Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 06:11

du 16 avril au 19 juillet 2010


Musée des Beaux-Arts de Lyon




Bram van Velde




Bram, Geer et Samuel.

 

« Abraham Van Velde peint l’étendue. Gerardus Van Velde peint la succession » 

(Samuel Beckett).

 

Bram van Velde (1895-1981) et Geer van Velde (1898-1977) ont développé leurs oeuvres en marge des préoccupations esthétiques de leur époque en France. Car Bram notamment partageait beaucoup avec ses contemporains américains. Sa peinture de l'intériorité était en résonance avec l'expressionnisme abstrait d'un de Kooning par exemple.

 

Les regards des deux frères peintres se croisent au point d'intersection d'une même amitié pour quelqu'un qui avait l’impression de ne pas être vraiment né et qu'accompagnait la prémonition de la mort qui ne vient jamais, Samuel Becket (1906-1989).

 

Ami à la fois de Bram et de Geer van Velde, l’écrivain identifie les affinités et les divergences des deux œuvres. Il leur consacre plusieurs textes : dès 1938, à l’occasion de l’exposition de Geer à la Galerie Guggenheim Jeune à Londres, en 1945, « La peinture des Van Velde ou le Monde et le Pantalon » dans les Cahiers d’Art dirigés par Christian Zervos et en 1948 « Peintres de l’empêchement » dans la revue Derrière le Miroir d’Aimé Maeght. Ayant livré dans ce dernier texte la formule coup de poing,  « Est peint ce qui empêche de peindre », il accorde à Bram un soutien indéfectible tant il est vrai que « les jugements des artistes les uns sur les autres ne sont qu’un certificat de ressemblance » ( Stendhal).

 

Les deux frères sont influencés par le cubisme. Geer ne s’en écarte jamais. Il demeure proche d'une  composition idéaliste à la manière de Jacques Villon. Bram est plus radical.  Il entreprend une descente au fond de lui-même, vers cet espace où se forment le langage. Il adopte bientôt le seul triangle dont il adoucit les angles. Il s’engage alors dans une voie où la peinture s'affranchit de toutes références aux choses et aux objets du réel, où de fait elle acquiert une autonomie. Il peint ce qui se dérobe à la représentation. Il peint ce qui ne peut être peint.  « Un dévoilement sans fin, voile derrière voile, plan sur plan de transparences imparfaites, un dévoilement vers l’indévoilable, le rien, la chose à nouveau. » (Beckett). Une oeuvre extrême donc, dont il faut faire l'expérience car elle ne peut être que perçue.

 

Le mot de la fin appartient également à Samuel Beckett. Ce qui intéresse ces deux artistes dit-il « c’est la condition humaine ». Condition humaine que l'écrivain a sans cesse ni répit, questionné lui aussi.

 


Les deux artistes déjà largement présents au sein des collections du musée des Beaux-Arts de Lyon grâce à des achats, à un dépôt provenant d’une collection particulière suisse et au  don de vingt-trois dessins de Geer effectué par Elisabeth van Velde et Piet Moget sont exposés ensemble du 16 avril au 29 juillet au Musée des Beaux Arts de Lyon.

Catherine Plassart

 



Découvrez Regards croisés sur les frères Van Velde au musée des Beaux-Arts sur Culturebox !

 




photo : Bram van Velde, Cheval majeur © Lyon MBA / Photo Alberto Ricci


Informations pratiques :


Musée des Beaux-Arts de Lyon
20 place des Terreaux
69001 Lyon

Entrée des expositions : 16 rue Edouard Herriot

Ouvert tous les jours sauf mardi et jours fériés de 10h à 18h, vendredi de 10h30 à 18h.

Accès : Métro Lignes A et C, station "Hôtel de ville – Louis Pradel"
Bus Lignes 1, 3, 6, 13, 18, 19, 44
Parking Terreaux, Hôtel de ville – Louis Pradel



voir aussi : le site du MBA



Partager cet article

Repost 0
Published by Art Point France - dans Sud Est : expositions
commenter cet article

commentaires