Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 14:16

LA POÉTIQUE DU TRAIT

 

Du 19 février au 22 mai 2011

 

Musée de la Cohue - Vannes (56)

 

 

L'exposition Thierry Le Saëc débute le 19 février 2011. Elle présente une rétrospéctive de l'oeuvre de ce graveur et peintre qui a aussi une activité intense d'éditeur.

 

portr

 

 

 

Thierry Le Saëc est graveur et peintre. Curieux insatiable et patient, il crée un univers artistique aux entrées multiples où l’écriture, la poésie, le trait, la couleur, le dessin, ont partie liée : le trait est partout, il s’empare de la feuille de papier, de la photo numérique, de la toile tendue sur châssis, devenant peinture ; le dessin est, dit-il, « la part la plus intime, la plus aiguisée de l’oeuvre… ».

Dès 1989, il s’attèle à la technique de la gravure plus particulièrement pour l’édition de livres d’artistes. Sa collaboration avec de grands poètes (Guillevic, Torreilles, Rougé) se poursuit aujourd’hui dans le cadre de sa propre maison d’édition, La Canopée.

A l’occasion de cette rétrospective, Thierry Le Saëc invite les sculpteurs Henri Larrière et Sophie Melon, dont le travail fait écho à ses propres recherches.En collaboration avec le TAB, la danseuse Carolyn Carlson présente une chorégraphie originale, Poetry Event.

Un catalogue coédité par le Musée de Vannes et les éditions Apogée accompagne l’exposition.

 

 02

 

 

 

 05

 

 

 

06

 

 

 

photos : (1) Sans Titre,  acryl. et pastel gras sur toile 200 x 200 cm 2010, (2) Sans Titre , acryl. et pastel gras sur toile  60 x 50 cm 2010 (3) Sans Titre, acryl. et pastel gras sur toile 60 x 50 cm 2010

 

 

 

Thierry Le SaëcInformations pratiques :

Musée de la Cohue

Place Saint-Pierre, 56000 VANNES

Tél. 02 97 01 63 00

 

voir aussi : le site de la ville de Vannes, la biobibliographie de Thierry Le Saëc, le catalogue de ses livres d'artiste , la vitrine de Thierry Le Saëc dans Art Point France

Repost 0
Published by Art Point France - dans Nord Ouest : expositions
commenter cet article
31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 15:33

  

 

Patrick Loréa

 

 

Patrick Loréa

Les figures du temps

 

 

" La figure est l'arrêt de la vision. C'est-à-dire: elle est son jugement dernier, 

c'est « l'arrêt de mort » - comme disait Blanchot – où on décide 

de la vie et de la mort ; où on décide de la vie de la mort. "

Federico Ferrari

 

 

 

Si la figure marque un arrêt dans le cours fuyant du temps, que dire des sculptures de Patrick Loréa, sinon qu'elles surmontent cet « arrêt de mort» ? Prenant à revers les codes de la statuaire antique, elles ouvrent, entre la figure et son modèle, une brèche : elles font du temps lui-même, le sujet implicite de ce qu'elles nous montrent. Figures ruinées, figures vestiges, ce n'est plus l'idéalité qui donne corps, ici, à la matière, mais le matériau lui-même qui s'insurge contre la forme que lui a donné les mains de son créateur. Mais qu'est-ce qu'une figure ouvrée de l'extérieur par le passage du temps ? Ou, pour le dire avec les mots d'Ezra Pound: qu'est-ce qu'une « figure découpée dans le temps » ? 

 

par Frédéric-Charles Baitinger

 

A la manière d'un Giacometti ou d'un Francis Bacon, Patrick Loréa ne cherche, à travers ses sculptures, aucun effet de ressemble. Sans pour autant verser dans l'abstraction pure, ces corps et ces visages n'appartiennent à aucun lieu ni à aucune époque : ils ne sont, pour ainsi dire, que les supports anonymes d'un devenir qui les ronge et les emporte. Figures de chairs, portant sur elles comme les stigmates de leur vie passée, aucune Idée ne transparaît dans leurs formes mouvantes, mais quelque chose de plus subtil et de plus difficile à nommer aussi. 

 

Patrick LoréaQue ce soit dans son oeuvre représentant une femme légèrement penchée, la bouche entre ouverte et les yeux fermées, ou bien dans cette autre, encore plus explicite, nous montrant, à travers un morceau de verre, le visage d'un homme à moitié détruit, une même fragilité semble planer sur ces êtres, comme si l'expression première qui les caractérisait luttait pour ne pas disparaître sous les assauts d'une force que le physiciens appellent : le principe d'entropie. Tout passe, et ce qui aurait dû préserver pour l'éternité les traits d'un visage le montre tout à coup en proie au vertige de n'être plus qu'une forme temporaire; qu'une forme dont l'essence se confond peu à peu avec celle de ses accidents. 

 

Mais par quels procédés Patrick Loréa est-il parvenu à produire de tels effets ? L'histoire mérite d'être contée, car elle résume, à elle seule, ce qui se joue d'essentiel dans ces oeuvres. Naguère sculpteur d'obédience classique, Loréa modelait ses figures dans la terre, puis les moulait à l'identique dans un matériau plus dur. Mais las, un jour, d'un tel procédé, il redécouvrit, dans un coin poussiéreux de son atelier, deux têtes en terre, depuis longtemps oubliées. Touché par la grâce de ces visages abandonnés, il comprit, alors, qu'une période de sa création s'achevait et qu'une autre s'ouvrait enfin à lui.

 

Tel un sculpteur archéologue, fouillant les arcanes de son atelier, ce n'est plus la figure en tant que telle qui intéresse maintenant Loréa, mais l'ensemble des processus physiques et chimiques qui font d'elles l'analogon d'un corps souffrant. Voilà pourquoi ses sculptures ne sont pas sans nous rappeler celles d'un Giuseppe Penone qui, aux dires de Georges Didi-Huberman, nous permettent de toucher du doigt la différence qui existe entre « un sculpteur qui fabrique des objets dans l'espace – des objets d'espace, et un sculpteur qui transforme les objets en actes subtils du lieu – en avoir lieu1.» Ne plus se contenter, donc, de donner forme à ses idées, ne plus chercher à rendre pérenne une figure trop marquée, mais essayer, envers et contre les risques que cette quête implique, d'atteindre à cette part d'expressivité accidentelle sans laquelle toute oeuvre d'art, même la plus parfaite, reste un point d'arrêt - « un arrêt de mort. ».  

 

      1 Georges Didi-Huberman, Etre crâne, Lieu, contact, pensée, sculpture, Etre fleuve. Les éditions de Minuit. 

 

 

Patrick Loréa

 

 

 

Patrick Loréa

 

 

Le silence qui parle 

Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger 

fredericcharlesb@hotmail.com

Repost 0
18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 11:43

Exposition

du 20 janvier au samedi 12 mars 2011

Galerie Grand T - Nantes

 

 

millet

 

 

 

Luc Millet marie forme et émotion, sa peinture est inactuelle et pourtant...

A l'époque du retour à la figuration en peinture, à l'heure de toutes les mises en cause concernant un amateurisme lié à une certaine facilité d'exécution, on convient facilement qu'il est difficile d'assumer une oeuvre peinte abstraite en ce début de XXIème siècle. Pour l'artiste, seule une intime conviction valide ce langage. Au regard de l'amateur, seules des valeurs d'humanisme la rendront pertinante.

Visuelle et esthétique,  la peinture de Luc Millet  rejette les représentations du  monde extérieur loin de l'espace du tableau qu'elle se réserve.  Seule la subjectivitivité guide le geste de l'artiste, seules les émotions conduisent au choix des couleurs. Fluides, elles semblent imprégnées dans les supports,  laissant parfois entrevoir une forme identifiable, un signe... Subtiles,  elles favorisent la lente remontée des sentiments.

Passages, strates, superpositions, grattages, surfaces  lisses,  la peinture de Luc Millet  possède l'ampleur des qualités sensibles de la matière colorée. Toujours à la limite de l'abstraction, grâce au long travail des fonds, elle est une allégorie de l'effacement des frontières, un panégirique de la libre circulation, une déclaration d'aspiration à l'absolu. Et pourquoi ne pas voir aussi, dans la tentative  de saisir la lumière dans son jaillissement, le désir de résister au naufrage des utopies, de conserver une parcelle d'espoir pour le monde.

Pas d'ambivalence chez Luc Millet qui  ne peint que par nécessité : nécessité intérieure tout d'abord, mais aussi besoin, grâce au processus créatif de se confronter à ce qui fait corps, au réel. Il peint debout dans  un rapport physique à la page blanche. De petits ou de grands formats, ses papiers marouflés ensuite sur toile dont un  cadre blanc cache les débordements du geste,  révèlent une  formidable énergie. Ses  oeuvres nous parlent de notre rapport au temps, au monde, au cosmos mais aussi  aux quatre éléments emblématiques l'eau, l'air, la terre et le feu. Son espace pictural chante un idéal et suggère un sens suprahistorique de la vie.

Catherine Plassart

 

 

millet2

 

 

 

millet1

 

 

photo : sans titre 150 x 150 cm

 

Informations pratiques :

Galerie du Grand T

10 passage Pommeraye Nantes

ouvert du lundi au vendredi de 11h à 18h30

et le samedi de 11h à 13h et de 14h à 18h30

Tel 02 51 88 25 25

 

voir aussi : la vitrine de Luc Millet dans Art Point France, le site personnel de l'artiste

Repost 0
Published by Art Point France - dans Nord Ouest : expositions
commenter cet article
18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 11:23

Expositions

Du 8 janvier au 3 février 2011

Galerie La Rotonde _ Yvon Birster - Paris 18e

&

"Visages d'encres"

Du 9 février au 12 mars 2011

Galerie Ardital - Aix en Provence (13)

 

Alix-PAJ

 

 

Une dramatisation des rapports humains

Au prix d'une recherche intense sur le choix des supports et des pigments mis en oeuvre, Alix Paj présente un travail à la fois nouveau et fidèle à l'esprit d'une nouvelle comédie humaine. Ses encres de Chine sur panneau jouent sur le contraste d'une finesse extrème de la surface peinte avec la profondeur des tons. Des silhouettes rivées par des regards qui nous fixent intensément surgissent de la fluidité du trait et de l'effacement du dessin. Sa quête de l'essentiel qui réduit le plus souvent la couleur au profit des contrastes, accentue la dramatisation donnée aux rapports humains.

Yvon Birster

 

Informations pratiques :

La Rotonde - Yvon Birster

28 rue Eugène carrière / 126 rue Lamarck

75018 Paris

Tel 09 62 13 38 41

ouvert du lundi au samedi de 15h à 19h 30

&

Ardital

10 avenue Philippe Solari

13100 Aix-en-Provence

Tel 04 42 28 78 60 

 

voir aussi : la vitrine d'Alix Paj dans Art Point France, son site personnel

Repost 0
Published by Art Point France - dans Europe : expositions
commenter cet article
18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 10:27

Exposition-vente aux enchères

Du 19 au 21 janvier 2011

Vente le 21 janvier à 19h

Hôtel Marcel Dassaut - Paris 8e

&  

Exposition

du 21 janvier au 20  mars 2011

Espace d'art contemporain - Bédarieux (34)

 

 

ABAD Claude

 

Des artistes pour une Fondation de Corse

L'Association pour Umani-Fondation de Corse et une centaine d'artistes s'unissent dans un projet baptisé "I Culori d'Umani". Grâce aux oeuvres offertes par environ 150 plasticiens, galeristes et donateurs, Culori d'Umani trouvera dans la vente du 21 janvier menée par Maître François Trajan chez Arcurial à Paris, les ressources nécessaires à la naissance de l'association.

 

Claude Abad qui a offert cette peinture ci-dessus à l'association exposera par ailleurs du 21 janvier au 20 mars à Bédarieux.

 

Claude Abad

 

 

La peinture silencieuse de Claude ABAD

Certains tableaux de Claude ABAD déplacent le commentaire qu’un premier regard pourrait en donner. Ils ne sont jamais tout à fait dépouillés, au contraire, la peinture s’y présente comme une peau qui recouvre, retient et renvoie la lumière, offrant son grain et laissant à jour ça et là des déchirures. Lisse ou ansérine peau née d’une même teinte aux nuances d’ombres et de clartés où prennent place de petits surgissements, réserves d’éclats colorés, striés, à vif, issus  d’un travail antérieur pour créer un espace alors qu’ils viennent d’un autre temps. Une peau – plus un manteau qu’un miroir – habitée de lignes, courbes, brisées qui donnent la dimension et la trajectoire de gestes sans retour. Austère manteau qui retient le souffle d’une double apparition, intersection  de vitalité et de sagesse qui se retrouvent à même la surface, offertes sans commencement ni fin... Tout reprend le dessus. La peinture est seule tel celui qui regarde. Toutes références au réel demeurent silencieuses et inattendues. L’œil et la main ont su habilement  se préserver d’intentions que nous tentons d’interroger.
Peinture dont le mutisme nous oblige à faire face, son seuil ressaisi, elle rassemble notre présence et nous retient dans sa seule réalité dont nous ne cherchons pas à sortir.

G. Drano

 

Claude Abad

 

 

photos : (1) peinture, (2) ensemble "Trio" à l'Espace d'art contemporain de Bédarieux, (3) Claude Abad devant la suite "Lamentation" à Bédarieux

 

Informations pratiques : 

Arcurial

Hôtel Marcel Dassaut

7 rond-point des Champs Elysées

75008 Paris

&

Espace d'Art contemporain

19 avenue de l'Abbé Taroux

34600 Bédarieux

Vernissage le vendredi 28 janvier à 18h30

Dans le cadre de cette exposition,

le MERCREDI 23 FEVRIER 18 h. 30
-Concert de l'Ecole de Musique
-Soirée Poésie-Musique
Textes de Angela Serna et de Daniel Bégard
Musique de Gilles Dalbis

en partenariat avec "Lecture Vagabonde"

 

voir aussi : la vitrine de Claude Abad dans Art Point France, son site personnel et le site de Culori d'Umani


Repost 0
Published by Art Point France - dans Domaine public
commenter cet article
26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 10:17

 

 

Damien Hirst

 

 

L’impureté dans l’art
(et le désert croît)

La volonté de salir et le désir d’impureté sont l’expression du mauvais esprit. Je ne vous aime pas dit l’artiste en mal de souffrance. Et je n’aime pas non plus « l’image » que vous avez fait de moi. Je me salis. Je me mets en scène et je vous dévisage. Je suis un monstre. Art de l’exception visible au cinéma, parfois en peinture, en photographie. Art de la provocation. Du corps malmené, des icônes crucifiées. Musique pleureuse qui gémit son mal-être de spasmes et borborygmes crachés. Y a-t-il une époque pour cet état de la conscience ? Appelons là Adolescence psychique. Ou refus de grandir ou plutôt de se grandir. Conscience de la petitesse de l’âme, infiniment creuse, vidée et malheureuse.

 

Mais il y a plus, nous vivons aussi l’acte de naissance de la violence justifiée contre toute inscription dans une continuité. Art de la rupture, de la cassure. Art de la déconstruction et de la destruction, en sculpture, installation. Art de la table rase et de la volonté d’en finir avec l’histoire, le passé, la mémoire au nom d’un désir aveugle sur son véritable objet. Refus du beau, trop naturel, du sublime, trop romantique, de l’enthousiasme, trop primaire et même de la jouissance, décidément naïve, que donne encore parfois quelque artiste isolé… osant.


Et pourtant il y a une histoire de l’art qui assume encore le bonheur de vivre. La joie d’exister. Des peintres, musiciens, gens de théâtre ou de cinéma, des poètes qui cultivent l’harmonie, même et surtout dans la musique, le dialogue, la composition. Un désir assumé de pureté ; le mot qui désormais devrait sonner faux, mais pourquoi ? La haine se vend bien, la colère rapporte gros et il y a un commerce de la laideur, voire même des modes qui justifient une « culture » des perdants de l’histoire qui veulent le pouvoir. Car nous y sommes. Le refus d’hier, le désir du soir, la volonté d’en finir, le nihilisme en somme dans l’art et dans les apparences ne sont que la manifestation concrète de cette perte d’origine non comprise ( mal voulue) dont se repaissent les partisans de l’impur qui hantent musées, décors et places laissées vides.
PG

 

 

 

 

 

André Cerrano Piss Christ

 

André Cerrano Piss Christ

 

 

 

maurizio cattelan

 

Maurizio Cattelan Hitler

 

 

 

nan-20goldin5.jpg

 Nan Golding

 

 

photo (1) : Damien Hirst  The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living (1991)

 

 

 

 

Pierre Givodan

Chroniques intempestives

Repost 0
26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 09:18

 

Les partitions de l’inconscient

 

« Aucune règle n'existe, les exemples ne viennent
qu'au secours des règles en peine d'exister. »
André Breton

 

L’écriture atonale est à la musique ce que l’abstraction lyrique est à la peinture : une échappée hors des formes classiques ; une excursion hors du royaume de la conscience. En jouant des couleurs comme d’autre jouent avec les forces de la nature pour en extraire des métaphores, Jean-Philippe Estebenet entraîne la peinture dans une danse extatique et folle où le fond, naguère support de la forme, reprend le dessus et clame son droit à devenir le sujet d’une figure informe – d’une figure sans contours fixes et sans essence.

 

Jean-Philippe Estebenet

Mais dans ce monde mouvant, flottant et sans attache, la notion d’ordre n’est pas pour autant absente. Des flux qui s’entrechoquent, elle émerge et impose sa présence comme si, des éléments en apparences épars qui recouvrent la toile, ne pouvait germer qu’une seule organisation absolument consistante – qu’une seule chaosmose. A l’instar des maelströms et des cyclones, les peintures de Jean-Philippe Estebenet possèdent toutes un centre de gravité autour duquel gravites les débris de leur coalescence.

 

Et si, à l’instar des dernières recherches en physique quantique, les peintures de cet artiste nous donnaient à voir ce qui sous-tend le monde visible : non pas le monde stable des atomes, mes les vrilles et les tourbillons de matières subtiles qui composent le soubassement de tout phénomène en devenir ou sur le point de se rompre. Comme l’affirmait déjà Nietzsche en son temps, le monde n’est, en définitive, qu’un composé de forces ; qu’une volonté de puissance cherchant, par tous les moyens possibles, à s’approprier ce qui l’environne – à en faire la chair de son inconscient.  
 
Frédéric-Charles Baitinger

 

 

Le silence qui parle Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger fredericcharlesb@hotmail.com

Repost 0
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 15:37

exxposition


du 27 octobre 2010 au 3 janvier 2011

 

Galerie du Tenyidor - Collioure

 

 Joël Desbouiges

 

 

J’ai toujours travaillé en province et si on est le fils d’une langue,comme on est celui d’un pays j’ai l’accent de la campagne. Même quand on croît la connaître la nature nous interpelle, nous inquiète, notre esprit semble se perdre dans son   infini « La nature donne à penser » écrivait Marcel Proust1.


Je pense que les différents lieux où j’ai travaillé, Limousin, Normandie, Auvergne, Franche-Comté, et le Pays Basque avec ses vastes paysages m’ont procuré de nombreuses inspirations, m’ont conduit vers des réalisations vierges d’influence, de courant, de mouvement qui se développent principalement dans les grandes capitales, les espaces urbains qui brassent les informations et les idées plus proches du brouhaha des médias. J’ai toujours été confronté à mon histoire, à mon  travail, ensuite dans l’atelier, comme d’autres artistes, je sélectionne à travers un cadre que je me suis construit, défini au fur et à mesure de ma vie. Aujourd’hui nous sommes tous quotidiennement plongés dans l’hégémonie de la puissance médiatique et comme tous les créateurs j’ai envie de donner à voir des pièces traversées par l’envie et la passion de la recherche. En travaillant tous les jours je tiens à rester en prise avec les expériences et considérer que nous sommes en vie quand on est dépositaire de quelque chose, d’un savoir, et plus je vieillis plus je suis en vie.

 

Il y a eu dans les années 80 la série des Losanges/Peintures et des Carbones/Dessins qui renfermaient des couleurs et des dessins de fleurs. À cette époque j’insistais principalement sur la symbolique de la forme losangée et sur l’intervention du regardeur et moins sur les sujets souvent empruntés à l’Art Populaire. C’est avec les « Resserres » (2003) que la question de la nature se posa. Cette série est née de formes lourdes présentes dans les « Anacoluthes » et d’un souvenir, celui de ma première rencontre enfant, avec des animaux, des gibiers suspendus, morts chez mon grand-père chasseur. Peindre les « Resserres » c’est essayer de peindre le secret du silence et non pas l’image de la mort. La mort n’ayant pas de réalité, de continuité elle n’est qu’en rapport avec les choses.Après vinrent les « Massacres » (2006) série de 42 petits formats (60 x 40 cm), sur chacun d’eux sont collés 5 dessins de têtes de chevreuil marouflés, la finesse du papier choisi laisse apparaître les cinq dessins qui se mélangent livrant une finalité qui évoque l’Art pariétal. Dans le haut de chaque petit tableau sont accrochés des bois de chevreuil peints de couleurs vives et contrastées. La question del’existence reste posée ainsi que celle du passé, de la conscience et du sacré. Car avec ces recherches, j’ai sur les épaules plus de charge ontologique que de vertu écologique. La seule façon d’affronter la mort serait donc d’essayer de produire du sens qui questionne la vie. Les couleurs vives sur les bois ressuscitent de l’imaginaire. Face à l’animal l’homme ne cesse d’imaginer, une imagination qui s’oppose à la réalité. Les couleurs brutes sortant du tube sont la matérialisation de l’imagination qui distrait ou console. C’est sans doute parce que l’homme ne pouvait reproduire le réel qu’il a pensé, ou été obligé d’inventer le dessin et la peinture. Ces bois « kitsch » peuvent nous faire penser aux totems, à l’Art de ces indiens des plaines qui étaient pourchassés par des cow-boys blancs souvent payés aux nombres de scalps rapportés. Colons blancs dont les scalps prélevés cette fois par les sauvages peaux rouges faisaient renaître dans les rituels, l’âme des braves disparus. Voilà comment on fait ressortir toutes les images qui sont en nous, les revisitons,les relisons et les reprogrammons pour de nouvelles histoires.

 

Joël Desbouiges

 

Les animaux libres dans la nature sont toujours à la lisière de la peur, ce qui explique la série « Mise en joue » (2007), 35 petits formats (40 x 40 cm) avec la même technique de dessins marouflés, représentant cette fois des petits gibiers. Sur la surface de la toile, collées sur les dessins, des flèches aux embouts/ventouses de caoutchouc, comme sortis du canon d’une carabine de « tir aux pigeons » d’enfants. La peinture mise en joue continue son chemin. En 1970 j’ai effectué un reportage photographique d’une chasse à cour, aujourd’hui, 40 ans après, je confronte un de ces clichés argentiques représentant la curée du cerf, avec l’image numérique couleur d’un arbre en forme de ramure. L’âme, encore !

 

Joël Desbouiges

 

Fin 2009 j’ai terminé la série « Les têtes couronnées que l’on mérite » 7 objets. Ce sont des bois de cerf, de véritables trophées, ceux perdus par les grands animaux comme une preuve de renouveau proche. Colorés, détournés avec différents collages de matériaux choisis pour leurs sens, ces bois sont déposés, tels des chapeaux, sur des porte manteaux et évoquent ces têtes politiques qui nous dirigent. « Il n’y a pas le pouvoir,il y a l’abus de pouvoir,et rien d’autre ! » Montherlant. Je pourrais aussi parler de la récente série « Terres partagées » un hommage à Jean-Paul Riopelle, un autre grand amoureux de la nature qui termina sa vie à l’Ile aux oies. Je me sens libre de toute influence,mais peut-on l’être complètement quand on aime ce peintre québécois mais aussi Sean Scully, Gérard Gasiorowski, David Tremlett, Cildo Meireles, Richard Tuttle, Le Caravage et Rosa Bonheur. Cette femme aux attitudes viriles, contemporaine de Courbet, qui par la volonté savait saisir l’expression des animaux, mais surtout ajoutait dans ses dessins et ses toiles un rare degré de puissance,de vigueur qui ne venait pas des modèles. Comme Ingres elle répétait que « le dessin est la probité de l’Art ». Comme elle, je pense que quels que soient les dons dont nous sommes pourvus le talent ne s’improvise pas, il est le résultat d’un long travail opiniâtre et soutenu. Le dessin reste une base fondamentale aussi bien pour les sculpteurs, les installateurs, les photographes que pour les peintres.

 

Dans ce questionnement qui est lié à la création on ne peut éviter de se sentir toujours dans le sentiment du devenir et dans la cruelle conscience de notre solitude d’artiste. Aujourd’hui je ne suis plus impatient, c’est peut-être comme ça que l’on devient un artiste optimiste.

 

Pour clore cette difficile question j’ajouterais que la différence entre l’animal et l’homme est la manifestation de la conscience chez l’être humain. Celle-ci n’est pas toujours lucide, être conscient d’être en vie, de devoir mourir, de se projeter dans un avenir occupe bien mes congénères et moi-même dans ce meilleur des mondes que l’utopie ne cesse, ne cessera de rejeter .

 

Joël Desbouiges

 Private Opening 2009 (extrait)

Entretien par Laurent Devèze

 

  Joël Desbouiges

 

 

 

Informations pratiques :

 

Vernissage le 30 octobre à partir de 11h 30


Galerie du Tenyidor
10 rue de la Prud'homie
Collioure, France
04 68 56 92 25
04 68 82 55 95

Tous les jours sauf le jeudi de 15h à 19h

 

voir aussi : la vitrine de Joël Desbouiges dans Art Point France, le site personnel de l'artiste

Repost 0
Published by Art Point France - dans Propos d'artistes
commenter cet article
22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 14:31

du 29 octobre au 5 décembre 2010

Galerie Jean-Louis Mandon - Lyon

&

du 28 octobre au 27 novembre 2010

Galerie Chantal Mélanson - Annecy (74)

 

  

Jean-Noël Baches 

 

La portée des signes.  

 

 Chez Jean-Noël Baches, les signes se poursuivent sur l'étendue du papier , se recomposent à l'infini  et l'on ne  parvient pas  à décider s'ils  nous livrent un texte inintelligible ou une oeuvre peinte au vocabulaire complexe.  Le lien est  parfois ténu entre peinture et écriture. Ici le langage plastique est délicat et silencieux. Il suggère une confidence  dans la forme et une auto- fiction dans le propos. Il nous renvoie au souffle  d'une abstraction dans laquelle substitution et transposition sans jamais céder au symbolique inventent une nouvelle manière : appelons  la,  cryptopoétique.

 

 Catherine Plassart 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Noël Baches 

 

 

 

 Jean-Noël Baches 

 

 

 

Informations pratiques :


Galerie Jean-Louis Mandon
3 rue vaubecour
69002 Lyon - France

jeanlouismandon@yahoo.fr
0630874755

vernissage le vendredi 29 octobre de 18h à 22h

ouvert du mardiau samedi de 14h à 20h
et le dimanche de 15h à 19h


&

Galerie Chantal Melanson
10 passage de la Cathédrale
74000 ANNECY
art-chantal.melanson@wanadoo.fr

ouvert du jeudi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 15h00 à 19h00
et sur rendez-vous

 

voir aussi : la vitrine de Jean-Noël Baches dans Art Point France

Repost 0
Published by Art Point France - dans Sud Est : expositions
commenter cet article
22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 12:58

du 4 novembre  au  9 décembre 2010


Hall du Centre hépato-biliaire de l’Hôpital Paul-Brousse - Villejuif (94)

 

 

Pascal Fancony

 

 

Des jeux de combinatoires.

 

Après avoir longtemps lissé ses couleurs - le rouge de préférence – les superposant couche sur couche telles des laques brillantes, avec un soin infini et de grands gestes lents, Pascal travaille aujourd’hui des “couleurs tressées / croisées ‘’. Il joue avec les “tons” comme des notes de musique, sur des cagettes de bois ou des lames de bois ou de papier.
C’est simple, presque « élémentaire » comme on parle de « politesse élémentaire », c’est gai, et il y a une jolie cohérence d’ensemble.
I.H.

 

 

 

Pascal Fancony

 

 

Informations pratiques :


Pascal Fancony recevra ses amis le 4/11/2010 de 18 h à 20 h

Le Temps du Regard
présente

dans le Hall du Centre hépato-biliaire de l’Hôpital Paul-Brousse
12-14, avenue Paul-Vaillant Couturier à Villejuif (94800)
(métro : Paul-Vaillant Couturier-Villejuif)
De 8 h à 20 h


Avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles du Ministère de la Culture,
de la Mairie de Villejuif et de l’Hôpital Paul-Brousse.

 

contact : 06 13 175 162

 

Repost 0
Published by Art Point France - dans Paris : expositions
commenter cet article