Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 septembre 2005 5 16 /09 /septembre /2005 00:00
 Commissaire d'art contemporain
 

Nous avons lu avec attention et intérêt, dans la newsletter n° 115 du 15 septembre de Paris Art,  la réaction de Antoine Rouillé, au pavé dans la mare jeté par la FRAAP quand en postulant à la direction du Palais de Tokyo, elle  prétend confier la fonction de commissaire d'exposition à des collectifs d'artistes ou à des "non spécialistes" .

 

Nous partageons largement  l'opinion d'Antoine Rouillé. Nous aussi, nous pensons que la rôle de commissaire requiert de larges connaissances, des compétences liées à une réflexion esthétique,   voire un talent spécifique relevant de la notion d'auteur. La médiation qu'opèrent les commissaires entre artistes et public suppose qu'ils se situent tel des capitaines au long cours sur la "passerelle".  Ainsi, ils peuvent être les observateurs privilégiés des processus de création dans leurs contextes historiques et géographiques et  s'adresser à  l'ensemble des récepteurs qui ne peut d'ailleurs se réduire à une seule entité. 

 

"Les artistes et leur public ont autant besoin des commissaires que les écrivains et leurs lecteurs ont besoin des éditeurs. Les commissaires sont acteurs du monde de l’art autant que les éditeurs le sont du monde des livres (même des livres à compte d’auteur). Comme les éditeurs, les commissaires peuvent être grands ou petits, brillants ou médiocres, mais leur rôle est ni interchangeable ni facultatif." (Antoine Rouillé)

 

Pourtant, nous soutenons la démarche de la FRAAP. Car elle nous paraît révélatrice d'un malaise dans la sphère de l'art contemporain en France.

 

L'institution joue manifestement un rôle prépondérant  : visibilité des artistes, tendances esthétiques, valeurs marchandes des oeuvres.   Les galeries d'art contemporain, en difficulté, lui font allégeance et perdent toute indépendance dans leur démarche.

 

Or trop d'artistes vivants souffrent du manque d'espace qui  est accordé à leurs oeuvres.

 

Or, le public ne suit pas. (Il s'agit ici moins de nombre que de compréhension,  d'adhésion à des choix).  Les oeuvres existent  par le regard que l'on porte sur elle. Sans "regardant", pas d'objet du regard.

 

Bien sûr l'artiste, tant dans la forme que dans les sujets qu'il traite,  travaille dans l'écart qui sépare le lieu commun, l'a priori, l'image toute faite,   d'une représentation singulière et inédite. Non seulement, nous admettons, cet écart qui déconcerte parfois mais nous le plébicitons. Encore faut-il que l'artiste ait un propos qui  questionne ses contemporains, un langage constitué susceptible d'ouvrir le dialogue.

 

Lourde responsabilité pour un commissaire d'art contemporain d'évaluer la pertinence d'une oeuvre en soi, pour soi,  pour ses contemporains,  au vue de l'histoire de l'art et même de l'Histoire.

 

Alors peut-être, comme le laisse pressentir l'action menée par  la FRAAP, cette responsabilité qui incombe au seul  commissaire pourrait-elle être,  sinon partagée, du moins se présenter comme le résultat d'études concertées.

Catherine Plassart

 

voir aussi

La note d'intention de la FRAAP, sur le site de la FRAAP

la newsletter n° 115 du 15 septembre de Paris Art

Partager cet article

Repost 0
Published by Art Point France - dans Art et société
commenter cet article

commentaires

La Ziggurat 03/06/2011 14:39



Un sujet qui n'a pas finit de soulever des questions quant au statut du commissaire d'exposition!