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6 avril 2006 4 06 /04 /avril /2006 10:25
De la minorité dans la pensée à la pensée de la minorité.
 

La minorité s’oppose à la majorité comme le moins est l’inverse du plus. Penser du point de vue de la minorité conduit à une position inconfortable et souvent à tord perçue comme un néant de pensée. Le minoritaire doit être distingué cependant du réactionnaire, révisionniste et de toutes les formes de la réification avec lesquelles on le confond souvent par intérêt plus ou moins conscient.

 

Le minoritaire est mu par une difficulté à faire sienne la sentence selon laquelle « on le forcera d’être libre ». Non pas qu’il rejette le principe de la démocratie énoncé par Rousseau dans son Contrat social, mais parce que derrière le pronom indéfini "on" se cache le peuple rassemblé et ses représentants .

 

C’est parce que le minoritaire ne croît pas assez en le primat de la raison sur les passions nous objectera-t-on qu’il fuit l’assemblée. A cela le minoritaire répondra qu’il existe aussi une violence de la raison commune et qu’elle consiste à imposer un modèle de vie, de valeurs, de pratiques, d’échanges conformes aux intérêts dominants une époque.

 

La liberté selon la pensée de la minorité est de tout temps dans le pouvoir de dire non et de s’affirmer aussi par-là, même si elle doit aussi savoir dire oui.

 

La révolte de la pensée est le premier des droits de l’homme et Camus a selon nous bien fait de rappeler en des temps d’obscurantisme cette évidence commune. Or notre point de vue consiste à penser que nous vivons encore à l’âge de fer.

 

C’est pourquoi il est aussi un devoir aujourd’hui d’affirmer les droits de la minorité.

 

Pierre Givodan

Chroniques intempestives

copyright Art Point France

 
voir aussi : le site personnel de Pierre Givodan

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