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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 08:55

The lost forest - Suite Paris


du 27 novembre 2009 au 9 janvier 2010


Galerie Thierry Marchand -  Paris 7e

 


Ilias Selfati



"Donc le poète est vraiment voleur de feu.
Il est chargé de l’humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions. Si ce qu’il rapporte de là-bas a forme, il donne forme ; si c’est informe, il donne de l’informe."

Rimbaud Lettre à Paul Demeny, 15 mai 1871



L'animal en chemin

La forêt est obscure, un rayon de soleil tombe sur la bête. La lumière est si dense qu'elle efface les couleurs, révélant une forme aux contours précis, simple et élégante. L'animal, cerf, biche, scarabée ou papillon, poudré des éclats du luminescent possède la grâce de l'origine. Il a parcouru le long chemin qui vient de la nuit des temps. Peint avec force et délicatesse par Selfati, il nous procure le vertige que l'on connaît au bord d'une figure archétypale ressurgie du passé le plus lointain.

L'animal ainsi sublimé, nous tend un  miroir et nous initie.  Mais en donnant la même importance à l'animal peint ou dessiné qu'au vide qui l'entoure,  Selfati nous tient à distance d'un humanisme anthropocentrique qui  réduirait  le monde à  sa notion d'environnement . En l'absence de l'évocation de leur milieu naturel,  cervidés,  insectes,  invertébrés , dans leur grand dépouillement mettent en cause la subjectivité humaine. Ils nous révèlent l'essence de l'animal sauvage, un animal qui échappe au besoin d'appropriation de l'homme.

Et c'est ce qui le rend beau et sans doute ce qui le met en danger. C'est pourquoi, tel le poète, le peintre est ce voleur de feu qui place  une émotion dans la courbe tendre et fragile d'une patte, dans celle plus robuste et tendue d'une échine ou encore dans celle massive et harmonieuse d'une croupe. Car dans cette oeuvre, si l'image immémoriale préexiste, elle est enrichie par la merveilleuse expérience familière de l'animal "nature" couronnée des riches émotions : la peur, la tendresse, l'étonnement.

Rien d'extraordinaire ici, rien de fabuleux non plus, la juste expression de la vulnérabilité. Chacun de ces animaux est  né pour mourir. Il n'est ni ange, ni démon. Son existence est fragile et précaire. Mais  l'image intime qu'il nous offre dans un contexte objectivement de plus en plus menaçant pour lui  est celle d'une idéalité. C'est cela  "The lost forest" de Selfati, une parole de poète, un témoignage  plastique précieux en faveur de la bio-diversité  afin de préserver dans leur être et dans leur forme les témoins vulnérables et solidaires de notre humanité.

Catherine Plassart




Ilias Selfati





Ilias Selfati





Ilias Selfati





Ilias Selfati

informations pratiques :

Galerie Thierry Marchand
7, rue de Bourgogne - 75007 Paris

du mardi au samedi de 11h à 19h

"The lost forest - Suite Paris" à la galerie Thierry Marchand à Paris est le second volet de l'exposition "The lost forest/ La Forêt perdue" qui s'est tenue au printemps à la Galerie Shart à Casablanca (Maroc). Notre article ICI

photos : "The lost forest" d'Ilias Selfati (1) Sans Titre tech. mixte sur velours 30 x 40 cm , (2) (3) (4) Sans Titre tech. mixte sur velours 30 x 30 cm (5) Sans Titre tech. mixte sur velours 20 x 24 cm copyright  Pascal Bouclier




voir aussi  : le site d'Ilias Selfati


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Published by Art Point France - dans Paris : expositions
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