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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 07:56

De même que la question de savoir s'il faut peindre Abstrait ou Figuratif est secondaire par rapport à celle de savoir si la peinture est bonne ou mauvaise... le fait de savoir si l'art sert a quelque chose ou à rien passe après celle de sa nécessité subjective.

Ainsi est posée l'éternel problème du sens de l'art... et de l'iconoclasme.

Refus des intermédiaires avec la vérité, l'iconoclasme se méfie en effet du terrestre et de l'imparfait. Historiquement celui-ci s'enracine dans la dispute autour des images et de leur rôle politique. Les empereurs iconoclastes favorisaient la dévastation des cathédrales. En finir avec la peinture en prétextant son achèvement dans  la musique ou la poésie, voire la vidéo ou l'installation n'est que l'expression d'une abstraction sèche. Il existe encore une sculpture devant laquelle on ne s'agenouille pas nécessairement comme devant le Veau d'or et une architecture dont les formes sont de plus en plus libres. De même  la peinture tout comme la musique, ou la littérature sont plus que jamais en droit de revendiquer le droit de contester l'Histoire, son progrès et le discours des prêtres de l'Eglise réformée de l'Invisible utopie (la secte du Nouveau et ses initiés).

En effet il y a plusieurs façons de dénigrer l'expression subjective du vrai, la plus subtile a toujours été celle qui consiste à singer  le créateur pour mieux le caricaturer.

L'art n'a que faire du discours de l'autorité établie et il a éternellement fleuri sur les ruines des forteresses. A quand la fin de l'Histoire ?
Et que l'on puisse respirer loin des cuistres, des serviteurs de l'Etat, et des maîtres ès vérité de l'art, ou de la peinture.

PG

 

Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 07:53

Mark RothkoLa coupure esthétique


A partir de quand  un artiste devient-il lui-même ? Tel est la question qui vient à l'esprit lorsque l'on interroge le parcours de Mark Rothko, né en Russie en 1903, mort aux Etats-Unis en 1970.


D'abord un constat : l'oeuvre qui le fait passer à la postérité est plutôt tardive puisqu'il peint d'abord figuratif et connaît les influences surréalisantes des Américains des années  trente et quarante. La coupure, métaphore à la Bachelard, a lieu au milieu de sa vie  professionnelle, soit 20 ans avant le fameux suicide.

Le passage aux "champs colorés" est donc la preuve d'un mûrissement de la recherche et la marque d'un aboutissement.
Dès lors Rothko peindra  toujours plus ou moins le même tableau, avec quelques variations. Et ce jusqu'à sa mort.
Ce n'est pas une peinture avec sujet, mais plutôt une peinture du sujet, entendre de l'intériorité, dont il s'agit ici.

Rothko utilisera à partir des années cinquante la toile comme reflet de cette quête qui pour une certaine pensée est la seul autorisée. On se souvient de la phrase de l 'évêque d'Hippone selon qui, il ne faut pas chercher dehors car la vérité habite en nous. Cette formule qui conclut les Méditations de Husserl, lequel commente ainsi l'idée d'Augustin : "il faut d'abord perdre le monde... pour le retrouver dans une prise de conscience universelle " (Méditations cartésiennes).

La force de Rothko demeure ainsi celle de son choix de renoncer à penser le tableau comme microcosme et de lui substituer une vision de l'infini.

PG contact@pierregivodan.com

Exposition Marc Rothko jusqu'au 6 janvier 2008, Palazzo delle Esposizioni Via Nazionale, 194
00184 Roma, Italie.

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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 10:55

La Feuillée


édito : Si Giacometti m'était conté...

Alors que le Centre Pompidou s'apprête à lever le rideau sur l'exposition "L'Atelier d'Alberto Giacometti", la Galerie d’art départementale à Aix-en-Provence propose également d'entrer dans l'intimité des ateliers du sculpteur en présentant côte à côte des œuvres originales de Giacometti et des photographies de son ami, Ernst Scheidegger.

L'exposition, résultat d'une recherche menée par l'éditeur marseillais André Dimanche nous conduit de la rue Hippolyte-Maindron à Paris au village de Stampa en Suisse italienne.

" À l ’automne 1965, quelques mois avant sa mort, Alberto Giacometti accepte pour la première fois, et après de nombreux refus, de se prêter au tournage d’un film dans son atelier parisien pendant une séance de travail. Le projet consiste à filmer l’artiste peignant le portrait de son ami le poète Jacques Dupin". Une autre séquence sera réalisée à Stampa où l ’on voit l’artiste modeler le buste de son frère Diego.

Dans l'ouvrage «Éclats d’un portrait » publié cet automne, on retrouve les images en couleur du photographe et cinéaste zurichois Ernst Scheidegger accompagnées du texte de Jacques Dupin "qui restitue l’intensité de la séance de pose".

Jacques Dupin "sujet d'une oeuvre" est aussi et aujourd'hui surtout "Jacques Dupin témoin". Un témoin formidable dont on peut faire la rencontre le 13 octobre à Aix-en-Provence à l'occasion du rendez-vous pris pour un dialogue avec Rémi Labrusse, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université de Picardie.



Catherine Plassart

voir aussi : La Feuillée du 12/10/07

 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

Les éditos de La Feuillée

 


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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 06:11

Franta

 

Visages de la barbarie.

 

Dans son texte sur Franta, Jean-Luc Chalumeau écrit : "Il n'y a qu'une question fondamentale, à laquelle aucun philosophe, aucun artiste n'échappe, celle dont la morsure est à l'origine de sa vocation de penseur ou de créateur, c'est à-dire : qu'en est-il du mal ? "

 

Il est clair que le XX ème siècle a été en même temps que le siècle de l'entrée de toute la planète dans la modernité celui de la chute dans la barbarie. La banalisation de la violence organisée scientifiquement, l'instrumentalisation de l'homme, la radicale négation de toute conscience morale ont fait le reste.

 

Il ne s'agit pas ici de faire le procès de l'histoire et Chalumeau, citant Camus à la fin de son essai, prend la peine de se référer à l'auteur de l'Homme Révolté, livre qui est un appel à la lucidité devant  ce qu'en un autre temps on appelait la croyance en l'Histoire, c'est à dire la religion du progrès, entendu comme marche de la Raison "instrumentale". On en a voulu à Camus dans les années cinquante pour avoir, à la suite de Nietzsche, dénoncé cette foi nouvelle qui faisait face à l'ancienne. Aujourd'hui plus personne ne nie le prophétisme d'un tel diagnostic. Et Camus, Orwell, font désormais figure de classiques de la pensée anti-totalitaire.

 

Il reste que la question du mal historique demeure pour une part notre impensé, car elle ébranle le socle de notre civilisation occidentale érigée depuis la Renaissance sur l'idée d'ailleurs louable d'émancipation de l'homme. C'est là que l'artiste intervient dans le débat et qu'il joue un rôle critique que souligne Chalumeau.

 

Le sens du beau, celui de l'Humain et du terrestre nous rappellent sans cesse à ce que Camus nommait dans le même livre "la pensée des limites". Héraclite en effet nous avait averti il y a des millénaires. L'oubli de la mesure favorise le déchaînement et la furie. Le mal gît dans cet exercice de la liberté mal comprise. L'énigme du mal dont parlait Kant est bien en nous la preuve de notre liberté. A nous d'être à la hauteur de la tâche d'approcher  "l'humanité de l'homme" pour plagier ce dernier. Franta par sa peinture et sa sculpture ne dit rien d'autre.

 

L'exposition monographique du peintre français d'origine tchécoslovaque  FRANTA,  à la Chapelle de l'Observance à Draguignan du 18 octobre au 1er décembre 2007 est aussi l'occasion d'une présentation du superbe ouvrage (texte de Jean-Luc Chalumeau )  que les éditions Somogy consacrent à l'artiste.

 

Pierre Givodan

 

Franta, Texte de Jean-Luc Chalumeau, 152p. , Broché 25 x 28 cm  Somogy Editions d'Art (2007).

 

FRANTA
du 18 octobre au 1er décembre 2007
Chapelle de l'Observance
83300 Draguignan

du mardi au samedi de 10h à 12h et 14h à 19h.

 

 

voir aussi  : notre dossier Franta

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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 14:30
LONGUE DISTANCE 


Du 13 octobre au  17 novembre 2007


Galerie Les Filles du Calvaire - Paris (3)
 
mercadier.jpg
 

"[...] Dans la série Longue Distance, la présence de plusieurs polyptyques - les trois images de Carré Lunaire où l’on passe de la nuit au jour, celles de La Terrasse, ou encore de L’Or - renforce la tentation de se raconter des histoires.

Regroupements de scènes très proches montrant les différents moments d’une même séquence, ces triptyques ne sont pas tant pour l’artiste un récit construit à partir d’images fixes, qu’au contraire une suite de « photogrammes » extraits d’un film qui ne cesse de s’échapper. Pas tant un désir de raconter une fiction, qu’un artefact pour signifier la fuite du temps et figurer l’impermanence. […]"

 

Armelle Canitrot
Extraits du texte de la monographie Corinne Mercadier
Editions Filigranes, 2007



informations pratiques : 

Vernissage le samedi 13 octobre de 15h à 21h

Galerie Les filles du calvaire
17 rue des Filles-du-Calvaire
75003 Paris
tel: +33 (0)1 42 74 47 05

mardi-samedi / 11h-18h30

 

 
La galerie participe à SHOW OFF- Espace Pierre Cardin- Paris du 17 au 22 octobre 2007

 
voir aussi : le site de la galerie Les Filles du Calvaire, le site de Show Off
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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 12:39
Laura Pitcheider

Ascension du papier
 
 
 
Evidemment l'alpinisme peut aussi être une métaphore. Mais marcher, quelque soit l'altitude et la température, mène toujours quelque part. Descartes considérait d'ailleurs que lorsque l'on est perdu dans une forêt mieux vaut encore aller droit que de changer de direction, afin d'arriver à  un but ¦même si au départ le seul hasard nous y a conduit ( Discours de la Méthode , Troisième partie ).
 
C'est ainsi que le travail de Laura Pitcheider que ce soit sur toile ou sur papier nous amène à poursuivre le cours du voyage sans jamais nous installer dans un quelconque  sommeil du regard. Avant que le soleil ne se couche, nous enjambons ainsi de généreux territoires.
 
 
 
 
 
Laura Pitcheider participe à In Chartis Mevaniae, salon d'oeuvres sur papier du 19 septembre au 4 novembre 2007 au Musée de Bevagna, Italie (Tel. 0742 368111 - Mail: info@comune.bevagna.pg.it )
 
 

 

 
ARTISTES participant à la dixième édition de  In Chartis Mevaniae
Abbozzo Accardi Arduini Barni Behan Belardinelli
Cardinali Cascella Ceccobelli Chia Cioni Ciribifera
Clemente Consiglio Cucchi De Carvalho
Della Bina De Maria Dessì Di Stasio Dorazio Duff-Scott
Frappi Galliani Gallo Giovannoni Giuli Giuman
Grimaldi Gubbini Heltzer Isaac Jacobsen Karpüseeler
Kennedy Kostabi Koulakov Levini Levita LeWitt
Lok Manna Marcelloni Marchionni Mariani
G. Marini S. Marini Martella Massei Metelli
Miniucchi Mirabella Moore Morena Mussio Notari
Nuvolo Osmida Ota Paladino Passalacqua Piattella
Pisani Pitscheider A. Pomodoro
G. Pomodoro Pulini Radi Ramotto Raponi Raspi
Renzi Riccetti Ricci Rocchetti Ryan Schlotzhaver Schwartz
Tarpani Tirelli Tisato Troiani Trubbiani Uncini Ursulet
L.O. Valentini W. Valentini Vasta Verna
Pizzi Cannella




voir aussi
: notre dossier Laura Pitscheider


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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 12:37
GIACOMETTI1.jpgUn concentré de forces

 

 

 

Visage fuyant qui reparaît toujours changeant !

 

C'est ainsi que s'impose à  l'esprit la présence de Giacometti.

 

Le peintre et sculpteur nous propose une lecture du XXè¨me siècle. On commence à  s'en rendre compte. Le sentiment d'une solitude qui résonne et en même temps d'un travail qui déborde de loin l'impression immédiate.

 

Les portraits de Giacometti sont sans compromis.

 

Le dessinateur produit des têtes aux traits définitifs. Le résultat d'une lutte acharnée de l'homme du dehors avec le peintre du dedans.

 

Mais il y a aussi la sculpture, qui communique réserve, réminiscence de l'art dit « primitif », maintien, pensée morale.

 

On ne demande qu'à  revoir le travail qui ne laisse jamais indifférent. Le temps de parcourir des années de recherche.

 

 

Exposition « L'Atelier d'Alberto Giacometti »,
au Centre Pompidou, Paris
du 17 octobre au 11 février 2008.
 
 
autre exposition :
 

"Giacometti-Dupin, le peintre et le modèle"
Du 12 octobre au 30 décembre 2007
Galerie d’art du Conseil général à Aix-en-Provence.

+ une rencontre

Jacques Dupin, témoin d'Alberto Giacometti
Samedi 13 octobre, 16h,
Dialogue de Jacques Dupin avec Rémi Labrusse

 

voir aussi : notre dossier Jacques Dupin, le site du Centre Pompidou, le site du Conseil Général des Bouches-du-Rhone

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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 06:07
agnes1.jpgVisage de l'homme 
 
Si comme le pense Lévinas le visage résiste à l'offense ultime « Le visage est ce que l'on ne peut tuer », alors Agnès Gauthier peint la manifestation de cet obstacle moral qui face à toutes les reculades et chutes dans la barbarie enjoint de faire face. 
A l'abandon aux conduites superstitieuses fondées sur le renoncement, la séduction des fabliaux, l'autorisation donnée à  toutes les humiliations, l'artiste oppose la réponse faite à l'odieux : 
- Sait-on encore aimer ?

A cette question dangereuse on figure tous en accusés.
 
 
 
 
agnes2.jpgExposition personnelle d'Agnès Gauthier du 18 octobre au 1er novembre 2007, galerie Gavart, 5, rue d'Argenson Paris (8).  

Vernissage le jeudi 18 octobre à partir de 18h en présence de l'artiste.
 
voir aussi : notre dossier Agnès Gauthier
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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 08:09

David Hockney Hockney comme un miroir


Quelque soit la technique utilisée, le portrait revêt toujours dans le Pop Art la forme d'un paysage dans lequel plongerait le regard. L'important est que la contemplation  prenne un tour presque surnaturel. On sort du cadre, on touche à la nature humaine, on se met à  penser à  l'universel.


Voilà  comment, en ces temps de culture de masse, dès les années 50 /60, certains artistes dont David Hockney auquel on se réfère ici explicitement (« Youth portrait » est un exemple probant, ou encore le « Self-portrait with Charlie » de 2005 montré pour l'occasion), ont pu sortir cet art loin du champ étroit de l'académisme.


Surprenante tâche à  laquelle s'attèlent aussi Warhol, Johns, Rauschenberg, etc.


Après les contraintes de l'Abstraction, ils déclenchent ainsi un nouveau bond dans les arts de l'image. 

PG contact@pierregivodan.com


L'exposition  « Portraits Pop Art » est à  voir du 11 octobre 2007  au 20 janvier 2008 à  Londres à  la National Portrait Gallery.



voir aussi
: le site de la National Portrait Gallery

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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 08:07

Max ErnstMax Ernst : ramasser une fleur cachée.


A l'heure du lever, quand tous les habitants du jardin se trouvent réunis, la nymphe Ancolie apparaît au milieu des autres. Elle profite du grand nombre pour se montrer, essayant d'éviter de faire du bruit ; Elle fait des gestes furtifs et sans caprice.


Si son souvenir est exact elle ne s'est pas montrée souvent en de telles occasions. Elle fait un chemin circulaire, sans commencement ni fin. Un parcours de fleur.


Jusqu'au soir lointain elle ne se résigne pas car elle a beaucoup de choses à  dire en silence.


C'est l'histoire de la nymphe autour du jardin, la fresque restaurée au musée Tinguely. Et bien d'autres oeuvres roses, mauves, bleues peuvent être reconnues à  leur musique singulière dans le même lieu.


PG contact@pierregivodan.com


Exposition Max Ernst du 12 septembre au 27 janvier 2008 à  Bâle (Suisse), Musée Tinguely :
« Dans le jardin de la nymphe Ancolie ».



voir aussi
: le site du Musée Tinguely

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