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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 11:53

du 10 septembre au 14 décembre 2008


Château de Versailles

 Jeff Koons, autoportrait en Apollon, buste en  marbre  Louis XIV, buste en acier inoxydable





Le champ de l'art est un champ de bataille, l'insurrection n'est peut-être plus très loin.


Jeff Koons à Versailles dérange les fétichistes de tout poil, les conservateurs de tous bords. Ils hurlent au loup et prétendent faire de la Résistance contre l'ennemi. C'étaient eux (inutile de les identifier) qui déjà  avaient tempêté lors de l'intervention de Jan Fabre au Louvre.



Il est d'ailleurs regrettable d'amalgamer les deux projets dans une même et vaine récrimination. Jan Fabre a  créé spécialement pour le Louvre des oeuvres inédites en se préoccupant de leur forme et du dialogue que leur caractère plastique pouvait établir avec les tableaux de Van Eyck, Bosch ou Rubens. Par ailleurs Fabre est un artiste européen qui part de l'homme pour questionner le monde. Jeff Koons est un artiste américain,  il scrute avec l'acuité que réclament les grandes distances,  une société mondiale dominante et fait le détail d'une époque, pour nous livrer par voie de conséquence une version d'un '"homo futilus" du XXème siècle, à découvrir.



Et c'est peut-être là que le bât blesse. Des oeuvres que certains s'étaient contentés de trouver "kitchs", de mauvais goût, exposées dans les Grands appartements et  la Galerie des glaces du Château de Versailles, prennent un caractère subversif, une dimension politique. Elles nous obligent à penser à rebours, mettent en cause une période de l'histoire (disons 1918-2008) dont on souhaiterait se glorifier et qui se révèle cruelle et futile. Toute une époque durant laquelle on a voulu nous faire croire que tout était facile et  qui a produit  beaucoup de grenouilles gonflées comme des boeufs, à l'image du  Chien-ballon en acier chromé de trois mètres de haut ou du Cœur suspendu de deux tonnes ou encore  de Split Rocker, réalisé avec dix mille pots de fleurs.



L'oeuvre de Jeff Koons existe surtout par sa structure, et ce qu'elle révèle par dilation et effet de loupe. « Lobster» un homard en aluminium polychrome et chaîne d'acier de 145 cm de long, de 2003, inspiré d'une bouée de plage,  sera dans le salon de Mars,  « À la place d'un des lustres, je suspendrai ­ Lobster comme un acrobate accroché à un trapèze, comme une vision incongrue sortie du Moyen Âge. » Tiens le Moyen-âge ! Il est décidément très fort ce Jeff Koons.  Nous l'avions cru capable de confronter deux époques de Pouvoir et de "lumières" or son imaginaire puise aussi dans des temps plus reculés de notre civilisation (pas de Moyen-âge aux States). Considérons, pourquoi pas, que l'artiste s'est représenté dans cette oeuvre, animal fantastique à la bouche cousue,  lourd et aérien, ridicule et imposant à la fois.  Clown ou acrobate, Jeff Koons ? On hésite, sans doute les deux à la fois. En tout cas, on ne peut lui retirer un talent parodique et un superbe sens de l'ironie. Pour cela il suffit de confronter son véritable autoportrait, un buste d'Apollon en marbre, au buste de Louis XIV en acier inoxydable qui sera exposé dans la chambre du roi.




 "Le média est le message" disait Mac Luhan.  L'exposition de Jeff Koons le prouve. Ce n'est pas l'extravagance des oeuvres qui dérange mais leur inscription dans le cadre prestigieux de Versailles.  Tant mieux ! Car si les oeuvres de Jeff Koons ont une raison d'exister en tant qu'oeuvres d'art,  c'est seulement dans la mesure où elles provoquent ce choc  esthétique et culturel. L'étonnement sera au rendez-vous, peut-être même l'insurrection... Ce qui serait vraiment heureux,  serait que l'on se pose la question du rapport entre culture (ce mot qui emplit toutes les bouches) et création (une activité qui ne donne sa chance qu'à quelques rares élus).

Catherine Plassart



Informations pratiques :

de 9h à 17h30

accès :

 RER ligne C :
direction Versailles-rive-gauche-château
▪ de la gare Montparnasse :
train SNCF desservant Versailles-Chantiers
▪ de la gare Saint-Lazare :
train SNCF en direction de Versailles-rive-droite
horaires des trains SNCF

En autobus :
▪ de Pont de Sèvres
ligne 171 de la RATP en direction de Versailles-place d'Armes

En voiture :
▪ autoroute A13 (direction Rouen)
sortie Versailles-Château
Parking payant sur la place d'Armes


Voir aussi : www.chateauversailles.fr

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Published by Art Point France - dans Centre : expositions
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commentaires

BIBI 23/09/2008 16:08


VOUS DETESTEZ JEFF KOONS !!!
MOI AUSSI
 
Une exposition populaire : oui, comme Louis XIV et son cortège de courtisans qu’il recevait sur sa chaise percée, machine à caca de l’époque.
 
Une œuvre de mécénat : oui, celle de Pinault patron d’Aillagon, défunt ministre de la culture.
C’est oublier les 300 000 euros de l’état, l’entrée payante et le concept d’exposition pour une rétrospective qui sent le civet brûlé. (Le lapin customisé affiche quand même 1986 au compteur)
 
Ces remarques mesquines ne concernent pas l’essentiel :
Le Pape de la décoration, son entreprise, sa centaine d’employés, ses directeurs techniques, son chef d’atelier, ses moules de fonderies : cela ne vous rappelle rien ?
Le roi de l’art officiel et sa cohorte de commandes publiques n’est rien moins que l’un de ces grands artistes - par la production et le prix - de la fin du 19ème.
On n’en attend pas moins d’un ancien trader.
 
De ces peintres pompiers et officiels, les réserves des musées en sont remplies.
Faites le tour des musées de province ; là ou trônent quelques biches à moteur au format géant, les collections publiques n’ont rien d’autre à nous offrir que quelques toiles taille timbre poste des impressionnistes contemporains de cette époque. Et encore, achetées à prix d’or et très tardivement.
 
Pourquoi ? Le débat était le même. Là où l’institution défendait la technique, le labeur et la beauté de ces cadres dorés à vomir debout, d’autres retrouvaient le geste et la liberté de peindre.
 
Non, monsieur Koons n’est pas un artiste de la renaissance.
Avoir une entreprise et une pléthore d’employés ne justifie en rien d’être artiste.
Léonard et Dürer étaient des artistes officiels à la tête d’une armée d’assistants. Monsieur Vinci aimait bien gribouiller que je sache et Dürer se perdre dans la gravure.
Non, monsieur Koons, se servir de ses petits doigts n’a jamais tué personne.
 
De surcroît, si monsieur Koons avait déjà travaillé la résine sous vide - comme votre modeste serviteur - il aurait compris que les photos des dossiers de presse montrant des ateliers immaculés (sans hotte aspirante, sans pollution maximale, sans masque intégral et sans poussière) sont de l’ordre du fantasme pour revues bobos sur papier glacé.
 
Dans « Beaux Arts Magazine », on apprend que le petit « Koons qui à l’âge de 12 ans, dessinait et peignait des copies de toiles de maîtres français du 18ème siècle que son père vendait quelques centaines de dollars dans son magasin de décoration ne met plus guère la main à la pâte ».
 
Le mieux c’est encore de retourner faire des copies du 18ème et de les vendre avec ton papa.
C’est vraiment là ta place avec le fabricant de blanquette au formol à 13 millions d’euros.
 
Non, je ne suis pas réactionnaire.
Le futur, c’est la déconstruction de cette mode de l’hyperréalisme en résine synthétique n’offrant aucune liberté de création et de pensée.
Le futur, c’est dire non à l’art officiel maintenant et définitivement.
 
Le futur, c’est reconnaître le génie des designers anonymes qui ont inventé les icônes de notre siècle : il y plus de concept et de perfection dans n’importe quel cône de Lübeck en PVC que dans toute l’œuvre de Jeff Koons, le ready-made ne change rien à l’affaire.
 
Le futur, c’est respecter la matière, à savoir le plastique comme 6ème élément.
Non, le plastique n’est pas un produit de reproduction stérile et industriel.
Il mérite bien, après le travail des nouveaux réalistes, qu’on le repense avec nos neurones et leurs prolongements que sont nos petites mains.
Je m’appelle Bibi, je ne fais pas des œuvres en plastique recyclé, les cônes de Lübeck je les vole.
Les Jeffs Koons, je les taxidermise.
 
Un seul mot d’ordre : Tuez les tous !!!
 
BIBI

« Tuez les Tous ! » - Jusqu’au 5 octobre à l’Espace Beaurepaire – 28 rue Beaurepaire – 75010 Paris
Communiqué de presse http://www.bibi.fr/actu/bibi-cdp.pdf