calibrée, criblée de souffrances, je vous suis attaché.

22
Pourtant, la misère est si délabrée, si fripée, si élimée, si ratatinée, si décatie, si engluée qu’on se demande quelle mâle-mort est passée par là ; quelle désolation a pompé la tendresse de tes reins ?

23
Comment réconcilier cette mer infiniment bleue, ce paysage amorti de sucre en fruits et de lingots en tranches de soleil avec l’arbre de la liberté enté sur ton âme de fer dans l’envers de la vie ?

24
Par quel hasard le désastre a planté sa tente, ancré le deuil de la terreur jusqu’à crever les yeux, jusqu’à briser les membres aux mots-cent-mille-années-lumières des poètes, jusqu’à chasser la poésie du golfe magique et de la tour d’ivoire, les génies bienfaisants ?

25
Sans relâche, j’exalte la vie pour faire honneur à la création, magnifier les étrangetés de l’humanité dans la dignité et la recherche du bonheur universel ; lueur vouée à la sagesse des peuples, le poète armé de mille patiences, en empathie avec son environnement torturée, sa blessure vive, son univers, supportée comme le fardeau du siècle, continue sans défaillance sa fouille.

26
Aujourd’hui, avec sérénité, il observe un monde accroupi, affaissé, cassé et ne s’y reconnaît point.

27
Cette terre matraquée, cadenassée, verrouillée, ce bled borgne aux cours d’eau asséchés, aux venelles exsangues livrées aux hordes faméliques, livrées à elles-mêmes, confrontées à un avenir tronqué, contrarié, bouché, condamné au mutisme, hier ce fut moi, c’était moi et c’est moi à ce jour.

28
Hier, c’était l’or du Cibao, c’était l’incroyable opulence de Saint-Domingue assise sur le mouvement du négrier et la géhenne coloniale sur le dos et le sang du Nègre ; l’Occident, en or, sucre, bois d’œuvre, denrées et épices exotiques rythmait l’érection d’arches, de voûtes, de rotondes somptuaires de Madrid, de Rome, de Paris et de Londres préparant un aujourd’hui calamiteux.

29
Et par un réveil jamais vu, une mise au monde pour recouvrer son nom fondateur, Haïti a dû se défaire de l’essentiel de son trésor au prix de Koupe tèt boule kay (*) et une fois recouvré le nom, comme par magie, la terre a perdu à jamais le symbole et le don des joies simples dans l’indolence des gestes.

Claude Pierre
(extrait)

 

Les auteurs haïtiens : Christophe Charles, Jacques Stéphen Alexis, Frankétienne, Rodney Saint Eloy, Auguste Bonnel, James Noël, Bonel Auguste, Claude Pierre et bien d'autres encore seront présents au festival Etonnants voyageurs à Saint Malo au mois de Mai 2010. Michel Lebris, Lyonel Trouillot et Dany Laferrière ont décidé de transporter dans la cité corsaire ce que ils devients faire à Port-au-Prince.


Photos : (1) Jean-Baptiste Edgar, (2) Richard Antilhomme, 3) Pierre-Louis Prospere, 4) Gérard Fortuné, (5) Paul Dieuseul



Poètes pour Haïti,  le premier livre humanitaire en ligne, :   Si vous souhaitez participer,  par le biais de la littérature,  au secours et à la reconstruction d'un pays éprouvé, vous pouvez rejoindre Khal Torabully ambassadeur de Poètes du Monde (Poetas del Mundo) ainsi qu'une cinquantaine de conributeurs  Xavier Bordas, Arnaud Delcorte, Kenzy Dib, David Giannoni, José Lemoigne, Jean-Yves Loude, Alain Mabanckou, Paul N'Zo Mono, Ernest Pépin, Dana Shismanian, Julienne Salvat, Philippe Tancelin, Erkut Tokman, Khal Torabully, Farah Willem...


http://haiti2010-secourspoetique.net  ou www.haiti2010-secourspoetique.net



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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 10:03

Un dimanche, une œuvre


Dimanche 31 janvier, 11h30, petite salle

Centre Pompidou - Paris

Najia Mehadji


Fleurs de grenade

Conférence par Christine Buci-Gluksmann
Philosophe, professeur émérite à l’université de Paris-8, en présence de l’artiste

Des fleurs donc. Depuis plusieurs années, Najia Mehadji peint ces plissés floraux, à la craie, au stick, sur papier ou sur toile.

A la différence d‘un modernisme qui a évacué tout motif décoratif, de Floral à la série des Vanités (2008) – fleurs au noir avec leur texture de lumière – elle s’insère dans toute une histoire florale de la peinture, de Matisse à Warhol, d’O’Keeffe à Cy Twombly, qui fait aujourd’hui retour. Entre deux pays (le Maroc d’Essaouira et Paris), entre deux cultures, son travail semble donner raison à Manet : « Un peintre peut tout dire avec des fruits, des fleurs, et des nuages. » On suivra donc ici l’itinéraire de Najia Mehadji, où ces Fleurs de grenade, toutes plissées et courbes comme la vie, deviennent une véritable cosmogénèse du monde – entre Orient et Occident.

C.B.-G.

En savoir plus  :  http://www.centrepompidou.fr/ et http://www.najiamehadji.com/


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