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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 18:48

du 10 au 17 avril 2011

 

Salon Réalités Nouvelles - Paris 12e

 

 

Laurence innocenti

 

 

Le monde premier de Laurence Innocenti.

 

Appelons "formes" ce qui dans la peinture et l'oeuvre de Laurence Innocenti, par opposition à une simple "matière" fournit le support de l'expérience esthétique.
Ce travail est une sorte de répertoire de formes pures et sensibles, de "réceptions" originales de l'espace et évidemment du temps qui le met en mouvement.
Ici l'espace n'est pas représentatif, il dérive d'expériences intérieures.
On a certaines sensations du bleu, du rouge, du jaune, du brun, du blanc provenant de lieux qui sont de partout et de nulle part : "In blue", " Ville", " Mur-murs"...
Les phénomènes étranges : griffures, traces, marques, sont déjà posés comme fondement aussi.
Cet espace sert de point de départ de toutes nos intuitions possibles des choses : mélancolie, joie, rêverie de retour et de départ.
Il est déterminé et rend envisageable tout le reste. Ce qui apparaît au regard et ce qui dépend de nous comme contemplateurs.
L'artiste ne tient donc pas de discours.
Elle crée un monde, des éléments assemblés, limités et paradoxalement d'une grandeur infinie.
La peinture de Laurence Innocenti fait enfin sienne une conception de l'univers qui nous en montre la réalité idéale et sensible.
Le temps de ce parcours ne signifie rien d'autre alors que l'épreuve de notre interrogation sur nous-même.

 

Pierre Givodan

 

photo : Laurence Innocenti "Terra incognita" - 2010 - acrylique et techniquemixte sur toile 80x80

 

 

Informations pratiques :

 

Parc Floral de Paris - Esplanade du Château de Vincennes

Route de la Pyramide - 75012 Paris

Vernissage : samedi 9 avril de 18h à 22h

 

Entrée libre du dim. 10 au dim. 17 avril 2011, de 11h à 19h30

 

voir aussi  : le site de la manifestation, la vitrine de Laurence Innocenti dans Art Point France

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 18:30

 

du 10 au 17 avril 2011

 

Salon Réalités Nouvelles - Paris 12e

 

 

Julien-a

 

Repères dans un paysage étranger

 

Peinture physique, bien qu'abstraite et "sans titre".
Avec quelque effarement il s'agit de tenir à jour les pages du travail  d'allègement de la terre.
Comme un coup de grâce rendu au sable.
Consulter les cartes sans dispersement et pointer les fouilles...
L'ouvrier cherche à rentrer chez lui et sera notre guide. Il nous hébergera jusque dans sa demeure.
Nous prendrons la route demain.
L'impression de revenir d'un autre monde donc. Surpris par le froid et le chaud. Une étendue plane. Quelques traces, un chemin, des buissons griffés. Un passage qui nous désoriente.
Nous sommes sur la voie recommandée à l'oeil et nous pouvons prendre le risque d'aller encore plus loin. Et pénétrer à l'intérieur, sans impatience, lorsque le soleil sera encore une fois à son lever.


Pierre Givodan

 

Françoise Julien participe en 2011 comme chaque année au Salon Réalités Nouvelles, le salon historique de l'abstraction qui preuve de sa vitalité, a exposé Sonia Delaunay et Pierre Soulages, Olivier Debré, Alan Davie, Bram Van Velde et  Geer Van Velde mais aussi  Aurelie Nemours, Nicolas Alquin, Geneviève Asse, François Rouan et plus près de nous Per Kirkeby pour n’en citer que quelques uns...

 

photo : Françoise Julien Sans titre - 2010 - 110x100

 

Informations pratiques :

 

Parc Floral de Paris - Esplanade du Château de Vincennes

Route de la Pyramide - 75012 Paris

Vernissage : samedi 9 avril de 18h à 22h

 

Entrée libre du dim. 10 au dim. 17 avril 2011, de 11h à 19h30

 

voir aussi  : le site de la manifestation, la vitrine de Françoise Julien dans Art Point France

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 16:08

Sculptures et peintures

 

du 17 mars au 23 avril 2011

 

Galerie WM - Lyon 2e

 

 

 

 

Florence Grenot

 

 

 

Sculptures polychromes insolites pour Florence Grenot peintre qui travaille ici  l'argile dans un modelé grossier  et rugueux. Figure archétypale d'un cheval et d'un cavalier  dont on ne peut dire s'ils avancent ou s'ils reculent. Sans doute est-ce une danse ou encore  une figure de cirque ? L'équilibre est précaire pour un cavalier à la limite de la chute mais la monture est robuste, solidaire et complice. Ebauche imparfaite donc d'un personnage et d'un animal de conte  mais architecture complexe qui respecte le nombre et la mesure.  Ainsi, tout tourne autour d'un vide, d'une absence dans cette composition en rond,  théâtrale et touchante.

 

Florence Grenot expose ses récentes sculptures ainsi que quelques peintures en compagnie de Danielle Tisseyre et Claude Fromenty à la galerie WM à Lyon du 17 mars au 23 avril.

 

C.P.

 

 

 

Informations pratiques :

 

Galerie WM

29, rue Vaubecour

69002 Lyon

Tel 04 78 38 16 10

 

ouvert du mercredi au samedi de 15h à 19h

 

Métro Ampère

 

voir aussi : la vitrine de Florence Grenot dans Art Point France

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 10:03

NON STOP

 

les 19 et mars 2011

de 10h à 20h

 

17, rue de Léon  - Rennes (35)

 

  Maya Mémin

 

 

Puisqu’elle change de lieu de vie à partir du mois d’AVRIL (prière de le noter: ce sera le 17 rue de Châteaudun) MAYA MEMIN quitte le 17 rue de Léon en invitant entre autres ses anciens élèves à y exposer.
Vous êtes conviés à participer les 19 et 20 MARS de 10 Heures à 20 Heures non stop à la découverte des oeuvres des artistes :

JEAN BOURGY
LAURENT DUPUIS
ELISABETE FERNANDES
PASCAL GAUDEFROY
PIERRE-YVES GERVAIS
MICHEL GOUERY
SERGE JAMET
OLIVIER LEMESLE
LAURENCE LEPRON
bBRIAC LEPRETRE
LAURE MEMIN
STEPHANE PLASSIER
KHAMPHET SAKDA
KHAMSEUK SAKDA

 

Elisabete FERNANDES présentera avec Laure MEMIN une performance de «SCULPTURE EN MOUVEMENT» ou «MOSAïQUE DANSEE» horaire à déterminer Tél. 02 99 31 47 20

 

 

Maya Mémin - Emmanuelle Le Cam

 

En mes chambres claires
Emmanuelle Le Cam, Maya Mémin
format 21x25, 12 pages, 7 gravures
11 exemplaires sur papier Moulin de Larroque
9 exemplaires sur Velin d'Arches
Coffret de Jeanne Frère

voir l'ouvrage

 

 

 Alain Le Beuze, Maya Mémin

 

D'un ciel l'autre
Alain Le Beuze, Maya Mémin
format : 21x20 3 gravures 21x58

20 exemplaires sur Velin BFK Rives
Coffret de Jeanne Frère

voir l'ouvrage

 

Informations pratiques :

 

Maya Mémin
17 rue du Léon
35000 RENNES

visite ouverte à tous et gratuite / all welcome, free exhibition

 

voir aussi : son site personnel http://www.maya-memin.com/, le catalogue des livres des Editions RUE DE LEON sur Art Point France

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 09:23

 

Edson Castro

 

 

Les figures de l'ombre

 


« La lutte avec l'ombre est la seule lutte réelle. Lorsque la sensation visuelle affronte la force invisible qui la conditionne, alors elle dégage une force qui peut vaincre celle-ci, ou bien s'en faire une amie. »
     Gilles Deleuze

 


Ouvrir le visible. Inciser dans ses failles une part de réel. Verser sur ses formes quelque gouttes de sensation pure. L'affoler. Le rendre tangible, palpable, malléable. Puis le laisser reposer un instant. L'espace d'une ombre. Non pas dessiner des formes, mais faire émerger des masses, des zones de tensions, des plans, des mouvements. Ce n'est pas le monde en tant qu'objet perçu qui intéresse Edson Castro, mais son double magique, son frère prodigue, son envers en flamme. Et si la figure trouvait dans cette oeuvre la forme de son dehors ?

 

Par Frédéric-Charles Baitinger

 

Des corps de couleurs, des lignes de forces, des éclats de taches : dans les toiles d'Edson Castro ce n'est pas la main qui s'incline devant les exigences du monde, mais le monde qui s'offre au pouvoir souverain de la main. Possession. La peinture n'est plus la servante de l'esprit mais le médium qui le fouille, le creuse, l'excave. D'un geste, Castro parcours la silhouette de sa conscience. Il en saisit le sens. En donne la formule d'intensité. Pathos-formel. Le signe, ici, devient symbole archaïque – relique d'une âme cherchant à donner de ses manques la formule exacte. L'oeuvre d'Edson Castro est le chiffre d'un éblouissement. 

 

Ébloui, l'oeil perd de vue le sens de ce qu'il croyait avoir toujours déjà vu. Doucement, il glisse hors de ses attentes. Doucement, il se dévoie. Et le voilà qui ne se voit plus. Le voilà qui ne sait plus quel sens donner à ses éclats. Serait-ce encore des hommes, des animaux et des plantes que la main d'Edson Castro représente, ou bien ne serait-ce déjà plus que l'ombre de ces formes - que leur pur évanouissement ? Patience. Un souvenir peu à peu s'avance. Du plus loin de la mémoire, du plus profond de son silence, comme dans un rêve, une sensation se fraye un chemin dans la couleur.

 

Le passé immobile. L'immesurable du dedans, Les danseurs de l'ombre...  Si les titres des tableaux d'Edson Castro résonnent comme des poèmes, c'est que peut-être il nous faut les lire comme tels. Autrement dit, en leur accordant la même attention, le même sérieux, et peut-être plus encore, la même faculté d'éveil. Car c'est bien de la folie consciente du poème que nous parle Edson Castro quand il laisse glisser sa main sur le papier sans pour autant savoir où celle-ci le mène. Risquer le délire pour gagner l'absolu. Faire de l'ombre la source de la lumière. Se diriger à l'instinct.

 

Et dans un chaos de formes, dans une efflorescence de couleurs, retrouver, comme par enchantement, la parole oubliée - le mot manquant. Car ce n'est pas à la déraison qu'Edson Castro se livre quand il peint, mais à cette mania dont parlait Platon, à cette possession divine – à cette folie sage - qui seule sait faire de l'âme ivre du poète un temple dédié à Apollon. Telle une tragédie grecque, l'oeuvre d'Edson Castro, maîtrisant les forces qui la possède, est la preuve en acte qu'il n'est pas de plus belle victoire que celle qu'un peintre remporte contre lui-même – quand il ose s'approcher au plus près de son néant. De occultis non judicat ecclesia. 

 

 

 

Edson Castro

 

 

 

 Edson Castro

 

 

photos : (1) Inexato, (2) Parfum , (3) Despreto

 

Edson Castro expose "Tout est invention", du 17 au 31 mars, Le Pavée d'Orsay, 47 rue de Lille, 75007 Paris

 

 

Le silence qui parle 

Les chroniques de Frédéric-Charles Baitinger 

fredericcharlesb@hotmail.com

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 13:31

 "MATER"

peintures et papiers

du 06 mars au 03 avril 2011

Galerie La Louve - Louftemont-Léglise (Belgique)

 

 

Anne-Marie Cutolo

 

 

 

 "Une âme pareille à un caillou infracassable"

“Sans cesse il s’éloigne, il marche à reculons au rythme de nos pas. Nos corps sont couverts de pustules, nous n’avons plus de cheveux, et nos lèvres à bec-de-lièves s’ouvrent sur des bouches édentées. Tels quels nous ressemblons aux corps décharnés des statues de Giacometti. A force de marcher, la plante de nos pieds est devenus aussi dure qu’une semelle de bois. A force de subir les frimas nos peaux percluses, trouées, boursouflées de furoncles, sont insensibles aux variations de température. Nos sexes gonflés pendouillent comme des cloches entre nos cuisses, et nos femmes ont des seins ballonnés et des sexes gluants, elles frémissent des désir inassouvis de leur vie antérieure dans le royaume des Mêmes. Pourtant nous sommes des humains, non des mutants, c’est-à-dire que notre être porte en lui, l’essence de l’être, une âme pareille à un caillou infracassable, un noyau de nuit. C’est pour protéger, sauvegarder ce trésor invisible que nous sommes entrés dans ce onde, sautant dans le cadre, quittant l’univers des corps glauques pour connaître celui des corps charnus, seul moyen de sauver notre trésor“. 

Extrait de l’avant-propos Les peintres de l'agonie ou les nouveaux peintres français de la douleur de Guy Denis, ed.  Bernard Gilson

 

L'artiste de Metz, Anne-Marie Cutolo est l'une des figures de proue du mouvement des peintres de l'agonie, courant néo-expressionniste français. Ses oeuvres d'une force d'expressivité peu commune, ont déjà impressionné naguère le habitués de la galerie La Louve... 

 

 

Informations pratiques :

Galerie La Louve

1 rue Saint-Orban

6860 Louftemont-Léglise (Belgique)

Tél./Fax: 00 32 63 42 42 02

Port.: 00 32 478 42 85 85

galerielalouve@yahoo.fr

 

ouvert :

Week-end, de 15h à 18h 

En semaine, sur rendez-vous

 

voir aussi : la vitrine d'Anne-Marie Cutolo dans Art Point France

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 12:52

Terre arable du songe

 

Du 5 au 26 mars

 

Galerie Déprez-Bellorget Paris 6e

 

 

rebeyrolle

 

 

Terre arable du songe

"... L'empreinte de la terre entoure et nourrit désormais l'oeuvre de Fabrice Rebeyrolle... Musique murale, accords chargés d'énergie, volubiles nuances, les couleurs parcourent le spectre des densités. Clarté tonique, luminescence laiteuse, elles montrent leur "peau" traversée de minces sillons, tatouée de cicatrices, d'amalgames à la limite parfois de l'intelligible. "Ajouter ou enlever, c'est la même chose" déclare le peintre. Notes brèves du jaune, foyers de rouge chaud et charnu, touffes denses de bleu, large gamme des ocres, les couleurs se mêlent et s'émeuvent. Frugales ou exubérantes, compactes ou ruisselantes, elles disent la joie, l'ascèse, la mélancolie. Elles retiennent évidentes ou assourdies, les secrets dans leurs plis, ourlent les oeuvres d'un bonheur fragile..."

Sous le titre de "Terre arable du songe", la galerie Déprez-Bellorget présente un ensemble de peintures récentes de Fabrice Rebeyrolle sur le thème du paysage.

Catherine Plassart

 

 

photo : "Chant nocturne" 49.5 x 51 cm 2010

 

Informations pratiques :

Vernissage le 5 mars  de 15h à 18h


Galerie Déprez-Bellorget

15, rue de Seine

75006 Paris

Tel 01 44 07 10 70

 

ouvert

du mardi au vendredi  11h à 13h et  14h 30 à 19h

le samedi  11h à 19 h

 

voir aussi : la vitrine de Fabrice Rebeyrolle dans Arrt Point France

 

 

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 11:06

© Dora Marrache• 13 / 22 février 2011

 

Dora Marrache

http://radio-shalom.ca/mp3/doramarr...

 

 

 

Lettre ouverte à Monsieur Stéphane Hessel

« Pour persuader, souvent la parole a plus de poids que l’or. »

Démocrite

 

I

 

Monsieur Hessel,  

 

Il y a quelques jours, j’ai appris au bulletin d’information de Radio-Canada, l’arrivée  dans les librairies de votre opuscule intitulé « Indignez-vous ! », titre qui revient sans cesse comme un leitmotiv pour convaincre les lecteurs de la nécessité de se trouver un « motif d’indignation ».  Et pour les réveiller de leur torpeur sans doute, car ce titre n’est pas sans rappeler le « Réveillez-vous ! » des Témoins de Jéhovah. Les médias français nous en avaient suffisamment rebattu les oreilles pour que nous ne soyons pas le moins du monde surpris de l’arrivée de votre « livre » au Canada. Ce succès de librairie, disait-on, n’a d’égal que celui du Petit Prince. À une différence près, devrait-on ajouter, c’est que la comparaison s’arrête là. Toute comparaison avec ce chef-d’œuvre de Saint-Exupéry serait, à mes yeux,  un sacrilège.

 

À quoi le succès de votre mini - pamphlet est-il dû ? C’est la question qu’on se pose et à laquelle je vais tenter de répondre. Est-ce au titre percutant que vous avez choisi et qui se répète comme une litanie à l’intérieur du texte ?  À son prix très bas ? À la longueur du texte qui répondrait  aux attentes des lecteurs ? Au sujet qui y est traité ? À moins que ce ne soit à son auteur ?

 

De toutes ces hypothèses, il n’en est qu’une seule que je retiendrai. Le titre ? Non, parce qu’on n’achète pas un livre simplement parce que le titre nous plaît, tout comme le prix d’un livre ne justifie pas qu’on l’achète. D’ailleurs, les titres à 3 euros fourmillent, mais ne fracassent pas pour autant des records de vente. On n’achète pas un livre en fonction de ce critère, du moins pas dans mon esprit. Encore moins parce qu’il s’agit d’un texte court,  sinon les recueils de nouvelles connaîtraient le même succès.

 

En fait, on achète généralement un livre parce que le sujet qu’il traite nous intéresse ou encore parce que son auteur est un auteur connu. Dans le cas de votre « livre », certains diront que le sujet est la vraie raison de son succès. Franchement, Monsieur Hessel, en quoi votre article est-il révolutionnaire comme je l’ai entendu dire ? Avait-on besoin  que vous énumériez pour nous des sujets d’indignation dans le monde ? « Dans ce monde, dites-vous, il y a des choses insupportables ». Heureusement que vous êtes là, Monsieur Hessel, pour nous mettre sous les yeux toutes ces choses que nos yeux ne voient pas !

 

Les Français qui sont montés aux barricades pour protéger leur retraite s’étaient indignés avant même que vous ne le leur conseilliez. Combien de gens se sont portés également à la défense des Sans-papiers sans même avoir lu votre opuscule,  et je dirais même sans vous connaître ? La course « au toujours plus » ? Bien avant que vous n’en parliez, d’autres se sont révoltés et ont opté pour « la simplicité volontaire ». Ne croyez-vous pas que nous sommes en mesure, sans aide extérieure de porter un jugement sur les nombreuses injustices à travers le monde, et de nous indigner ? Vous savez pertinemment que vous n’apportez strictement rien de nouveau, que ce que vous dites a été dit et redit. Mais j’en viens à me demander si les médias, aveuglés par votre notoriété, ne se sentiraient pas obligés de faire l’éloge de votre article, peut-être même sans l’avoir lu.

 

D’ailleurs, s’il est un sujet qui devrait susciter votre indignation au plus haut point, c’est le sort des enfants dans le monde, et ce quelles que soient leur race, leur couleur de peau ou leur religion. Voyez-vous, à travers la répartition inéquitable des richesses, répartition que l’on ne peut imputer dans bien des cas qu’à Mère Nature, je ne retiens qu’une seule et unique conséquence: les enfants. Les enfants défavorisés en qui je ne peux m’empêcher de voir, comme le disait si bien Saint-Ex en regardant un enfant de travailleurs, « Mozart qu’on assassine » .  

 

Votre « motif d’indignation », dites-vous, c’est Israël, et je crois que, comme beaucoup de lecteurs, c’est tout ce que j’ai retenu de la lecture de votre pamphlet. Je vous entends m’objecter qu’il ne s’agissait pour vous que de donner un exemple. Vous ne pouviez pas mieux choisir, M. Hessel ! Ce minuscule État est devenu – je ne vous apprends rien - le bouc émissaire du monde Vous savez que c’est le sujet d’actualité, celui qui fait couler beaucoup d’encre, vous n’avez pas même besoin de vous étendre sur le sujet puisque beaucoup de vos admirateurs sont gagnés à vos idées et que votre objectif est de les inviter à manifester davantage leur réprobation vis-à-vis d’Israël.

 

Je reste convaincue que c’est à vous et à votre « motif d’indignation » que votre plaquette doit son succès. En effet, cet opuscule pas plus long qu’une chronique, voire même plus court, n’aurait jamais été le livre le plus vendu, et n’aurait peut-être jamais trouvé d’éditeur, n’eût été le nom qui figure sur la couverture. Un nom à tout le moins très évocateur pour tous ceux qui s’intéressent aux griefs que l’on porte contre Israël, et inutile de préciser que ceux-là  se comptent par centaines de milliers. Je dirais même que si votre pamphlet avait été traduit dans d’autres langues, entre autres en arabe - il le sera certainement, ce n’est qu’une question de temps – vous connaîtriez un succès planétaire que vous envieraient tous les Prix Nobel.

 

En quoi votre nom est-il garant d’un succès de librairie ? Vous n’êtes ni un auteur de best-sellers comme Marc Lévy ni un auteur dont l’œuvre a été couronnée par des prix littéraires, ce qui expliquerait de telles ventes.  Alors, en quoi votre personnalité a-t-elle contribué au succès de ce minable pamphlet qui n’en est même pas un ?

 

En répondant à la question, je vais vous permettre de constater, Monsieur Hessel, que j’ai retenu la leçon que vous donnez et que j’ai suivi vos conseils : je me  suis trouvé un sujet d’indignation, un sujet hors des sentiers battus, je vous le concède, un sujet que vous n’avez sans doute pas même envisagé. Voyez-vous, Monsieur, je n’ai point eu besoin de m’interroger, vous m’avez fourni un sujet  qui suscite mon indignation  et il porte un nom : Stéphane Hessel.

 

Bien sûr, j’ai conscience que je ne pourrai peut-être le partager qu’avec moi-même, je suis consciente que je vais m’attirer les foudres de tous vos admirateurs pour ne pas dire vos adorateurs. Mais j’ai choisi, dans la situation actuelle, de ne pas rester neutre, j’ai choisi de m’engager. Certes, je n’ai pas la prétention de vous faire concurrence – de toute façon ce serait difficile dans le cadre du sujet que j’ai choisi - mon but est simplement de profiter des ondes et de sites en ligne pour tenter de convaincre de rares auditeurs ou lecteurs que vous n’êtes pas l’homme pour lequel vous passez. On me dira que c’est peine perdue, que vous avez des millions de lecteurs qui ne jurent que par vous. Cela s’entend, mais je ne resterai pas pour autant les bras croisés.   

 

Alors, puisque j’avance que le succès de ce livre s’explique par son auteur, qui êtes-vous donc Monsieur Hessel ?

1. Vous passez pour un co - rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme aux yeux d’un grand nombre de vos admirateurs qui se sont fiés à ce que disent de vous les médias ;

2. Vous vous présentez comme Juif, ancien résistant et rescapé des camps de Buchenwald et de Dora ;

3. Vous vous dites pacifiste convaincu ;

4. Vous êtes un détracteur acharné de l’État d’Israël et en même temps un ardent défenseur des Palestiniens.

Tous ces ¨titres¨ ont suffi à faire de vous l’enfant chéri des médias, et expliquent le véritable triomphe qu’a connu votre livre.

Or, de ces titres dont vous vous affublez - ou dont on vous affuble - seuls sont incontestables ceux  d’ancien résistant et de détracteur de l’État d’Israël. Pour tous les autres, vous vous comportez, pardonnez-moi le mot, en usurpateur.

Comme vous pouvez le constater, je n’ai pas la langue de bois, le langage politiquement correct n’est pas mon fort.  

 

1. Stéphane Hessel, co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme.  

Je suis indignée de voir un homme, qui a atteint un âge vénérable, tromper le monde en laissant croire, des années durant,  qu’il est un co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ce n’est que le 10 décembre 2008, donc 60 ans après sa signature, que vous avez été contraint, lors d’une interview sur le site de l’ONU, de révéler la vérité et de déclarer : «  Au cours des trois années, 1946, 1947, 1948, il y a eu une série de réunions, certaines faciles et d'autres plus difficiles. J'assistais aux séances et j'écoutais ce qu'on disait mais je n'ai pas rédigé la Déclaration. » Cette confession est on ne peut plus claire, et je ne m’explique pas pourquoi vous avez attendu si longtemps avant de la faire, ni pourquoi les journalistes persistent à vous présenter comme un des signataires de ce texte. En effet, Le 17 mai 2010, vous êtes interviewé par le magazine Jeune Afrique qui vous présente comme le co-auteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et vous vous gardez bien de rectifier le tir. Le 12 octobre dernier, on pouvait lire dans Le Nouvel Observateur « (…) Stéphane Hessel, résistant rescapé de Buchenwald et co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen ». Et sur le site Rue 89, le 13 novembre 2010, que vous vous êtes engagé dans la Résistance, que vous avez été « capturé et torturé par la Gestapo, déporté à Buchenwald et Dora, avant de participer, à la Libération, à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme aux Nations unies naissantes.» De deux choses l’une, soit les journalistes ignorent toujours que vous n’êtes pas un co-rédacteur dudit document, soit ils veulent continuer à vous faire passer pour tel.  

 

2. Stéphane Hessel, Juif  

Je suis profondément indignée de vous entendre dire que vous vous intéressez au conflit israélo-palestinien parce que vous êtes originaire d’une famille juive.  Que vous ayez choisi de soutenir la cause palestinienne, soit. Mais que vous justifiiez votre choix par vos origines juives me laisse tout à fait perplexe. Vous vous réclamez du judaïsme de façon ostentatoire alors que vous ne l’êtes ni par votre mère, fille d’un banquier prussien protestant, ni par votre père.  Et pourtant, vous osez déclarer, dans l’émission « Ripostes » de Serge Moati, en 2008,  « Mon  père était juif ». Or, à ma connaissance, votre père était allemand, de souche juive polonaise, certes, mais converti au protestantisme. Peut-être bien pour éviter de devoir supporter le poids de cette judéité.

 

Je ne pourrais pas même dire que ce sont les nazis qui ont fait de vous un Juif puisque vous n’avez pas été déporté en tant que juif, mais en tant que résistant. Cela fait tout une différence, vous le savez, et c’est sans doute pourquoi vous avez eu la vie sauve et pourquoi vous n’avez pas connu l’horreur des camps. Mais je comprends que vous aimiez vous présenter comme Juif déporté, vous donnez ainsi l’image d’une victime et suscitez l’empathie.

 

Certes, nul ne met en doute votre engagement dans la Résistance, c’est tout à votre honneur et à ce titre vous suscitez mon admiration, mais ni plus ni moins que celle que m’inspirent tous ceux qui se sont engagés dans la Résistance au péril de leur vie

 

Souvenez-vous, Monsieur Hessel, de ce temps, ô pas si lointain, où vous n’auriez jamais osé dévoilé vos origines, où vous en aviez honte. Non pas que vous n’en ayez plus honte, aujourd’hui, loin de là : vous êtes un de ces Juifs habité par la haine de soi, un « self hating Jew ». Et à ce titre, vous êtes un« collabo »,  et vous n’avez même pas l’excuse d’avoir choisi de pactiser avec l’ennemi pour sauver votre vie, comme ce fut le cas de ceux de la Deuxième Guerre

 

Alors, pourquoi revendiquer une identité qui vous déplaît, que vous vous êtes employé à cacher dans le passé, que vous abhorrez et qui de surcroît n’est pas la vôtre ? Ce n’est certainement pas parce que le sort des Juifs est plus enviable aujourd’hui qu’il ne l’était autrefois.

 

En fait, vous revendiquez cette identité dans le but non avoué, mais bien réel, de donner plus de poids aux calomnies et aux fausses accusations que vous proférez contre l’État d’Israël. Quoi en effet de plus convaincant que les propos anti-juifs tenus par un Juif, surtout quand ces accusations émanent d’un Juif qui « a participé » à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme ? Vous vous faites ainsi l’avocat de l’antisémitisme qui, dès lors, est justifié et légitimé, donc non condamnable.

 

 

II

[Dans la première partie de ma chronique, j’ai souligné les raisons pour lesquelles, selon moi, le fascicule « Indignez-Vous ! » de Stéphane Hessel connaît un tel succès, et je tente de démontrer qu’en fait l’auteur si adulé n’est rien d’autre qu’un imposteur.]

 

 

3. Stéphane Hessel, un pacifiste convaincu

Je suis indignée d’entendre dire que vous êtes un pacifiste convaincu alors que vous avez déclaré la guerre à Israël et que, pour mieux attiser la haine, vous réaffirmez sans cesse votre soutien aux Palestiniens de Gaza. Vous n’hésitez pas à porter des jugements de valeur sur les actions d’Israël, vous reprochez même au gouvernement français de « faire lâchement la part à Israël et rien à Gaza ». En revanche, vous vous gardez bien de porter quelque jugement que ce soit sur les actions du Hamas. Non seulement vous ne vous êtes jamais ému du sort des habitants et des enfants de Sdérot et d’Aschkélon, mais vous avez minimisé la portée des roquettes. En effet, le 3 novembre 2010, vous déclariez : « Hamas, cette espèce de monstre … parce qu’il a envoyé des roquettes ! Il faut se dire que les roquettes du Hamas, c’est plutôt pour les enfants… Non, c’est méchant, mais comme dégâts cela n’a aucun rapport avec les dégâts de l’armée israélienne. Ce sont quelques enfants qui ont été obligés d’aller très vite dans les arbres. Triste pour eux, parce qu’ils auraient préféré aller à l’école. »*

 

De tels propos, Monsieur Hessel, sont tout simplement scandaleux et les habitants du Sud d’Israël ne vous les pardonneront jamais. D’ailleurs, qui vous les pardonnera ? Si vous saviez combien j’aurais aimé connaître votre réaction si vos petits-enfants avaient été parmi ceux-là !

 

Vous allez même jusqu’à dire que si « on ne peut pas excuser les terroristes qui jettent les bombes, on peut les comprendre ». Peut-être considérez-vous le terrorisme comme une façon de marquer son indignation. Que dis-je « peut-être » ? Certainement. Si je comprends le geste de quelqu’un, cela signifie que je fais intervenir mes sentiments, donc que je suis prêt à l’excuser.

 

Vous me direz sans doute que vous prônez une « guerre pacifique » alors que vous savez qu’il n’est point d’armes plus redoutables que les mots, qu’ils ont, comme il est dit dans la Bible, un pouvoir de vie et de mort. Vous savez, Monsieur Hessel, que la parole est action, et c’est précisément parce que vous en connaissez le pouvoir que vous invitez les lecteurs à une « insurrection pacifique » qui bientôt n’aura plus rien de pacifique. Décidément, Monsieur Hessel, vous avez l’art des figures de rhétorique !

 

4. Stéphane Hessel et Israël

Je suis indignée, Monsieur Hessel, de constater que vous connaissez la célébrité avec un fascicule qui a battu tous les records de vente, non pas grâce à votre parcours hors du commun, parcours que bien des gens ignoraient jusqu’à ces dernières années, mais grâce à la haine que vous portez à l’État d’Israël. Et la réponse à votre succès de librairie tient en un mot : Israël. De toutes « les choses insupportables dans ce monde », il en est une qui remporte la palme à vos yeux : Israël. Vous avez fait de ce pays votre cheval de bataille, votre principal « motif d’indignation » et vous voudriez voir vos lecteurs vous emboîter le pas.

 

Si vous vous étiez posé en défenseur d’Israël, et si vous aviez choisi de vous indigner de la guerre médiatique qu’on livre à Israël ou encore du fait que l’existence de cet État soit de plus en plus remise en question, ou si vous aviez choisi de briser le silence du monde devant ce déferlement de haine, les médias ne vous auraient certainement pas glorifié comme ils le font actuellement, ils vous auraient tout simplement ignoré.

 

Avant que vous ne vous engagiez dans le conflit en prenant position en faveur des Palestiniens, avant que vous ne soyez devenu un des détracteurs les plus acharnés d’Israël, quand Israël était alors pour vous un sujet d’admiration, votre nom n’était guère connu du grand public.

 

Mais votre statut a changé aussitôt que vous avez choisi de hurler avec les loups. Alors, vous êtes devenu le Juif admirable, le résistant qui a connu la déportation, l’homme qui se bat pour la défense des droits de l’homme. Cela a commencé peu après la guerre des Six Jours : « Pendant vingt ans, j’ai continué à considérer favorablement le développement d’Israël  : j’étais admiratif des kibboutz et des moshav. Tout a changé en 1967 avec la guerre des Six Jours. Cette guerre, gagnée par Israël pratiquement en une matinée, a donné aux gouvernants de l’époque ce que j’appelle une hubris, un sentiment de supériorité extraordinaire, qui les a amenés à ne plus tenir compte du droit international. C’est à partir de 1967 que je me suis engagé dans le camp de ceux qui voulaient un retrait des forces israéliennes et la création d’un État palestinien », avez-vous déclaré à Jeune Afrique en mai 2010.

 

Sans doute auriez-vous préféré voir les Israéliens vaincus, il y a dans vos paroles comme un regret de les avoir vus gagner si facilement, « en une matinée », dites-vous.

 

Ensuite, chaque fois que vous avez pu le faire, vous avez tenus des propos virulents à l’égard d’Israël, propos qui ne font qu’attiser la haine et l’antisémitisme tout en appelant à une révolte contre l’État hébreu. Et depuis la guerre du Liban, vous n’avez de cesse de fustiger Israël, de hurler votre détestation.

 

En 2009, alors qu’Israël lance une offensive sur la bande de Gaza, vous déclarez : « En réalité, le mot qui s’applique – qui devrait s’appliquer – est celui de crime de guerre et même de crime contre l’humanité. » Et au magazine Jeune Afrique, vous avez déclaré :« La bande de Gaza, elle a été enfermée dans ce que l’on peut appeler une « prison à ciel ouvert ». L’opération « Plomb durci », de décembre 2008 à janvier 2009, a été une succession de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. La manière dont l’armée israélienne s’est comportée est absolument scandaleuse ».

 

Vous osez accuser les Israéliens d’avoir perpétré des « crimes de guerre » alors que vous connaissez mieux que quiconque le sens de cette expression et le poids ces mots. Évidemment, vous vous gardez bien de rappeler que les terroristes ont utilisé les civils comme boucliers humains, tout comme vous passez sous silence les 200 000 appels téléphoniques donnés par Tsahal pour inviter les Gazaouis à quitter les zones de combat.

 

Dans le journal Libération, vous avez également tenu des propos infâmes : « Il reste un Etat sans légitimité avec un peuplement scindé, comportant des juifs maîtres et des Palestiniens voués à un régime de non-droit » ou encore : « Quarante ans après la fin de la guerre des Six jours, Israël n’a pas trouvé un gouvernement capable d’entamer sérieusement la nécessaire négociation avec les Palestiniens qui serait en mesure de lui rendre sa légitimité, de garantir sa sécurité véritable et de lui donner un avenir. »

 

Et je suis indignée de savoir que vous soutenez le mouvement BDS (boycott. Désinvestissement, sanctions), indignée de vous entendre plaider non seulement pour le boycott des produits israéliens, mais aussi pour celui des intellectuels, des chercheurs. Ne croyez-vous pas que vous privez alors l’humanité de richesses importantes ? Que vous appeliez au boycott des régimes dictatoriaux, à celui de tous les pays qui bafouent les droits de l’homme serait courageux de votre part, mais que vous choisissiez de vous attaquer à la seule démocratie au Moyen-Orient me semble aberrant. Et pourquoi n’exigez-vous pas des principaux intéressés, à savoir les Palestiniens, qu’ils cessent d’acheter des produits israéliens ? Pour ma part, si je devais recommander un produit à boycotter, c’est votre livre que je choisirais. Qui plus est, ce boycott serait légitime puisqu’il concerne un texte qui, sous des apparences pacifiques, est en vérité un véritable appel aux armes. Mais qui m’écoutera, à part les Juifs qui, comme moi, ont à cœur le destin d’Israël ? Quoi que nous disions et quoi que nous fassions, vous bénéficierez toujours du soutien des Juifs antisionistes, ainsi que de celui de vos adeptes qui se comptent par millions à travers le monde. En durcissant votre position vis-à-vis d’Israël, vous avez gagné la faveur des médias. Ils vous ont porté aux nues, ils ont fait de vous une icône et, sous leur plume, votre biographie n’est rien de moins qu’une hagiographie. Alors, avec un titre aussi percutant que l’est « Indignez-vous ! » et un auteur engagé corps et âme aux côtés des Palestiniens, auteur « juif » de surcroît et « co-rédacteur » de la Déclaration universelle des droits de l’homme, tout lecteur potentiel avait, avant même d’avoir lu le livre, une idée du sujet et s’attendait à ce que vous parliez d’Israël.

 

Certains ont sans doute été déçus de constater que vous n’avez consacré que deux pages à ce pays. Parce que vous êtes un fin psychologue, Monsieur Hessel, vous saviez qu’en déversant votre fiel et en rédigeant un pamphlet contre Israël, vous risquiez de rater votre but. Comme vous avez compris que ce n’était pas la voie à privilégier pour faire entendre votre voix et faire des disciples, vous avez choisi de noyer le poisson, de présenter de multiples sujets qui pourraient susciter notre indignation alors qu’en réalité le cœur de votre pamphlet, sa raison d’être, c’est de crier votre indignation à l’égard d’Israël. Sans ce sujet sensible, sans le regain d’antisémitisme qui secoue le monde, sans la remise en question du droit à l’existence de l’État d’Israël, votre publication serait restée longtemps sur les étagères des librairies.

 

Et deux pages c’était plus qu’il n’en fallait pour convaincre ceux qui hésitaient encore à condamner Israël de se joindre à vous et d’embrasser la cause palestinienne. Après avoir évoqué Gaza dans votre « livre », vous revenez sur le rapport du juge Goldstone - encore un Juif habité par la haine du Juif, - un rapport qui fait une critique accablante de l’Opération Plomb durci : « Je partage les conclusions du juge sud-africain. Que des Juifs puissent perpétrer eux-mêmes des crimes de guerre, c’est insupportable », avez-vous affirmé. Et au magazine Jeune Afrique, vous avez fait la déclaration suivante : « Nous étions à Gaza en même temps que l’équipe dirigée par le juge Goldstone, et je peux témoigner que tout ce que relève le rapport Goldstone est exact ».

 

En réalité, vous vous plaisez à évoquer ce rapport parce que son rédacteur est Juif. Ce juge, qui a lancé une condamnation sans appel d’Israël et dont vous parlez avec admiration, est un être abject qui a condamné à mort 28 Noirs Sud-africains, parmi lesquels un enfant de treize ans, sans même éprouver de regrets. Il se contente de dire « Je n’ai fait que suivre les ordres ». Les nazis aussi n’ont fait que suivre les ordres, pourtant certains ont été jugés et condamnés à mort. Comment voulez-vous que le juge Goldstone soit crédible et que nous accordions foi à son rapport ? Comment voulez-vous que nous respections celui qu’on a surnommé « le tueur de nègres » ? Alors, Monsieur Hessel, cette référence n’a guère de valeur.

 

Et à ceux qui ne connaissent de vous que ce que les médias veulent bien leur dire, je voudrais également rapporter les propos que vous avez tenus le 21 décembre dernier, lors d’une émission de télévision : « On ne peut qu’être scandalisé par l’absence de toute sanction à l’égard d’un Etat – un gouvernement intérimaire – celui d’Israël, massacrant des enfants palestiniens. »

 

Et toujours au cours de cette même émission, vous avez ajouté :

"Que nous ayons laissé sans sanction internationale le gouvernement israélien ces cinq dernières années et encore tout récemment, constitue également un crime contre les droits de l’homme. En tant que porte-parole de la Déclaration universelle, je suis personnellement scandalisé par cette impunité. Si la communauté internationale doit intervenir en Israël c’est parce qu’elle est liée par les résolutions du Conseil de sécurité, et par ce qu’on a promis à Annapolis. Or elle ne fait absolument pas face à ses obligations internationales. »

 

Je pourrais à la limite tolérer de tels propos de la bouche d’un homme qui condamnerait sans distinction toutes les dictatures, qui lutterait pour la libération de tous les prisonniers politiques, quelle que soit leur allégeance, d’un homme qui élèverait la voix pour que cesse la torture, et qui exigerait du Hamas qu’il protège les enfants palestiniens au lieu de s’en servir comme boucliers humains, mais non d’un homme qui a fait de la détestation d’Israël sa passion, sa raison de vivre.

 

Bien sûr, je vous entends encore rétorquer que vous n’êtes pas le seul à critiquer Israël. Pourquoi votre indignation aurait-elle plus de poids que celle des autres et expliquerait-elle le succès de votre opuscule ? Je ne crois pas qu’elle en ait plus que celle de ces intellectuels juifs et antisionistes, mais elle arrive au bon moment si j’ose dire, à un moment crucial où il est de bon ton de délégitimer Israël et après vos nombreuses interventions en faveur des Palestiniens. De plus, en choisissant de vendre votre « réflexion » et d’être appuyé par une campagne publicitaire savamment orchestrée là où d’autres se seraient contentés d’internet, vous avez eu « la chance » de fracasser des records de vente. Si les signataires de JCall, par exemple, avaient décidé de publier leur manifeste et de le vendre après un bon battage publicitaire, ils auraient sans doute réalisé un chiffre de vente appréciable, Après tout, le livre de Schlomo Sand « Comment le peuple juif fut inventé » a aussi été un best seller en 2008, à une époque où la haine à l’égard d’Israël était vive, certes, mais pas autant qu’aujourd’hui. Quant à Charles Enderlin, le journaliste à qui l’on doit le reportage controversé qu’il est convenu d’appeler « L’Affaire Al-Dura », il a été décoré de la Légion d’honneur et a obtenu récemment le prix Gondecourt* pour son livre « Un enfant est mort ».

*Ville du Nord. Depuis 2002, un prix littéraire appelé le Prix Gondecourt est décerné dans la commune, en clin d'œil au célèbre Goncourt.

 

Indignée, je le suis également de voir un homme de votre âge qui a connu l’horreur des camps attaquer sans retenue l’État d’Israël, le refuge de ceux qui ont eu la chance de ne pas mourir gazés. Sans le sionisme, Monsieur Hessel, comment ces hommes auraient-ils pu guérir et reprendre une vie normale ? Si votre lointaine origine juive avait pour vous quelque signification que ce soit, vous qui avez la plume facile et qui êtes, comme vous le dites, « un survivant », vous auriez éprouvé, au sortir de l’enfer, le besoin de faire, comme beaucoup de Juifs, votre devoir de mémoire, vous auriez mis votre art au service des 6 millions de morts. Vous auriez senti comme notre grand Élie Wiesel le besoin de témoigner, d’écrire pour que jamais plus de telles horreurs ne se répètent. Mais au lieu de prôner le devoir de mémoire, c’est le devoir d’indignation que vous prônez ! Au lieu de choisir pour slogan « Souviens-toi ! », vous avez choisi « Indignez-vous ! ».

 

Certes, je vous le concède, un livre en hommage aux millions de déportés n’aurait pu se limiter à une vingtaine de pages, il aurait exigé de vous un travail de longue haleine et, qui plus est, il n’aurait certainement pas connu le succès que connaît votre plaquette « Indignez-vous ! ». Bien sûr, vous ne seriez pas devenu l’icône des médias, bien sûr on n’aurait pas parlé de vous comme on le fait aujourd’hui. Mais votre chant du cygne vous aurait permis tout au moins de quitter ce monde la conscience tranquille, en paix avec vous-même. Enfin, ce qui m’indigne par-dessus tout, c’est de constater que la haine pour Israël va bon train à travers le monde et que vous avez su l’exploiter. Le succès de votre chronique me fait réaliser combien sont nombreux les détracteurs d’Israël, et je le déplore.

 

Alors, avant de vous quitter, je voudrais simplement demander au vieillard vénérable que vous êtes de méditer de temps en temps la parole de l’Ecclésiaste, parole que nos passions et le besoin de satisfaire notre ego nous font bien souvent oublier “Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.” « Et voici, tout est vanité et poursuite du vent, et il n’y a aucun avantage à tirer de ce qu’on fait sous le soleil. »

 

Dora Marrache Radio-Shalom Montréal http://radio-shalom.ca/mp3/doramarr... 

 

[Psi] • Le temps du non cela ne va pas sans dire © 1989 / 2011 

http://www.psychanalyse.et.ideologie.fr 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 10:33

  Milton Becerra-Masque 

 

 

Milton Becerra
Per monstra ad astra1


« LE MASQUE EST LE CHAOS DEVENU CHAIR. Il est présent devant moi comme un semblable et ce semblable, qui me dévisage, a pris en lui la figure de ma propre mort : par cette présence le chaos n'est plus la nature étrangère à l'homme, mais l'homme lui-même animant de sa douleur et de sa joie ce qui détruit l'homme (…).» 
        Georges Bataille

 


 Ressuscitant avec force les anciennes figures des dieux indiens peuplant les rives de l'Orénoque, au Vénézuela, les dessins de Milton Becerra ne sont pas, à proprement parler, de simples oeuvres d'art. Ou alors, il faudrait dire qu'elles ne le sont qu'à la condition d'être aussi des objets chargés d'une certaine force spirituelle – d'un certain mana. Car, à l'évidence, ce qui intéresse Becerra dans ces représentations de masques, ce n'est pas seulement de mettre en avant leurs qualités plastiques, mais de nous permettre, aussi, de reprendre contact avec cette « pensée sauvage » qui fascina tant Levi-Strauss, et qui, de nos jours encore, semble être en possession d'un secret que nos sociétés occidentales – au bord de la faillite écologique - auraient bien besoin de retrouver.

 

Soucieux de préserver l'intégrité de leur habitat et de vivre en conformité avec les esprits de la forêt – les shapiris - le peuple des Yanomani célèbre aujourd'hui encore, sous l'égide de ses chamanes, des rites en l'honneur de ses dieux-esprits. Or, qu'est-ce qu'un Dieu-esprit sinon cet étrange état dans lequel un homme – un initié – se couvrant le visage d'un masque, perd peu à peu son identité pour gagner celle de l'animal auquel il rend hommage. Dans un mouvement de dépossession allant de l'homme à l'animal, puis de l'animal à l'esprit qui est en lui, l'initié sort de sa condition pour reprendre contact avec des forces qui le dépassent et auxquelles il se soumet avec humilité.

 

Le masque n'est donc pas seulement un objet de culte pour celui qui le regarde – ou qui le porte – mais d'abord et avant tout un opérateur de transe : un tremplin capable de propulser l'esprit hors de ses limites tout en le rendant à même d'expérimenter, le temps d'un rituel au moins, son union avec le reste du cosmos. Voilà sans doute la raison pour laquelle les dessins Milton Becerra ne se laissent pas regarder sans susciter, dans l'esprit de celui qui les contemple, un certain effroi. Car du plus profond de leur silence, ils semblent nous inviter à couvrir notre visage de leur formes pour que nous puissions, à notre tour, expérimenter leur mana.


Frédéric-Charles Baitinger 

 

 Milton Becerra-Phacelia Tanacetifolia

 

 Milton Becerra-Tortue

 

Milton Becerra sera présenté par la Galerie 13,

au Salon du dessin contemporain, Drawing now, Paris, Stand A5

Le caroussel du Louvre, vernissage, jeudi 24

 

 

 

Le silence qui parle 

Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger 

fredericcharlesb@hotmail.com

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 10:30

  

 

 

gary_moore.jpg

 

 

Gary Moore marche au loin.

Tous ses solos de guitare imprimaient à notre connaissance du monde un caractère fondamental, différent de tout ce que l'on avait entendu jusque là. Les concordances de sons que nous enregistrions dans le domaine du blues, du rock, quand au sens, au nombre, à la rigueur dans la précision bien loin devant les rapports traditionnels à l'histoire de cette pulsation vitale (propre au mouvement de l'âme et du corps dansant) avaient quelque chose d'astral.

Gary Moore, plus haut que la planète, que les étoiles, parvenait hier encore à nos oreilles soumises à la loi de la gravitation, sans calcul et longtemps à l'avance cependant.

Aucune science de la musique (comme de l'art en général) ne pourra jamais expliquer de pareilles satisfactions. La varieté infinie, le caractère singulier de son action sur les autres hommes étaient liés à la complexité de cet Irlandais de 58 ans  touché jadis par la note bleue.

Au delà des difficultés où l'on se trouve aujourd'hui pour compenser un manque, pour dire le dedans de notre propre surprise d'apprendre sa disparition, contemplons ensemble le mystère, ce jeu des causalités mobiles qu'à su si bien traduire dans ses phrasés et avec sa bouche, son chant, l'esprit aujourd'hui enfui de Gary Moore.

Le chanteur et guitariste est mort d'une crise cardiaque en Espagne dimanche 6 février 2011. Il travaillait à un nouvel album...

PG

Ecouter You Tube GARY MOORE-THE SKY IS CRYING

 


Pierre Givodan

Chroniques musicales  

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