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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 11:10

du 8 avril au  22 mai 2010

 

Galerie Jean Fournier - Paris 7e

 

 

 

Simon Hantaï

 

 

 

Fonder le silence avec Hantaï.


Supposons que la "dialectique" en peinture oscille entre désir et raison.   Une peinture "sans langue", au sens d'irrécupérable et soustraite à  la domination de la logique et du concept, relevant de la nature  profonde du désir (inconscient ?) et de l'autre côté une peinture  enveloppée par la pression de l'esprit, sa part transparente... Alors Hantaï fait partie incontestablement de la première mesure. Loin par  exemple d'un Picasso. Cette cadence qui montre le non-identique,  l'opacité, la séparation, la négativité que le désir creuse et réduit  à une chose : "l'oeuvre".


Hantaï animait cette différence à l'extérieur de tout élément  communicatif. Il était un homme silencieux aussi. Avec lui vivait  l'irruption d'un sens autre, renversant le point de vue raisonné en  peinture et ruinant l'expérience du dialogue. La critique se ramenait donc à l'éloge, à la façon d'André Breton en  1953, à la reconnaissance au mieux d'une méthode : "le pliage", "le  froissage", ou au pire à l'aveuglement devant cette entreprise inachevée et suspendue dans l'attente. A notre avis la signification de cette oeuvre abandonnée  aux résidus métaphysiques (feuillages, comme métaphores de la fin, sur  fond d'absence que le blanc résume ?) est imprégnée de la critique du  classicisme.


All-over (inspiré de Pollock ?). Peinture monochrome et répétitive qui  assume la réduction de l'acte de peindre à une "interprétation" pure  et simple du désir sans discussion, pour passer ensuite à une autre toile, sans substance  et équivalente (découpée parfois). Des moments colorés de différents  formats. Des points de vue équivalents. Hantaï favorisait ainsi des rencontres décisives dont l'enjeu était de  nous faire accepter ou pas de redécouvrir l'autre face non réfutable  de la peinture.

 

Pierre Givodan

 

hantaimariales.jpg

 


L'artiste, né en Hongrie en 1922 est décédé à Paris à l'âge de 86 ans  le 12 septembre 2008. Le Centre Pompidou possède 60 oeuvres de Simon Hantaï. La galerie Jean Fournier présente des pièces historiques  au côté d'œuvres sur papier datant du début des années 1950. Elles proviennent principalement de trois séries : une de la suite des Mariales (1962), trois des Pré-Meuns et Meuns (1967-68) ainsi qu’un Tabula violet de 1974.

 

 

 photos :  (1) Tabula violet , (2) Mariales

 

 

Informations pratiques :

 

Galerie Jean Fournier

22, rue du bac
75007 Paris

01 42 97 44 00

 

Métro 12 Rue du Bac, Bus 24 , Bus 86

 

voir aussi : le site de la galerie Jean Fournier

 

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Published by Art Point France - dans Paris : expositions
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