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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 06:06

Georges MeurantLa fable du navigateur


Il était une fois la peinture.

Au commencement tous les hommes se donnèrent comme contrainte un système de signes, avec une intention : se reconnaître entre eux, se situer par rapport aux autres, au temps à l'espace. Ils peignirent sur le corps, la pierre, le sol, les tissus...

Puis en une contrée lointaine certains développèrent la science des nombres et des figures.  Leurs cousins découvrirent les possibilités de l'observation expérimentale, précisèrent leurs outils et se rendirent compte que le monde commun n'existait plus. Les sens nous trompaient, l'espace se révélait sans fin, le temps reculait, et l'homme n'était plus qu'un point dans l'infini des étoiles. Ils inventèrent alors la perspective et le point de fuite , le tableau "fenêtre" et se rassurèrent comme ils le pouvaient.

Mais un beau jour on se rendit compte que cette mathématique  pouvait être contestée, dans un espace courbe les parallèles se rejoignent à l'infini.Exit Euclide, exit l'espace de la Renaissance et bienvenue à Riemann et à  la peinture "non objective".

Cet art n'avait plus à représenter désormais le monde tel que les hommes le percevaient et l'Imaginaire l'emportait. Mais comment retrouver le lien avec les autres, le monde, les dieux enfuis depuis déjà pas mal de temps ?

Si chacun se donnait des contraintes, un système de signes avec une intention, on pourrait peut-être refaire le monde.

C'est ainsi que les hommes se remirent à peindre sur la toile, le bois, utilisèrent le plexiglas et le métal...On assista à une fleuraison de mondes homogènes, l'individu était devenu roi.

Il faut ranger  Georges Meurant et ses compères dans la catégorie des marins qui ont traversé les années dans le navire des arts plastiques. Lui se sert du carré et du rectangle, de la couleur sans le noir, pour créer un espace lumineux dans lequel résonne la vie et "chante", c'est son mot, la conscience.

PG

L'exposition "Vibrations" est à voir à la galerie Didier Devillez (Bruxelles- Belgique) du 23 novembre au 22 décembre 2007 avec des oeuvres de Bentajou, Carrade, Herman, Herreyns et Meurant.

 

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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 16:55

hasegawa.jpgLa Tentation du beau

 

La première fois que j'ai découvert son oeuvre je m'interrogeais sur les rapports entre Orient et Occident. C'était à Aix-en-Provence dans une galerie qui, je crois, s'appelait " Les Maîtres Contemporains". C'était sans doute il n'y a pas loin de trente ans...

La seconde fois que j'ai croisé le travail  c'était il y a vingt ans ou presque en Bretagne grâce à un  "passeur" Patrick Gaultier, qui se doutait certainement qu'il réalisait par là le grand écart de l'Extrême-Orient à l'Extrême Occident. Le mot et le territoire  du Finistère en étant déjà le symbole pour le monde entier depuis longtemps. 

La troisième fois que je contemplerai l'ouvrage c'est promis j'achèterai une gravure.

Mais pourquoi ? 

Si j'y réfléchis un peu je constate mon intérêt constant pour la couleur et le traitement du support. Ensuite le dessin, dont le trait me suggère comme une promenade dans un espace curieusement familier et si lointain. J'en dégage une idée : celle d'un exercice mnémotechnique en quelque sorte. C'est cela. Comme si la perception de cet espace imaginaire suscitait immanquablement en moi le souvenir de quelque chose de préservé. Une image d'un monde hors du monde, un espace d'avant l'espace mesurable, un lieu du passé réécrit et paradoxalement conservé, que le peintre subtilement rend présent. 

Mystère de cet art qui sait le rapport entre la mémoire, le beau et le monde. 

Actualité de l'Orient dans son rapport avec l'Occident grâce au patient travail de Shoichi Hasegawa.

Et confirmation de l'efficacité des démarches humbles et tenaces. 



PG contact@pierregivodan.com

Exposition Shoichi Hasegawa "Aquarelles et Gravures" du 30 novembre 2007 au 24 janvier 2008, galerie Patrick Gaultier  (Quimper) dans le cadre de la célébration des 150 ans des relations diplomatiques France-Japon. Rencontre avec l'artiste le 15 décembre à 16 H.

 

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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 15:03

Ma haie

(Un privé à Tanger II)

 
 
Petit, j'étais désordonné, mais désordonné comme il n'est pas possible de l'être. J'étais champion toutes catégories de désordre. Ma mère disait que le désordre dans ma chambre était à l'image du désordre dans ma tête. Et elle avait raison. J'an ai beaucoup souffert. Toutes mes tentatives de rangement se sont toujours soldées par des échecs épuisants, physiquement et moralement. En dépit de mes efforts pour mettre de l'ordre dans ma tête via ma chambre, je ne suis jamais arrivé à rien parce que je ne parvenais pas à concevoir un principe d'ordre satisfaisant. Et j'abandonnai.

Je regarde maintenant mon désordre comme un penchant. Ou un besoin. « Chez moi », les choses sont aujourd'hui à peu près en ordre. Mais ce n'est qu'une ruse. En fait, mon désordre s'est déplacé. Il est aujourd'hui caché au coeur de mon ordinateur. Quand j'allume mon ordinateur, il y a quelques grands dossiers : mes Cours à l'Ecole, mon Courrier, ma Banque, mon Grand Frère, ma Vie, mon Oeuvre, mon Editeur, etc. Un de ces grands dossiers s'intitule ma Haie. C'est là. Là que gisent, pêle-mêle, une quantité de documents inclassables, sans liens entre eux, sorte de rhizome incontrôlé (amorces de textes, bouts de journal, notes, blaireaux, Dernières nouvelles de la cabane, lettres privées...) dans lequel j'ai puisé une bonne part des éléments qui constituent ce « livre ».

LA FRONTIÈRE, LA LIMITE & LA LISIÈRE, P.-S.
un poème extrait de “ma haie, un privé à Tanger II”, (ed. P.O.L, 2001).



La presse  :

« "Mon intention ? Une intention de pauvreté." Son travail poétique passe ainsi par une simplification de la syntaxe, un recours très systématique à l'indicatif présent. Ses énoncés sont des constats, non des regards. Leur but n'est pas de représenter mais de présenter. "Qu'est-ce qui vide un nom de sa substance ?", demandait-il dans un des sonnets de Un test de solitude. Peut-être justement ces vers fragmentés, où apparaît une réalité nue, peuplée de choses idiotes, vaguement étrangères et toujours frontalement désignées. Cette pauvreté est un voeu d'objectivité. Volontairement désincarnée, elle se passe de tout ce qui fait de la langue le corps d'une pensée. Si Hocquard refuse les séductions de la musique, c'est bien parce qu'il entend "déchanter", "désenchanter", "rompre le charme" que la littérature entretiendrait. (...) L'oeuvre d'Emmanuel Hocquard peut se lire comme une ascèse. Sa résonance est réelle. »
Le Monde, 30 mars 2001

 

Vitrine poésie

du 30 novembre au 22 décembre 2007 

OÙ 
lieu d'exposition pour l'art actuel - Marseille


À noter 

une soirée exceptionnelle d’Emmanuel HOCQUARD et de Claude Royet-Journoud au CIPM à Marseille  le 30 novembre 2007, lecture à 19h.


informations pratiques : 


lieu d'exposition pour l'art actuel
58 rue Jean de Bernardy
13 001 marseille

du mercredi au samedi de 15h à 19h

t. 06 98 89 03 26
e-mail. ounousecrire@club-internet.fr

 

Centre International de Poésie Marseille (Cipm)
2, rue de la Charité, 13002 Marseille
Tél : 04-91-91-26-45
e-mail : cipmarseille@wanadoo.fr
Jours et heures d'ouverture
mercredi-samedi 12h30-19h

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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 10:50

Dépôt d'espace 

Du 16 novembre au 29 décembre 2007


galerie Remarque - Trans-en-Provence (83)



margat-1.jpgSaisir et non décrire.

Claude Margat parcourt depuis de nombreuses années, les chemins de la philosophie taoïste. Son approche poétique du paysage en est nourrie. L'image des marais de la Charente qu'il connaît intimement se superpose et se confond avec celle des paysages de Chine du Sud où il a voyagé à plusieurs reprises. Mais Margat ne se tient devant aucun panorama, le pinceau au doigt. Il cherche d'abord à illustrer l'expérience de ce qui lie un homme à la nature environnante et aussi à montrer la part que celui-ci prend dans l'agencement des objets d'un paysage, dans le dessin de ses contours. 

Tout ceci en un seul souffle car il s'agit de saisir et non de décrire. Le Paysage selon Margat est alors un sentiment. 

Catherine Plassart 


Claude Margat est né à Rochefort-sur-Mer (Charente-Maritime) Il a publié des romans, de la poésie et des essais. Imprégné de culture chinoise, proche de François Cheng et de Yolaine Escande, il peint de grands paysages à l’encre de Chine depuis 1990. Deux missions Stendhal l’ont conduit en Chine où il a exposé ses peintures et rencontré deux grands calligraphes, Qin Zhu Yi et Li Shou Ping.




informations pratiques


galerie Remarque
2, Place de l'Hôtel de ville 
83720 Trans-en-Provence - France


ouvert du mardi au samedi de 15h. à 19h.

 

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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 10:33


La Feuillée



Actualité de Derain

André Derain comme Apollinaire dont il a illustré "L'enchanteur Pourrissant", son premier livre édité par le célèbre marchand Kahnweiler a 20 ans en 1900. Les nombreuses voies empruntées par l'oeuvre de Derain témoignent du bouillonnement d'une époque historique. "Fauve" parmi les fauves, il suit Matisse à Collioure en 1905. Dessin épuré, couleurs vives, il affirme un style.


Son oeuvre pourtant, sous l'influence de Picasso mais aussi en dialogue avec les poètes révèle plusieurs périodes. L'exposition "L'atelier de Derain" que l'on peut voir jusqu'au 16 mars aux Collections de Saint Cyprien (66) couvre l'ensemble de la carrière de l'artiste et montre l'étendue de sa pratique du dessin. 


Mais les recherches de Derain sont multiples et explorent des domaines aussi variés que la sculpture, la gravure, l'illustration de livres, les décors et costumes de théâtre. On peut ainsi découvrir en ce moment et jusqu'au 6 janvier 2008 au Musée Angladon à Avignon, 85 sculptures de l'artiste qui réinterprètent avec sensibilité et humour son répertoire de formes vigoureuses.


Car le travail et la réflexion de Derain portent autant sur la matière que sur la lumière. Il apprivoise cette dernière, en particulier à la surface du papier. Dans les livres, il varie les procédés, lithographie, eau forte, burin, gravure sur bois. Le salon Page(s)10 à l'Espace Charenton à Paris (12) , sera l'occasion de montrer la plupart des ouvrages qu'il a illustrés. Au côté de "L'enchanteur Pourrissant" d'Apollinaire, "Frère Martorel" de Max Jacob, "Le Macchabée mal enterré" de Dupuy et de "Calumet" d'André Salmon, seront présentés notamment le "Satiricon" de Pétrone et le prestigieux "Pantagruel" des éditions Skira.


Derain "fauve" sans doute, mais aussi "pré-cubiste", tenant de "l'archaïsme" et surtout tellement libre à l'égard de sa culture graphique, des techniques, des formes et des supports.


Catherine Plassart

L'atelier d' André Derain du 27octobre 2007 au 16 mars 2008 Collections Saint Cyprien, St Cyprien (66)

100 oeuvres, 85 sculptures d'André Derain, du 25 septembre 2007 au 6 janvier 2008, Musée Angladon, Avignon (84)

Présentation des livres d'André Derain, à Page(s), salons d'éditeurs de livres de bibliophilie contemporaine les 7, 8, 9 décembre à l'Espace Charenton, Paris (12).





voir aussi : La Feuillée du 09/11/07



 

Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org

Les éditos de La Feuillée

 


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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 10:19

 "11 ans après Bertholle"


du 7 au 30 novembre 2007


galerie Vivo Equidem - Paris (4)



Bateau-noir.jpgDécouvrir et recouvrir les Commencements 

Du premier on retiendra la persistance de la mémoire.

Une mémoire qui fait sens pour les habitants des bords de mer, nés en partance et amoureux des voyages plus que du Départ. Le peintre Crétois, sans doute familier des paradoxes peint à Paris les navires du retour (ou vice- versa). On aime cette façon inactuelle de représenter les bateaux qui hantent nos rêves méditerranéens et sans doute universels.

A la question de savoir quel est le rapport entre la conscience et le lieu de l'origine  cette peinture répond donc parfaitement.



Du second on sera bien obligé de convenir que son trajet est celui de tout peintre qui prend en charge le vécu, c'est à dire la Vie, dans la peinture. Un mot pourrait caractériser ceci : archéologie. Recherche du fondement, interrogation du sujet, effacement, recouvrement. Celan, dont le nom parle aussi de poésie s'exerce à l'interrogation sans fin.



Tel est  certainement un des points de rapprochement qui unit les artistes de l'association Vivo Equidem dont nous avons choisi de présenter deux des acteurs.


PG contact@pierregivodan.com

Exposition  "11 ans après Bertholle" du 7 au 30 novembre 2007, 7, rue Nicolas Flamel, 75004 Paris



voir aussi : le site de l'association Vivo Equidem

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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 10:12

LocusteW.jpgLa part d'infini

Quelle est la part d'infini contenue dans la peinture ? 

Telle est la question métaphysique que semble nous poser ce travail.

On sait combien il est difficile de dépasser certaines oppositions logiques, certaines contraintes ou catégories de la pensée.

Ainsi celle qui nous situe dans l'entre-deux, à l'intersection du réel et du possible. 

A partir de là toutes les stratégies créatrices demeurent ouvertes.

Bastit a ainsi essayé d'investir cet écart en s'appuyant sur la peinture, la gravure, le numérique en s'efforçant de ne pas trop s'éloigner des archétypes et de l'inconscient afin de continuer à parler au plus grand nombre.
Partisan des jeux avec le langage plastique, il déploie donc des systèmes métaphoriques et une poésie des formes symboliques qui nous donne à penser combien l'homme est l'être de l'imagination et des rêves les plus fous. Sans nous faire oublier non plus qu'il ne faudrait pas prendre tout ce qui se laisse entendre et voir au pied de la lettre. L'humour étant au final la garantie d'une certaine liberté en art ...et dans la vie.


PG contact@pierregivodan.com

Exposition Tristan Bastit  au Centre des Arts de Douarnenez (29) du 13 octobre au 16 décembre 2007.


voir aussi : le site de Tristan Bastit

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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 10:11

L'oubli de l'homme est exil. La vie dans l'exil caractérise aussi notre époque livrée à l'abandon dans ce que Pascal nommait le divertissement. Toutes les fois que l'on fait de ces versions de la fuite un but, on se perd un peu plus. Le monde de l'art regorge de vanités maquillées. Autant d'erreurs qui nous noient. C'est sans doute pourquoi tant de superbes musées apparaissent  de plus en plus vides aujourd'hui de leurs spectateurs, sauf aux jours de vernissage (devant le buffet bien garni et fleuri avec goût).

La conscience de soi comme don d'être, ouverture à l'autre, est le royaume proche. Cette caractéristique éminemment esthétique qualifiant les vertus d'éros (dieu de l'amour) n'est pourtant guère partagée actuellement. On ne voit plus beaucoup de telles marques de générosité dans les galeries d'art à la mode et les salons chics (nationaux et internationaux).

C'est cela qui fait date (et tache), qui signe un moment de l'histoire de l'humanité...un tournant dans "la vie des esprits" sans doute. 

Comment renouer avec la dialectique de l'espoir ? Comment dépasser le stade immoral de notre temps ?

Là encore l'art peut nous montrer la voie : écoute patiente de soi, application à faire, désintéressement, goût de l'humilité et volonté tenace de ne pas renoncer à ajouter sa pierre à l'édifice que l'on sait infini. Voilà sans doute quelques pistes pour avancer du néant à l'être, de l'indifférence à la joie, de la surdité au chant qui swingue.

PG

Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 10:09

L'art se déploie hors du monde dans les grottes de la Préhistoire, au fond des cryptes de l'Egypte, dans les cathédrales chrétiennes, voire dans l'esprit du poète.

L'art n'est pas une activité qui résume l'action de l'homme en société. L'artiste ne se réduit pas à un historien manqué, pas plus qu'à un chroniqueur du passé. Il existe une dimension utopique de l'art qui le caractérise en tout temps et en tout lieu. Ainsi un art qui serait le simple reflet d'une société, un art réaliste, pourrait être comparé à l'activité d'un publicitaire qui vendrait sa marchandise politique (dans sa version nationale ou internationaliste). Ainsi l'art est bien quelque part en dehors du monde. Mais pourquoi ?

L'art nous place en deçà, ou au-delà, de l'historicité parce que nous sommes bien des êtres incomplets ou pas encore nés ; disons en gestation. Nous aspirons à bâtir notre chez soi dans le monde, à le cultiver. Nous avons vocation à l'humaniser. Notre perspective relève d'un plan que certains appelleraient "divin" et d'autres "contre nature"...

Ennemi de la Nature, l'artiste fabrique des objets sonores, visuels, scripturaires imaginaires. Ainsi il anticipe une réalité qui concurrence le monde présent et lui oppose un miroir déformant.

Dans quelle mesure l'artiste peut-il ainsi être considéré comme provocateur de malaise ; comme gênant  ?
Hé bien ! parce qu'il désigne du doigt les imperfections, monstruosités, faiblesses en tout genre d'un univers dont les défauts lui sautent aux yeux : figures du mal, précarité, impermanence...

Ainsi le rôle qu'occupe l'art est unique. L'artiste demeure celui par qui toutes les formes de l'absurdité sont transcendées en des monuments à la gloire de l'esprit, jusque dans des formes les plus apparemment fragiles  ou ridiculement incertaines. Protestation infinie contre l'Etre dans toutes ses versions bancales, l'art est le symptôme de la maladie de l'homme ou sa conscience, et de sa santé ou son espérance sous-jacente.

PG
 

Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 07:45

Avec Dubossarsky et Vinogradov


V. Dubossarsky & A. VinogradovSi l'histoire de l'art doit être distinguée de sa politique, à défaut d'un progrès de ses artefacts on peut parler d'une évolution des formes.


Ainsi la peinture à quatre mains qui renoue avec la mise en question  de l'auteur par le travail de Dubossarsky et Vinogradov déploie une revitalisation de l'art "slave", lequel avait fini de se perdre dans les sables de l'Histoire durant la  dernière glaciation post-stalinienne et révolutionnaire de Brejnev à Gorbatchev.


Face à cet oubli de la vie, ravageur en ses effets, des tonnes de création avaient été taries, c'est un fait, mais au-delà c'est la moitié d'un continent (l'Europe) qui cassée en deux cherchait sans  le trouver son an 01 pendant des décennies.

Il faut donc être reconnaissant à tous les contestataires de l'ordre établi dans les esprits d'avoir dépoussiéré les bibliothèques intérieures qui rendaient aveugles tellement de spécialistes en Histoire de l'art comme dans l'histoire tout court à l'heure du spoutnik.

Rien de grand comme on sait ne s'est accompli sans passion, selon l'adage célèbre. Mais il faudrait ajouter que rien de petit non plus ne s'est fait sans préjugé. Considérant que le corps dans la peinture a été trop longtemps censuré, comme le plaisir dans la vie en certaines contrées de l'avant-garde idéologique, nos chers artistes russes ne craignant pas de décoiffer Poutine aujourd'hui, ou un directeur de Frac français, peignent une pin up devant les yeux extasiés de Picasso dont on savait  les ferveurs iconoclastes.

Par là réapparaît en sa grandeur toute la valeur irrévérencieuse et irremplaçable de l'attitude artistique, laquelle non contente de s'en prendre aux marchands du temple des valeurs morales éternelles, vilipende les pharisiens de tous bords . Ceux-ci n'ayant de séparé de la simple opinion commune que la place privilégiée qu'ils ont toujours occupé dans l'histoire : celle de ronds de cuir  du Pouvoir régnant.

PG



Le  duo V. Dubossarsky & A. Vinogradov, dont les projets sont basés sur la réutilisation du Sots art (version russe du Pop’ art), présente une œuvre inédite dans l'exposition de groupe   East West de la galerie Orel Art jusqu'au 30 novembre 2007.

Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

 

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