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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 08:39

 

 

 Gildo Médina

 

 

 

Le miroir de Dionysos

 

« Le sang d’Ouranos est tombé sur la terre, son sexe est tombé dans le Flot, Pontos,
et au cours d’un long temps, de l’écume qui est à la fois sperme et mousse marine,
émerge la gracieuse déesse qui préside à tous les sortilèges, à toutes les tromperies de la séduction
. »
Jean-Pierre Vernant

 

Si, comme le veut Hésiode, dans sa Théogonie, la naissance d’Aphrodite est contemporaine de celle des Erinyes – déesses de la vengeance et du sang versé – c’est qu’Aphrodite, en introduisant l’amour dans le monde, n’a pas oublié d’y ajouter ces trois autres qualités. A savoir : le mensonge, la dissimulation, la haine. Reprenant à son compte ce mythe, Gildo Médina ne se contente pas d’en renouveler l’iconographie traditionnelle, mais il en redouble formellement la problématique en nous dévoilant les « étapes érotiques spontanées » qui mènent de la naissance de l’amour à la mort des amants. 


Tout commence donc par la série de bustes intitulée Décomposition dans laquelle le corps d’une femme se voit nimbé d’une auréole de couleur. Mêlant le réel à l’imaginaire, - le cliché photographique à la liberté du peintre -  Gildo Médina nous confronte ainsi plastiquement à la puissance fantasmatique de l’amour. Mais à ce premier mouvement de sublimation répond la série Mutation/Mutilation dans laquelle ce n’est plus le corps de l’aimée qui est représenté, mais bien le corps de l’amant : son corps souffrant et comme troué par endroits. Ce n’est plus ici la couleur qui prime et qui rend au corps son aura, mais le dessin qui vient se superposer à la forme pour en combler les manques. Au corps sublime de l’aimée répond le corps meurtri de l’amant.


Mais ce n’est qu’à travers sa troisième série, intitulée Nobody, que Gildo Médina nous livre l’inavouable secret qui gouverne la vie inconsciente des amants. Rejouant avec emphase la mort  des couples les plus illustres de la littérature occidentale – qu’on pense ici à Roméo et Juliette, à Tristan et Iseult ou bien encore à la Belle aux bois dormants – Gildo Médina leur a systématiquement raturé le visage – comme si, de cet aveuglement, pouvait naître une autre vision de l’amour – une vision dans laquelle ce n’est plus le miroir de Dionysos qui réfléchit l’image des amants – mais le miroir sans tain de leur connaissance intérieure.
Frédéric-Charles Baitinger

 

 

Gildo Médina

 

 

 

 

 

 Gildo Médina

 

 

 

 Gildo Médina

 

 

photos : (1) Nobody 4, (2) Décomposition bleue, (3) Mutation Mutilation, (4) Nobody 2

 

Le silence qui parle Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger fredericcharlesb@hotmail.com

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 17:06

du 30 mars au 18 juillet 2010

 

Musée du Quai Branly - Paris 7e

 

 

 Jivya Soma Mashe

 

 

Qui connaissait  les Adivasi  en France avant que le Musée du Quai Branly  ne  leur consacre une exposition ? Une poignée d'ethnologues, quelques collectionneurs-voyageurs ? Peu de monde.  A l'instar des  aborigènes d'Australie,  les Adivasi  au nombre de soixante millions aujourd'hui sont les témoins privilégiés du  passé ancestral de l'Inde.

 

L'art des Adivasi qui signifie "premiers habitants" en sanskrit,  est un art tribal. Les découvertes récentes de sites rupestres en Inde attestent de nombreuses similitudes formelles entre l'iconographie de certaines ethnies d'Adivasi  et celle de leurs ancêtres,  10 000 ans avant J.-C. Les arts issus du bouddhisme, du jaïnisme, de l'hindouisme et de la religion musulmane l'ont occulté durant des siècles.  Onirique et magique, il  a continué une tradition et trouvé son prolongement dans des créations actuelles.

 

 La quasi-absence d'infrastructures routières dans certaines parties de l'Inde, a  maintenu des communautés dans un isolement presque total et favorisé la conservation des  formes et des pratiques rituelles de leur art. Toutefois, la  majorité des ethnies est désormais en contact avec le monde moderne ce qui ne signifie pas nécessairement la mise en péril de la diversité qui caractérise leur art mais soulève l'éternel danger  couru par les oeuvres et les artistes quand ils sont  engloutis par un marché spéculatif international qui les déborde. Ainsi en 2001, Jangarh Singh Shyam, artiste reconnu pour ses créatures imaginaires en pointillé et couleurs vives, s'est suicidé au Japon. Il avait 37 ans et "ne supportait pas la pression exercée sur lui pour qu'il produise toujours plus d'oeuvres loin de chez lui" (Jyotindra Jain).

 

Mais ne boudons pas notre plaisir immédiat de découverte. Près de 400 pièces de tout le pays, des îles Nicobar à l'Etat de Madhya Pradesh sont présentées : masques symbolisant les éléments naturels, sculptures rituelles de la déesse mère, effigies de bois du culte ancestral des Bhuta au Karnataka...  Trois artistes se sont déplacés à Paris pour présenter leurs  oeuvres qui privilégient comme celles de leurs ancêtres l'interprétation de la Création. Jivya Soma Mashe, âgé d'environ 75 ans, originaire de la tribu warli, a appris tout jeune à peindre, en regardant les femmes de son village chargées des peintures rituelles. Petit à petit, il a développé son propre imaginaire et a changé de support. Il est passé du mur au papier puis à la toile. Il dessine à présent avec de la gouache blanche au lieu de la poudre de riz..  Présente elle aussi à Paris, Sundaribai, 55 ans, originaire du centre de l'Inde, vient de réaliser une tour Eiffel en argile. Les rouleaux peints de Madhu Chitrakar, artiste du nord-est de l'Inde, livrent sa vision de l'attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center  ou du tsunami de 2004.

 

Catherine Plassart

 

 

 

madhu.jpg

 Madhu Chitrakar Painted Scroll depicting the 9/11 attacks on New York (detail)
West Medinipur, India 2004 Museum

 

 

 

 

Sundaribai 

 

photos : (1) Jivya Soma Mashe, (2) et (3) ces oeuvres de Madhu Chitrakar  et de Sundaribai ne sont pas présentes dans l'exposition

 

 

Informations pratiques :

 

Musée du quai Branly

37, quai Branly

Paris-7e.

01-56-61-70-00

 

M° Alma-Marceau

 

ouvert Mardi, mercredi et dimanche de 11 heures à 19 heures ;

jeudi, vendredi et samedi de 11 heures à 21 heures.

 

voir aussi : le site du Musée du Quai Branly

 

 

 

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 15:35

Tropes et Trophées

 

du 17 avril au 24 mai 2010

 

Musée de la Vallée de la Creuse   - Eguzon (36)

 

  Joël Desbouiges

 

 

Séries et  "stratégie du salut".  

 

C'est dans une vallée proche d'Eguzon où Monet  venait travailler, que le  Musée de la Vallée de  la Creuse surplombant  rivière et  collines de bruyère s'est logé. Il  se consacre depuis peu de temps à l'art contemporain. Après une invitation faite à Nils  Udo pour une première exposition dans le lieu, celui-ci est confié à Joël Desbouiges qui s'en empare  à son tour et tente de le réinventer.  

 

Joël Desbouiges travaille par compilation d'oeuvres et d'images dans des séries : '' Les têtes couronnées que l'on mérite'',  "Terres partagées"  hommage à J P Riopelle,  ''Mise en joue'' , ''Fadaises''. Une démarche aux accents conceptuels qui s'exprime aussi bien en photographie, en peinture, en installation. Une entreprise d'archiviste nourrie d'une réflexion sur les vertus de l'image quand celle-ci  est tissée de raison d'être intime  et d'un regard porté sur le monde tel qu'il est. 

 

Ainsi, la représentation en tout, chez Desbouiges  est ambivalente. Son attachement indéfectible à la peinture est mis à mal par l'impérieux Concept et la nécessité d'être de son temps. Une ''mise en joue'' de la Peinture (du savoir faire , d'un art dit  trop classique),  comprend 35 formats (cibles) de 40 x 40cm ,  blessés par les flèches d'une  carabine de ''tir aux pigeons'' d'enfants.   Les lignes s'ouvrent et se ferment sur elles mêmes. Les formes se conjuguent. Dérisoire attaque caoutchouteuse de l'entreprise d'esthétisation par le médium peinture. La vie  fragile bat comme un coeur,  le sentiment fort de l'existence émerge.

 

Dans "Terres partagées" 2009/2010 hommage à J P Riopelle, 14  assemblages,  environ 130 x 60 cm, Desbouiges met aussi en oeuvre des formules associant la description à l'interrogation, la vérité au doute. A la suite de Riopelle il plonge dans la nature sauvage pour se libérer du carcan de l'intellectualisme institutionnel. Il se retrouve conscient du pouvoir de l'image, conjuguant l'objet-signe et  la limpidité de l'expression picturale.

 

 

Joël Desbouiges

 

Les séries seront toutes représentées dans cette exposition du  Musée de la Vallée de  la Creuse.  "Les têtes  couronnées que l'on mérite",  2009, 7 trophées détournés posés comme des chapeaux sur un porte  manteaux. Davantage objets  que sculptures, il sont les multiples représentations d'une même préoccupation, une déclaration selon laquelle l'art est une stratégie du salut. La récente et naissante série des ''Fadaises'' puise dans des centaines  de photos , images (argentiques et numériques ) stockées depuis  plusieurs années. Dans cette abondance, il y a quelque chose à préserver. La perspective est documentaire, la méthode s'impose, la poésie du souvenir affleure.

 

La dernière née ''Identité Nationale''  7 planches de 70 x 50 cm chacune , photo et aquarelle _ les couleurs sur les moutons ne sont pas ajoutées_  est promise à un grand destin (une édition de multiples des planches et un livre avec des textes de grands philosophes) .  Dans ce photo-montage, les moutons en ribambelles parlent aux hommes dans le langage des hommes. Une fable paisible et suave pour  une morale concomitante et corsée. 

 

D'accord avec Pessoa, Joël Desbouiges répète « Je n’évolue pas, je voyage ». Les territoires qu'il traverse sont ceux de l'utopie de la peinture.  La photographie qui lui réclame une grande vigilance complète son activité de peintre. Les séries dit-il sont  "un moyen de condenser le temps," de le raccourcir, "de dégager du temps à venir."  Sa recherche d'un idéal  lui permet d’avancer quand il est convaincu d’être dans la bonne direction celle de la perfection.

 

Catherine Plassart

 

 Joël Desbouiges

 

 ''Identité Nationale'' 

 

 

Joël Desbouiges

 

 ''Mise en joue''

 

 

Joël Desbouiges

  '' Les têtes couronnées que l'on mérite''

 

Joël Desbouiges

 "Cygnes amour", série ''Fadaises'' 

 

photo (1) :  "Terres partagées" 2009/2010 hommage à J P Riopelle

 

 

Informations pratiques :

 

Musée de la Vallée de la Creuse
Parc de la mairie
2, rue de la gare
36 270 Eguzon
02 54 47 47 75
museevalcreuse@wanadoo.fr

ouvert du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 18h ;
samedi, dimanche, jours fériés de 14h à 18h ;
fermé le mardi.

 

voir aussi : www.museevalcreuse.fr/  et la vitrine de Joël Desbouiges sur Art Point France

 

 

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 09:39

Andras Baranyay, Endre Tot, György Jovanovics, Gyula Konkoly, Ilona Keserü, Imre Bak, Istvan Nadler, Krisztian Frey, Laszlo Lakner, Ludmil Siskov, Miklos Erdely, Tamas Hencze, Tamas Szent Joby

   

du 15 avril 2010 au 10 juillet 2010.

 

Institut Hongrois de Paris - Paris 6e.

 

 

g IH10BAK01

 


La galerie Vasarely de l'Institut hongrois de Paris présente «Iparterv», une exposition; mais aussi un témoignage sur une époque. Dans les années 50, alors que le pays connaît une fermeture totale, onze jeunes artistes hongrois d'avant-garde se rapprochent. Ils baptisent leur groupe «Iparterv», un nom emprunté  au lieu qui les réunira en 1968 et  en 1969, pour deux  importantes expositions.

 

Alignées dans l'espace les unes à côté des autres, préparées dans l'esprit du «hard edge» et du cinétisme, les oeuvres informelles des onze jeunes artistes dialoguent alors avec les avant-gardes internationales. De l'art minimal à  de l'art conceptuel, de l'Arte povera à l'hyperréalisme, elles déclarent leur résistance aux dogmes  socialistes et à la volonté étatique d'éliminer les nouvelles tendances. 

 

En dépit des conditions politico-sociales défavorables, cultivés et ouverts sur le  monde,   ces jeunes artistes apportent une réponse sensible  aux questions internationales dont ils sont avertis :   guerres du Vietnam et du Proche-Orient,  révolution culturelle chinoise, révoltes étudiantes partout dans le monde, apparition du concept de société de consommation,  mouvements hippie, rock and roll, contre-culture, esprit et pratique de l'underground... Parallèlement, ils subissent de plein fouet  l'échec de la réforme du système économique de leur pays et le processus de consolidation culturel. Ainsi entre 1970 et 75 plusieurs d'entre eux émigrent, d'autres cessent provisoirement ou définitivement la création artistique.

 

Les artistes qui ont signé ces deux expositions ont contribué à procurer un statut à  l'art hongrois. Ils  lui ont offert pour un moment , la  possibilité  de faire partie intégrante de la culture visuelle universelle. Car si la Hongrie est un petit pays, elle a de longue date développé une culture d'échange et d'ouverture. Par exemple ses bibliothèques contiennent plus de traductions d'auteurs étrangers que tout autre pays au monde.   L'exposition organisée à l'Institut hongrois de Paris n'est pas la reproduction de celles de 68 et 69, mais présente une sélection d'oeuvres de ceux qui y ont participé, elle met en forme le désir de fournir la preuve de l'existence d'une volonté de liberté transcendée dans un  régime totalitaire.

 

Catherine Plassart

 

 Iparterv 

 

 

Informations pratiques :

 

vernissage de l'exposition le 15 avril à 19h

 

Sándor Márai et sa fortune littéraire - Colloque les 15 et 16 avril 2010 en savoir plus ICI 

Institut Hongrois de Paris
92, rue Bonaparte

75006 Paris
01 43 26 06 44

 

Métro 4 Saint-Sulpice, Bus 58 , Bus 84 , Bus 89

 

du mardi au samedi de 13h30 à 19h30.

entrée libre

 

voir aussi : le site de l'Institut hongrois de Paris

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 08:11

Sándor Márai et sa fortune littéraire - Colloque

 

les 15 et 16 avril 2010

 

Institut hongrois de Paris - Paris 6e

 

 

 

Sándor Márai

 

L'oeuvre abondante de Sándor Márai est  traduite dans une vingtaine de langues dont le  français.  Alors que  ses romans sont enseignés dans de nombreuses universités francophones, et que les comparatistes lui accordent une attention grandissante, aucun colloque ne lui a été encore consacré en France. L'Institut hongrois de Paris pallie ce manque et 110 ans après sa naissance,  organise une rencontre universitaire pour commémorer l'auteur cosmopolite.

 

La manifestation a un double but,  examiner quelques aspects fondamentaux de son univers romanesque et stimuler la recherche française et internationale sur l’écrivain hongrois. Car si son oeuvre a recueilli l'attention d'excellents spécialistes, si elle est par ailleurs publiée en livres de poche ce qui est le gage d'un lectorat véritable, elle tarde à obtenir la reconnaissance que justifie à la fois son inscription dans l’histoire littéraire,  l’histoire des idées et celle plus sociale liée au politique.

 

Seuls des universitaires peuvent  procurer à cette oeuvre immense toutes ses lettres de noblesse en se penchant notamment sur sa poétique :  techniques narratives (monologue intérieur, polyphonie des voix, modes narratifs),  formes hybrides (roman-fleuve, roman d’éducation, roman-mémoire),  figures de style (ellipses, métaphores, ironie),  poétique de l’espace,  motifs récurrents. Certes, une affaire de spécialistes de la théorie littéraire et de la stylistique mais aussi la conception d'outils pour une meilleure compréhension de textes qui méritent d'être lus et relus.

 

Par ailleurs, les mémoires de Márai,  Confessions d’un bourgeois et  Mémoires de Hongrie (à lire absolument) ainsi que  son journal,  sont un matériau précieux pour envisager son identité centre-européenne.  L'évocation de ses séjours en France, Italie, Allemagne, États-Unis enrichissent également cette perspective.  Le colloque se propose de réévaluer l’héritage de l’œuvre de Márai au XXIe. A n'en pas douter l'un de ses legs est la marque infaillible d'une culture européenne et la possibilité de ne pas désespérer  aujourd'hui totalement de l'idée d'Europe.

 

Catherine Plassart

 

 

Programme  :  colloque « La fortune littéraire de Sándor Márai » 

 

 

Informations pratiques :

 

Institut Hongrois de Paris

92, rue Bonaparte

75006 Paris

 01 43 26 06 44

 

voir aussi : la biobibliographie de Sàndor Màrai

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 06:29

 

du 24 mars 2010 au 2 janvier 2011

 

Halle Saint Pierre - Paris

 

 

 Art Brut japonais Art Brut japonais  Art Brut japonais

 

 

De l’art brut comme hiatus

...La soixantaine de créateurs réunis le temps de cette exposition, sont pour la plupart pensionnaires ou fréquentent des institutions pour handicapés mentaux. Atteints de diverses maladies telles l’autisme ou la trisomie, ils souffrent d’incapacités ou de dysfonctionnements intellectuels et de difficultés marquées d'adaptation aux exigences culturelles de la société. Leurs auteurs ont éprouvé l’expérience originelle et extrême de la création, tirant leurs thèmes et leurs moyens d’expression de leur propre fond, sans souci de style à affirmer, de personnalité à imposer ou de gloire à conquérir....

 

Ces œuvres nous interrogent sur la frontière mouvante et incertaine où elles se tiennent, entre le jaillissement de nos désirs et leur domestication par la culture. Elles entretiennent des résonances avec ce qui en nous est à la fois inquiétant et familier, ce qui aurait dû rester dans l’ombre et qui en est sorti, cet entremonde où se célèbrent les noces de l’art et de la folie, de la vie et de la mort, où se jouent les multiples passages de l’originaire à la culture, de l’intime à l’universel.

 

Dans la société japonaise extrêmement normée et codifiée où la pire menace est l’imprévu, où la force de caractère se montre dans l’obéissance aux règles et la maîtrise de l’émotion, la rencontre avec l’art brut pouvait sembler improbable. Elle a pourtant eu lieu récemment mais en étant subordonnée à la volonté politique de donner une plus grande reconnaissance sociale aux handicapés. Les initiatives pour valoriser ce corpus en tant que patrimoine artistique sont toutes récentes et correspondent à la rencontre avec l’art brut occidental. Cette ouverture de la culture nipponne sur l’art brut renouvelle le questionnement sur les rapports de l’art à ses sources, à ses frontières et à ses créateurs. Elle devrait nourrir une pensée capable de soutenir et de donner du sens à toute expression subversive au sein d’une culture lorsqu’elle est signifiée par des personnes œuvrant dans ses marges.

Martine Lusardy, Directrice de la Halle Saint Pierre, extrait du catalogue

 

Un panorama de l’Art Brut Japonais est présenté au musée de la Halle Saint Pierre du 24 mars au 2 janvier 2011. L'exposition réunit 63 créateurs contemporains et plus de 1000 œuvres : dessins, peintures et notamment un grand nombre de sculptures.

 

 

Art Brut japonais  Art Brut japonais Art Brut japonais 

 

 

photos : (1) HAGINO Toyo,(2)    ITO Yoshihiko,(3)  SAWADA Shinichi,(4) IWASAKI Tsukasa,(5) KISHABA Moriya, (6) TSUJI Yuji

 

Informations pratiques :

 

Halle Saint Pierre
2, rue Ronsard - 75018 Paris
33 (0) 1 42 58 72 89
M° : Anvers, Abbesses

Ouvert tous les jours (7/7j) de 10h à 18h
En août : ouverture de 12h à 18h, fermé le week-end

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 08:37

"Balzac mis à la mouche"

 

du 16 avril au 01 juin /2010

 

Médiathèque de Lorient

 

 

Geneviève Besse

 

Balzac, Geneviève Besse, « la bataille des épreuves ».

 

Il s’agit au départ du jeu de cartes de la mouche dont Balzac explique les règles dans les premières pages de Béatrix et qui semble une activité quasi quotidienne du cercle guérandais rassemblé autour de la famille du Guenic. La fréquence de cette activité où l’on parie peu et où les gains sont modestes, le développement que Balzac y consacre, incitent à y voir comme un symbole de la Bretagne guérandaise. Cette Bretagne, Balzac nous la décrit comme un monde figé dans ses traditions, immuable dans ses fidélités et centré sur la transmission de ses valeurs éternelles et de ses biens, accrus, si possible, mais patiemment. Les individus sont fondus dans une communauté qui a tracé un destin pour eux.

 

Geneviève Besse nous présente les cartes de la mouche comme autant de personnages réduits à leur fonction. Agrandies au format de panneaux où les rois et les reines sont d’une étrange et âpre beauté, ces cartes quittent le tapis pour être présentées verticalement. Un monde immobile parfois porté à incandescence. Un certain Calyste y met le feu de la passion. Il veut s’échapper du jeu !


Après le Musée Balzac de Saché, la médiathèque de Lorient expose à son tour les planches réalisées par Geneviève Besse pour le livre « Balzac mis à la mouche ».  Installées dans le vaste rez de chaussée, ces Interversions portent les gestes de l'artiste et leurs traces, offrent leurs couleurs  et  l'énergie qui s'en échappe. Elles sont une incitation à relire une œuvre formidablement puissante. Elles donnent  l'occasion de découvrir un jeu de cartes oublié et  un roman breton de Balzac. Le secteur images et sons de la médiathèque propose au premier  étage une sélection de films adaptés des romans de Balzac , des lectures et une présentation des  livres de l'artiste dont Volupté", un ouvrage réalisé avec le poète Daniel Kay pour l'exposition.

 

 

Le livre

Beatrix - Le jeu de la mouche

Honoré de Balzac

 

Livre imprimé. 300 x 390 mm, 56 pages en 14 feuillets de 4 pages avec fac-similés en quadrichromie des épreuves corrigées par Balzac, 12 collages sur papier Japon et 12 aquarelles de Geneviève Besse. L'ensemble tiré sur vélin d'Arches sous couverture à rabats imprimée en deux couleurs.

Tirage : 54 exemplaires dont 13 H. C., tous numérotés et signés par l'artiste. (ouvrage édité â l'occasion de la commémoration du bicentenaire de la naissance de Balzac)

Commande de la bibliothèque de Tours 1999


voir l'ouvrage




Informations pratiques :

vernissage le samedi 17 Avril

Médiathèque de Lorient
place François Mitterand
56100 Lorient
02 97 84 33 60

Chaque lundi, mardi, mercredi, vendredi et samedi 
de 13h00 à 18h00


voir aussi : le site de la médiathèque

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 09:42

exposition

 

du 8 mai au 11 juillet 2010

 

Domaine de Coubertin -  Saint-Rémy lès Chevreuse (78)

 

&

 

rencontre Ousmane Sow , Nancy Huston et Denis Hirson

 

le jeudi 20 mai à 20h.

 

 

 ousmaneSow08.jpg

 

 

 

Ousmane Sow, force et poésie.

 

En moins de dix ans, près de quarante bronzes d’Ousmane Sow sont sortis de la Fonderie de Coubertin. Epaulé par les ouvriers de la Fonderie qui ont fait preuve d’une grande inventivité, le sculpteur sénégalais retrouve dans le bronze la texture si particulière de sa matière et dans la patine le chromatisme de ses pigments. Ses bronzes portent ainsi sa signature.

 

Dans le prolongemment de cette belle histoire entre Ousmane Sow et la Fonderie, la Fondation de Coubertin lui consacre une exposition. Dans la grande Galerie installée en contrebas du Jardin de bronzes, ses sculptures originales, voisineront avec des cires et des moules,  notamment celui de l’Immigré, installé à Genève. Au côté de l'original  à partir duquel a été fondue la statue de  Victor Hugo, installée  à Besançon, sont présentées deux oeuvres inédites  : Nelson Mandela et le Général de Gaulle . Le bronze de cette dernière est installé à Versailles. Victor Hugo, Nelson Mandela, le Général de Gaulle sont au nombre des grands hommes auxquels  il rend hommage dans sa série  intitulée Merci. Et surtout son père, Moctar Sow, décédé en 1956. Courageux, généreux, "il m'a appris à avoir une énorme confiance en  moi", explique Ousmane Sow qui a "tenu à ce qu'il soit parmi les grands hommes" qui l’ont aidé « à ne jamais désespérer du genre humain » .

 

L’exposition comprendra également des oeuvres dont on a fait la connaissance émue il y a dix ans sur le Pont des Arts  à Paris : le Nouba debout, La mère et l’enfant, la Danseuse aux cheveux courts, les Lutteurs aux bracelets tranchants… Depuis elles ont beaucoup voyagé, en France, à New York, à Ottawa. Le temps de l’exposition, le bronze de Sitting Bull en prière, pièce maîtresse de la série intitulée La bataille de Little Big Horn, retrouve la place qu’il a longtemps occupée auprès du cèdre, derrière le château.

 

 

  Ousmane Sow  Nancy Huston  Ousmane Sow Denis Hirson 

 

Enfin, sur une proposition du 28e Marché de la Poésie, Ousmane Sow invite au cœur de son exposition deux poètes, Nancy Huston, poète canadienne de langue anglaise et française, et Denis Hirson, poète sudafricain. Cette  rencontre exceptionnelle  à ne pas manquer aura lieu le 20 mai à 20h à la Fondation Pierre de Coubertin

 

  Catherine Plassart

 

 

Ousmane Sow

 

 

 

 Ousmane Sow - Général de Gaulle 

 

 

 Ousmane Sow - Victor Hugo

 

Ousmane Sow

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Informations pratiques :


Domaine de Coubertin

78740 Saint-Rémy lès Chevreuse
v.montalbetti@coubertin.fr

 01 30 85 69 89.


 les vendredi, samedi et dimanche, de 14h à 18h30

Accès : RER B, station Saint-Rémy lès Chevreuse

- de Paris : N118, sortie Saclay puis D36 jusqu’à Saint-Rémy-lès-Chevreuse.
- de Versailles : D938.

 

Photos : (1) Ousmane Sow devant L'Immigré, (2) Ousmane Sow devant Moctar Sow, (3) Le Général de Gaulle, (4) Victor Hugo, (5) Ousmane Sow à la Fonderie de Coubertin

 

 

La Fondation de Coubertin s’inscrit dans le projet Balades en Yvelines 2010 organisé par le Conseil général pour mettre en valeur les lieux d'art contemporain en extérieur. Un parcours de sculptures contemporaines sera proposé au visiteur, incluant Marta Pan, Parvine Curie, Etienne-Martin, Etienne Hajdu, Dominique Labauvie, John Kelly et bien sûr Ousmane Sow.

 

 

voir aussi : nos biobibliographies d'Ousmane Sow, de Nancy Huston, de Denis Hirson,  le site de la Fondation Coubertin, le site du 28e Marché de la Poésie.

 

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 12:37

Exposition

 

du 24 janvier au 6 juin 2010.

 

Espace de l'Art Concret, Mouans Sartoux (06)

 

 

 Yona Friedman

 

 

 Yona Friedman imprévisible.

 

Dans le cadre de sa saison 2010, qui célèbre ses vingt ans d'activités, l'Espace de l'Art Concret s'associe avec le Cnap/Fnac pour présenter l'intégralité des maquettes d'étude (une soixantaine) et des dessins (manuels, projets d'affiches et esquisses) de l'architecte Yona Friedman acquis en 2007 par l'Etat pour les collections publiques françaises.

 

Cette collection de maquettes a été débutée par Yona Friedman dès 1945 avec les Space Chains et s'est particulièrement développée dans les années 1980 autour de la notion de "structures irrégulières" avec des sous-ensembles, qui vont des "merzstructures" aux "feuilles froissées" et aux "gribouillis". Selon leur auteur, ces formes libres constituent à la fois une continuité dans son travail et une étape charnière qui pourrait rapprocher l'art et l'architecture en un langage commun : "les structures irrégulières pourraient être un jalon pour que l'architecture devienne un des beaux-arts. Pas de la sculpture, ni des expressions abstraites et concrètes mais un langage pratique et plaisant comme l'est l'art culinaire par exemple."

 

Ces "structures irrégulières" sont présentées à l'intérieur d'un dispositif spatial dessiné par Yona Friedman. Ce dispositif reprend le principe de la trame tridimensionnelle de la "ville spatiale" composée de couches superposées, avec des espaces habités. Le choix du plexiglas s'inscrit dans le souci de transmission, central dans l'oeuvre et la pensée de Friedman.

 

Ce dispositif est aussi celui du musée de rue, autrement dit le musée sans porte, un projet que l'artiste a réalisé à Côme, en Italie, en 2008, puis présenté en 2009 dans le parc de l'Ile de Vassivière. Cette idée traverse en filigrane toute la pensée utopique de Friedman, multipliant les stratégies pour permettre une transmission permanente de ses idées et encourager des prises de conscience par les usagers. Ces gestes architecturaux sont fondés sur l'aléatoire, le hasard, le recyclage des matériaux pauvres et surtout la volonté de proposer des pistes architecturales libres, dégagées de toutes contraintes. A l'image de la nature et de l'homme, ces formes architecturales se veulent erratiques, imprévisibles et réalisables par des "non-professionnels".

 

En amont et en aval de ce dispositif spatial, "musée d'architecture" ou "zoo d'architecture", sont présentés des manifestes historiques comme les 10 principes de l'architecture mobile, les premiers photomontages de la "ville spatiale" à Paris, les premiers films animés africains et les décors de son premier appartement rue Pasteur.

 

Pour la première fois, une reconstitution bi-dimensionnelle à partir d'une couverture photographique panoramique à la chambre numérique de son actuel appartement, boulevard Garibaldi, est présentée en fin de parcours dans la rotonde du château. Ce décor, unique et fascinant avec ses collages et les nombreux objets accumulés depuis quarante ans, constitue l'exact reflet de la pensée et de la personnalité inclassable de Friedman qui poursuit inlassablement son enrichissement avec des trouvailles de voyages, des courriers, des emballages de diverses natures...

 

Enfin, deux projets d'extérieur doivent être réalisés aux abords du château et activés par le public durant l'exposition : une maison mobile à l'échelle un, produite en collaboration avec la galerie Kamel Mennour, et un "musée des graffitis sans portes". Ils sont interactifs et peuvent démontrer que la concrétisation des utopies quotidiennes définies par Friedman sont réalisables. D'une valeur de ce fait essentielle, ils offrent à chacun la possibilité d'une intervention. Friedman compte donner le ton en entamant le processus juste avant l'ouverture de l'exposition.

 

Commissariat de l'exposition : Caroline Cros, assistée d'Alexandra Deslys.

 

 

 

Yona Friedman

 

 

Yona Friedman

 

Yona Friedman

 

 photos : (1) atelier de Yona Friedman / © Y. Chenot, Paris/CNAP, (2) Trièdres, vers 1970 Maquette à but didactique à partir du dessin/croquis Carton, rehaut à la mine de plomb et colle Oeuvre du Centre national des arts plastiques – ministère de la Culture et de la Communication, Paris Inv. FNAC 07-041 © photo : Y.Chenot, Paris/CNAP,(3) Cloud Pagoda n°2, 2001 Maquette Papier, bois et colle Oeuvre du Centre national des arts plastiques – ministère de la Culture et de la Communication, Paris Inv. FNAC 07-022 © photo : Y.Chenot, Paris/CNAP, (4) The City above your Head, 2001 Collage, impression sur papier découpée, adhésif Oeuvre du Centre national des arts plastiques – ministère de la Culture et de la Communication, Paris Inv. FNAC 07-073 © photo : Y.Chenot, Paris/CNAP

 

 

 

Informations pratiques :

 

Espace de l'Art Concret,

Château de Mouans

06370 Mouans Sartoux.

04 93 75 71 50.


Ouverture du mercredi au dimanche de 12h à 18h.

 

voir aussi : le site de l'Espace de l'art concret

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 12:01

œuvres récentes

 

du 9 avril au 12 juin 2010

 

Galerie d’Art Contemporain - Chamalières

 

 

  Pancho Quilici

 

Pancho Quilici.  L'alternative utopique. 

 

Pancho Quilici nous propose des images impressionnantes qui révèlent un espace de science-fiction dans lequel l'imaginaire dialogue avec le réel. Ses peintures aux couleurs suaves, variant entre le vert d’eau et le bleu, striées de structures géométriques insolites, nous dessinent de vastes territoires urbanisés dont le schéma organisationnel semble la réplique d'un dessin projeté d'une autre dimension du cosmos. Elles nous offrent la vision  pluridimensionnelle d'un monde qui s'organiserait selon l'agencement  proposé par une réalité supérieure nidée dans l'univers des étoiles.

 

 Le minéral, le végétal, les objets de la technique se fondent dans un même langage architectural nourri. La lumière devient matière. L'énergie se réalise en traits précis, en arcs tendus. L'infiniment petit est relié à l'infiniment grand. Le temps, l'espace,  l'énergie et la matière se condensent dans la représentation d'un  lieu, celui de tous les possibles. Et l'on en vient à se demander si ces espaces rythmés et harmonieux  sont habitables ?  Si l'homme pourrait y vivre ?

 

 Car un léger vertige nous saisit devant l'illimité, un éblouissement devant la source jaillissante du mystère. Le regard s'émerveille d'une totalité visionnaire mais l'intelligence s'émeut de devoir s'ouvrir  à une conscience plus vaste des objets du monde. On pressent toutefois qu'en fils de l'Universel,  Pancho Quilici nous invite à une traversée des apparences, et nous demande d'être les témoins sensibles de la naissance d'une terre promise, d'une alternative utopique.

Catherine Plassart

 

 Pancho Quilici

 

 

photos : (1)   Cheminements – impression digigraphique, (2) Version de l’être – impression digigraphique

 

 

Informations pratiques :

 

Vernissage le jeudi 15 avril à 18h30
au cours duquel sera présentée une pièce musicale contemporaine originale

 

Galerie d’Art Contemporain
3 avenue de Fontmaure
63400 Chamalières
04 73 30 97 22 
amac1@aliceadsl.fr

 

Ouvert du lundi au samedi de 14h00 à 19h00 - Entrée libre

 

voir aussi : www.amac-chamalieres.com et le site de l'artiste 

 

 

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