Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 05:38

du 26 novembre 2008 au 31 janvier 2009


galerie  Patrice Trigano - Paris (6)



Iturria


L'imagination "blessante" d'Iturria.
Quand on veut comprendre la peinture d'Iturria, né à Montevideo en  1949, il faut observer comment il représente les hommes, les femmes et  les enfants : minuscules et affairés, joueurs et insouciants, dont il  nous chante poétiquement les gestes dans des environnements où ils se  perdent.

Et pourtant rien d'ordinaire du côté de l'espace qui les entoure ou  qu'ils habitent. Mais un univers surdimensionné qui ne trompe pas et  auquel il manque l'essentiel : la possibilité d'y déceler une issue. On appréhende ainsi par la vue le mouvement qui pousse le peintre à construire ces scènes étonnantes dans des appartements qui balayent toutes  proportions, des labyrinthes qui affectent la perception, de  mystérieuses piscines ou des lavabos dans lesquels de petits êtres  flottent faussement souverains.

C'est que pour Iturria, sélectionné en 1995 pour représenter l'Uruguay  à la biennale de Venise, le tintamarre de la vie, n'empêche pas de  penser, de s'étonner et de chasser l'absurde en le tenant en échec par  la science troublante d'un art puissant.
Iturria
Ceci dans des tons terreux où le théâtre ridicule des hommes pas plus  grands que des moustiques, gagne la bataille de la vie en agissant  envers et contre tout, au hasard des jours, comme un ensemble  vain de  jouets du sort.

En écrivant cela on songe tout aussi bien au néant qui les poursuit.  Car d'où vient que ces êtres "boiteux" qui éprouvent le besoin d'y  croire ne conversent malgré eux qu'avec le royaume des ombres et du  clair-obscur sous-jacent ?

C'est que l'imagination d'Iturria, maîtresse de fausseté et  d'infaillible vérité nous parle de fous qui ont beau jeu de sembler  crier à la puissance ou la victoire, mais qui ne cessent pas au-delà  du respect qu'on leur doit, de paraître insuffisants et quelque peu  "misérables".



Pierre Givodan

Chroniques intempestives

Partager cet article

Repost 0

commentaires