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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 18:29

 jusqu'au 17 octobre 2010

 

 

à la Chapelle St Charles - Avignon

 

 

 

 

 Georges Rousse

 

 

Georges Rousse La vitre d’amour

 

« Faire siens tous les millénaires de l’histoire humaine et y puiser la force d’ouvrir les millénaires à venir n’est pas de l’ordre de la connaissance, mais relève de la force d’âme. C’est une question de « puissance et d’amour. »
Monique Dixsaut

 

 

Ne pas être de son époque. Ne pas être de son temps. Mais ouvrir, dans les temples que notre époque a laissés en friche, des portes. Voilà ce qui caractérise en propre l’œuvre de Georges Rousse - peintre-photographe et maitre es virtuosa des principes de l’optique. Mêlant le réel à l’imaginaire, son travail est une méditation poétique sur l’espace et sa possible transcendance. Et si l’art n’avait d’autre vocation que celle de sublimer les lieux qu’il hante ; et de réduire ainsi le monde que nous percevons à un pur effet de simulacre ?

par Frédéric-Charles Baitinger

 

Jouant des effets d’anamorphoses comme d’autres jouent des effets d’acoustiques,  l’œuvre qu’a conçue Georges Rousse ne s’appréhende pas de manière simple et directe. En dépit de sa matérialité et de son implantation dans un lieu historiquement chargé, son centre de gravité échappe à toute définition formelle. Ce n’est ni une installation, ni une peinture, mais la rencontre harmonique de ces deux médiums fusionnant enfin en un seul espace magique ; en un espace sacré dont le visage n’apparaît qu’à celui qui connaît l’endroit exact à partir duquel l’illusion devient réelle.

 

Cet endroit, Georges Rousse l’immortalise dans son travail de photographe. C’est pourquoi ses photographies ne sont pas de simples vestiges de ce qu’elles montrent  mais de véritables talismans nous permettant d’entr’apercevoir ce que d’ordinaire notre œil ne saurait voir : cet envers du monde où l’illusion devient féconde en nous ouvrant les portes de l’imaginaire. Mundus imaginalis peuplé de figures géométriques et de symboles ; d’archétypes et de mystères ; monde tout entier tourné vers la grâce et la lumière ; ce que Georges Rousse tente de nous faire découvrir dans son œuvre rejoint ce qu’Antonin Artaud nomme avec simplicité et profondeur : une vitre d’amour.

 

Ni tout à fait réelle, ni pour autant fantasmagorique, l’œuvre ici n’atteint sa complétude qu’à l’instant de sa communion avec celui qui la contemple. Car si l’installation – dans sa factualité - laisse le spectateur se perdre dans la myriade des points de vue possibles que lui offre sa conscience ; la photographie, quant à elle, le libère de son errance en lui montrant une image de l’œuvre enfin devenue « droite ». Mais entre ces deux possibilités, toutes deux en partie insatisfaisantes, se tient l’expérience esthétique absolue : je veux dire, l’expérience du spectateur découvrant par lui-même le point de vue à partir duquel l’œuvre retrouve sa cohérence. 

 

 

 

 Georges Rousse

 

 

 

 

 

 Georges Rousse

 

 

 

2010-septembre-6282.jpg

 

 

 

 

Le silence qui parle Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger fredericcharlesb@hotmail.com

 

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Vence 28/12/2010 18:26



Vous pouvez trouver un article sur l'exposition Pérégrinations de Georges Rousse à la galerie Catherine Putman sur http://blog.paris3e.fr/post/2010/12/17/Georges-Rousse-Peregrinations