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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 14:58

Paris, 1960 - 1972


jusqu'au 13 juillet 2008


Galeries nationales du Grand Palais - Paris (8)







  Retour sur "La Figuration narrative".

Cette année-là Edouardo Arroyo rencontra Gilles Aillaud et Antonio  Recalcati et puis naquit la série de huit tableaux "Vivre et laisser  mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp" (1965). "L'école" de la  Figuration Narrative à laquelle appartiennent beaucoup de jeunes  artistes précise son objectif.  Le choix esthétique est clair chez  Arroyo par exemple : " ... dans une revue qui s'appelait Arts et  Spectacles ... On y demandait qui était le plus important entre  Duchamp et Picasso et Duchamp a gagné. Alors j'ai compris que c'était  fini, que c'était la porte ouverte à tout ce que je déteste : le  marché officiel, le double marché, les oeuvres destinées exclusivement  au musée... Tout ce que je déteste vient de là et c'est pour cela qu'il  fallait l'assassiner."  (D'après les propos d'Edouardo Arroyo,  recueillis en novembre 2007 et repris dans la catalogue de  l'exposition).



La naissance de la figuration narrative vient de là, de cet ensemble  nouveau de réactions à une réalité qui n'avait plus rien de  visionnaire ni de réellement conscient, senti et intériorisé. Il  n'était plus besoin d'être un homme cultivé pour penser par exemple  qu'un tabouret, selon qu'on le place ici ou ailleurs cessait d'être un  tabouret... C'est ainsi que les toiles figuratives et narratives qui ont donné  lieu à cet évènement, d'avril dernier à juillet au Grand Palais sont  encore provoquantes et frappent vivement par leur aspect  essentiellement "impur" et parfois burlesque. Les jeunes peintres  d'alors par des raccourcis, de nouvelles perspectives, "déformaient"  la qualité de l'objet tableau, rompaient avec le concept, s'adonnaient  à un art de la liberté. La peinture s'acheminait ainsi vers une  nouvelle figuration  comme la littérature et la musique brisaient de  nouveaux tabous. Loin de cette idée "d'art pur" (tentative terroriste  ?) dont on ne peut nier qu'elle en ait convaincu plus d'un et par là  forcé aussi le respect.


Mais la vie artistique, comme la jeunesse, passe.  La jeune peinture des années soixante, spirituelle et utile à ceux  qui veulent connaître l'histoire de l'art pictural récent en France, a  exprimé nombre d'idées contemporaines qui ajoutent à l'intérêt de  cette exposition , à commencer par celle qui rend ridicule la défense  des artistes qui ont pris la parole pour donner lieu à un art  d'imitation intransigeant et occultant tout essor, tout don, toute  vraie audace. La brusque rupture incarnée par la Figuration narrative  annonçait un temps nouveau. Cette expression méritait bien une  exposition nouvelle.

PG

" La Figuration narrative " (Paris 1960-1972), Grand Palais, Paris, du  16 avril au 13 juillet 2008.

photo : El caballero espanol
Eduardo Arroyo, Centre Pompidou
ADAGP, Paris 2008
© Photo RMN




Informations pratiques :

Galeries nationales du Grand Palais

3 avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
Entrée: Clemenceau ou square Jean-Perrin
Tél. : +33 (0)1 44 13 17 17 (serveur vocal)
information.gngp@rmn.fr

Ouvert de 10h à 20h (22h le mercredi); fermées le mardi

site : www.rmn.fr


Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

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commentaires

lionel aymeric simon 08/07/2008 19:13

Ce coup de projecteur sur une partie de l'histoire de la Figuration narrative ( une sorte de tome 1 chronologiquement) était pour le moins salutaire. Il était temps de le faire, et donc, bravo à leurs initiateurs! on ressentira ainsi un peu moins cette impression désagréable que cette figuration narrative - en terme de médiatisation - est un peu le parent pauvre de son cousin anglo-saxon , le POP ART.Cette exposition à donc ce grand mérite de braquer le projecteur sur une quinzaine d'artistes affiliés à ce mouvement, originaires de France, d'Italie, d'Allemagne, de Suisse, d'Espagne, d'Argentine, ou d'Haiti, dont le talent et l'intérêt sont aussi évident que ceux de leurs "homologues" du Pop Art.La question d'ailleurs de savoir si il n'y avait pas deux ou trois artistes dont la présence manquait peut légitimement se poser. Pourquoi Gérard Guyomard ou Yvan Messac ne "figuraient" t'ils pas à l'affiche ? C'est en tout cas le choix du commissariat de cette exposition au même titre que les bornes chronologiques posées à celle-ci "1960-1972"Malgré cet oubli, et peut être d'autres que l'on pourra toujours reprocher à ses organisateurs, ce regard sur la figuration narrative n'est pas austère et à, je crois, le mérite de vouloir et pouvoir s'adresser à tous.En attendant le tome 2.....