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1 septembre 2005 4 01 /09 /septembre /2005 00:00
 Nu dans un espace public
 

 

 

 On est surpris que dans un monde impudique, provocateur voire vulgaire à force d'objets de désir, mis en images, en scènes ou en musique, les installations de Spencer Tunick puissent provoquer les réactions indignées de bonnes gens criant à l'attentat : pudeur bafouée, atteinte à l'intégrité, violence gratuite...

Sans doute, Spencer Tunick invite-t-il les figurants de ses installations à franchir une limite, mais plus que celle convenue des bonnes moeurs, c'est plutôt le mur d'air qui nous sépare de ce qui nous est extérieur.

Formidable expérience pour les participants. Par dix, par cent, par mille , ensemble, ils mêlent leurs corps nus au corps nu de la ville, à celui d'un désert, d'une forêt... Ils se détachent l'espace de quelques minutes à peine de leur "moi", de leur "je" , ils sont le paysage, ils sont le tout.

Il faut beaucoup de confiance en soi, d'amour du beau, de désintéressement, pour s'en remettre ainsi à l'autre, à son talent, à sa mesure.

J'aime les images de Spencer Tunick , j'aimerais plus encore participer à l'une des magnifiques fêtes humaines dont il est le créateur. Avec Spencer Tunick , et c'est sans doute le plus dérangeant, le paradis ne dure pas l'éternité, il tient dans moins d'une demi-heure. L'artiste trace ainsi la ligne de crêtes de bien des utopies.

Catherine Plassart

 
 voir aussi : La feuillée de septembre sur le site de Art Point France
 
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1 septembre 2005 4 01 /09 /septembre /2005 00:00

 Il dessine le monde

Stéphane Calais

du 23 septembre au 17 octobre 2005

à l'Espace Ecureuil à Toulouse

 Stéphane Calais

S'il revendique le dessin comme étant à l'origine de tout, de l'oeuvre, de l'image, de l'organisation, du monde comme de sa propre pratique, Stéphane Calais fait feu de tout bois, peinture, sculpture, installation, à l'exclusion cependant de la vidéo.

L'Espace Ecureuil organise cette exposition dans le cadre de la manifestation "Le printemps de septembre" organisée dans différents lieux à Toulouse

Espace Ecureuil Place du Capitole à Toulouse jusqu'à 19h00, les 23, 24 et 30 septembre et le-1 octobre jusqu'à 1h30 du matin

voir aussi : une présentation de la manifestation sur le site de l'office de tourisme de la ville de Toulouse

 
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31 août 2005 3 31 /08 /août /2005 00:00
 Matisse : peintre du bonheur
 

 Il y a chez Matisse une tentative de donner à voir et à sentir le bonheur en acte.

 

Et cet effort passe toujours par un détour.

 

Un de ces détours radicaux dans cette posture de recul face à l'histoire est dans le résultat de son voyage en orient, après celui de Collioures à l'heure "fauve".

 

Explosion de la couleur au Maroc. Portes sur la vie, l'harmonie, la lumière flamboyante. Ensuite il s'agit d'infuser du mythe dans le réel. Et les corps, hommes et femmes réunis jouent ici de part leur nudité ou leur parure choisie un rôle déterminant.

 

Danse, musique, inscription des portraits et personnages dans des espaces auxquels ils participent. Sympathie du sujet avec son environnement. Fusion d'ensemble et unité voulue et obtenue du tout.

 

Sublimation du monde. Sans doute est-ce la tâche de l'art. Mais enfin jusqu'à "l'athlète du christ" qui décore la chapelle de Vence, il y a ce désir d'élévation, ce vitalisme concret.

 

Il s'agit de comprendre que la joie de peindre passe chez lui par la couleur, la maîtrise des formes dans leur fausse simplicité et les découpages de la fin de sa vie assument aussi ce rôle.

 

Et il faudrait ajouter à cela la représentation du mouvement, la fascination pour la grâce contenue dans les gestes les plus quotidiens.

 

Pour finir, l'épanouissement d'un style qui jaillit de la transformation du monde en icône gigantesque.

 

 (août 2005)

Pierre Givodan

Chroniques intempestives

copyright Art Point France

 
 voir aussi : le site personnel de Pierre Givodan
 
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30 août 2005 2 30 /08 /août /2005 00:00
Les aléas d'un projet esthétique , Essai sur la projection politique de l'art
 

La question de la fonction politique de l'art revient à l'ordre du jour. Hans Cova lui consacre un ouvrage Art et Politique - Les aléas d'un projet esthétique , Essai sur la projection politique de l'art paru en mai 2005 aux éditions de l'Harmattan .

 

Faisant le constat des impasses de l'avant-gardisme et des apories de la subversion sponsorisée, nous en sommes venus à douter de la valeur ontologique de l'expérience esthétique, perdue dans une marchandisation aliénante du monde. L'histoire veut que cette "fin de l'art" soit la conséquence d'une fragmentation processuelle du politique. Pourtant, l'esthétique pose toujours la question de sa projection politique.

 

Hans Cova nous dit, j'ai ouvert mon livre sur ces questions : "Que pouvons-nous attendre aujourd'hui de l'expérience esthétique ? Est-il encore possible de penser une fonction politique de l'Art ? Autrement dit : l'art peut-il encore revendiquer une sphère publique autonome où le jugement serait de nouveau convoqué ? L'art peut-il encore penser cet espace commun entre les hommes qui serait la contestation de la logique marchande actuelle ? "

 

Il pointe du doigt la responsabilté "des formes d'art très conceptuelles".

 

"Dans le domaine artistique, tout se passe comme si cette anesthésie latente de l'expérience esthétique, induites par certaines formes d'art contemporain très conceptuelles, prolongeait ce qui se passe dans la société, elle même de plus en plus médiatisée. Ce dévoiement qui illustre très bien le strabisme des facultés tantôt évoqué, nous montre comment nous nous sommes éloignés, non seulement des premiers balbutiements de l'esthétique, mais aussi de l'éducation esthétique schillérienne, pourtant le paragon des mouvements d'avant-garde."

 

Hans Cova plaide pour la réabilitation dans la création artistique d'un rapport sensible au monde, sans toutefois lui soustraire sa part de "matière grise" afin de repenser la fonction sociale et politique et politique de l'art.

 

Art et politique - Les aléas d'un projet esthétique , Essai sur la projection politique de l'art Hans Cova eds de l'Harmattan

 

Pour illustrer cet article nous vous suggérons de visionner gotoAndswim, une bande dessinée légèrement animée en cinq épisodes , confectionnée par Maurin et La Spesa à partir de l'imagerie et des pratiques du web, où un petit éléphant rose traverse des expositions d'art contemporain.
A voir sur le site de création Panoplie.org

voir aussi : notre dossier de la critique à l'esthétique
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25 août 2005 4 25 /08 /août /2005 00:00

 PARADIRAMA: Tikis, surfeurs & vahinés

jusqu'au 30 octobre 2005

Musée International des Arts Modestes - Sète

 

Le MIAM poursuit son exploration des continents méconnus de la création populaire contemporaine. Terra incognita, lieux ou moments de culture inclassables qui se développent à l 'écart des courants habituels de l'art contemporain, ces manifestations produisent des images fortes et décalées. C'est le cas des multiples univers artistiques nés de cette fascination récurrente pour les îles des mers du Sud où se mêlent, dans une sorte de fiction parfois mystique, un sentiment de simplicité naturelle, une volupté affichée et l'image d 'un été perpétuel.

 


Paradirama réunit ainsi, et pour la première fois en France, quelques pièces essentielles de l'art polynésien authentique, des objets issus du Pop polynésien des années 50-60, des peintures du Tiki Art, et enfin des œuvres d'artistes contemporains issus ou influencés par ces cultures parallèles.

 

Mais Paradirama , c'est surtout un autre regard  sur les îles d'Océanie.   L'exposition explore les représentations que l'Occident s'est faites de cette partie du monde de Bougainville et Cook aux surfeurs d'aujourd'hui.

 

 Voici ce que Philippe Daggen écrivait dans le Monde du 26 août à propos de cette exposition

 

Le spectacle du "bon sauvage"

Gauguin, avant de découvrir la réalité de la colonisation à Tahiti, ses missionnaires et ses gendarmes, s'illusionnait sur ces îles où il aurait suffi de cueillir un fruit et de pêcher un poisson pour vivre heureux dans un Eden préservé. Cette imagerie a duré et les tours-opérateurs l'exploitent encore, en dépit de tout ce que l'on devrait savoir de la prolétarisation des indigènes et de leur métamorphose en figurants pour un spectacle permanent, celui du "bon sauvage".

 

C'est de ce spectacle que traite "Paradirama", qui, sous ses airs de fantaisie dans les mers du Sud, se révèle d'une dureté cruelle. Des planches et des gravures rappellent les décennies de la découverte par les navigateurs - ­ qui ne fut ni fraternelle ni paisible. Des tikis anciens (sculptures anthropomorphes de pierre ou de bois), des masques polychromes et une pagaie marquisienne magnifiquement incisée évoquent les civilisations d'avant le contact. Mais il faut être attentif car l'accrochage juxtapose avec quelque perversité des objets probablement créés dans un contexte encore intact à d'autres, plus récents, qui ont été bricolés afin d'alimenter les boutiques de souvenirs des hôtels ou des aéroports.

 

De ces artefacts aux produits dérivés, le passage est immédiat : les motifs marquisiens et tahitiens s'impriment sur les chemises dites "aloha", made in California ou, désormais, made in China. Des têtes des tikis caricaturales ornent les mugs , pots à boisson pour la bière ou les cocktails. Tatouages, ukulélés, paréos, peintures sur velours noir : autant de supports pour un commerce qui semble promis à la prospérité.

 

Le cinéma (très largement présent) et la publicité se sont emparés de ces motifs à succès. Il suffit pour s'en convaincre de songer à l'utilisation, et la réutilisation permanente des images de surfeurs et de vagues pour vanter rasoirs, boissons rafraîchissantes ou chewing-gum ­ - et à leur détournement tragicomique dans Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola.

 

La "culture surf", qui s'est développée à partir de l'annexion des îles Hawaï par les Etats-Unis, fait l'objet d'un traitement particulier : films, affiches, planches décorées avec un soin remarquable. Les plus riches sont l'œuvre de Kevin Ancell, artiste de San Francisco et héros de "Paradirama". Il cultive un style équivoque et railleur, où le luxe frôle le kitsch et où l'exotisme s'inverse en parodie. L'exposition présente ensemble des tableaux et une installation. Les toiles pastichent la peinture religieuse du XVIIe siècle napolitain, introduisant surfeurs et vahinés dans des assomptions et des annonciations qui tiennent autant du poster que de Caravage. Elles intriguent, mais moins qu'Aloha Oe.

 

Cette installation se compose d'une vingtaine de mannequins mobiles grandeur nature. Les vahinés tournoient au rythme d'un "hula" lancinant. Il faut les observer de près, dans la pénombre, pour s'apercevoir que leur visage est ridé, leur corps flétri, leur regard ironique. Elles ont en main des seringues, des grenades, des pistolets-mitrailleurs. Elles ne vivent pas dans le jardin d'Eden, mais dans un monde de trafics et de crimes. Et l'exposition s'échappe du monde des représentations fantasmatiques où elle s'ébattait jusqu'alors pour faire irruption dans un autre, bien moins charmeur et bien plus réel.

 

Rappelons que le MIAM, Musée international des arts modestes a été créé à Sète en 2001 par Hervé di Rosa, un drôle de musée où on expose pas "de l'art qui se prend pour de l'art "mais de l'art modeste  , c'est à dire naïf, populaire,  décoratif, celui des peintres du dimanche, celui des collectionneurs maniaques etc.

 

 Musée International des Arts Modestes 23, quai du Maréchal de Lattre de Tassigny Sète

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15 août 2005 1 15 /08 /août /2005 00:00

Max Papart
"Un héritier du cubisme"

Du 14 mai au 2 oct. 2005

Centre d'art graphique de la Métaierie Bruyère

 

Exposition des gravures et livres de bibliophilie de Max Papart où l'on rencontre: Jean Tardieu, Michel Butor, Jacques Prévert... Inspiré du Cubisme, le travail de Max Papart est ludique et rigoureux. Collages et aplats de couleurs sont utlisés par l'artiste avec finesse et sensibilité.

 
 Centre d'art graphique de la Métaierie Bruyère ouvert tous les jours 10/12h et 14/18h30.
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2 août 2005 2 02 /08 /août /2005 00:00
 Si vous n'aimez pas l'art contemporain, n'en dégoûtez pas les autres !

par Gérard Fromanger

Le texte de Gérard Fromanger publié dans les Inrockuptibles le 25 décembre 2000 est en partie une réponse aux propos critiques développés par  Paul Virilio   la même année,  dans un ouvrage paru aux éditions Galilée ( Un art impitoyable et Procédure silence) et au delà une réflexion très illustrée sur le rôle de l'art contemporain, ses implications et ses formes.

 
 
 

Bruce Nauman (peintre, sculpteur, vidéaste, conceptuel, performer, "art maker" tous azimuts) et son épouse Susan Rothenberg (peintre) vivent ensemble dans le désert du nouveau Mexique. Chaque soir, après une journée de travail dans leurs ateliers respectifs et voisins, ils se retrouvent dans la maison qu'ils partagent, face à leurs deux ateliers, ils commencent toujours par échanger et commenter leurs expériences du jour, ils incarnent la cohabitation heureuse de toutes les techniques qui produisent l'art contemporain. Pour eux, pas de rupture ni de hiérarchie entre peinture, video, concept, performance, néon, pince, marteau, lampe à souder, scie, brosse. pas de préférence exclusive pour la peinture ou la video, pas de rejet de l'autre mais au contraire une communauté ouverte à toutes les techniques.

Marcel Duchamp ironise sur les peintres toxico-dépendants de la térébenthine mais peint toute sa vie. Le bleu est aussi nécéssaire à Yves Klein et Jacques Monory que le blanc à Piero Manzoni et Robert Ryman., c'est le support (le châssis) et la surface (la toile) qu'on analyse, démentèle et restructure ; les néons de Bruce sont multicolores et les chevaux de Suzan sont épais et gris de peinture ; qu'on le barde de couteaux (Daniel Pommereuille), qu'on tourne autour (Gerhard Richter) ou qu'on tombe dedans (Anish Kapoor), c'est toujours du pot de peinture qu'il s'agit. Pour le Front national des fossoyeurs de l'art contemporain (Baudrillard, Clair-Regnier, Fumaroli, Domecq, Mavrakis, Revol, Held) la cause est entendue : Jackson Pollock est un "pochard", Andy Warhol un "imposteur", Daniel Buren un "truqueur officiel", Jean-Pierre Raynaud un "impuissant", "l'art contemporain français n'a plus ni sens, ni existence" (J. Clair), on dénonce "le complot de l'art" (Baudrillard), "mon fils en fait autant", on connait la chanson, nous sommes tous des dégénérés.

La calomnie, l'exclusion et la haine nourrissent leur fonds de commerce. Ils aiment une peinture qui flatte l'encolure, pleine de certitude et de bon goût, qui met au pas dans le sens du poil, une peinture en avant comme avant, celle qui enfonce les portes ouvertes. Ils exècrent l'art contemporain, celui qui "trouble" (Braque), qui "sent sous les bras" (Picasso), qui "résiste face au journal du matin" (Breton), celui qui enfonce les portes fermées. Mais on avait encore rien lu. Paul Virilio (Un art impitoyable et Procédure silence, éditions Galilée, septembre 2000) : "Après la critique par le nazisme de l'art dégénéré, viendrait le temps d'un art généré par ordinateur, art automatique, purifié de toute présence sui généris. Purification esthétique qui prendrait ainsi la suite des récentes purifications ethniques ou éthiques dont les Balkans ont été le théâtre..."

"Il ne faut pas salir la merde" écrivait Henri Michaux. Alors Paul vient rire, t'éblouir et t'angoisser de plaisir au Muhka d'Anvers en regardant Cloaca, la machine à merde de Wim Devoye. Tu aurais dû te plonger dans la folie de la mondialisation en atterrissant sur l'aéroport fantastique de Thomas Hirschhorn à la Biennale de Venise ; viens à Beaubourg jouer et te perdre comme sur une chaîne sans fin avec le pantagruelique baby-foot pour 22 joueurs de Maurizio Cattelan ; viens marcher et te perdre sur la mondrianesque composition Bleue, jaune, blanche de Bertrand Lavier comme sur le parquet d'un gymnase où sont tracées ensemble les lignes bleues , jaunes, blanches du basket, du hand, du volley-ball, du tennis ; viens traverser et te perdre dans l'infini et le merveilleux du rideau de perles de Felix Gonzales-Torres ; viens te scandaliser devant l'impudeur matérialisée et joueuse de My Ionesome cowboy de takash Murakimi ; viens voir aussi les oeuvres sans intérêt (et Dieu sait s'il y en a !) : tu ne verras pas de haine dans tout cela, "pas de torture des formes avant de les faire disparaître", "pas d'obcénité sans limite", "pas l'impudence des profanateurs et des tortionnaires, l'arrogance des bourreaux..." ni un taux de suicide plus élevé qu'ailleurs (? !)

Oncle Paul, raconte nous une belle histoire, avec des rapprochements fulgurants comme dans Vitesse et politique, mais ne nous raconte pas de bobards sur l'art contemporain qui font rire dans les ateliers, s'esclaffer le Landerneau et se frotter les mains les réactionnaires de tous poils (voir l'association La Mouette qui attaque Stéphane Moisdon-Tremblay, tous les artistes et les conservateurs responsables de l'exposition Présumés innocents au CAPC à Bordeaux).

 Donc selon toi, l'expressionnisme de Munch et le passage de la figure à l'abstraction seraient la cause des pires horreurs du XXème siècle. "Ainsi après l'art sacré de l'ère de la monarchie de droit divin, et l'art profane contemporain (Quel artiste ? quelle oeuvre ? pas un seul nom cité parmi les artistes vivants qui ont aujourd'hui entre 20 et 80 ans !) de l'ère de la démocratie, nous assisterions impuissants ou presque, à l'émergence d'un art profané, à l'image des corps anéantis de la tyranie, en attendant demain, l'accident de la culture, l'imposition d'un art officiel multimédiatique" Ouf...! Moi qui croyais l'immense majorité de la communauté artistique, la mienne, noyau dur d'une permanente résistence à tous les faschismes du siècle (voir l'exposition Face à l'histoire, Beaubourg, MNAM, décembre 96-avril 97) et la jeune création d'aujourd'hui souvent à la pointe d'une contestation sensorielle et politique à la fois du "No Future" et des promesses glaçantes de la révolution "informationnelle" (voir les expos L'Hiver de l'amour, la dernière Biennale de venise , Jeune création, Elysian Fields, Voilà, Au-delà du spectacle, etc...) quelle méprise ! ? Allons Paul, encore un effort pour être de "bonne foi" : le monde de l'art moderne et contemporain est un irremplaçable espace de liberté dans lequel le sacré cotoie pacifiquement le profane et où aucun artiste n'a jamais profané qui ou quoi que ce soit (L.H.O.O.Q.), la moustache peinte par Marcel sur la lèvre supérieure de la Joconde ? Une délicieuse plaisanterie. Quelques trop rares provocations salvatrices ici et là ? Actionnistes viennois, hapenning en tout genre, quelques performers russes d'extrème-droite en mal de "scandale bourgeois", pas de quoi fouetter un chat.)

Pour te faire plaisir, Braque, Matisse et Cocteau ont décoré des chapelles, Soulage, Jean-Pierre Raynaud et Christophe Cuzin créent des vitraux pour une église romane, l'abbaye de Noirlac et Saint Martin de Lones. "L'art, dit heidegger est la mise en oeuvre de la vérité" ; devant toutes les tragédies profanes, Pablo, Francis, Alberto, Edvard, Oskar, Christian, Piero, Wim et les autres nous disent heureusement que le corps coule, pue, crache, éjacule, bande, mouille, pète, transpire, souffle, chie, pisse, morve, crie, jouit et souffre et que c'est magnifique et boulversant. Le sacré désincarné et le profane charnel dans l'art moderne et contemporain ne sont coupables de rien. La fin du monde de l'art contemporain dont viendrait tout le mal n'est pas pour demain. Ni la fin de l'histire, ni la fin du sens.

L'art contemporain n'est pas un média, pas un pouvoir, pas une science. Il n'a rien à communiquer, rien à vendre, rien à ordonner, il n'informe pas, ne flatte personne, ne fait ni propagande ni publicité. Il n'est ni documentaire, ni fiction, ni court ni long, ni petit ni grand, il n'illustre ni ne commente, il n'est rien d'autre que lui même, c'est une chose en soi qui ne parle que d'elle même et ne peut parler d'autre chose que d'elle même. Si elle parle d'autre chose, elle n'est plus de l'art contemporain. Il est un noyau dur, radical, nécessaire et suffisant. C'est par cette totale singularité qu'il parle des autres. Il ne parle que d'art contemporain donc il parle de tout à tous.

L'art contemporain n'a rien à conquérir ni rien à défendre. Quand il fait la guerre, c'est pour du beurre, il fait rire (Eduardo Arroyo) ou mourir (Jean-Michel Basquiat) et pourtant il est attaqué de toutes parts. Sans territoire et sans pouvoir, on le désire, on l'assassine. Il est un peuple plein de batailles internes (figuratifs/abstraits, géométriques/lyriques, conceptuels/maniéristes, sculptures/environnements, peintures/performances, videos/tableaux, etc...) qui n'en veut à personne. Il ne donne pas de résultats exacts, pas de découvertes utiles, pas d'équation, pas de théorème, et pourtant les "comités scientifiques" le jugent : "Avec moi vous êtes sûr de ne pas vous tromper" (Rosalind Krauss), il n'est pour autant ni un truc ni une trouvaille ni une mystification ni une imposture, et pourtant on l'insulte.

L'art contemporain n'imite personne, ne combat personne, ne trompe personne. Il atteind ce point de non retour à partir duquel on avance, on défriche, on cherche et on trouve, on devient un(e) inconnu(e), un(e) étranger(e) : on débarque et on embarasse, on apparaît et on encombre, on invente et on dérange, on illumine et on indispose, on enchante et on gène, on éblouit et on fait peur.

Il faut avoir en tête le bonheur de Suzan sortant de l'atelier pour dire à Bruce : "Aujourd'hui, j'ai eu une idée fantastique qui boulverse ma peinture" Elle avait simplement eu le courage, pour elle extraordinaire, de poser pour la première fois une touche de rose sur le naseau d'un cheval ! il faut avoir en tête le désespoir de Bruce sortant de l'atelier pour dire à Suzan : "Aujourd'hui, je n'ai rien fait". Il avait seulemnt esquissé vingt idées neuves dont aucune ne le satisfaisait.

Paris/Sienne décembre 2000

 Rétrospective Gérard Fromanger villa Tamaris Pacha jusqu'au à La Seyne sur Mer (83)

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22 juillet 2005 5 22 /07 /juillet /2005 00:00
 L'art à l'échelle du monde

 

 Antonio Segui est né à Cordoba (Argentine) en 1934. Installé à Paris depuis le début des années 6o,  il fait de la vie urbaine son thème favori. Chacune de ses œuvres porte en elle les images de la cité, de la nuit mais aussi de son pays natal.

La  figure de l’homme est omniprésente dans ses tableaux..  Parfois seul,  il traverse à grandes enjambées  les rues, les cafés, les intérieurs, la vie quotidienne , souvent en foule  porteuse de nos peurs et de nos rêves.

Chez Segui, le dessin est toujours simple ; parfois raffiné, souvent  brutal, il témoigne d’une grande liberté, « cette Liberté sans laquelle je ne peux ni peindre, ni  vivre ». Par ailleurs, l''humour subversif en touches nombreuses confirme son élan vers ce qui rend libre,  «L’humour,  c’est bien la seule chose qui pourra nous sauver ».

Son  œuvre est à la fois poétique et ludique, elle nous promène  dans un monde trépidant, fantasmé, absurde où l’étrange cohabite avec le connu.  

Antonio Segui  déjoue par sa singularité toute appartenance à un mouvement établi même si on peut le rapprocher de la figuration narrative.  

 Les oeuvres d'Antonio Segui sont présentes dans de nombreuses galerie françaises. Vous pouvez profiter jusqu'au 25 août à Avignon de l'exposition que la galerie Pascal Lainé lui consacre.

Galerie Pascal lainé 17, rue Petite Fusterie - 84000 Avignon Tel : 04 90 86 07 08    

et jusqu'au 10 octobre au Centre Pompidou à Paris Antonio Segui Oeuvres sur papier 1950-2005 

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21 juillet 2005 4 21 /07 /juillet /2005 00:00
 En apesanteur

 

copyright Nancy Rubins, Table And Airplane, 1993

 Nancy Rubins est  invitée par le Frac Bourgogne à présenter pendant l’été Table And Airplane Parts (1990).  acquise par le FRAC en 1994. L'œuvre,  réalisée à partir de pièces d’avions est spectaculaire, un véritable défi à l’apesanteur. Elle est accompagnée d’un ensemble de dessins au graphite.

 Nancy Rubins réalise des sculptures à des échelles énormes.  L’effet est spectaculaire. Elle parvient à contrer les propriétés physiques du matériau.  Toute la structure de Table And Airplane Parts repose au sol grâce aux pieds d'une table et l’appui du réacteur.  La masse se déploie dans tous les sens. Les jeux de tensions sont poussés jusqu'à l'excès  pour parvenir à arracher l’œuvre de terre. Elle semble échapper aux lois de la gravité. 


 Table And Airplane Parts est accompagnée de dessins que l’artiste réalise depuis 1975. De grandes feuilles de formes différentes sont entièrement recouvertes de graphite.  Elles sont suspendues dans l’espace, dans l’angle de murs, assemblées. Elles apparaissent comme des volumes en métal. 


L’impression chaotique que provoque la sculpture est  moins celle d’un accident, trop littéral, que l’affirmation du caractère entropique du vivant. Le désordre manifeste l’état de transformation d’un système en expension, sans aucun ordre.  Nancy Rubins allie une rigueur conceptuelle à une très singulière matérialité.

L'exposition est l’occasion d’éprouver l’impressionnante énergie déployée par l' artiste américaine.

Frac Bourgogne 49 rue de Longvic, 21000 Dijon du 2juillet au 10 septembre 2005 ouvert du lundi au samedi de 14 h à 18 h

 voir aussi : le site du FRAC de Bourgogne et l'agenda des expositions du site Art Point France
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20 juillet 2005 3 20 /07 /juillet /2005 00:00

Les messagers de l'invisible

Depuis 15 ans, les expositions et les publications sur les Anges se sont multipliées. Les expositions présentées à Auxerre jusqu'au 3 octobre 2005 ont été conçues pour accompagner le  second Colloque Icones-images (6,7,8 juillet) traitant des "interdits de l'image": la figure de l'Ange n'est-elle pas la "manifestation visible" d'un Dieu invisible, d'un Dieu "interdit d'image" dans les trois monothéismes.

Les différentes cultures, assyro-babyloniennes, égyptiennes, hébraïques, gréco-romaines, chrétiennes, islamiques, ont fourni l'image du messager ailé, assurant la communication entre le monde céleste et le monde terrestre, entre l'infini et le fini.

Une exposition  présente :

1) Treize moulages et sept peintures murales, sur le thème de l'ange. Ils proviennent des grands monuments de l'art occidental chrétien. Deux œuvres contemporaines de Marie Sallantin

2) 53 panneaux d'images et de textes, réalisés par Françoise Tascher et Vanni Mulinaris guide le visiteur à travers le différents espaces de l'abbaye.

3) "Narcisse navré" ou les images interdites de l'autoportrait, une série de 40 toiles consacrées à l'autoportrait par Henri Cuéco, peintre et écrivain.

 
"Narcisse navré" ou les images interdites de l'autoportrait. 

 "Sans trève, j'ai voilé le visage, dissimulé la face de Dieu… J'ai refusé obstinément de peindre la pleine figure. Chaque fois s'est imposée la nécessité de la cacher." Henri Cueco

Cuéco raconte son face à face avec le miroir, sa réécriture du mythe de Narcisse, d'un Narcisse navré, blessé, qui s'est longtemps interdit de représentation.

Ses petits tableaux suivent le cheminement d'un dévoilement : autoportraits à la face cachée, de dos, morcelés, brouillés, effacés… enfin acceptés. 

 " Où en est mon autoportrait ? Je ne me vois plus sans ma tête. A force, je l'ai apprivoisée et, vaille que vaille (il faut faire avec…) elle n'est pas aussi épouvantable que je le pensais." Henri Cuéco 

 

 

in catalogue : Cuéco, Narcisme navré, Le seuil 2003. 28,50€ acheter

 
Cellier du musée-abbaye Saint-Germain à Auxerre  Salle Images.

du 10 juillet au 3 octobre 2005.Tous les jours de 10 heures à 12h30 et de 14 heures à 18h30 (sauf le mardi) Catalogue : Cuéco, Narcisse navré, Le seuil 2003

voir aussi : Marie Sallantin  ( notre dossier) , sur le site de Face-art , l'agenda des expositions sur Art Point France
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