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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 10:17

 

 

Damien Hirst

 

 

L’impureté dans l’art
(et le désert croît)

La volonté de salir et le désir d’impureté sont l’expression du mauvais esprit. Je ne vous aime pas dit l’artiste en mal de souffrance. Et je n’aime pas non plus « l’image » que vous avez fait de moi. Je me salis. Je me mets en scène et je vous dévisage. Je suis un monstre. Art de l’exception visible au cinéma, parfois en peinture, en photographie. Art de la provocation. Du corps malmené, des icônes crucifiées. Musique pleureuse qui gémit son mal-être de spasmes et borborygmes crachés. Y a-t-il une époque pour cet état de la conscience ? Appelons là Adolescence psychique. Ou refus de grandir ou plutôt de se grandir. Conscience de la petitesse de l’âme, infiniment creuse, vidée et malheureuse.

 

Mais il y a plus, nous vivons aussi l’acte de naissance de la violence justifiée contre toute inscription dans une continuité. Art de la rupture, de la cassure. Art de la déconstruction et de la destruction, en sculpture, installation. Art de la table rase et de la volonté d’en finir avec l’histoire, le passé, la mémoire au nom d’un désir aveugle sur son véritable objet. Refus du beau, trop naturel, du sublime, trop romantique, de l’enthousiasme, trop primaire et même de la jouissance, décidément naïve, que donne encore parfois quelque artiste isolé… osant.


Et pourtant il y a une histoire de l’art qui assume encore le bonheur de vivre. La joie d’exister. Des peintres, musiciens, gens de théâtre ou de cinéma, des poètes qui cultivent l’harmonie, même et surtout dans la musique, le dialogue, la composition. Un désir assumé de pureté ; le mot qui désormais devrait sonner faux, mais pourquoi ? La haine se vend bien, la colère rapporte gros et il y a un commerce de la laideur, voire même des modes qui justifient une « culture » des perdants de l’histoire qui veulent le pouvoir. Car nous y sommes. Le refus d’hier, le désir du soir, la volonté d’en finir, le nihilisme en somme dans l’art et dans les apparences ne sont que la manifestation concrète de cette perte d’origine non comprise ( mal voulue) dont se repaissent les partisans de l’impur qui hantent musées, décors et places laissées vides.
PG

 

 

 

 

 

André Cerrano Piss Christ

 

André Cerrano Piss Christ

 

 

 

maurizio cattelan

 

Maurizio Cattelan Hitler

 

 

 

nan-20goldin5.jpg

 Nan Golding

 

 

photo (1) : Damien Hirst  The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living (1991)

 

 

 

 

Pierre Givodan

Chroniques intempestives

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commentaires

TG 26/10/2010 11:48



"La plainte est d'un excellent rapport" écrivit Henri de Montherland. 


La modernité est-elle d'une grande brutalité? on peut le constater partout, dans le pourtour de nos villes, nos assiettes, nos musées, etc


Peut-être…