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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 09:50

du 24 avril au 1er juin 2009


Grand Palais - Paris



Didier Marcel



La force de l'art à l'heure de la glaciation.

Il y a trois ans, la première édition de la Force de l'art (articles n°1, n°2, n°3) avait suscité des torrents de critiques, récriminations, protestations. Quinze commissaires  avec chacun leurs thèmes, leurs propositions présentaient leurs artistes dans une  diversité de mises en scène. En 2009, pas de thématique, une unique mise en espace glacée et trois commissaires solidaires d'un même choix d'oeuvres. La Force de l'art n°2 apparaît comme une réponse hautement rigoureuse gelant les humeurs, au bouillonnement de la Force de l'art n°1.

L'image dominante de la scène artistique française proposée au regard du monde est à cette occasion, celle d'une banquise, géologie artificielle à la blancheur immaculée et froide. Sur cet " arrière-fond neutre et objectif, dépourvu de signification", imaginé par l'architecte Philippe Rahm,  elle apparaît comme  une allégorie du désert des passions, elle recrée "un petit monde" qui annihile les audaces, et induit un climat d'ennui réglé.

Cet "écosystème appauvri sans couleur ni variété, sans minéralité" est supposé   mettre les oeuvres en valeur et révéler leurs forces. Mais celles-ci appartenant quasi toutes au même registre et obéissant aux interdits édictés par l'époque sont  conformes à la neutralité attendue et souvent simplement banales.

 Authentiquement politique cette année encore,  la Force de l'art   avec son atmosphère éthérée de  cime enneigée réserve peu de surprises. De la hauteur où elle nous tient, elle nous offre juste un point de vue rempli d'espoir et d'attente sur  la triennale de 2012,  pour peu que les décideurs prennent une fois encore le contre-pied de la version antérieure.

Pour une approche guidée de l'exposition, nous vous suggérons de suivre Lunettes rouges ICI, une précaution avant de vous rendre sous la verrière du Grand Palais.

Catherine Plassart



Voir aussi : le site de la Force de l'art



photo : Didier Marcel Sans titre, 2000 (une oeuvre dans laquelle la représentation de la terre grasse d'un labour est en contraste avec l'environnement aseptique.)




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Published by Art Point France - dans Domaine public
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commentaires

Catherine Plassart 11/05/2009 19:22

Je vous remercie pour ce commentaire.J'ai fait une expérience semblable à la votre. Ambiance, fréquentaion, proposition inexistantes.La réalisation qui  m'a parue la plus emblématique de la manifestation est celle de Kader Attia : à même le sol de béton dans une allée qui ouvre sur le grand vide de l'architecture du Grand Palais cinq misérables sacs plastiques anomynes abandonnés, Le genre "d'oeuvre" autour de laquelle on requiert la présence de trois gardiens pour éviter qu'elle ne soit foulée au pied par mégarde et qui finit à la poubelle à la fin de la manifestation sans que "l'artiste" en soit ému.A ce stade de vacuité et d'infantilisme, il n'y a rien à critiquer. On ne peut être que navré du résultat et choqué du cynisme qui préside à un tel gachis. Catherine Plassart

Nicolas 11/05/2009 18:16


L’art contemporain français est-il  une cosa mentale ?
 
La Force de l’art 02 (L.F.D.A.02) a ouvert ses portes le 24 avril pendant les vacances scolaires de printemps de la zone C (Paris et sa région). Cela est-il un choix stratégique de la part des organisateurs afin d’attirer la future génération d’artistes et de les convaincre de l’intérêt d’une pratique artistique contemporaine ?
Toujours est-il que cette 2e édition de la Force de l'art est profondément décevante, voire irritante, par la pauvreté et la prétention du propos.
Le premier effet une fois entré sous la verrière du Grand Palais est de découvrir l'espace vide qui entoure la « Géologie blanche », dispositif d'exposition dont on ne sait  par quelle entrée l'aborder. Une armée de médiateurs assistés d'autant de gardes de sécurité habitent comme ils peuvent les centaines de mètres carrés inutilisés. Le café/bar/restaurant expose telle une installation, une quantité impressionnante de tables et de chaises vides (c’était un jeudi après-midi).
 
Chaussons nos lunettes de soleil et pénétrons donc dans ce labyrinthe aveuglant de lumière afin d'y découvrir les trésors qui s'y cachent. Un simulateur de vol est présenté par Fabien Giraud et Raphaël Siboni. Un Döner kebab géant constitué de photographies empilées les unes sur les autres et invitant les visiteurs à en couper une tranche est l’œuvre de Wang Du. Butz&Fouque nous présentent quant à eux une série de photos de jeunes filles coquines quelque peu déshabillées. Virginie Yassef a reproduit à l’échelle réelle les traces laissées par les griffes d’un dinosaure sur un immense mur de béton peint en vert. Anita Molinero nous propose un bouquet de poubelles rouges déformées par la chaleur (le feu) et pendues au plafond dans un espace impeccablement blanc nous faisant oublier que nous sommes au Grand Palais en recréant  l’espace d’une galerie d’art contemporain. Et finalement, Le Gentil Garçon (oui, c’est son nom d’artiste), nous invite à pénétrer à l’intérieur d’un flocon de neige géant  habité par un bonhomme de neige au nez de carotte…
 
Heureusement, certaines œuvres moins spectaculaires dans leur mise en scène viennent rassurer le visiteur en quête d’un peu de gravité et de densité ; il remarquera en particulier le travail de Véronique Aubouy autour de La recherche de Proust, vidéo de plus de 80 heures nous présentant  une succession de personnes invitées à lire, chacune dans un environnement spécifique, quelques pages de l’œuvre de Proust.
 
L’impression générale au sortir de l’espace d’exposition relève d’une profonde frustration de voir ainsi l’art contemporain français associé officiellement à tant de superficialité. Faut-il donc que l’art contemporain se conjugue à divertissement pour pouvoir justifier d’un tel événement et de l’investissement de fonds publics ? 
Même Daniel Buren semble n’avoir été que peu motivé dans son intervention in situ alors qu’Orlan a été claire en choisissant de s’exposer (en cire) au musée Grévin aux côtés de stars françaises telles Johnny et Zidane…