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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 11:47

Jeux de verticales et d’horizontales en décalage vers le blanc, rythme sous-tendu par une sourde pulsation et l’on parle d’Agnès Martin, peintre canadienne. 

Le blanc, au-delà du blanc.

« Non pas que peindre mais plutôt comment peindre » … la question des moyens pour évacuer celle du sens. « Peindre la peinture », sans autre but . 

Soit. Robert Ryman, musicien américain, libraire, découvre l’art contemporain sur le tard et se prend au jeu pendant des décennies. Mais pourquoi donc ?  Et qu’est-ce qui le retient à près de quatre-vingts ans  dans cette activité? Une nécessité sociale ou intérieure ? Et pourquoi le blanc surtout, cette couleur qui les comprend toutes et dans laquelle on se perd faute d’appui, comme dans un puits. Rien à quoi s’accrocher et cependant comme un désir d’élévation, une expérience du sublime, un mélange de pur et d’impur aussi parfois, au-delà du déracinement de la peinture et de l’absence de toute revendication d’abstraction.

Un enfant qui voit tomber la neige pour la première fois. Le froid qui traverse sa main. La fraîcheur de l’air. Le commencement, le recommencement, l’annulation du temps. La gloire du nouveau. Le blanc, la joie de marcher dans le rien, comme dans un désert, ou de naviguer à la sortie d’un port. Décollage vers le haut. Coller au plus près du papier, de la toile, effleurer, sans danger. Laisser de côté les appels à la lourdeur, aux épaisseurs, la publicité pour les  poids lourds qui peignent bien chargé.

C’est une histoire de blanc qui se veut distincte de celle des fanatiques de l’idée, de l’art conceptuel ( « plus blanc que moi tu meurs »), aussi bien que des dévots des idées reçues ( « je nettoie plus blanc par exemple »).
Ne voir ici aucun rejet non plus du noir, sous toutes ses formes et apparences ; ni refus de métissages, toujours les bienvenus. Et merci au passage à M. Soulages d’avoir consacré sa vie à donner de l’éclat à une couleur que l’Occident a refoulée en enfer. Une fois  de plus l’art se nourrit aux frontières.


P.G.


Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

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