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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 16:43

CHAGALL.jpgLe Choix du Lendemain

Le refus de la mort est consubstantiel à la conscience car "toute conscience est conscience de quelque chose" (Husserl). Et la mort n'est rien. Donc la conscience et la mort s'excluent. Celle-ci est pour nous l'impensable. Cependant certains ont pu dire que justement ce néant d'être en faisait un faux problème. Le rien n'a pas à être sujet de question. Mais nous devons mourir et les autres meurent aussi. Comment oublier ? Et surtout pourquoi les oublier ? L'oubli des autres est immoral. C'est pourquoi la conscience refuse l'oubli. Car la conscience est aussi morale.

Le refus de la mort repose sur une anticipation de l'être comme ce qui ne passe pas, ce qui ne disparaît pas mais au contraire apparaît, se manifeste et résiste à l'anéantissement.

L'amour est cette poussée qui oeuvre au maintien d'un monde propre, mais aussi réel pour les autres. Plus le néant recule, plus l'amour se fraye un chemin, une voie dans le monde.

Par les oeuvres et l'art il s'agit d'aider à la venue à la conscience et à l'accueil de cet amour que Platon décrivait comme misérable et errant, couchant à la belle étoile, mais fils de Poros dieu de l'Abondance, dans Le Banquet.

Entre l'être et le néant la conscience inclut l'amour comme le préférable. C'est pourquoi Chagall nous paraît ici encore devoir être convoqué comme exemple. Car nous avons la certitude en regardant la peinture de l'artiste, que celle-ci est mémoire d'abord et lutte contre la disparition. Assomption du sentiment et ouverture au lendemain. Choix de l'espoir plutôt que du désespoir et en dernier lieu humanisme concret et sensible au coeur.

PG

L'exposition "Entre Ciel et Terre"  s'est tenue à l'automne à la Fondation Pierre Gianadda (Martigny- Suisse) 


voir aussi : le site de la Fondation Pierre Gianadda

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