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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 05:59

Le  rapport  de Jacques Rigaud rappelle le caractère inaliénable des œuvres des collections publiques.


Jacques Rigaud a remis le 18 janvier son rapport sur l’inaliénabilité des collections publiques qui a été rendu public le 6 février 2008 . Ce rapport lui avait été confié par la ministre française de la Culture Christine Albanel, à la suite d’une demande du président de la République souhaitant lancer une réflexion sur la possibilité d’aliéner les œuvres de collections publiques, c'est-à-dire la possibilité pour les musées français de vendre certaines de leurs œuvres.


Après avoir enquêté auprès  de plus de quatre-vingts personnalités du monde de l'art, tenu compte de la mutation des musées au cours des trente dernières années et observé  la situation dans d’autres pays, Jacques Rigaud souligne que « la première mission des musées est de conserver les œuvres » , il rappelle  que la loi musées de 2002 prévoyait la possibilité, d'ailleurs jamais utilisée de déclassement des oeuvres.


Le rapport de Jacques Rigaud va rassurer le milieu inquiet des conservateurs et historiens d'art puisque non seulement il ne remet pas en cause le principe d'inaliébilité des oeuvres d'art des musées mais qu'il souligne  la mission de service public de ces institutions. 


Toutefois, Jacques Rigaud considère tout autrement la situation du FNAC et des FRAC à propos de laquelle  il convient "de s'interroger". Les 90 000 oeuvres du FNAC doivent-elles rester dans les collections publiques ? Les oeuvres appartenant aux FRAC ne pourraient-elles être déposées dans les musées ?


Jacques Rigaud ancien président du FRAC Aquitaine est en mesure de distinguer entre les FRAC :  ceux de la première génération qui avaient pour mission de soutenir la jeune création et ceux de la seconde génération (2002, Jean-Jacques Aillagon, ministre de la culture). Sa critique est appuyée, ils se sont perdu dans une politique muséale,  leurs collections sont trop peu exposées. Or les FRAC ont un statut associatif et ne bénéfient pas de la loi de protection des musées. L'inaliénabilité de leurs oeuvres n'est que théorique. 


C'est au tour des artistes d'être inquiets car la vente des oeuvres des FRAC pourrait avoir des effets dévastateurs sur les côtes de certains d'entre eux ( pas sur celle de Jeff Koons, si "New Hoover Convertible..." acquis par le FRAC d'Aquitaine en 1988 devait être vendu). En tout état de cause, le marché de l'art pourrait être drôlement chahuté.


La mauvaise presse faite  aux FRAC, cette jeune institution - elle a  25 ans - crée évidemment un contexte favorable à une saignée autorisée dans ses fonds. Il est toutefois, peut-être, un peu tôt pour aller puiser dans dans ce réservoir dans le but de remplir les caisses vides de l'Etat . A quelle fin d'ailleurs ? Pour offrir à la France un nouveau porte-avion  ou pour défrayer grassement ses présidents ?

C.P.


En bref : 

Un tract CFTC UNSA annonce des travaux dans l'appartement de fonction de Alain Seban, président du Centre Pompidou pour un montant de 300 000 euros. Démenti de l'interessé, 203 000€. Le même tract s'interroge sur " la prise en charge illimitée des frais d'hébergement à l'étranger pour cinq hautes personnalités du Centre, ainsi que pour des personnes extérieures invitées."   Pour comparaison, au Musée du Quai Branly, les frais généraux de la présidence et de la direction sont plafonnés à 50 000 euros pour l'année , ils couvrent une vingtaine de missions à l'étranger. Pas d'appartement de fonction pour le président.

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Published by Art Point France - dans Art et société
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