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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 06:18

Les reflets de l’(a)utre
Dessins et peintures d’après des photographies de
A.ARTAUD, S. FREUD, P. REBEYROLLE, B. VIAN


Du 23/09 au 06/10/2009

Au Garage Moderne - Bordeaux



Patrick Santus



Propos d'artiste.

Dans un entretien de 1966, Francis Bacon parle de l'Homme qui, réalisant sa nature d'accident dénuée de sens et futile, doit malgré tout jouer le jeu jusqu'au bout. Puis évoquant Vélasquez et Rembrandt, "légèrement conditionnés par certains types de possibilités religieuses", il poursuit avec l’homme moderne, qui voyant ces possibilités religieuses s'annuler, ne peut que s'efforcer de faire quelque chose de "très très positif"‘en essayant de s'abuser "par une sorte d'immortalité  achetée aux médecins".


Pour Bacon, cette vision a transformé "l'art en un jeu avec lequel l'homme se distrait", ce qui rend fascinant le fait que tout va devenir de plus en plus difficile pour l'artiste, et qu’il lui faudra "vraiment approfondir le jeu pour aboutir à quoi que ce soit de bon".
Quel est ce jeu ? Quel en est son objet ?
Pourquoi sommes-nous toujours touchés par certaines "œuvres conditionnées" ? 
Quel est ce mystère résistant aux explications régulières des exégètes de l'art et qui reste entier, extrêmement vivant  depuis l’aube de l’humanité ? Que nous révèle cette peinture ?
Celle, qui, avec, ou sans possibilités religieuses, sans rebords, nous envoie l'image immuable, originelle de cette vacuité, de ce je(u)  qui ne cesse de se dérober à notre compréhension. C'est pourtant là, dans ce rien, au bord de ce trou, que le peintre trouve la résonance, avec ce "Misérable Miracle", celui qui, rongé par l'angoisse de sa mort, s'étourdit, s'enveloppe de la surface des choses et se voile le regard, croyant par ces nouvelles médicales possibilités religieuses, échapper à ses Gorgones, à sa Médusa.


C'est dans cette réalité que l'artiste doit œuvrer pour espérer opérer un déplacement de soi vers le Monde, non pas grâce à des référents culturels quelconques, mais par l'immersion entière et désirée dans cet acte toujours vierge et difficile qui est de peindre sans savoir ou ça/voir. C'est ici, dans ce mouvement "d'homme vrai sans situation qui ne cesse d'entrer ou de sortir par les portes de ses sens", que j'essaie de développer mon travail.
Ces photographies en sont le support.
Dans le temps, sans raison, mais avec ces maîtres comme boussole.
Hors ce sentier, je ne vois que du décor, du "rétinien", et là c'est une autre route.

Patrick Santus

 
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Peintre,  Patrick Santus expose depuis 1967. Son  sujet est l'inconscient et ses motifs les figures des hommes qui incarnent le mieux  le sujet : Freud, Artaud mais aussi Boris Vian et Paul Rebeyrolle. Il déclare avec les modernes que le sens de la peinture n'existe pas. Sa résonance tient dans la part de soi-même qu'y met l'artiste dans un lacher prise qui autorise l'improvisation comme dans le Jazz. Le langage pictural de Patrick Santus est celui qui convient à "l'inconscient narratif"  dans une tentative de penser  ainsi l'impensable amour.

C.P.



Patrick Santus




Patrick Santus




photos :
(1) Sans Titre 180 x 180 cm 2009, (2) Sans Titre 180 x 180 cm 2009, (3) Sans Titre 180 x 180 cm 2009
 

Informations pratiques :

Au Garage Moderne
1 rue des étrangers  33000 Bordeaux
ouvert tous les jours sauf dimanche de 11h à 18h30


voir aussi : la vitrine de Patrick Santus dans Art Point France


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Published by Art Point France - dans Propos d'artistes
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