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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 07:34

"L'état de l'art contemporain"

Une journée-débat organisée par la revue Art absolument s'est tenue le 28 novembre au Théâtre du Rond Point à Paris sur le thème "L'Etat et l'art contemporain" et en sous main "l'état de l'art contemporain en France".

La pièce se distribuait en quatre actes :

  1. Ce qui ne marche pas - Confusion et dysfonctionnement de l'Etat.
  2. Artistes en France - Visibilité, diversité, historicité.
  3. Rôle de la France - Marché et rayonnement international
  4. L'art et le public - La démocratisation culturelle ?

 Les intervenants étaient nombreux :

  1. des représentants de l'Etat (Olivier Kaeppelin, délégué aux ArtsPplastiques, Alain Reinaudo pour Culture France) ou des personnes ayant été à l'initiative de réalisations dans des gouvernements précédents ( François Barré, nombreuses responsabilités gouvernementales dans les domaines de l'art et de l'architecture, Claude Mollard pour les FRAC notamment)
  2. des artistes porte-drapeau de l'appel "L'art c'est la vie", le président de l'association la Maison des artistes une vaste demeure qui englobe la "Maison des artistes - Sécurité sociale".
  3. un galeriste parisien, Bernard Zürcher qui ouvre une second espace à New-York
  4. un collectionneur Gilles Fuchs, fondateur du prix Marcel Duchamp et président de l'ADIAF regroupant des collectionneurs.

 

Art Point France assistait au colloque :

Notre point de vue concernant ce qui s'est dit


A propos de L'Etat et l'art contemporain : Nous partageons l'avis selon lequel la diversité en art plastique n'a pas le droit de citer en France. Depuis 20 ans les FRAC donnent le "la" en matière esthétique. Les Écoles d'Art ont suivi formant des générations de jeunes pour lesquels les oeuvres sont nécessairement "post-duchampiennes". Ce qui s'expose à l'initiative de l'institution en France comme à l'étranger relève généralemeny des valeurs les plus nihilistes. Au résultat même si les fonds publics ne représentent que 6% des achats en art contemporain, le pouvoir de l'Etat est réel concernant la promotion d'une certaine production et l'enfouissement de nombreux pans de la création. Et l'on s'étonne que nos gouvernants, encouragent depuis si longtemps la mise en oeuvre d'une philosophie d'après laquelle le monde et l'existence humaine sont dénués de toute signification, tout but, toute vérité compréhensible ou toute valeur. Vont-ils mesurer que l'Art actuel en France se tient depuis trop longtemps déjà au fond d'une impasse ?



A propos de l'état de l'art contemporain : Qui peut prétendre parler au nom des artistes ? Si l' individu susceptible de le faire existait, il serait contraint de réduire une somme pléthorique d'égos à un stéréotype dans lequel pas un artiste ne se reconnaîtrait. Le débat en est-il faussé pour autant ? Peut-être pas, si on veut bien se souvenir et si les artistes eux-mêmes veulent bien considérer que des historiens, des critiques, des commissaires d'exposition sont en mesure de mettre un peu d'ordre dans ce vaste monde et de dégager des lignes de force qui valent sur le plan esthétique d'abord mais aussi sur le plan social, politique et économique.



Notre contribution au débat : Nous nous sommes adressés plus spécialement à Alain Reinaudo, directeur du Département des Arts Visuels et de l'Architecture à Culture France pour renforcer son point de vue selon lequel l'absence d'une critique en France pénalisait les artistes. Toutefois, nous pensons qu'un critique est une personne de talent et de goût qui ne peut tenir sa seule formation de l'Université et que par conséquent le projet de former rapidement des jeunes à ce métier grâce à des bourses d'étude est sans doute un pis-aller. Il faut à un véritable critique une copieuse expérience des oeuvres, une indépendance de jugement nourrie de lectures qui réclament du temps, de la maturité. Et surtout, cela semble une évidence, on ne peut pas lui imposer ses sujets.



Soyons constructifs : Les dysfonctionnements de l'Etat ont de graves conséquences économiques pour les artistes. La défiscalisation des oeuvres d'art qui favoriserait un marché intérieur, l'organisation de nouveaux salons avec l'aide financière de l'Etat apporteraient des solutions rapides aux difficultés économiques du moment. Toutefois, d'autres mesures concernant ce que les professionnels appellent "le premier marché" sont nécéssaires, elles supposent une attention à la diversité des productions en art, la reconnaissance et la promotion des différents mouvements qui se sont révélés sur notre territoire depuis trente ans. 



En guise de conclusion : Le dialogue entre acteurs professionnels et institutionnels de l'art n'a pas eu lieu à l'occasion de ce colloque parisien mais à Lyon.  Le congrès organisé les jeudi 28 et vendredi 29 novembre par le CIPAC (Fédération des professionnels de l'art contemporain) auquel la FRAAP (Fédération des Réseaux et associations d'artistes plasticiens) a pris une part active abordait le thème au premier abord plus circonscrit " L'art doit-il faire événement ? ". Cependant, poser l'impératif du « faire événement » comme une condition désormais incontournable du fonctionnement des structures artistiques existantes, institutionnelles ou privées, et en envisager les conséquences plus ou moins visibles nous paraît dans la dimension pragmatique de son approche des problèmes qui se posent à l'art contemporain une entrée bien plus pertinente.


Catherine Plassart



La retransmission des débats  de L'Etat et l'art :

L'intégralité des interventions sera retransmise sur les sites web d'Arte à partir du 30 Novembre http://www.arte.tv/fr/hors-ecran/396876.html

Sur France-Culture à partir du 5 décembre http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/nouveau_prog/creation

 

Le programme du congrès de Lyon

http://www.fraap.org/article393.html
http://cipac.net/ressources/documents/pdf/Congres2007/Programme_detaille_Cipac.pdf

publication d'un livre blanc (à venir)

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Published by Art Point France - dans Art et société
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