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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 16:00





Todd Narbey



It’s the end of the world, as we know it

(but I feel fine)

Ce n’est pas « l’aurore aux doigts de rose » chère à Homère, ni les couleurs du crépuscule que peint Narbey, mais le point magique où ces deux extrémités du jour se mêlent et se confondent en une seule agonie continuée. Propulsant ses sujets à quatre mille pieds au-dessus des hommes, les œuvres de cet artiste semblent vouloir nous annoncer le drame qui s’apprête à fondre sur notre époque. Et si la nature, envers et contre la maîtrise technique à laquelle nous sommes parvenus, continuait à s’imposer à nous comme une menace potentielle ; comme une source possible de catastrophes ?

Poursuivant les méditations d’un Baudrillard, d’un Virilio ou d’un Octavio Paz sur la notion d’accident, Todd Narbey convertit en images les angoisses et les peurs inconscientes qui pèsent sur notre monde : « Comme la société en se normalisant fait surgir les fous et les anomaliques, ainsi en s’approfondissant la raison et la maîtrise technique de la nature font surgir autour d’elles la catastrophe et la défaillance comme irraison du « corps organique de la nature » - irraison insupportable, car la raison se veut souveraine et ne peut même plus penser ce qui lui échappe – insoluble car il n’y a plus pour nous de rituel de propriation ou de réconciliation.1»

Transposant sur ses toiles cette peur panique de l’accident, Todd Narbey lui ajoute son corrélat pictural : la dissolution des figures dans le magma informe qui les sous-tend.  Toujours suggérées plutôt que montrées, les figures, dans ses peintures, font masse : elles pèsent et hantent l’espace comme si les milliers de particules qui les composent cherchaient à retrouver l’état de leur première coalescence. Brouillant ainsi les limites qui séparent d’ordinaire la peinture abstraite de la peinture figurative, Todd Narbey nous entraîne à la découverte d’un monde fragile et fragmenté dans lequel l’univers lui-même (et toutes les formes qui le composent) semble le fruit d’un accident - miraculeux.

 F-C Baitinger


 1 Jean Baudrillard, L’accident et la catastrophe, L’échange symbolique et la mort, Ed. Gallimard, 1976.


Todd Narbey





Todd Narbey


photos  : Th end of the world (1), (2), (3)



Vu à la Galerie 13
36 rue du mont Thabor
75001 Paris
+33 (0) 1 40 15 02 80 / +33 (0) 6 65 50 80 48
galerie13jm@orange.fr

ouvert du mardi au samedi de 11h00 à 19h00

Le silence qui parle Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger fredericcharlesb@hotmail.com

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